Publications prochaines :

La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

jeudi 15 mai 2008

NANCY en Mai : Place d'Alliance

Chronique nancéenne numéro 15 : de son véritable nom Place de l'Alliance

Dessinée par l'architecte Héré (1705-1763), c'est toujours un endroit calme et désert malgré la proximité de la célébrissime place Stanislas.

Le rois serait satisfait : il la voulait sereine et intime pour entourer des immeubles à vocation strictement résidentielle. Elle le fut. Elle le reste.



Les trois vieillards de la fontaine représentent des fleuves, commandés à l'origine pour la place de la Carrière. On les déplaça pour célébrer l'Alliance entre les Bourbons et les Habsbourg-Lorraine.

On grava alors sur le bouclier au-dessus de l'obélisque "perenne foedus, anno 1756" ... Alliance perpétuelle ...

mercredi 14 mai 2008

NANCY en Mai : Le cri de léon

Chronique nancéenne numéro 14 : Le ramage l'emportera-t-il sur le plumage ?

On se donne rendez-vous en fin de journée place Stan ou à la Pépin dont je vous ai déjà parlé dimanche dernier.

Les petits singes, des macaques je crois, dépiotent les arachides en courant tous azimuts. Bientôt ils vont passer derrière le décor et envisager le repos après l'agitation de cette journée ensoleillée.

Le parc commence à autoriser une solitude mesurée. les parfums s'y bousculent : l'arôme sucré du rhododendron flotte au-dessus de la roseraie déserte. Les marchands de glaces et de gaufres ont arrêté leurs machines. Guignol s'est endormi en paix entre sa femme, Madelon et son ami Gnafron, après s'être réconcilié avec le gendarme Flageolet.

Un paon s'installe sur le toit. Un autre prend la pose, laissant pendre ses longues plumes entre les branches d'un arbre immense.
Les chèvres naines exhalent encore des odeurs très fortes qui soulèvent l'estomac.

La coquille de l'auditorium est aussi silencieuse que le kiosque à musique. Une voix de fausset appelle Léon sur tous les tons.

La nuit s'apprête à voiler le parc malgré les protestations des étourneaux qui piétinent les pelouses sans relâche. Une voix amplifiée prévient de la fermeture imminente des grilles à intervalles réguliers comme dans les aéroports on vient à votre aide pour vous épargner de manquer votre avion. Quelqu'un pourra-t-il se laisser malgré tout piéger par le compte à rebours ? Je ne suis pas si sûre que ce soit désagréable de passer une nuit à la belle étoile sur une pelouse ...


Les étudiants en médecine fêtent (déjà) la fin des examens de première année en improvisant une partie de football avec un sweat noué en ballon de fortune. Leurs cris de joie résonnent dans la pénombre qui s'épaissit d'un cran.
Des tourterelles ponctuent leurs mouvements de tête de crou-crou sans montrer le moindre signe de lassitude. Des portables sonnent çà et là. Léon, Léon ! Les cris se répètent comme en écho. Mais qui sont ces Léons qui ne répondent jamais ?

Ce sont les paons en campagne de séduction. Il y a ceux qui s'époumonent. Il y en a un autre qui déploie d'autres charmes :


Il me faut partir avant de savoir qui emportera la compétition lancée entre le ramage et le plumage. En ralliant la sortie mes yeux glissent dans les intérieurs des maisons serrées de la place de la Carrière dont l'arrière des façades, ouvertes sur la pépinière, invite largement au voyeurisme.

