samedi 2 août 2008

Aller à l'essentiel des Surplus Lorrains

Je m'étais promis d'aller marauder dans une boutique de surplus des armées que j'avais entrevue en arrivant sur Nancy par Laxou depuis l'autoroute.
Me souvenant vaguement de l'endroit (sur la droite, dans la courbe d'une rue à forte pente) il me fallut plusieurs mois pour retomber dessus par hasard.

J'aurais du me souvenir que la réalité rejoint souvent la fiction : si j'avais songé à regarder sur le plan de la ville j'aurais peut-être eu le déclic ... la boutique s'est ouverte avenue de la Libération. Difficile de rêver une adresse qui soit davantage de circonstance !

Même si le patron confesse avoir choisi l'endroit uniquement parce que ce local, éloigné du centre ville, correspondait mieux à son budget- N'empêche que son second dépôt, à Dommartin-les-Toul, est lui aussi dans une avenue mythique portant le nom du Général Leclerc. Comme quoi on peut faire du marketing sans en avoir conscience.

La profusion des articles est étourdissante. Sans être le moins du monde spécialiste (je n'ai pas fait l'armée, il n'y a plus de militaires dans ma famille depuis quelques générations et je n'ai à mes côtés personne pour me guider) je repère qu'il y a du vieux, de l'authentique et de la copie, des articles français et étrangers.

Deux charmantes jeunes filles proposent leurs conseils. Si je savais ce que je cherche !

Le patron m'assure que "tout" se vend. Mais à qui ?
  1. aux pêcheurs et chasseurs qui apprécient les tissus de camouflage. Même aux randonneurs qui souhaitent ne pas se faire repérer trop vite par les chamois qu'ils veulent approcher. Logique! Les soldats crapahutent avec du matériel qui a fait ses preuves. Alors tout campeur peut trouver son bonheur dans les surplus.
  2. aux militaires à la recherche de davantage de confort. Ils perçoivent un sac de couchage bas de gamme. Ici ils peuvent améliorer l'ordinaire avec un duvet qui leur tiendra chaud même par moins 20 degrés. et puis, les habits, ils n'en ont jamais assez. Ce sont d'excellents clients. Ils achètent les modèles réglementaires de l'armée française, y compris des costumes d'apparat pour défiler.
  3. aux collectionneurs qui chinent des objets de la seconde guerre mondiale ou des pièces provenant de surplus étrangers.
  4. aux jeunes qui vont porter leur choix sur des reproductions à la mode.



Je commence à saisir l'intérêt de la boutique. Ne pouvant rendre compte de l'éventail complet des produits je choisis de photographier deux extrêmes : une pièce de collection ...




... un casque anti-G de pilote MIG ayant équipé les avions russes pendant la 2ème guerre mondiale et qui vaut la bagatelle de ... 325 euros.





et .... l'objet le plus vendu ....

... le "tatoo", couteau multi-fonctions réglementaire de l'armée française, homologue du couteau suisse qui, pour la modique somme de 12 euros, s'accrochera à votre ceinture et vous rendra les services d'un couteau, d'une cuillère, d'une fourchette, d'un tire-bouchon, d'un décapsuleur et d'un ouvre-boîte.

Je n'ai besoin de rien mais je suis tentée par diverses choses : un sac à dos ultra-léger avec plein de poches, des gants fourrés, des chaussures de marche ...

Au final je m'équipe pour l'hiver :
  • d'une chapka en cuir kaki, doublée de fourrure pour garder les idées (et les oreilles) au chaud quand je reprendrai le vélo. Si ce couvre-chef a convenu aux gardes de l'ex-Allemagne de l'Est je devrais pouvoir m'en satisfaire sous nos latitudes.
pour l'été,
  • un short en toile de camouflage qui aurait pu être porté au Tchad par un soldat de l'armée française.
  • un chapeau de toile beige, avec aérations et jugulaire, celui-là même des soldats américains de la Tempête du Désert. Avec la moustiquaire kaki réglementaire (3 euros) dont j'ignorais alors qu'elle allait me sauver la vie quelques jours plus tard.
J'avais juré que je finirai une mosaïque datant de Mathusalem. Pendant que la machine à laver turbinait le linge sali en vacances j'ouvrais la porte du cabanon de mon micro-atelier du fond du jardin où j'entrepose surtout mes matériaux.

Un bruit d'hélice m'alarme aussitôt. Le temps que mes pupilles s'habituent au clair-obscur j'avise un insecte de 5 bons centimètres de long. Je vous passe les détails : une colonie de frelons squattait une ébauche de sculpture dont je me suis débarrassée courageusement en deux temps trois mouvements grâce à mon équipement de choc.

Comme quoi le ridicule ne tue pas. Dans des circonstances exceptionnelles il peut même faire exactement l'opération inverse.

Le tableau a bien avancé depuis le 28 juin dernier tout de même ... et c'est pas fini !

Je vais alterner ce travail avec la rédaction de "portraits" destinés à paraître dans le futur blog du Comité régional du Tourisme de Lorraine qui après quelques problèmes techniques de mise en ligne va enfin être très prochainement accessible. Les lecteurs d' A bride abattue seront invités à les lire en temps et en heure ...

La boutique des Surplus est située au 423 avenue de la Libération, à Nancy, tel 03 83 96 35 92
et 9 avenue du Général Leclerc à Dommartin-les-Toul, tel 03 83 64 11 01

Aucun commentaire:

Articles les plus consultés (au cours des 7 derniers jours)