Publications prochaines :

La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

mercredi 6 février 2013

Le Micro Onde accueille la deuxième exposition personnelle de Damien Cadio dans un centre d'art français

Ce n'est pas rien : c'est le Micro Onde qui accueille la deuxième exposition personnelle de Damien Cadio dans un centre d'art français. L'artiste a préparé pour l'occasion une nouvelle série de toiles et de nouvelles techniques qu’il associe à des pièces plus anciennes. On peut en parallèle voir d'autres oeuvres à la galerie Eva Hoper où il propose une exposition collective intitulée Coeurs vaillants jusqu'au 16 février 2013.

La surprise vous attend dès l'entrée. Votre perception sera différente selon que vous vous tournerez d'un coté ou de l'autre. Je ne vous serai d'aucune utilité pour guider vos pas.

Il faudra vous en remettre au hasard, selon la volonté de l'artiste qui a tenu à ce que le visiteur contourne quatre cimaises qu'il a conçues en collaboration avec le critique d'art Thibaut de Ruyter comme une boite ouverte et pensée avec un dehors et un dedans pour mieux faire se répondre (ou se fuir) les tableaux qu'il y a accrochés.

L'éclairage est volontairement neutre, utilisant les rails existants.

On m'a dit que Damien Cadio s'évertuait à brouiller les pistes pour qu'on ne soit pas tenté par l'interprétation. Sans chercher j'ai pourtant trouvé. Des mains partout disséminées comme des indices. Ces quatre murs posés au sol m'ont alors apparues comme les deux mains ouvertes de l'artiste, prêtes à se refermer sur nous.

Difficile de comprendre les titres des oeuvres. Damien Cadio n'a d'ailleurs pas souhaité qu'ils figurent sous les tableaux. Ils résonnent comme des énigmes (Janvier pour le premier tableau illustrant cet article), des vers poétiques, ou sont mêmes totalement hermétiques comme Disgrfaces ... et pourtant ils existent comme pour nous dire : j'y vois cela, et vous ? Et comme nous manquons de recul le regard se perd dans un détail. Je n'ai fait qu'accentuer encore le point de vue.
Il collationne des images, prélevées dans des magazines ou repérées sur Internet. C'est dans ce répertoire qu'il trouve l'inspiration pour ses oeuvres et cela donne des tableaux extrêmement surprenants.

Comme ici où l'on pourrait supposer des rochers au milieu d'une rivière  ... alors que ce sont des morceaux d'ail mis à frire dans une poêle.
Plutôt adepte de la technique traditionnelle, Cadio peint à l’huile sur toile ou sur bois. Il construit des harmonies sourdes avec des sous-couches colorées, franches, pures. Le plus souvent, son pinceau éteint la lumière en posant des touches de plus en plus sombres, des terres, des bruns, des bleus de Prusse jusqu’au noir. Une peinture sombre qui rappelle les séries d’autres grands noms qui ont magnifié le noir comme, Rembrandt, Manet... et surtout Goya.
On pourra aussi remarquer les références aux quatre éléments, avec une prédominance de l'eau et de la terre. Et la récurrence de motifs comme la brique ou le coeur, en très petit (26 sur 30 cm) ou très grand format.
On retrouve les mêmes éléments sur les video qui sont visibles coté esplanade.
Damien Cadio Excalibur, du mardi 22 janvier 2013 au samedi 06 avril 2013
au Micro Onde, centre d'art de l'Onde, 8 bis avenue Louis Breguet 78140 Vélizy-Villacoublay 
du mardi au vendredi de 13h à 19h
le samedi de 10h à 16h et 1h avant chaque représentation
fermeture dimanche et lundi
Durant les vacances scolaires, les visites se font sur rendez-vous de 10h à 16h, sur contact avec Laureline, chargée de la médiation sur les expositions au 06 19 77 32 89

mardi 5 février 2013

Le manoir de Tyneford de Natasha Solomons chez Calmann-Lévy


(mise à jour 4 juin 2013)

J'aurais du prendre garde à la note imprimée en première page et qui est un précieux indice sur la fin de l'histoire. C'est le fait réel qui l'a inspirée à Natasha Salomons, l'histoire du village fantôme de Tyneham.

J'avoue avoir été rétive à entrer dans le récit, m'interrogeant sur le choix des bibliothécaires du Plessis-Robinson de le faire figurer dans les 5 livres (cinq c'est peu et on s'attend à un choix remarquable) de leur prix littéraire 2013. J'ai pensé que c'était une énième version d'un récit de fuite pendant la Seconde guerre mondiale.