Les cliquetis d'assiettes et de couverts m'ont ouvert l'appétit. Je crois que je vais aller faire un petit tour dans la toute proche rue Gourmande. C'est le surnom que les habitants ont donné à la rue des Maréchaux (qui progressivement perd le sien) en raison du très grand nombre de restaurants qui s'y sont installés.

mardi 13 mai 2008

NANCY en Mai : Comme à l'Excelsior

Chronique nancéenne numéro 13 : une assiette plus que parfaite

La lecture du menu d'hier a dû vous ouvrir l'appétit. Difficile d'imaginer quelle note les invités auraient donné à notre hôtesse, Christine, pour sa décoration de table si elle avait concouru dans le cadre de l'émission de M6 . Certains participants sont d'une sévérité qui frôle l'impolitesse. A moins que ce soit le montage qui ne dévalorise les uns au profit des autres.
Je vous laisse juge de la vue plongeante coté jardin, un de ces bijoux que je vous ai laissé entrevoir dans la chronique du 8 mai.
L'assiette des desserts nous a fait découvrir une de ces recettes-miracles qui autorisent une infinie variété de déclinaisons : En 1, une coupelle de lamelles de fraises au sucre
En 2, une verrine de pommes compotées au miel, gratinée façon crumble avec émiettée de pain d'épices au gingembre
En 3, une
tarte aux groseilles
En 4, le fin du fin, un
Vacherin à la bergamote

C'est ici, dans cette maison, que cette création a été conçue par une hôtesse qui voulait faire plaisir ... au chef de l'Excelsior, une des plus fameuses brasseries de la ville, que les connaisseurs appellent tout simplement le Flo. Je n'ai pas eu l'opportunité de photographier moi-même l'établissement qui est un bijou typique de l'Art nouveau. Jugez vous-même à partir de ce cliché découvert
sur ce site où les amoureux de la ville trouveront bien d'autres vues pittoresques et artistiques.

Le chef ajouta sa note personnelle et c'est sous le nom de
"Entremets glacé le Tout Nancy" qu'il pourra vous y être servi. Accompagné d'un coulis de mirabelles, d'un macaron des soeurs, de bergamotes, meringue et mirabelles ... Il paraît que c'est le dessert qui remporte le plus depuis qu'il figure à la carte.

Voici la recette d'origine, que je dois à mon amie Christine :
4 jaunes d'oeufs battus avec 50 grammes de sucre qui seront mélangés ensuite à un quart de litre de crème montée en Chantilly avant d'aller reposer 15 minutes au congélateur. Le temps de briser 100 grammes de bergamotes et de les incorporer délicatement aux blancs battus en neige. On réunit les deux préparations. On écrase de la meringue dans un joli verre et on ajoute la crème glacée en alternant. On remet au congélateur une douzaine d'heures pour laisser le vacherin.

Et c'est une idée de génie parce que on peut imaginer des variantes simplifiées et rapides en prenant de la crème glacée du parfum de son choix que l'on servira avec de la meringue du pâtissier. Personnellement je la fais moi-même, parce que ce n'est vraiment pas sorcier.
Et voilà ce qu'on peut présenter en 180 secondes chrono avec les moyens du bord.

lundi 12 mai 2008

NANCY en Mai : un Déjeuner presque parfait

Chronique nancéenne numéro 12 :

L'émission de télé-réalité de M6 (Un Dîner presque parfait, diffusé sur la chaîne à 17 h 55) se déroule cette semaine à Metz, mais un tournage secret a eu lieu juste avant à Nancy, le temps d'un déjeuner. Voici, en avant-première le menu qui avait été proposé.


ENTREES :

Capuccino d'asperges


Pain d'aubergines et son coulis de tomates











SUITE :


Huîtres des profondeurs


PLAT :

Rôti de veau
Conques multicolores



DESSERTS:

Assiette lorraine

Les recettes des desserts seront dévoilées ... demain !

dimanche 11 mai 2008

NANCY en Mai : Les animaux du parc de la Pépinière

Chronique nancéenne numéro 11 : Quatrième anniversaire du départ des ours de la Pépinière

En 1765, Stanislas, encore lui, permit la réalisation d'une Pépinière Royale le long des remparts de la ville. Constituée de 16 carrés de culture, les arbres étaient destinés à être plantés le long des routes de Lorraine.

En 1835, la Pépinière est aménagée pour devenir le parc public que l'on connait aujourd'hui.

C'est aussi un espace animalier d'accès libre et gratuit, regroupant des animaux domestiques ou sauvages, exotiques ou locaux : chèvres naines, ânes, poneys, mouflons de Corse, moutons d’Ouessant mais aussi des primates, oies cendrées, cygnes noirs, canards siffleurs du Chili… des cigognes blanches, des grues couronnées, des demoiselles de Numidie, de nombreux paons ...

