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dimanche 19 avril 2015

Mannequin d’artiste, Mannequin fétiche jusqu'au 12 juillet 2015 au Musée Bourdelle


(mise à jour 28 avril 2015)

C'est après huit mois de fermeture pour travaux que le Musée Bourdelle a rouvert en faisant ce très beau cadeau au public de lui avoir préparé en coulisses une exposition très particulière. Intitulée Mannequin d’artiste, Mannequin fétiche les néophytes pourraient penser que le lien est ténu.

Et pourtant la visite commentée menée par Jérôme Godeau, jardinier des plates-bandes et des esprits, et co-commissaire de l'exposition, a démontré tout le contraire. On se demande même comment personne n'a pu songer plus tôt à retracer l’histoire de ce secret d’atelier.

Une série de manifestations, d'ateliers et de visites spéciales est programmée. Je vous invite notamment à suivre celle du samedi 16 mai à 19h, à l’occasion de la Nuit des Musées, conduite par Jérôme Godeau, sans réservation, dans la limite des places disponible.

Avant de descendre dans l'espace dédié aux expositions je me suis attardée parmi quelques œuvres du musée qui mérite une visite particulière où je vous emmènerai dans quelques jours. J'ai eu la chance de le voir aussi à la nuit tombée alors que le gigantisme des statues devenait impressionnant.
Sur le premier cliché, un buste de bronze d'Auguste Rodin, buste, 1910 (épreuve numéro 4 exécutée par Valsuani en 1977) monte la garde au pied d'un Cheval, fragment du Monument au Général Alvear (1913-1923), bronze, épreuve d'artiste numéro 3 exécutée par Coubertin en 1986.

Dans le jardin, la Vierge à l'Offrande (1919-1922), bronze, épreuve numéro 1 exécutée par Rudier vers 1930, accompagne le Centaure mourant, modèle imberbe, (1911-1914), bronze, épreuve d'artiste numéro 2 exécutée par Coubertin en 1986, que j'avais déjà vu près de l'église Saint-Jacques à Montauban.
Cette déambulation passe par l'atelier de sculpture où le mannequin d'Alan Beeton, 1880-1942, semble attendre patiemment de prendre une nouvelle pose. On le reconnaitra dans trois tableaux de l'acte IV de l'exposition (Le Mannequin dans le tableau), en particulier dans le premier, Reposing II, vers 1929 Huile sur toile, Beeton Family Collection.
Au XIXe siècle la représentation de l’atelier du peintre commença à s’imposer, offrant un singulier mélange de dénuement et d’encombrement : palette, brosses et pinceaux, chevalet, esquisses et toiles inachevées, plâtres et bustes d’antiques, mannequin d’artiste bien en vue, voire au premier plan. L’accessoire que l’on avait jusqu’alors dissimulé devenait un motif hautement expressif.

En découvrant le mannequin au seuil de l’atelier, le spectateur était donc invité à passer de l’autre côté du miroir, dans l’intimité de la création. Alan Beeton participa au premier conflit mondial dans la section de camouflage de l’armée française. Il exposa ses peintures pour la première fois à la Royal Academy of Arts de Londres en 1923, à quarante ans passés. Initialement, Beeton s’était imposé comme portraitiste, réputé pour son sens du détail. Dans la série qui est montrée dans l'exposition il représente le mannequin tel qu’en lui-même, dans l’intimité de l’atelier.

Le peintre n’ignorait pas le rôle que jouait le mannequin dans la peinture métaphysique de Giorgio de Chirico (1915), ni dans le Manifeste du surréalisme (1924) d’André Breton. À l’inverse de ses contemporains, le mannequin de Beeton cohabite en toute quiétude avec son portraitiste comme s'il était "le meilleur ami de l’artiste".
Un autre mannequin est positionné dans l'atelier de peinture d'Antoine Bourdelle, au milieu du bric-à-brac du mobilier chiné chez les brocanteurs, où Bourdelle exposait ses dernières créations - sculptées ou peintes - aux visiteurs et acheteurs potentiels.

Il est très semblable à la Gliederpuppe, vers 1550, Statue en buis, Anonyme, Allemagne, milieu du 16ème, Collection particulière, Londres. Cette "poupée articulée" comme toutes les Gliederpuppen sont des sculptures miniatures d’une très grande finesse d’exécution et nettement sexuées.

La radiographie a révélé une structure interne très savante. Ses membres sont reliés, par un système interne de crochets et de ficelles, à des rotules en bois tourné qui permettaient de les faire bouger individuellement, jusqu’aux minuscules doigts des mains et des pieds.Son parfait état de conservation laisse penser qu'elle a sans doute appartenu à un "cabinets de curiosités", comme précieux objet de collection, aussi convoité que troublant.
Sur la cheminée, au-dessus du poêle Godin, un bronze autoportrait de Bourdelle de 1908.

Le mannequin d’artiste, ses métamorphoses et sa troublante présence scandent le parcours de l'exposition comme un leitmotiv, fil conducteur et repère physique et mental . Le catalogue, conçue par la commissaire Jane Munro, conservatrice au Fitzwilliam Museum et directeur d’études en histoire de l’art à l’Université de Cambridge, est remarquablement documenté. Il retrace cette évolution et s’appuie sur une iconographie variée et souvent étonnante (peintures, dessins, brevets d’invention et schémas, photographies...), brassant ainsi plusieurs siècles d’histoire de l’art, en progressant de façon chronologique,.
Il faut accoler son œil au petit trou de la boite qui marque le début de l'exposition, conçue spécialement pour révéler le secret de la Grande Machine utilisée par Nicolas Poussin dans les années 1630-1640, alors qu'il travaillait à la première version des "Sept Sacrements". Ce dispositif comportait une planche sur laquelle des figurines de cire, habillées de "draperies" de papier humide ou de tissu fin, étaient disposées en fonction de la scène que l'artiste projetait de peindre.