Le destin d'Elise apparait proche de celui d'Anne Frank, à ceci de différent que son père lui obtient un visa pour l'Angleterre, non pas comme résidente mais comme travailleuse. Et les peines de cette jeune bourgeoise à endosser le tablier de la femme de chambre ne m'ont d'abord guère apitoyée. Il y eut tant de personnes qui n'eurent pas sa chance d'échapper à l'horreur nazie. De plus elle avait la double chance d'arriver dans une famille qui ne connaissait pas la misère et elle pouvait manger à sa faim, voire même au-delà. Beaucoup de jeunes gens, en France n'avaient pas ce privilège, d'où mon agacement.

C'est sans doute parce que les récits de ma propre famille sont encore présents dans mes souvenirs que ces plaintes là m'agacèrent. A moins que ce ne soit la fuite organisés des riches aujourd'hui ...

Une certaine similitude aussi avec Jane Eyre de Charlotte Brontë, avec Rebecca, le chef d'oeuvre de Daphné du Maurier datant tout de même de 1938 avec lui aussi déjà une scène d'incendie, Retour à Howards End, un coté Sissi  ...  une intrigue qui semble cousue de fils noirs où de fait, rien ne surprend.

Et pourtant la jeune Elise est vite attachante. Et savez-vous pourquoi ? Elle a le coeur pur, ce qui n'est pas une qualité si courante. Un point commun avec Anne Frank tout de même.

Elle est attendrissante, pour sa dévotion à l'égard de ses parents, son éducation, sa crainte d'être puérile mais sa volonté farouche de ne pas trahir les valeurs de son éducation. Son pragmatisme n'est pas commun, son absence de jalousie non plus, son esprit rebelle, mais pas à n'importe quoi, sa franchise, sa fidélité, toutes ses qualités font d'elle une femme moderne, et surtout pas une capricieuse.

Le récit avance comme un feuilleton. On se prend au jeu. On est dans cette Angleterre dont on sent les parfums. On entend le bruit des vagues et on hume la fraicheur marine comme si on y était. On s'attache  à ce Manoir de Tyneford et à ses hôtes.

On apprend aussi comment l'Angleterre s'est engagée dans cette foutue guerre. Le livre est très bien écrit, avec un vocabulaire riche qui nous sert des mots inusités sur un plateau d'argent. Vous ne douterez plus que les Anglais ne vivent pas comme nous et vous aurez fait une belle excursion historique, géographique et romantique.

Le manoir de Tyneford de Natasha Solomons chez Calmann-Lévy, traduction Lisa Rosenbaum, 2012
Il remporte le Prix Robinsonnais en juin 2013, catégorie roman étranger.

lundi 4 février 2013

POST par le Cirque Bang Bang à l'Espace cirque d'Antony (92)

You shot me down ... chantait Nancy Sinatra en 1966 avec succès en même temps que Sheila avec Bang Bang. La voix de la chanteuse américaine a inspiré à Elsa Guérin et Martin Palisse le nom de leur duo.

Ils ont laissé tomber ce que le jonglage peut avoir de spectaculaire. Chacun 3 balles, jamais une de plus, jamais une de moins, et pratiquement toujours suivant la même orbite. Le tracé répétitif de leurs lancers a quelque chose de lancinant, qui fascine comme le ferait un pendule, plaçant le public au bord de l'hypnose.

Ajoutez la musique post rock de God Speed You Black Emperor et de Thee Silver Mount Zion (entièrement remixée par Manu Deligne) qui délimite l'enveloppe dans laquelle ils évoluent et tournent en rond comme des poissons prisonniers de leur bocal.

Les éclairages découpent le territoire. Parfois minimalistes, voire totalement inexistants, ils composent tout un camaïeu de dégradés de pénombres totalement inhabituels au cirque. Il faudrait être prévenu que le premier tableau se déroulera quasiment en nuit complète mais qu'ensuite la lumière reviendra. De jeunes enfants ou des claustrophobes pourraient s'effrayer. Les premières minutes surprennent puis on s'habitue et ... on apprécie dès lors qu'on a compris que la soirée va être radicalement différente de ce qu'on a l'habitude de voir.