... et bien d'autres animaux hébergés au sein d’enclos arborés, de bassins aquatiques ou de parcs paysagers qui correspondent à leur mode de vie.

Je me souviens de la joie de mes enfants qui ne manquaient pas d'apporter du pain sec aux daims, de leur étonnement à sentir l'odeur musquée des ours et de leurs cris quand Jojo lançait de l'eau hors de sa cage.

C'était un singe, né en 1951 en Centrafrique, probablement le plus vieux chimpanzé vivant en captivité en France. Il avait été confié au zoo de la ville par un député qui l'avait reçu en cadeau avec une femelle. Celle-ci n'avait pas longtemps survécu. Après un long veuvage, Jojo avait retrouvé une compagne, Judith, spécialiste du lancement d'excréments sur les visiteurs. Après sa mort accidentelle en 2003 elle a subi une plastination, opération très particulière qui a duré un an, pour permettre son exposition dans le Museum Aquarium de la ville qui est bien davantage qu'un aquarium.

Quant aux deux ours, Mona et Oscar, ils coulent depuis le 11 mai 2004 des jours plus heureux dans un refuge ... loin des cris des visiteurs qui leur jetaient des cacahuètes pour leur faire faire 'le beau". Les lapins occupent les espaces où les singes étaient prisonniers autrefois. A partir de 16 h 30 on croirait qu'il n'y a plus personne. Ils ont simplement pris leurs quartiers du soir pour retrouver un peu de tranquillité.


samedi 10 mai 2008

NANCY en Mai : Rue du thé

Chronique nancéenne numéro 10 :

Je voulais surprendre une amie amatrice de thés, passionnée de cuisine et formidable hôtesse en lui offrant le livre de recettes de Mariage Frères. Pour les photos, superbes, les alliances surprenantes toujours harmonieuses. Les noix de Saint-Jacques au thé fumé et leurs légumes vapeur sont d'une subtilité de grande classe.

J'achète in extremis le livre au Dragon Rouge : c'était le dernier exemplaire. Je veux ajouter le thé fumé recommandé par l'auteur. Impossible ! Rupture de stock absolue dans tous les thés fumés. On me conseille de repasser dans 4 mois (en me garantissant que même à Paris je n'en trouverai pas)

C'est mal me connaître que de penser que je vais renoncer.

Je remonte la rue à peine dépitée pour tomber illico presto sur la boutique du concurrent Betjeman & Barton, tenue par un monsieur affable et prévenant (je lui accorde le label commerce aimable annoncé dans l'article du 5 mai 08) ... qui me fait humer non pas une mais quatre variétés différentes de thé fumé, du plus léger au plus intense. Choisir demande réflexion, ce qui ne fait pas perdre son sourire au spécialiste.

J'ignore s'il m'a crue quand je lui ai dit que je reviendrai plus tard. En tout cas il n'a pas témoigné de surprise à mon retour quelques secondes avant l'heure de fermeture.

Des clients tardifs hésitaient entre plusieurs variétés. Toujours serein, le patron dispensait ses conseils tout en exprimant ses propres interrogations. La question était cruciale. Il s'agissait de juger de la faisabilité d'une confiture ... de coucou. Oui, vous avez bien lu. Cette primevère aux corolles de clochettes safranées a, parait-il, un parfum irrésistible. Chacun donna son avis.

Nous finîmes par nous accorder sur un processus économique en terme de récolte florale en suggérant d'infuser les coucous dans une gelée de pomme au goût neutre. Il me restait encore à fixer définitivement mon choix sur un Lapsang, et c'est avec le Crocodile que je suis repartie. Vous aurez deviné que l'heure de fermeture était largement dépassée. Il paraît que c'est comme cela presque tous les jours ...

