vendredi 18 juillet 2014

Séjour chez Michel et Maryse Trama au Relais & Châteaux de Puymirol (47)

Quand on arrive au Relais et Châteaux Michel Trama de Puymirol, on est d'abord saisi par le décor qui fait perdre tous ses repères. C'est le miracle Jacques Garcia diront certains. Je crois que c'est l'effet Trama parce que ce sont les habitants qui font un lieu et pas le contraire.
Je vais malgré tout aborder dans cet article le cadre de cet hôtel cinq étoiles. On y est à la fois dépaysé et en territoire familier parce que les codes de décoration évoquent des références connues.

On pénètre immédiatement dans un hall de taille raisonnable, ouvert sur la piscine et conduisant à un premier salon qui  lui-même débouche sur un cloitre agencé sur le modèle réduit de celui de Moissac, abritant la salle à manger d'été, aussi agréable le matin pour le petit-déjeuner que pour y dîner.

Car vous verrez que pour le déjeuner, je vous ouvrirai les portes de l'auberge de la Poule d'Or qui se trouve de l'autre côté du patio.
On sait d'ores et déjà, avant même de monter découvrir sa chambre, qu'on sera bien ici, quel que soit l'endroit où l'on se posera. Le décor est chargé mais on ne se lasse pas du raffinement de ce palais épicurien.
L'ambiance du bâtiment du XIII° siècle qui fut la demeure des comtes de Toulouse est devenue baroque, moyenâgeuse, marocaine, vénitienne, très modulable. Il n'est pas impossible que la disposition du mobilier ne soit pas identique lorsque vous viendrez. Quand Jacques arrive à Puymirol il ne résiste pas à retrousser les manches et déplacer les meubles.

Puisqu'il faut monter les bagages, profitons-en pour découvrir la chambre, qui prend presque une allure d'appartement au bout d'un couloir. Les tissus sont des rééditions du XVIII° dans des soies chatoyantes, associant les fleurs aux rayures dans des tonalités safran, olive, amande, kaki, marron glacé ... pour rester dans un lexique gourmand.
Le baldaquin est une promesse de rêves. Deux guérites aux allures de pigeonnier encadrent le lit en offrant rangements et penderies en encoignure.
Meubles et accessoires Louis-Philippe semblent là d'origine.

Privilège précieux, ma chambre se prolongeait sur une terrasse surplombant la piscine, aussi bleue que le bleu du ciel, bénéficiant d'une gloriette en fer forgé. La sonnerie de la cloche de l'église voisine fait concurrence à la stridulation des cigales qui chantent en sourdine.
La salle de bains rivalise avec la piscine pour inviter à la paresse dans une mise en scène pensée comme un théâtre.
La baignoire en émail blanc a été peinte en noir mat. Ses pieds en fonte sont travaillés. L'alcôve est recouverte de mosaïques mauve, gris, violet irisé. le lavabo est entouré de granit poli du Zimbabwe. Le radiateur est en fonte. Bois peint et dorures s'accordent pour l'intimité sur un sol de tomettes.
Le moindre détail y est pensé avec délicatesse et charme. Jusqu'à ce portrait qu'on dirait de famille ...
Le sentiment d'être accueilli est palpable. Vous me direz que tous les grands hôtels ont cette préoccupation. Mais ici c'est une réalité.
C'est le macaron à la violette qui accompagne un banyuls languedocien. Ce sont les produits de toilette (j'allais écrire de beauté) de la salle d'eau, parfumés au romarin, à la mélisse et au thym. C'est encore la newsletter du jour que l'on découvre le soir, posée sur le lit ouvert, avec un proverbe et le rappel de quelques dates anniversaires. Hier c'était la mention de l'ouverture du premier des parcs Disney en Californie en 1955.
Chaque objet raconte une histoire depuis ce serre-livres jusqu'au plus petit tableau.
  
Redescendons ... le tapis qui recouvre les marches de l'escalier est aux couleurs que Maryse aime tant. Tissé à la main, en laine épaisse et profonde, d'un violet à la fois foncé et lumineux, aux dessins bouton d'or cerné de noir. On y verra une pomme, une coquille d'escargot, l'esquisse d'un blason ... 
Je vous emmène dans un endroit un peu privé, la Salle des Boiseries, aux allures de cuisine de château, et qui est la salle à manger où Michel retrouve Maryse et les amis de passage pour savourer ce que les cuisines ont préparé.
Les boiseries sont du XVII°, associant grillage fin et portes vitrées. Les sièges à grand dossier encadrent la table d'hôtes de chêne massif.
Située entre les grands salons et la cuisine, cette pièce est aussi la vitrine des produits trama : foie gras, confitures, truffes et conserves proposées à la clientèle.
On y trouve, comme à la Poule d'Or, d'anciens objets de cuisine, au-dessus d'un ancien billot de boucher, sans jurer le moins du monde avec des créations contemporaines comme cette série de pommes.
La patte d'un griffon fantastique remplace ici celle du lion ...
Bientôt je vous montrerai la splendeur des assiettes qui, en hiver, sont servies dans la majesté de la partie restaurant, rénovée en 2002.

Sols de tomettes rouges vernissées, cheminée de pierre surmontée de la croix occitane, fauteuils et canapés démesurés de velours safran ou rouge, drapés muraux dans une tonalité cramoisie, lustres géants en plâtre blanc ...
Quant elles ne sont pas cachées par le tombée de la nappe, les tables se dressent sur les fameux pieds larges en patte de lion.

L’ambiance est théâtrale et luxueuse. Il y a du Jean Cocteau aussi, dans les bras-chandelier sortis du mur.  On pense aussi au passe-muraille de Marcel Aymé dont la statue, immortalisée par Jean Marais, acteur français et sculpteur, en 1989 dans le mur devant l'ancienne maison de l'écrivain, rue Norvins à Montmartre.
Des angelots partout veillent sur les lieux.
J'avais promis de vous montrer la piscine. Un bassin à la symétrie imparfaite qui prouve qu'on peut être sérieux sans rigueur. Les extérieurs embaument délicatement le jasmin.
Les feuilles bleutées des oliviers s'agitent doucement au-dessus des statues de pierre ocre.
Mais on pourrait aussi avoir envie de flâner à l'intérieur quand il fait très chaud ...
 ... ou dans la semi-ombre du cloitre, inspiré de celui de l’abbaye de Moissac, adossé à la bâtisse depuis 1998, mais qui semble avoir toujours été là ...  et qui devient féérique dès la nuit tombée.
Vous pourrez visiter la région non sans avoir testé le mur des senteurs qui court le long de la rue Royale, en accès libre pour les passants.
Mais surtout, cet hôtel est une invitation aux voyages et à l'éveil des sens qui prend toute sa dimension au moment de la dégustation que je vous invite à suivre en cliquant sur l'assiette ci-dessous.

TRAMA - HOTEL***** RESTAURANT - 52 rue Royale - 47270 Puymirol 
Tel. : +33 (0)5 53 95 31 46 - Fax : +33 (0)5 53 95 33 80 - trama@aubergade.com

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