jeudi 16 mai 2013

We will cook you à l'atelier Guy Martin

We will Cook you est un cocktail participatif pour les amoureux de cuisine organisé par l'Atelier Guy Martin, qui propose tous les deux mois à ses clients d'investir les lieux le temps d’une soirée pour finaliser des plats en cuisine avec l’aide et les précieux conseils des Chefs.

L'ambiance est chic et gourmande, selon une thématique qui diffère à chaque fois, mais toujours avec un esprit rock en référence à la mythique chanson de Freddie Mercury qui résonnait dans le hall.

La première soirée eut lieu pour la Saint-Valentin, en 2012. Ce soir, la 6ème édition était organisée sur le thème des pirates. Qui dit pirate, dit forcément chasse aux trésors. Plusieurs semaines précédant l'évènement, une enveloppe mystère renfermant une invitation pour 2 personnes a été cachée dans Paris.

Chaque jour un nouvel indice et une photo étaient divulgués sur la page Facebook de l’Atelier Guy Martin. Il fallait de l'imagination pour trouver ces enveloppes en pleine rue, en l’air, par terre... la mission n'était pas impossible.
Dans la soirée un nouveau défi a été lancé par Benjamin Locreille, le directeur de l'Atelier permettant de gagner deux heures de cours de cuisine. Chaque Chef disposait d'un indice qui mis bout à bout mettait sur la voie d'un personnage à retrouver.

Dès l'entrée le hall mettait dans l'ambiance. Un pavillon inquiétant, des crânes, des bougies, des pièces d'or, mais aussi des Borsalinos pour s'imaginer dans les Caraïbes.

Si le mojito est le cocktail le plus consommé au monde on pouvait ici en trouver une version épicée mais sans alcool pour commencer joyeusement la soirée.

Pimento, c'est son nom, a déjà conquis les bars et les palaces parisiens avec la promesse d'être une boisson sans alcool plus forte que l'alcool. Embouteillé en Alsace, à la brasserie la Licorne, on peut le trouver à la Grande Epicerie. A base de ginger ale et de piment, il se consomme frappé, peut devenir l'ingrédient d'un cocktail ou même être employé en cuisine, pour dynamiser une sauce ou déglacer des gambas.
Mes doutes se sont levés au premier verre et j'imagine que je vais bientôt l'utiliser dans un .. ou deux plats.
Face au bar, dans cette véranda qui est si agréable à deux pas des Champs-Elysées, des brassées de fleurs exotiques attendaient les participants pour fleurir leur boutonnière, leur cou ou leur poignet. Charlotte a réalisé une centaine de bijoux éphémères, tous différents, pour embellir l'assistance. Et croyez-moi, rien de tel qu'un bijou végétal pour "habiller" une petite robe noire toute simple.

Intervenante pour la Société Relactiva, elle a répondu à tous les souhaits, aussi bien féminins que masculins, adaptant ses créations aux couleurs des tenues vestimentaires de chacun, et à leurs demandes particulières. 

Une des particularités de la soirée a été de penser harmonieusement les accords possibles entre les plats et les boissons, quitte à bousculer un peu nos habitudes, faisant néanmoins la preuve que Relactiva est bien spécialisée dans l'animation personnalisée au sein des entreprises dans le domaine du bien-être.

Pelforth a surpris plus d'un pirate avec sa bière de Printemps. Cette bière rousse conjuguant des arômes de miel, de caramel et d'amande fraiche pouvait se déguster par simple curiosité après avoir croqué quelques grains de malt torréfié. La Brasserie lilloise à l'emblème du pélican est presque centenaire.

Rosalba avait préparé une infusion de pain d'épices dans ce breuvage où elle a fait pocher des morceaux de lotte qu'elle a servis avec une pousse de radis ou de petit pois.

C'est facile, délicieux et économique puisque on peut à l'infini réemployer le bouillon pour peu qu'on pense à le congeler après usage.

Elle cuisine souvent avec de la bière qui apporte du moelleux et des arômes complémentaires. Les cuisiniers reprochent en général à la bière d'être amère. Ce n'était pas le cas ici mais il suffit alors d'avoir recours à une astuce. La Chef nous a donné son petit truc en plus pour contrer l'amertume, consistant à ajouter un caramel et à déglacer le bouillon au Xérès.
Marie jouait l'assistante pour achever la préparation d'une quenelle de pâte à pistache enrobée d'une feuille de nori, sur un ceviche de daurade-mangue-tomate-noix de coco relevé d'un espuma de yaourt au citron vert. Point de tablier pour la coordinatrice Lifestyle du bimestriel Parisianisme mais elle avait retiré ses jolis bijoux très tendance le temps de l'opération.
Le Chef terminait quant à lui une kefta de poulet aux herbes laquée au miel, servie avec des cubes d'aubergines et de courgettes jaunes et vertes poêlés dans une huile d'olive qui se mariait harmonieusement avec la bière rousse.
Nous avons re-découvert un légume de saison, l'asperge, blanche ou verte, pourvu qu'elle provienne de la ferme de Langevine. Le producteur de Guy Martin avait apporté quelques spécimen qu'il fait pousser à Longué, dans le Maine-et-Loire sur 198 kilomètres de tranchées. Il nous a appris qu'on pouvait la consommer crue, juste tranchée à la mandoline.
La préférence entre la variété blanche (qui ne voit pas la lumière du jour) et la verte (qui pousse au-dessus du sol)est affaire de goût. Il semblerait tout de même qu'il y ait moins de perte sur la seconde, mais son prix de vente est supérieur. La violette je sais juste qu'elle existe ...