Je suis partie ce soir là en espérant pouvoir goûter cette confiture très spéciale lors d'un prochain séjour à Nancy ... Un honneur réservé à quelques initiés ou amis parce que les commerçants n'ont pas le droit de vendre ce qu'ils fabriquent. Seuls des artisans peuvent le faire. (Mais il n'est pas interdit de donner ou de partager une tartine).

J'ai pris des nouvelles du projet. Hélas, Christian, c'est le nom du patron, a été trop absorbé par la création du thé de Nancy, une exclusivité baptisée Si Nancy m'était conté, choisie parmi 19 combinaisons élaborées par la maison-mère (on imagine les heures que cela a dû réclamer...) pour s'accorder le temps d'aller glaner les coucous.

Je comprends qu'il me faudra patienter jusqu'au printemps suivant. A moins de rêver à d'autres recettes aussi osées ! Tout à l'heure Christian évoquait déjà un nouveau projet : de la confiture de fleurs d'acacias .

Le Dragon Rouge, 8 rue d'Amerval, 03 83 46 15 14
Betjeman & Barton, 11 rue d'Amerval, 03 83 32 01 24, de 9 h 30 à 19 heures non stop, et au-delà !

vendredi 9 mai 2008

NANCY en Mai : La Maison dans le Parc

Chronique nancéenne numéro 9 :

J'avais repéré ce restaurant dès son ouverture il y a presque un an mais je n'avais pas pu m'y rendre parce que ses jours d'ouverture ne correspondaient pas jusque là à mes séjours à Nancy.

Cette fois ce fut possible d'y déjeuner (avouons que le menu, servi uniquement au déjeuner, et qui change chaque semaine, est à un prix plus abordable que la carte du soir) . Et puis j'aime bien l'atmosphère paisible des restaurants le midi. On se sent un peu hors du temps, style "qu'il est doux de savourer un bon repas quand tout s'agite autour de vous" que je ne retrouve jamais le soir quand la salle est bondée, les serveurs agités et que l'attente des plats sollicite un peu trop ma patience.


La Maison dans le Parc
est une adresse discrète qui se niche derrière l'Opéra, à quelques pas de la flamboyante place Stanislas. La porte d'entrée s'ouvre sur une allée pavée très lumineuse, qui dessert une salle intime, bon poste d'observation des allers et venues de la rue Sainte Catherine, et sur une seconde, plus vaste, qui donne sur le jardin.





Mais nous aurions pu opter pour l'alcôve, entre bar et cuisine, sorte de Stammtish revue et corrigée. (C'est le nom qu'on donne dans les restaurants alsaciens à la table d'hôtes, une longue table rectangulaire attribuée en priorité aux habitués qui viennent dîner en groupe) Et depuis, on peut aussi s'installer sur la terrasse ... dans le parc évidemment, lequel parc est une annexe privative de la Pépinière.

La décoration se veut chic et contemporaine. Sobre et classique. Dans des harmonies de blanc/noir/ taupe (nom élégant pour signifier gris beige). Cela pourrait être froid s'il n'y avait quelques touches de couleurs vives : ces fauteuils mandarines dans l'alcôve, la brique rouge des anciennes fortifications à l'extérieur, les photophores rouge cardinal dans la grande salle. Une couleur qui rappelle le verre de Murano.

Les formes sont carrés (les dalles des ardoises, les lustres, les tables, les dos des sièges) ou rectangulaires. Cela pourrait être raide s'il n'y avait une ponctuation de quelques rondeurs avec les vases et les photophores. Même les verres conjuguent les formes. De la ligne Open up de Mikasa ... les mêmes que je verrai le lendemain chez une amie nancéenne. Des verres qui s'adressent à des connaisseurs. Le site du fabricant a d'ailleurs quelques belles pages avec des conseils à destination des fervents d'oenologie.

Les couleurs sombres tranchent avec la vinothèque si lumineuse. La couleur écarlate du Dom des Pasquiers flamboie dans les verres de dégustation.

L'escalope de foie gras poêlée à la rhubarbe est un petit délice. On m'explique la recette. Je reste prudente : comme s'il me suffisait de découper de petits bâtonnets, de les arroser d'un sirop épicé au poivre de Setchouan, de les laisser confire toute une nuit pour parvenir à reproduire cette douceur à mon retour avec la rhubarbe de mon jardin ...

