J'avais goûté la cuvée Margot du vignoble Brazilier il y a quelques années à l'occasion d'une dégustation assez large et si je l'avais appréciée je ne m'étais pas attardée.C’était ma première vraie rencontre avec les vins des coteaux du Vendômois, que je connais désormais mieux et que j’apprécie énormément, bien entendu néanmoins en toute modération sachant que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé.
A l'époque j'avais été séduite par les cuvées Rochambeau, un assemblage de Cabernet franc et de Pineau d'Aunis, issu d'une vendange très riche, ce qui lui confère des arômes de fruit très mûrs, et Ocre Jeanne, un blanc issu de Chenin, élevé en fûts pour transcender sa sucrosité et apporter des notes de fruits bien mûrs de pomme. Son côté discrètement mentholé, contrebalançant la puissance de ce blanc, m'avait intriguée. Et j'avais trouvé charmant le jeu de mots avec le prénom de sa fille Jeanne. Et puis l'aspect vieilli de l’étiquette est particulièrement réussi.
J'ai redécouvert Margot sur Wine Paris où ce fut un de mes coups de coeur, bien que je n'en ai pas parlé longuement dans l'article récapitulatif parce que je préférais le faire après l’avoir associé à un ou plusieurs plats.
Je m'y suis intéressée aussi pour la "petite" histoire parce que Benoit Brazilier est père de trois filles. Je savais que Jeanne avait sa cuvée mais je n'ignorais que la seconde s'appelle Margot et que la troisième, Madeleine, a elle aussi une cuvée la célébrant.
L'étiquette d'un enfant soufflant malicieusement sur un pissenlit monté en graines évoque le printemps, la fraicheur …
Si la cuvée Rochambeau exprime des arômes de fruits très mûrs et d’épices, Margot est un vin rouge à la robe claire, pur Pineau d’Aunis, issu de vignes d'une quarantaine d'années, installées sur un sol argile-calcaire. Il est juteux, avec d'agréables arômes de petits fruits rouges cueillis à pleine maturité et des notes délicates florales et épicées. Il est léger… faisant de cette cuvée une alternative très intéressante pour ceux qui cherchent de la fraicheur et de la légèreté sans avoir envie d'opter pour un rosé. Il aura tout à fait sa place sur une table estivale.
Voilà pourquoi je l'ai associé à un carpaccio de boeuf au basilic, accompagné d'une salade de mâche, d'endive et de tomate. Et si ce vin rouge est "léger" il a une robe profonde et il n'est pas sans caractère, loin s'en faut, donnant l'impression qu'on croque littéralement dans une cerise Bigarreau Napoléon (dite Cœur de Pigeon) légèrement épicée.
Il a été élevé sans passage en bois, pour préserver la pureté aromatique. Par conséquent les tanins sont souples, permettant de l'associer à toutes sortes de charcuteries, et autorisant qu'on fasse tout le repas avec ce vin, y compris sur un plateau de fromages. En dessert ce fut une salade de fruits servie avec des tuiles au chocolat. Sachez enfin qu'en cas de grande tablée Margot existe en magnum.
Benoit Brazilier est un vigneron indépendant du Vendômois qui est venu rejoindre son père, Jean Brazilier en 1997, aujourd’hui retraité. Le domaine s'étend sur 25 hectares en coteaux. Le caveau est en tuffeau typique de la région de Vendôme, sur la commune de Thoré la Rochette, dans une région célèbre pour ses habitations troglodytes.
La famille cherche depuis sept générations à valoriser les cépages autochtones pour créer des vins de caractère avec une empreinte de plus en plus minimale sur l’environnement. Le vigneron a entamé une conversion en 2018 et le domaine est entièrement certifié bio aujourd'hui. Si cette pratique est plus exigeante en terme de travail et de commercialisation le résultat est probant. Les cavistes sont en attente de vins de ce type et le marché américain (où il vend un tiers de la production) l'apprécie. D'autant que le rapport qualité/prix est raisonnable.
Margot est une jeune adolescente de treize ans qui manifeste déjà le souhait de devenir vigneronne.
Je voudrais dire quelques mots des étiquettes, qui sont très différentes d'une cuvée à une autre. Et du logo, conçu par Philippe R. Berthommier, artiste né en 1969, diplômé de l’Ecole Régionale Supérieure des Beaux Arts de Tours.
Véritables architectures de la mémoire, ses toiles s’organisent de fragments en fragments qui constituent un réseau tendant à l’unité de la surface. Il a composé pour le domaine une signature vibrante qui évoque le dos d'un homme à la besogne, portant un béret, et dont le bras se prolonge dans la vigne.
C'est par contre Séba Lallemand qui a dessiné l'étiquette du Pet nat, brut blanc, le vin effervescent de la gamme ci-dessus entre les mains de Séverine Brazilier).
Elle comprend aussi :
- un Gris Tradition AOP Coteaux du Vendômois - 100% Pineau d'Aunis, harmonieux et gourmand, à la robe pâle, séduisant par ses notes épicées et fruitées et une belle longueur en bouche.
- un Blanc Tradition AOP Coteaux du Vendômois - 100 % Chenin qui est la cuvée standard de l'appellation
- un Rouge Tradition AOP Coteaux du Vendômois, résultant d'un assemblage entre Pineau d'Aunis pour moitié, Cabernet franc à 30% et Pinot noir pour les 20 restants.
En conclusion il existe forcément un Brazilier à votre goût. D'autant que je pense que bientôt Séverine, la maman, donnera elle aussi son nom à une cuvée particulière.

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