vendredi 9 janvier 2009

ET LES GAGNANTS SONT ...

Je m'étais risquée le 31 décembre dernier à présumer quelle serait la sélection du roman des lecteurs d'Antony, édition 2009.

J'ai deux titres élus au bout du compte :

Ce livre va vous sauver la vie de A.M. Homes, chez Actes Sud. Une histoire d'homme imbibée d'humour et de fantaisie. Cela faisait longtemps que je n'avais autant ri avec un livre "sérieux".

Best love Rosie de Nuala O'Faolain, chez Sabine Wespieser éditeur, le dernier d'une grande auteure. Inévitable, forcément inévitable. Le titre résonne comme un adieu. L'humour est toujours aussi incisif, alternativement très drôle et très grave, ultime preuve de la vitalité qui caractérise les cinquantenaires en cette rentrée littéraire.

Ont été retenus également :

Encore un roman familial, de qualité et plaisant à lire, Un brillant avenir de Catherine Cusset, chez Gallimard, futur phénomène éditorial d'un niveau comparable à l'Elégance du hérisson. Bâti selon un modèle anglo-saxon, pour entrer de plein-pied dans l'action, avec beaucoup de dialogues, peu de psychologie, c'est un roman qu'on nous promet de traverser avec plaisir.

La reconstruction, d'Eugène Green, chez Actes Sud, premier roman d'un cinéaste né en 1947. Lauréat Louis Delluc pour un film d'art et d'essai, ce spécialiste du théâtre baroque nous propose une recherche identitaire et une riche interrogation sur les valeurs humaines fondatrices de l'Europe après la deuxième guerre mondiale. Un livre fort spirituellement.

Zone, de Mathias Enard, chez Actes Sud, long monologue d'un ancien agent du renseignement recomposant une fresque historique. Minimaliste du point de vue de la ponctuation, on y met sa propre respiration pour le lire, sans que ce soit un pensum.

Gottland, de Mariusz Szczygiel, encore chez Actes Sud, se situe à la frontière de l'enquête. Traduit du polonais, il raconte l’ancienne Tchécoslovaquie mais aussi la nouvelle avec des personnages et des histoires insolites : l’épopée de la dynastie Bata, l’édification du plus grand monument de Staline au monde, l’ascension et la chute d’une star de cinéma tchèque dont Goebbels était tombé éperdument amoureux, la nièce de Franz Kafka...

Le tigre blanc, d'Aravind Adiga, chez Buchat-Chastel, un premier roman d'un auteur de 33 ans qui vient de recevoir le Prix Pulitzer. Surnommé le tigre blanc, un petit garçon très intelligent devra quitter l'école pour travailler d'abord dans une tea-shop en raison de la caste à laquelle il appartient. Voulant s'élever il acceptera une place de chauffeur à Dehli, ville des lumières et de l'argent. Logé en sous-sol, comme un animal, il se révolte de subir une vie d'esclave. Il comprend que la liberté a un coût et commettra un acte amoral parce qu'il ne voit pas d'autre choix possible. Ce constat cruel sur l'Inde d'aujourd'hui, certes puissance émergente, mais toujours noyautée dans un système de castes, choquera et divertira tout à la fois. Ecrit au scalpel dans un style assez simple quoiqu'ironique.

La route de Cormac McCarthy, aux éditions de l'Olivier, retrace l'épopée poignante d'un père guidant son fils sur une planète ravagée, dans un monde de cannibalisme. Impossible de lire cet ouvrage qui fait penser au théâtre d'Edward Bond sans éprouver de puissantes sensations physiques. Son précédent livre, No country for a man, a déjà été adapté au cinéma aux USA et on dit que la route devrait bientôt l'être.

La mascotte, de Mark Kurzem, aux éditions Noir sur blanc est un remarquable travail de narration construit sur un témoignage. L'auteur, historien australien, raconte l'histoire vraie de son propre père après l'avoir découvert en photo portant l'uniforme nazi. Le livre était un coup de cœur Fnac.

Une éducation libertine, de Jean-Baptiste Del Amo, chez Gallimard, encore un premier roman, d'un jeune auteur de 26 ans. Encore une histoire d'ascension sociale qui cette fois est située dans la France du XVIII° siècle. Souvent comparé au parfum de Patrice Süskind, ce roman figurait sur les sélections pour le Médicis et le Goncourt.


2 sur 10, c'est une proportion qui ne permet pas de crier victoire (ouf, je ne serai pas sollicitée pour faire des prédictions à tout bout de champ). 2 sur 10, c'est juste un rapport qui me fait penser au fameux indice de Pareto. Il a établit que 20% des personnes détiennent 80% des richesses. Depuis, ce rapport se vérifie dans de nombreuses situations régies par l'aléatoire. Autrement dit, en l'absence de compétences particulières, on a le plus souvent 20% de chances de voir juste.

Je rappelle que la médiathèque d'Antony sera désormais ouverte les dimanches après-midis et fera nocturne le mardi. Et qu'elle est ouverte à tous, habitants ou non de cette ville. Inutile de chercher très loin des plans d'économie. En voici un facile à appliquer pour se distraire en se cultivant. Entre la foule hystérique des soldes et le calme d'un bon bouquin mon cœur ne balance point.

Bibliothèque d'Antony, 20 rue Maurice Labrousse -92160 Antony - 01 40 96 69 72

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