Le tartare de saumon, espuma d'avocat parait simple lui aussi. C'est méconnaitre la difficulté de la technique qui nécessite un siphon et une cartouche de gaz spécial pour éjecter l'émulsion en un nuage de mousse plus légère qu'une Chantilly. Tout à fait dans la tendance actuelle plutôt moléculaire.

Pour suivre, nous avions choisi une dorade royale nage safranée, petits légumes printaniers, qui s'accordait très bien avec le Macon Solutré. Dire que nous n'avons même pas eu alors une pensée pour les célèbres "grimpeurs" de la non moins célèbre roche.

Le filet de canette au pamplemousse, purée de patate douce n'était pas moins réussi. Il a réussi la prouesse de régaler quelqu'un qui m'avait toujours dit ne pas aimer la patate douce, un légume que j'adore ...

Le repas sera marqué l'alliance réussie des contraires. Par le mariage des paradoxes. L'équilibre fragile du verre à vin contraste avec la solide robustesse du verre à eau. La rusticité du pain de campagne s'accorde avec l'onctuosité des sauces. Le chemin de table en fine toile blanche adoucit la noirceur du bois exotique.

Depuis ma table, je peux observer les gestes des cuisiniers qui officient de l'autre coté de la petite cour intérieure. Une cuisine délicate et savoureuse, légère et parfumée, dans un restaurant qui soigne les détails. Jusqu'au savon au thé vert retenu pour les toilettes.

En dessert, la coupe glacée tiramisu nougatine arriva en même temps que le millefeuille de framboises Chantilly chocolat ivoire glace violette. L'architecture est ultra-simple mais il fallait oser : des disques de nougatines (donc légers) intercalés entre deux étages de mousse au chocolat blanc parsemée de quelques framboises. La glace à la violette est une base de crème anglaise avec ... quelques gouttes d'extrait de violette. Attention néanmoins au dosage pour qui voudrait imiter l'artiste !

La maison dans le parc, 3 rue sainte Catherine, 03 83 19 03 57

jeudi 8 mai 2008

NANCY en Mai : Il y a longtemps que je t'aime

Chroniques nancéennes numéro 8 :

Il y a longtemps que je t'aime a été tourné à Nancy par Philippe Claudel qui est maître de conférences à l'université de cette ville où il enseigne à l'Institut européen du cinéma et de l'audio-visuel.

Je me souviens des camions qui ralentissaient la circulation dans le quartier de Saurupt.

C'est précisément cette maison, à l'angle de la rue des Brices et du colonel Clinchant, qui avait été retenue par le réalisateur qui voulait une "maison de famille".







En Mai la façade se satisfait de la lumière naturelle. Ici, vous voyez la maison depuis la rue du Colonel Clinchant.













Et voici le balcon en gros plan.







Mais il y a beaucoup d'autres maisons qui auraient sans doute pu lui convenir dans ce quartier. Comme celle-ci, dont les grilles font écho à un univers carcéral,




et où je vous propose d'entrer.




Mais vous préférerez peut-être celle-là,






à moins que cette autre ne vous plaise davantage ...




avec son oeil-de-boeuf très représentatif du style Art Nouveau Ecole de Nancy.




Poursuivons notre déambulation.




Toutes ces demeures ont du charme. Certaines ont bénéficié de gros travaux de restauration. D'autres les attendent. Mais toutes font honneur au quartier.









Souvent un jardin très fleuri se niche derrière la façade.



Philippe Claudel aurait aimé que la maison qu'il avait choisi en eut un. Mais ce ne fut pas le cas.
Il faut être initié pour le découvrir, mais alors là quel bonheur de s'y laisser bronzer par les rayons encore supportables d'un soleil printanier.

mercredi 7 mai 2008

NANCY en Mai : Contre-exemple

Chronique nancéenne numéro 7 : on dit qu'il faut toujours une exception pour confirmer la règle.