Au premier étage la surprise vint de l'incroyable bouquet du rosé de Wolfberger très agréable frais, mais non glacé, avec un boeuf Tataki, une expression qui signifie en japonais cru et cuit. 
Il avait subi une marinade de saké au gingembre et fut servi avec des carottes de deux couleurs et un chou émincé, une pipette de sauce soja et d'alcool de riz, du sésame et quelques pétales de fleur choisis pour leur vertu aphrodisiaque.

Les vins alsaciens méritaient d'être à l'honneur. Ils sont trop souvent absents des cartes des restaurants, leur préférant les vins de Loire et les Bordeaux. J'ai été très agréablement surprise par les arômes de fleurs blanches du muscat. Je l'ai apprécié sur un risotto à l'encre de seiche. Ce mode de cuisson apporte une touche de mystère avec sa couleur noire mais surtout une note iodée. Et j'ai retenu le conseil du Chef Thierry pour réussir un risotto parfait : 18 minutes de cuisson et apport du bouillon en trois fois, pas une de plus, pas une de moins.
La couleur verte est traditionnellement associée à cette région. La matière uti­li­sée autrefois pour fabri­quer le verre était à base de potasse, et donc de teinte verte. Voilà pourquoi on trouve sur les tables des Winstubs, comme on appelle les auberges alsaciennes, des verres à vin à pied haut en verre coloré. Le corps de ces verres est trapu et l'ouverture trop large ne convient pas sur le plan olfactif. Il est donc réservé à la décoration, vous voilà prévenu.

Christophe m'a aussi fait découvrir un Crémant, que j'aurais vu sur un roquefort, et un Riesling exceptionnel, toujours avec modération. Avec 19 appellations grand cru sur 51 terroirs, l'Alsace est un réservoir de surprises pour les oenologues.

Guy Martin ne prenait pas parti entre crémant et champagne et avait convié Duval Leroy. Sept ans après Lady Rose, cette grande maison familiale (toujours indépendante, et dirigée par une femme) sort un Dry avec une étiquette phosphorescente, histoire de briller dans le noir des nuits festives.

La cuvée Lady Rose avait été imaginée pour accompagner les desserts. Ce champagne rosé, moitié moins sucré qu'un demi-sec, a longtemps été en exclusivité dans les boutiques Pierre Hermé. Il faisait la joie des nuits tropéziennes. Il lui manquait une version "blanche".

Ainsi est né Douceur de Champagne, qui a est parvenu à séduire la clientèle russe, réputée pour avoir le palais très sucré.

Il était servi ce soir dans une flute Rubis sur une demi-fraise, sans perturber ses notes habituelles de poire et de pêche blanche.
Quelques macarons, une assiette d'ananas rôti avec de la mangue à la passion, un sorbet coco et une tuile ont achevé la soirée en douceur.

Guy Martin est collectionneur d'art et les murs de l'Atelier sont régulièrement ouverts à des peintres.

En ce moment ils mettent en valeur les toiles d'Anne Loubry jusqu'à la fin de la semaine. Pour qui sait déchiffrer ses tableaux racontent sa vie.

Elle y expulse des choses souffrantes dans lesquelles on peut se retrouver ... ou du moins y voir quelques références, Bacon en particulier, Brueghel mais aussi Velasquez.
Grande admiratrice de Renoir, elle préfère amener de la structure plutôt que de la rupture. Souhaitons lui d'avoir bientôt une galerie où elle pourra exposer régulièrement.
D'autres belles rencontres étaient rendues possibles ce soir. Une corbeille recueillait messages et déclarations que Benjamin se réjouissait de transmettre tout à son rôle de provocateur de plaisir.

Un autre épisode de We will cook you aura lieu le samedi 21 septembre sur la thématique de la fête gastronomique. 

L'Atelier sera effervescent toute la journée puisque le matin aura lieu la finale d'un concours de recettes proposées par des enfants.


Si vous recherchez l'insolite, c'est l'onglet Thèmes d'étonnants  sur lequel  vous vous arrêterez. Avec par exemple une Expédition à Rungis de 3 heures (du matin bien sûr) à 13 heures pour explorer le plus grand marché au frais du monde, visiter quelques pavillons avec le Chef, puis revenir à l’Atelier pour cuisiner les produits que vous aurez choisis.

Le rôle des émotions dans ce qu'on mange est traité par Muriel Servais qui est psychodiététicienne et qui anime un Atelier vitaminé un lundi par mois de 19:00 à 20:30. Le prochain est programmé le 27 mai.

Sans oublier tout au long de l'année les cours de cuisine dont voici un aperçu.

Je vous invite donc à suivre l'actualité de Guy Martin sur son site ou la page Facebook.

Atelier Guy Martin, 35, rue de Miromesnil, 75008 Paris
Chaque édition de We will cook you a lieu de 18h30 à 22h30 - Prix : 35 € personne - Réservations : www.atelierguymartin.com ou 01 42 66 33 33

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