Vous ne pourrez qu'être conquis par la sensibilité, l’humour, la danse… Cette quête initiatique vaut une séance de méditation !
A 20 ans, Pauline décida de partir vivre en Inde pour donner du sens à sa vie. Arrivée là-bas, elle est devenue (par hasard) actrice à Bollywood ! Elle pensait saisir la chance de sa vie, mais… entre émerveillement, errances spirituelles et désillusions, elle a découvert que l’exil ne suffit pas pour se réinventer.
J'ignorais leurs motivations mais j'avais compris, dès la file d'attente qu'il y avait un certain nombre de spectateurs venus parce qu'ils avaient, eux aussi, fait l'expérience d'un voyage en Inde. Le peu que je savais de ce pays c'était que parfois le touriste ne supportait pas le choc culturel et repartait sans avoir quitté l'aéroport.
La comédienne entre en scène, place des bracelet en offrande sur l'autel situé à Jardin. Inspirez, expirez ! Sa voix est à la fois douce et ferme. L'essentiel et le rien résonnent dans le silence. Sentez les bienfaits des vibrations. Je me surprends à y croire, oubliant que je suis venue voir un spectacle d'humour.
Me suis-je égarée à un cours de yoga ou perdue dans une réunion organisée par une secte ? Mais voilà Pauline Caupenne qui entreprend un dialogue téléphonique avec sa mère dont elle prend l'accent portugais plus vrai que nature.
Il faut savoir se perdre totalement pour se donner soi-même. Manifestement la jeune femme y croit à 100%. Elle veut donner du sens à sa vie et ce voyage n'est pas un caprice alors que sa mère, n'y croyant pas une seconde, lui demande quand elle compte rentrer.
Pauline reste en Inde. Nous la voyons danser et la scène est magnifique, parce que c'est une chorégraphie magnifique et que le travail des ombres est de grande beauté.
Elle est recrutée pour danser et très vite on réalise le hiatus entre la culture indienne et le mode de vie occidental. Par exemple le fait qu'aujourd'hui et demain se disent avec le même mot, provoquant immanquablement des quiproquos. On apprendra des éléments spécifiques, comme l'interdiction faite aux femmes de jouer un rôle au cinéma et le fait que la laïcité n'a aucun sens pour un indien : les dieux se bousculent au portillon.
Ce qui est très drôle c'est la manière de la comédienne de parler franglais : I do des pointes. Plus tard on assiste à une interview télévisée hallucinante parce qu'on devine bien que rien n'est inventé, sur une des musiques emblématiques des films de Chaplin. Pauuline se sent étrangère.
Elle interprète tous les personnages, jusqu'à un vieil homme. Plusieurs scènes sont très savoureuses, la chasseuse de cobra, l'astrologue, le psychologue. Elle salue comme il convient, modestement.
Le gros câlin est le seul réconfort à notre portée d'humain mais ce pays n'est pas idyllique, il suffit de porter attention aux visages des jeunes femmes attaquées à l'acide. On comprend qu'en Inde une vache a davantage de valeur qu'une femme et on apprécie que le spectacle n'occulte pas les sujets difficiles que n'adoucit pas un extrait de l'Impromptu de Schubert (Andante).
Elle joue dans un film qui connait un grand succès et dont on voit un extrait, et il est appréciable que ce soit de vrais scènes. Le succès est au rendez-vous. On lui propose un rôle dans une super production. Pourtant elle renonce : Pardon mais je ne vais pas revenir. je préfère être un diamant brut inconnu qu'une imposture dans un blockbuster.
Elle ajoute que les faits se sont déroulés il y a vingt ans et que depuis elle voit la vie en rose …
J'ai beaucoup aimé ce récit d’autofiction, drôle et insolite, qui célèbre les personnes en recherche d'identité, les anxieux en attente de réponse sur la quête de soi, la famille, le travail; Cie résultat est touchant, frais, dépaysant, exotique, culturel, un brin satirique, intelligemment féministe … et instructif.
Mais peut-être vous faut-il un extrait pour achever de vous convaincre :
Mise en scène : Grégoire Leprince-Ringuet
Spectacle né à La Flèche - Soutien : Adami
Dernière représentation parisienne le 3 juin 2026 à 21 h (avant une reprise probable)
Le spectacle sera repris à la Scala Provence pendant le festival d'Avignon 2026
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