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samedi 21 mars 2026

La vie entière de Timothée de Fombelle

J'ai connu Timothée de Fombelle en tant qu'auteur pour adultes en 2017 avec Neverland qui fut son premier roman adulte.

C'est l'insistance des bibliothécaires d'Antony (92) qui m'a poussée à lire son dernier, quasi minuscule puisqu'il ne compte "que" 80 pages qui sont d'ailleurs publiées dans un format nettement plus petit que les habituels romans de Gallimard.

La remarque peut sembler ridicule lors qu'on a lu La vie entièreMais ayant entendu cette critique je me dois de préciser que la longueur sert juste à rendre l'histoire crédible. La narratrice aurait-elle pu taper un texte plus long en l’espace d’une nuit ?

J'ajoute qu'on se trompe si on pense qu’il est facile et rapide d’écrire court. Il aura fallu 25 ans à l'auteur pour aboutir à ce distillat où la densité exprime si bien la peur, l'urgence, la nécessité dans laquelle se trouve cette jeune femme en sursis.

Claire, hiver 43-44, tout juste dix-neuf ans, tape à la machine le soir des feuilles clandestines que lui dicte le chef d’un réseau résistant. Un soir il ne vient pas. Elle a pour consigne dans ce cas de s’enfuir sans attendre plus d’une demi-heure. Pourtant elle restera toute la nuit à l’attendre en tapant frénétiquement sur sa machine la vie entière qu’ils n’auront eu qu’en rêve.

Bravant la règle, Claire se sauve d’une autre manière, en faisant exister à travers des mots de papier les années qu’ils auraient traversées si elle avait osé lui avouer son amour et surtout si la guerre n’avait pas tout gâché. Les phrases sont courtes, tombant sur le papier comme des miettes, éclatant comme des flashs … sans revenir en arrière. Ces flashforwards intenses font paradoxalement (pour quelqu’un qui nous a habitué à de longs récits) tenir la vie entière dans un roman de moins de 100 pages.

L’auteur en parle comme d’un petit polar poétique de l’attente du risque.

La vie entière de Timothée de Fombelle, Collection Blanche, Gallimard, en librairie depuis le 2 janvier 2026

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