Malgré l'immense renommée de nombreux chocolatiers et confiseurs nancéens je demeure fidèle à Alain Batt, 40 rue Saint-Georges. Je ne résiste pas à ces gourmandises. Et même s'il y a toujours beaucoup de choix je peux avoir envie d'un parfum qui n'est pas dans la vitrine. Justement, aujourd'hui je voudrais du nougat au chocolat pour ramener à ma fille.

La vendeuse m'envoie à la pâtisserie distante de quelques mètres où je peux faire mon achat. En repassant devant la vitrine, je me dis que ce serait gentil de l'informer qu'effectivement la variété au chocolat y est disponible. Elle est en train d'encaisser une cliente. Je patiente avec mon petit sac au bout du bras. Elle offre un chocolat à cette dame qui ne lui avait rien demandé et prestement remise le plateau de douceurs derrière le comptoir, se tourne vers moi et me demande ce que je veux.

Son indélicatesse me souffle et je lui dis posément ma façon de penser. Rouge de confusion, elle s'inquiète : vous vouliez un chocolat ?

Non, merci. Je ne veux rien, mais alors rien du tout !
J'étais pas revenue pour et je ne suis pas prête de recommencer d'ailleurs. Quand on vient de dépenser presque la moitié d'une centaine d'euros on s'attend à un soupçon de considération.


A sa décharge je dirais qu'elle n'a pas cherché à "acheter" mes félicitations car je ne lui avais pas caché que j'allais écrire un article sur la maison. J'avais pris des photos avec son accord.

Comme quoi l'amabilité (que je louais avant-hier dans l'article du 5 mai) n'est pas l'apanage de tous les commerçants nancéens. Le sens commercial n'est sans doute pas inné mais il doit bien exister des stages de remise à niveau pour cela. Malgré son âge, qui évoque l'expérience, cette vendeuse devrait pouvoir bénéficier d'une priorité ...

mardi 6 mai 2008

NANCY en Mai : Le Jardin d'eau

Chronique nancéenne numéro 6 : les glycines du Jardin d'eau sont en pleine fleur
Entre Meurthe-canal et Stanislas-Meurthe s'étend une succession de petits jardins qui composent un ensemble cohérent que l'on appelle le Jardin d'eau.

Beaucoup de plantes aquatiques bien sûr, mais aussi de grands arbres qui protègent du soleil quelques rares joueurs de boules, de longues pelouses où il est agréable de s'allonger pour lire, bercé par le murmure des jets d'eau.




Depuis sa création en juillet 1992 ce jardin est devenu un bel endroit. La glycine a développé ses rameaux et recouvre presque entièrement le kiosque du poste de garde.

Les iris déploient leurs fleurs architecturées avec majesté et les canards prospèrent tranquillement.

Une lanterne rappelle le jumelage avec la ville japonaise de Kanazawa.

Les emménagements s'accélèrent dans les appartements voisins. Bientôt de jeunes enfants profiteront de cette nature.

lundi 5 mai 2008

NANCY en Mai le Commerce aimable

Chroniques nancéennes numéro 5

Il n'y a pas que dans le Nord que les gens peuvent être aimables. Nancy en est un exemple frappant pour moi qui ai longtemps vécu à Orléans, une ville où les commerçants sont surnommés "les chiens d'Orléans". Tout un programme.

Alors, vous devez comprendre pourquoi je célèbre plusieurs boutiques. Je n'ai pas encore l'habitude d'être agréablement accueillie.

Il existe le concept de Commerce équitable. Il est temps de créer le label Commerce aimable.

Je profite de chacun de mes séjours à Nancy pour effectuer traditionnellement des achats dans quelques magasins que j'affectionne particulièrement. Mais en ce week-end prolongé de l'Ascension, pas de chance, elles sont nombreuses à s'être envolées mes petites commerçantes de charme comme la patronne de Deux aiguilles dans la cafetière ou celle du Panier d'Eglantine, ou encore les vendeuses des boutiques de perles que j'aime explorer. Ce sera pour une autre fois !

