dimanche 8 septembre 2013

Omar réalisé par Hany Abu-Assad, My sweet Pepperland de Hiner Saleem, Imagine de Andrzej Jakimowski, Layla Fourie de Pia Marais et Walkoda de Lucia Puenzo en compétition pour Paysages de cinéastes


(mise à jour 25 septembre 2013)

Puisque Mon âme par toi guérie de François Dupeyron était hors compétition ce sont 5 films "seulement" qui ont concouru. Tous remarquables et il faut saluer la programmation de Carline Diallo, la déléguée générale du festival.

Omar, un film palestinien, fut le premier projeté. Une tragédie sur fond politique soutenu par une très belle histoire d'amour. Le réalisateur exploite une situation plausible : des amis d'enfance veulent s'engager dans la résistance mais sans en avoir les moyens techniques. L'opération tourne mal. Omar est capturé par l'armée israélienne. Après un épisode de torture il est relâché contre la promesse d'une trahison.

Hany Abu-Assad fouille la question de la loyauté, de la fidélité et de l'amitié. il aborde le sujet sous différents angles selon un scénario qui fait penser à de multiples reprises au mythe de Cyrano qui se sacrifie par amitié et qui sacrifie du même coup un amour qui aurait pu être partagé.

Les scènes sont filmées avec une qualité si proche du documentaire que le spectateur oublie qu'il s'agit d'une fiction. La guerre des pierres est présente. Tout sonne juste. Les plans sont conçus de manière à donner le soupçon jusqu'à la révélation finale, faisant mentir l'adage qui voudrait que les secrets soient censés rester secrets.

Le film a saisi l'assistance qui avait le sentiment d'avoir vu d'emblée un long métrage digne de recevoir le premier prix.
My sweet Pepperland nous a transporté en Kurdistan, un pays laissé en ruines par Sadam Hussein. la démocratie peine à s'y installer du fait de l'incompétence magistrale des nouveaux responsables.

Un résistant rentre chez lui pour occuper un emploi de policier, au fond du fond du pays, croyant qu'il va y trouver la tranquillité parce qu'il ne s'y passe jamais rien.

Ce western moderne rythmés par les règlements de comptes et les trafics est tourné dans des paysages sauvages grandioses baignés d'une lumière irréelle. La musique et la poésie ont une place capitale. Il est encore une fois question d'honneur, de rapports de forces et des rapports entre homme et femme.

Layla Fourie a été tourné en Afrique du Sud et c'est là encore un film politiquement très fort. Les mêmes thèmes se retrouvent ici, sur cet autre continent où l'apartheid renforce les différences.

Les dialogues se concentrent souvent dans des échanges de regard. Le poids de celui de l'enfant qui sait pèsera-t-il plus lourd que celui de la mère impuissante ? On assiste à une forme de huis-clos en extérieur qui est un véritable thriller. Un cas de conscience insoluble où les mensonges appellent les mensonges comme une spirale.

Imagine est un film très touchant puisqu'il traite le sujet de la non voyance. Une nouvelle fois mensonges et faux-semblants sont au coeur du sujet. Mais cette fois avec un humour délicat et une grande poésie.
Ian est un instructeur en orientation spatiale qui arrive dans une clinique ophtalmologique réputée de Lisbonne où il doit piloter une thérapie. Parmi ses patients atteints de cécité, il rencontre Eva, une jeune femme qui cache son handicap. Ian pratique des méthodes suscitant des controverses au sein de l’équipe de la clinique, mais il gagne la confiance des ses patients, ce qui exacerbe la jalousie du directeur de l'établissement.
Les plans ont parfois quelque chose de surréaliste avec un travail de cadre très soigné. L'interprétation est exceptionnelle et troublante. On y croit. C'est mon coup de coeur.
Walkoda, enfin, nous transporte en Patagonie, à l'époque où c'était un refuge pour d'anciens nazis. Essais thérapeutiques, chantage, jeux de séduction troubles ... et très sombres malgré de belles images.

Palmarès ici

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