Sur la piste ronde, un carré blanc, immaculé, dont la découverte provoque des oh et des ah de la part d'un public taquin que l'immersion dans le noir complet rend brutalement silencieux.

Des micro flashs nous permettront d'apercevoir l'un ici, l'autre là, puis l'inverse. Les balles tournent comme les roues d'une locomotive qui se propulserait dans la nuit, s'enfoncerait dans la brume, déboulerait sur la neige. Allongé ou débout, il ou elle jongle, ne lâchant pas des yeux le public qui reste définitivement muet sur les gradins.

Immobile, surgissant là où on ne les attend pas, ont-ils cessé de jongler dans le noir ? Pas sûr ... Les voilà marchant en équilibre sur un pied, posé sur le sol comme si c'était un fil d'acier au-dessus du vide. La musique s'amplifie, agissant comme un souffle qui les ferait pencher d'avant en arrière, de droite à gauche dans un mouvement mécanique parodiant les automates d'autrefois.

La scène est éclairée à la limite de l'invisible (même André Diot, célèbre pour les clairs-obscurs qu'il a inventés pour Patrice Chéreau n'a jamais osé faire si minimaliste). La chorégraphie prend tout son sens pour traiter le thème du couple, de la symétrie et du miroir. Elle porte un pantalon bleu nuit, un tee-shirt vert. Il est sa figure inversée. Ils dansent. Ils jonglent et ils nous regardent.

On a le sentiment d'un motif très long et très complexe qui se répète en s'accélérant. Ils sont dans la fusion, jonglant à quatre mains sans craindre l'interférence. La distraction n'a pas sa place dans leurs évolutions.
Second tableau, plus optimiste au final malgré un début sur le mode sado-maso. Chacun va lier l'autre avec du scotch industriel rouge vif. Ils expriment toute une gamme d'émotions et de sentiments sans paroles. Leurs bouches bandées n'excluent pas les borborygmes. Pas plus que l'entrave de leurs bras et de leurs jambes ne les empêchera de se déplacer en d'élégants sauts de puce ou de pingouin, puis de jongler.

Beaucoup d'humour dans cette séquence qu'on pourrait intituler "jeu de boules" . Ils nous laissent croire que c'est impossible pour mieux nous démontrer le contraire.

Avec le troisième tableau finie la plaisanterie. Yeux bandés et scène assombrie c'est la lutte pour la survie qui impose des alliances. Un pour tous ou chacun pour soi. On a envie de leur crier des indications pour les aider à retrouver leurs balles à tâtons, dans le noir, à avantager l'un ou l'autre. On est tenté de prendre parti mais on se laisse porter par les images, très belles, de la première femme offrant la pomme au premier homme. Ils tourneront comme des derviches sur un air de musique qui s'étire comme un élastique.

Courte pause bien méritée avant d'y retourner pour une nouvelle série de boucles. C'est le même rythme que la cantate de Barbara dont le souvenir se superpose sur leurs évolutions. On dirait que le temps s'assombrit. Trois petites balles du bout des doigts s'échangent entre les jongleurs, qui sont redevenus des équilibristes.

C'est la course, l'empoignade. Quand elle n'en peut plus il l'entraine et elle suit. Quand c'est lui qui flanche elle le pousse. Ils se font confiance, inconditionnellement. Se déplaçant dos à dos comme un insecte, pliant jusqu'au sol, dans un lâcher prise corporel impressionnant. Ils pourraient jongler ainsi jusqu'au bout, même seul(e) et traverser toutes les épreuves. Toute une vie sans doute.

C'est prodigieux.

POST par le Cirque Bang Bang à l'Espace cirque d'Antony (92)

Du 1er au 24 février à l’Espace cirque d’Antony, Rue Georges Suant. 
Tél. : 01 41 87 20 84 
Les 1er et 2 à 20 h, le 3 à 16 h, les 8 et 9 à 20 h, le 10 à 16 h, les 12 et 15 à 20 h, le 16 à 19 h, le 17 à 16 h, les 22 et 23 à 20 h, le 24 à 16 h. 
E-mail : accueil@tfg-lp.com 
Réservation : www.theatrefirmingemier-lapiscine.fr, ou au théâtre La Piscine

dimanche 3 février 2013

La vanille se cuisine aussi en version salée


(mise à jour le 10 avril 2013)
Pour les pâtisseries, compotes, et entremets de toutes sortes on sait que la vanille s'impose. Nous en avons fait l'expérience aujourd'hui encore à l'initiative de Lord Vanilla avec le groupe de Teïste MyFood. Mais oseriez-vous l'employer en salé ?