Cela va me donner l'occasion d'aller faire mes courses ailleurs. Comme ici, au 76 de la Grande Rue (tel : 03 83 32 16 97)


Je ne me souviens plus de ce que j'allais y chercher. Mais j'y ai trouvé beaucoup. A commencer par la gentillesse de Nicole qui me confie ses secrets de cuisine associés à chaque objet qu'elle présente. Ici tout est testé avant d'être mis en vente et quand Nicole a un doute c'est son mari Jean-François qui prend la relève. Je regrette de n'être que de passage, ce qui limite ma fidélité.

Parisiens, parisiennes, ne soyez pas jaloux : vous avez l'équivalent rue Montmartre avec Mora, au numéro 13 (tel : 01 45 08 19 24) ou La Bovida au numéro 36 (tel 01 42 36 09 99). Attendez-vous à y croiser Michel Blanc ou Pierre Arditi qui sont des clients réguliers. Et si vous avez besoin de produits alimentaires à prix de gros poussez quelques dizaines de mètres plus loin, au 58 rue Tiquetonne, et entrez chez Gérard Detou (tel : 01 42 36 54 67). C'est THE spécialiste en produits pour pâtissiers. J'y ai trouvé l'essence de bergamote que je n'avais pas pu me procurer à Nancy et qui m'était indispensable pour faire ... vous le saurez une autre fois ...

dimanche 4 mai 2008

NANCY en Mai Au nom de la rose

Chronique nancéenne numéro 4 : Joyeux Anniversaire à toutes les Roses

L'art floral est indissociable de la ville Nancy. Les fleuristes ne manquent d'ailleurs pas. Il en est plusieurs où je m'approvisionne. Mais Au nom de la Rose mérite une mention particulière;


Pour la simplicité du bouquet, l'arôme des fleurs de variétés dites "anciennes", la tenue des roses modernes (plus de 10 jours), même s'il est dommage de devoir les importer du Kenya ou d'Equateur. Ce pays est d'ailleurs devenu depuis 30 ans le premier producteur de roses au monde. Moi qui croyais, comme vous peut-être ..., que les hauts plateaux étaient spécialisés dans la culture du café !

L'entreprise soutient des projets de développement, comme celui d'Une vie plus rose au Kenya.

Au nom de la rose est devenue une grande chaîne de boutiques franchisées qui a essaimé un peu partout en France, et même au-delà, depuis la création de la première, minuscule, à Paris, rue de Tournon, il y a exactement 17 ans, au mois de mai 1991, sur une idée originale de la chanteuse Dani.

L'entreprise ne lui a pas été profitable et elle a du s'en séparer assez vite. L'idée était pourtant formidable puisqu'elle prospère ... J'espère que la marque lui en offre régulièrement une brassée en guise de "droits d'auteur".

J'apprécie la gentillesse de Catherine, qui tient la boutique au numéro 6 de la rue d'Amerval (03 83 21 46 70) et qui me propose de conserver au frais le bouquet que je veux offrir ce soir ... parce que ce n'est pas très indiqué de garder des fleurs toute une journée dans une chambre d'hôtel. C'est tôt le matin qu'il vaut mieux passer pour bénéficier du meilleur choix.

samedi 3 mai 2008

NANCY en Mai : relâche à l'Opéra

Chronique nancéenne numéro 3 : Laissons le barbier à Séville

Il y a un match de football ce soir au Stade Marcel Picot. Strasbourg versus Nancy. Le moins que je puisse dire c'est que le ballon rond ne m'attire pas. Mais je ne vais pas empêcher les autres d'y trouver leur bonheur. Qu'à cela ne tienne j'y vois l'occasion de m'offrir un spectacle de qualité à l'Opéra de Lorraine.

Et avec un peu de chance je vais même bénéficier d'un billet soldé au dernier moment à un prix que je n'ose vous dire ... en tout cas BIEN moins, VRAIMENT moins cher qu'une entrée au stade. Et on dit que la culture est élitiste !!!!!!

