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samedi 16 mai 2026

La Vénus électrique

Quelle chance d'avoir pu voir La Vénus électrique que j'avais malencontreusement loupé le soir de la cérémonie d'ouverture du Festival de Cannes 2026.

Ce film y avait été projeté hors compétition, en simultané en avant-première dans 900 salles de cinéma, lui offrant une très large audience. Il fallait être à la hauteur et il le fut. Je trouve d’ailleurs regrettable qu’il soit techniquement écarté du palmarès. Restent les Césars …


Dans le Paris de la Belle Époque, la Foire du Trône attire un public en attente de sensations fortes. L’attraction Venus Electrificata, présentée par Titus (Gustave Kervern) promet le coup de foudre. Suzanne (Anaïs Demoustier), exécute un numéro spectaculaire et qu’on devine dangereux pour peu que l’assistant envoie une décharge trop puissante. Les mains de la jeune femme portent d’ailleurs des traces de brûlure. Elle doit continuer le numéro pour éponger ses dettes. Alors qu’elle s’est introduite dans la roulotte d’une voisine médium pour y voler de la nourriture elle est interpelée par Antoine (Pio Marmaï), peintre fortuné, désireux de communiquer avec sa bien-aimée Irène (Vimala Pons), morte par accident quelques années plus tôt. Suzanne, prise au dépourvu, bluffe l’homme qui lui donne une somme d’argent conséquente. C’est l ‘engrenage.

Suzanne va régulièrement se rendre au domicile du peintre pour des séances de spiritisme. Elles auront pour conséquence heureuse de lui redonner la force de peindre, ce qui réjouit son marchand d’art et ami Armand (Gilles Lellouche). L’illusion est parfaite mais la supercherie devient vérité dans une spirale de quiproquos, de confidences et de révélations.

J’ai beaucoup aimé l’évocation de l’univers de la fête foraine, que nous n’avons pas pour habitude de voir associé à celui de la peinture (qui est pourtant elle aussi dans le registre de la magie). Le spectateur passe de Montmartre que l’on reconnaît furtivement au dédale des baraques. C’est un film d’époque qui offre de superbes reconstitutions, tournées dans des roulottes restaurées et conservées en Uzège, à Saint-Quentin-la-Poterie. Les mêmes qui avaient été utilisées pour le film Chocolat, ou Itinéraire d’un enfant gâté.

Ce sont plusieurs histoires d’amour qui s’imbriquent. C’est aussi ce que j’appellerais un thriller romantique qui mêle (et emmêle) plusieurs niveaux de narration, une révélation en entraînant une autre ou son contrepied dans un flash-back qui fait progresser une narration qui devient haletante, faisant craindre une fin à la manière de Roméo et Juliette une fois que nous serons tous passés de l’autre côté du décor.

Pierre Salvadori, le réalisateur de Comme elle respire en 1998, réussit (encore une fois) un film en tirant le fil du mensonge. Il retrouve son compositeur fétiche Camille B qui a habilement intégré des sons de foire à l'instrumentation et qui, au générique de fin, emploie à bon escient « Venus » de Shocking Blue (1969) : A goddess on a mountain top / Was burning like a silver flame / The summit of beauty and love / And Venus was her name

Une déesse au sommet d'une montagne / Brûlait comme une flamme d'argent / Le sommet de la beauté et de l'amour / Et Vénus était son nom

La Vénus électrique de Pierre Salvadori
Avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons, Gustave Kervern …

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