J'ai une prédilection pour le chou-fleur que j'aime consommer de manière un peu originale. J'adore le croquer en entrée, cru bien sûr, en version aïoli, quitte à utiliser une sauce inhabituelle comme le curry Lesieur. J'ai publié une recette inspirée de celle de Ferran Adrià, qu'il avait imaginée quand il dirigeait El Bulli.

Il y a quelques jours mon fruitier m'avait cédé un chou-fleur qu'il fallait cuisiner sans attendre. J'ai eu envie de le cuisiner avec de la vanille et j'ai suivie la préconisation de Zohra qui réalise une crème de chou fleur vanillée pour accompagner de grosses crevettes flambées. Vous trouverez l'explication sur le Foodarium de Zohra. Attention si vous ajoutez trop de liquide, vous aurez une soupe, dans le cas contraire si vous n'en ajoutez pas assez vous aurez une purée.
Hier, toujours chez mon marchand de légumes, j'ai acheté un nouveau panier dont je n'avais pas choisi la composition :
J'ai mis le demi-chou vert, l'oignon (piqué d'un clou de girofle), deux pommes de terre, deux carottes, une tomate, le "tronc" d'une grosse tête de brocoli et une branche de céleri dans le fond de l'autocuiseur. J'ai ajouté une feuille de laurier et un éclat d'ail. Puis j'ai couvert d'eau bouillante (j'ai compris que si je faisais bouillir l'eau au préalable dans la bouilloire électrique je gagnerai du temps et de l'énergie ... le truc est valable aussi pour cuire les pâtes ou le riz).
Dans le panier j'ai déposé des carottes joliment découpées en gros bâtonnets, les bouquets de brocolis, un bulbe de fenouil coupé en trois, deux panais et trois blancs de poireaux. Ils cuiront à la vapeur tandis qu'en dessous leurs frères seront fin prêts pour une soupe.
Les légumes cuits à la vapeur furent savoureux, juste tièdes avec une vinaigrette vanillée à base d'un vinaigre de Reims et d'huile d'olive. Il a suffit de gratter le caviar d'une demi-gousse pour obtenir un assaisonnement qui changeait de l'ordinaire et qui sublimait un plat ultra simple.
Si vous lisez régulièrement A bride abattue vous avez remarqué que chaque mois, et pendant une trentaine de jours, les membres du blog peuvent concourir pour gagner deux invitations à un spectacle, un livre, ou un cadeau gourmand. Avoir cuisiné la vanille en plat salé m'a donné l'idée de vous proposer de relever vous aussi ce défi car il me semble qu'on peut fort bien penser à cet épice pour autre chose que de la pâtisserie.

Vous savez que j'emploie, à une exception près, la vanille de Lord Vanilla. Voilà pourquoi ce mois ci je m'associe avec cette entreprise familiale pour vous proposer un défi gourmand qui sera accessible aussi aux lecteurs qui ne sont pas parisiens. 

Envoyez-moi à l'adresse abrideabattue@orange.fr vos suggestions de recettes associant la vanille autrement qu'en dessert. Les plus créatifs d'entre vous pourront recevoir 5 gousses de vanille.

5 gousses, pour avoir la possibilité de faire plusieurs essais, et surtout de vous faire plaisir avec cette vanille que beaucoup de professionnels plébiscitent.

Il n'est pas utile de donner tout le détail ni les proportions des ingrédients mais d'en dire suffisamment pour me mettre l'eau à la bouche. Et de vous engager à m'envoyer ensuite la photo et la recette du plat si vous gagnez en acceptant qu'elle soit publiée sur la page facebook de la marque.

Attention, c'est l'originalité qui sera récompensée. Vous pourrez remarquer en lisant la vingtaine de billets que j'ai déjà publiés sur le sujet qu'il existe déjà des recettes salées.

N'oubliez pas d'indiquer votre nom et votre adresse pour aller plus vite si vous gagnez.

Si vos propositions sont très nombreuses, et très intéressantes, une question subsidiaire vous sera adressée pour vous départager. Vous avez jusqu'au 28 février minuit pour vous exprimer. Que les plus créatifs gagnent !
*

*     *
Les gagnants du concours vanille organisé sur le blog A bride abattue en partenariat avec Lord Vanilla en février 2013 sont :

Armelle K. pour son tajine d'agneau aux pruneaux, raisins blonds, poire et vanille et autres épices (raz-el-hanout, gingembre, cannelle et poivre noir).