Le communiqué de presse promettait :

Un entremetteur factotum, des sérénades, des billets doux échangés en secret…
Le temps presse, il faut empêcher à tout prix le vieux docteur d’épouser sa pupille.
Alors la comédie avance au rythme effréné des stratagèmes, des déguisements, des coups de théâtre…
Et puisque le bon sens a toujours le dernier mot, la jeune fille mal gardée finit par épouser le jeune homme qu’elle aime.


Je veux bien le croire parce que ce soir c'était relâche. C'est bien ma veine ...

Nancy, par contre, vit avec une chance insensée. Les cris des supporters retentissent jusqu'au jardin d'eau. Trois à zéro. Cela leur permet de continuer d'espérer à demeurer sur le podium de Ligue 1. Mais attention parce que ... on peut tout de même pas gagner tout le temps, non ?

vendredi 2 mai 2008

NANCY en Mai, la Maison Aubriot Jeannin

Chroniques nancéennes numéro 2 : la Gloire d'un boulanger !


Quand je séjourne à Nancy j'habite dans un quartier qui s'appelle, je crois, les rives de Meurthe.

A première vue c'est plutôt "minéral". Mais il y a plusieurs avantages : je n'ai aucune difficulté pour garer ma voiture, je suis à moins de 10 minutes à pied de la place Stanislas, la résidence affiche un prix raisonnable et j'y ai rencontré un boulanger qui cuit un excellent pain croustillant que je préfère à bien des croissants.

Et en ce mois de mai qui cumule les jours fériés et les ponts j'apprécie d'avoir tous les matins une "campaillette" fraîche. Parce que la maison Aubriot Jeannin, membre de la Ronde des pains, est ouverte TOUS les jours, ou plus exactement, au moins l'une ou l'autre de ses deux boutiques est ouverte. Même le 1er mai ! Cela vaut bien un hommage ...

jeudi 1 mai 2008

NANCY en Mai

Il y avait les Chroniques martiennes. Il y aura les Chroniques nancéennes.

Je vais essayer de publier un article par jour ... jusqu'à épuisement de l'inspiration que la ville et ses habitants me procurent au hasard de mes découvertes.


A commencer par le Seigneur de ces lieux, le bon Roi Stanislas.

Né en 1677 à Lwow, Stanislas Leszczynski est élu Roi de Pologne en 1704, dans un pays en proie à la guerre civile. Bien que protégé par le Roi de Suède, il est contraint d’abandonner son trône et de s'exiler à Deux-Ponts, puis à Wissembourg en Alsace.

Et c' est là, en 1725, que la surprise arrive : suite à des tractations secrètes, sa fille, Marie, est choisie pour épouser Louis XV, et devenir Reine de France. Stanislas bénéficie alors de l’hospitalité de son gendre qui le loge à Chambord.

Dès Lors, Stanislas n'a de cesse de laisser sa trace dans l’Histoire : il veut améliorer le sort des Lorrains, il devient mécène de nombreux artistes, entreprend de multiples constructions dans son duché et protège les philosophes.

C'est fort diplomatiquement qu'il avait fait ériger la statue du roi Louis XV au milieu de cette Place, laquelle s'appelait évidemment Place Royale. Je pense que la jalousie de Louis XIV, "trop bien reçu" à Vaux-le-Vicomte et qui coûta la vie à Nicolas Fouquet était encore dans toutes les mémoires. Il valait mieux flatter le roi que le blesser.

Le vrai bonheur consiste à faire des heureux, telle était sa doctrine.

Aujourd'hui Stanislas le Bienfaisant se dresse au centre de la place qui porte désormais son nom et qui a été inscrite depuis décembre 1983 par l'Unesco sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité parmi une vingtaine d'autres sites français.

Son doigt pointe l'Arc Héré qui elle aussi a été construite à la gloire de Louis XV. Sur le coté droit on peut lire l'inscription PRINCIPI VICTORI, en consécration des dieux de la guerre (hercule et Mars). Il me plait de croire que le Bon roi désigne la partie gauche, consacrée aux déesses de la paix, des femmes évidemment (félicité publique et Minerve) avec l'inscription PRINCIPI PACIFICO.


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