Quand J’ai découvert Les dialogues inattendus. Opus 10 mettant en regard Claude Monet et Jean-Baptiste Sécheret sur le thème des Paysages d'eau en venant visiter la grande exposition temporaire, L’Empire du sommeil.Je vous incite aussi à profiter de votre venue au musée Marmottan-Monet pour refaire un tour dans les collections permettantes, sans oublier surtout les peintures de Berthe Morisot à l’étager.. Certaines pièces sont prêtées mais d’autres reviennent.
On se réjouit de retrouver l'iconique Impression du soleil couchant de Monet, revenu en bonne place, après avoir voyagé pendant l’année de l’impressionnisme. Et j’ai remarqué particulièrement cette fois ces Chrysanthèmes blancs et jaunes que Gustave Caillebottte (1848-1894) avait peints dans le Jardin du petit Gennevilliers en 1893 … et ce Bouquet de fleurs réalisé par Paul Gauguin (1848-1903) en 1897 (à droite).
Jean-Baptiste Sécheret (né en 1957) est le dixième artiste invité par le musée Marmottan Monet à concevoir une exposition en dialogue avec les œuvres de la collection. Ce peintre travaille de manière sérielle, sur le motif, et pose son regard sur des monuments, immeubles, usines, maisons, avant de poursuivre ses œuvres à l’atelier.
Comme pour Monet, les paysages normands sont des espaces familiers pour Sécheret et la rencontre avec deux tableaux du maître des lieux : Sur la plage de Trouville et Camille sur la plage, tous deux peints par le maître en 1870, relève d’une évidence comme on le voit sur la composition ci-dessous.
Trouville s'inscrit dans l'œuvre et la vie de Jean-Baptiste Sécheret depuis son enfance et ses premiers tableaux jusqu'à aujourd'hui. Le ciel, la plage, les architectures sont pris inlassablement dans leur lumière, à différentes heures de la journée et en toutes saisons.
On remarque par contre que dans ses peintures et dessins, les paysages de Sécheret sont vides de toute présence humaine. Camille et les figures rapidement brossées par Monet ont quitté la plage, ouvrant sur des étendues de ciels et d'eau.
La touche est plus nette, moins fugace que chez son prédécesseur mais tend au même désir: celui de saisir, comme l'ont fait avant lui Corot, Boudin ou Monet, la structure de la lumière et un certain état suspendu du temps.
Parmi l’ensemble de peintures ayant pour motif les paysages côtiers et les ciels de Trouville, le célèbre Hôtel des Roches Noires qui composait une des vues de son appartement, alors qu’il résidait dans cette ville, occupe une place de choix. Il est représenté sous plusieurs angles, dont voici un exemple, peint à la colle sur papier marouflé sur toile en 2004-2006.
La série la plus représentative de son travail sur le motif est probablement celle qu’il a consacrée à ce bâtiment : chaque toile témoigne de la même rigueur de composition mais l'atmosphère, donnée par la couleur, varie totalement de l'une à l'autre.
Le style est proche avec Les Échafaudages. Hommage à Léon Spilliaert 2007-2024, Pigments et colle sur papier marouflé sur toile. Seules les lumières procurent d’autres sensations.
Les dialogues inattendus. Opus 10
Monet / Sécheret. Paysages d'eau
Commissariat : Benjamin Olivennes, auteur et professeur de philosophie
Du 09 octobre 2025 au 15 février 2026
Au Musée Marmottan Monet - 2, rue Louis Boilly - 75016 Paris
www.marmottan.fr
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h
Fermé le lundi, le 25 décembre, le 1er janvier et le 1er mai







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