Thérèse Z. pour ses galettes de sarrasin à la vanille qu'elle sert avec des lardons, quelques tranches de fromage de chèvre et un filet de miel.

Clotilde T. pour des coquilles Saint Jacques, poêlées dans une réduction de vinaigre parfumé à la vanille

Mention spéciale à Murielle T. qui a proposé un menu "tout vanille" : Elle recevra non pas 1 mais 2 sachets de 5 gousses pour sa créativité.
- deux mises en bouche :  - mini Tatin d'endives vanillées, une langoustine juste poêlée.
                                          - terrine de foie gras d'oie mariné à la vanille, toast pain au levain
- une entrée :  carpaccio de saint jacques huile vanillée et citron
- un plat : poulet farci sous la peau de vanille façon demi deuil, jus de poulet réduit à l'infusion de vanille
- crème de haricot coco vanillé, chips de vieux parmesan
- un dessert : millefeuille en brik, minestrone de tomates et fraises mara des bois vanillées, sorbet framboises /poivrons, éclats d'olives noires

*
*    *

Je suis au regret d'informer les gagnantes que Lord Vanilla n'est pas en mesure d'effectuer les envois promis. Je m'en chargerai moi-même d'ici quelques jours.

samedi 2 février 2013

Tendre et cruel de Martin Crimp mis en scène par Brigitte Jaques-Wajeman


Si vous connaissez les Trachiniennes de Sophocle c’est sur les dialogues que vous allez focaliser votre attention. La correspondance entre le mythe antique et l’actualité est frappante. Martin Crimp a brillamment réussi cette transposition moderne de la légende d’Hercule. Si vous n’avez jamais été en contact avec cette pièce ce sera le jeu des comédiens que vous apprécierez pleinement.

Un général, poursuivi pour crimes de guerre, néanmoins chargé de combattre le terrorisme est parti pour l’Afrique. Assignée à résidence près d’un aéroport, sa femme l’attend. En vain, mais il lui demande de recueillir un garçon  et sa sœur, laquelle se révèle être sa maîtresse. 

Brigitte Jaques-Wajeman dit l'essentiel : La guerre et l’amour sont au coeur de cette pièce éminemment politique : la guerre entre les sexes et les nouvelles formes de la guerre contemporaine aux masques multiples : Des enfants soldats aux armes chimiques ! Tout le génie de cette adaptation tient à la manière dont le militaire et le civil, le bourreau et la victime, l'amour et la mort vont se confondre ici si bien qu'aucune zone n'est finalement tenue à l'écart de l'horreur. L'éclatement des frontières de la brutalité est en effet ce qui affleure dans Tendre et cruel, bien qu'aucun acte de violence n'y soit commis.

La mise en scène est juste et élégante. Les comédiens jouent avec une implication remarquable. Ce n’est pas un théâtre facile mais c’est du grand art qui ne laisse pas insensible. Amelia (Anne Le Guernec) est tout simplement bouleversante, évoquant par flashs la personnalité de Marilyn.

Tout interroge la position de bourreau et de victime. Peut-on espérer combattre le terrorisme sans l’engendrer ? Quel bilan peut-on faire d’une vie en mesurant combien elle fut rendre ou cruelle ?

Tendre et cruel de Martin Crimp mis en scène par Brigitte Jaques-Wajeman a été créé le 31 janvier à l'Onde. Il sera joué au Théâtre des Abbesses, 31 rue des Abbesses, 75018 Paris du 5 au 21 février  Tel. 01 42 74 22 77
Les 26-27 mars à la Comédie de l'Est, Colmar, Tel. 03 89 24 31 78
Le 24 mai 2013 au Théâtre des Louvrais de Cergy-Pontoise, Tel. 01 34 20 14 14
Co-production Comédie de l'Est - Compagnie Pandora - L'Onde - Espace culturel de Vélizy-Villacoublay - Théâtre de la Ville - Paris

vendredi 1 février 2013

C'est à l'affiche en février et déjà chroniqué sur A bride abattue

(mise à jour le 28 février 2013)
Il m'arrive assez souvent de mettre à jour un billet dès que je suis avertie de la prolongation d'un spectacle ou de sa "migration" sur une autre scène. Comme je vois des films en avant-première il n'est pas rare que deux ou trois mois séparent la publication de ma chronique de la sortie en salle. J'ai donc pensé qu'un récapitulatif, le premier de chaque mois, pouvait avoir un intérêt. Il n'est bien entendu pas exhaustif. Pour qu'il vous soit utile il suffit de cliquer sur l'intitulé pour ouvrir la page correspondante à ma critique.

Le salon de l'agriculture 
Des expositions
Cheveux chéris et les collections permanentes du Quai Branly.
Folies au Parc, le Parc de Sceaux revisité par les membres du Club Photo d'Antony, jusqu'au 21 février 2013
Hôtel restaurant Le Chateaubriand, 418, avenue de la Division Leclerc, Chatenay-Malabry (92)
Correspondances à l'Espace culturel Vuitton jusqu'au 5 mai 2013
Au Micro Onde de Vélizy (78) de Damien Cadio et Lorraine Féline jusqu'au 7 avril 

En concert :
La Grande Sophie à Palaiseau (91) le jeudi 14 février

Sur les planches :
Calacas par le Théâtre Equestre Zingaro au Fort d'Aubervilliers jusque fin février
La croisière s'amuse de Rachida Khalil, du mardi au samedi à 19h au Théatre du Petit Montparnasse : 31, rue de la Gaîté, 75014 Paris (Métros Gaîté et Edgar Quinet). Tél: 01 43 22 77 74
Je l'avais découvert ... en 2010 au Petit Hébertot. des affiches dans le métro annoncent que la pièce a dépassé le cap des 700 représentations. C'est maintenant à la Comédie Bastille du mardi au samedi à 21h, matinées samedi 17h30 et dimanche 15h
Tendre et cruel créé à Vélizy le 31 janvier, aux Abbesses du 5 au 21 février puis à Colmar et Cergy-Pontoise 
Post à l'Espace Cirque d'Antony (92) du 1er au 24 février  
magnifique duo d'artistes 
L'avare aux Blanc-Manteaux du jeudi au samedi à 19 heures 30, dans une interprétation très dynamique et participative et Si je t'attrape je te mort, du lundi au samedi à 21 heures et représentation supplémentaire le samedi à 17 heures 30
 

Le repas des fauves , Molière 2011 du meilleur spectacle du secteur privé, Molière 2011 de la meilleure mise en scène, Molière 2011 de l'adaptation/traduction. Il est toujours à l'affiche du Théâtre Michel, 38 rue des Mathurins dans le 8ème arrondissement. 

Le roi nu est toujours le dimanche à 18 h 04 au Théâtre des Béliers parisiens dans le 18 ème arrondissement alors que  Y'a d'l'otage dans l'air continue à faire rire à la Comédie des Trois Bornes
Reprise de Lo Speziale, opéra-bouffe de Haydn mis en scène par Anne-Marie Lazarini jusqu'au 12 février aux Artistic Athévains, et que j'ai déjà vu en février de cette année.
Le Journal d'Anne Frank en création mondiale au théâtre Rive Gauche jusqu'au 31 mars 2013 avec un duo formidable  Francis Huster et Roxane Duran.
Le Horla de Maupassant au Petit Hébertot
Attention, Maîtres chanteurs ! au La Bruyère les dimanches à 16 h et les lundis à 20 h 30
Illusionniste, de et avec Laurent Beretta, reprendra au Théâtre Trévise, 14 rue Trévise, dans le 9ème arrondissement de Paris à partir 29 Janvier, tous les mardis soir à 19h50 et jusque fin mars 2013. Deux places ont été gagnées par un lecteur du blog (concours de janvier).

Punk Rock jusqu'au 23 février au Théâtre 14 :
Sont en tournée  Peggy Guggenheim face à son miroir, également Chiche l'Afrique jusqu'à fin avril 2013

Au cinéma :
Sauf exception, il suffira de cliquer sur l'affiche pour accéder à l'article                                                                 
 

Le jour des corneilles et Royal Affair (nominé aux Oscars) qui ont été primés au dernier Festival Paysages de cinéastes

le Festin de Babette est sorti en DVD blu-ray. On peut le revoir au cinéma depuis le 19 décembre








Et si vous préférez rester chez vous 
consultez la rubrique millefeuille pour y trouver mes dernières critiques de livres.

Articles les plus consultés (au cours des 7 derniers jours)