Cette scène en trois dimensions était ensuite recouverte d'une boite, fermée sur ses cinq faces ; des volets, découpés sur le côté, permettaient d'éclairer la composition et de distribuer des plages d'ombre ou de lumière. Un œilleton avait été percé sur le devant de la boite, afin d'observer l'ensemble à distance, avant de passer au dessin préparatoire qui servait de base au tableau final, ici l'Extrême-Onction. qui fut le motif de la dernière peinture de la série.
On découvre ensuite cette petite sculpture religieuse de Romano Alberti, vers 1521-1568, intitulée Saint enfant martyr, milieu du 16ème siècle. C'est une statue polychrome en stuc et papier mâché, bâtie autour d’une âme de bois (Courtesy of Patricia Wengraf Ltd, Londres).

Les mannequins d’artistes de la Renaissance s’apparentaient à de petites statues conçues elles aussi pour être habillées ou drapées, mais à des fins religieuses ou rituelles. Dans l’Italie et l’Espagne des XVe et XVIe siècles, des figures polychromes représentant le Christ, la Vierge ou les saints, appelées "sculture da vestire" ou "tallas da vestir",étaient des objets de dévotion. Ces figures cultuelles, généralement constituées d’un simple bâti en bois recouvert de stuc et de papier mâché, dotées de bras amovibles, arboraient des tenues de cérémonie et des bijoux lors des grandes fêtes religieuses. Les chaussures, les bas et la culotte peints en rouge laissent supposer que ce Saint enfant martyr était vêtu d’un manteau ou d’une petite cape assortie.
On découvrira un peu plus loin, dans la niche de l'escalier, le mannequin qui est affiché partout puisqu'il figure sur l'affiche, mais dans une position différente. Jérôme Godeau nous a d'ailleurs fait observer à de multiples reprises combien la position du corps, en modifiant le regard, dit quelque chose du psychisme, signifiant par extension que nous sommes nous-mêmes des créatures articulées.
Ce mannequin d’artiste, de source anonyme, grandeur nature et en bois peint, est vraisemblablement une commande de l’Accademia Carrara, musée et académie des Beaux-Arts de Bergame fondé en 1796 par le comte Giacomo Carrara. Il servait de modèle aux étudiants qui s’initiaient à l’art de peindre et de sculpter.

Parfaite incarnation de la beauté néoclassique, il encourageait les étudiants à poursuivre l’idéal de l’Antique. Évoquant le visage d'une des plus anciennes sculptures de la Grèce antique, l'aurige de Delphes. D'un poids d'environ 80 kilos, il a été difficile de l’asseoir Il a servi à des générations d'étudiants en quête du corps idéal.

Des pages de l'encyclopédie de Diderot lui sont consacrées. Robuste, obéissant et, par bonheur, muet, le mannequin d’artiste tenait la pose comme personne. Dès le XVe siècle, sa présence dans les ateliers de sculpteurs et de peintres devint indispensable, au même titre que le burin, la sellette, le pinceau, la palette et le chevalet. On recommandait l’usage d’une "petite figure de bois aux membres articulés" pour apprendre à dessiner les draperies "di naturali" si l’on voulait représenter avec vraisemblance le tombé d’un drapé. Michel-Ange,Titien, Poussin, Degas, Courbet, les préraphaélites,Cézanne... les plus grands maîtres usèrent de cet accessoire, invisible une fois l’œuvre achevée.
Thomas Gainsborough, 1727-1788, possédait deux mannequins : le premier, ingénieusement doté d’articulations en laiton, faisait office de "doublure" dans bien des portraits peints par l’artiste ; le second, grandeur nature et rembourré de paille, aurait été utilisé dans les années 1780.

Dans le double portrait des enfants Lloyd, (Heneage LIoyd et sa sœur Lucy, vers 1750, Huile sur toile
Fitzwilliam Museum, Cambridge) rien n’atteste l’usage de mannequins, sinon l’élégance éthérée des deux petits modèles et la distinction – un rien guindée – de leur maintien.
 
Les modèles d’anatomie en papier mâché que le docteur Louis Auzoux, 1797-1880, dont on voit un exemple ici, s’adressaient en priorité aux étudiants en médecine : moins dispendieux que ceux en cire ou en bois d’usage dans les cours, ils tenaient lieu de substituts lors des séances de dissection où les étudiants ne disposaient pas toujours de corps humain.
Conçu pour être démonté puis réassemblé, ce modèle anatomique masculin comporte vingt-cinq morceaux et plus de deux mille pièces soigneusement répertoriées. Le succès d’Auzoux les incita à produire à leur tour des sujets en papier mâché, bien meilleur marché que les modèles traditionnels.
La figure de l’hystérique hantait l’imaginaire du XIXe siècle et suscita la mise en scène de véritables "tableaux vivants" à la Salpêtrière, entre 1863 et 1893. Le professeur de médecine Jean-Martin Charcot (1825-1893) utilisait ses patientes comme autant de mannequins pour dépeindre toutes les postures de la grande crise hystérique. Yeux grands ouverts, visage impassible, posture catatonique : mannequinée à volonté, la patiente en état de catalepsie devenait le modèle parfait du "corps hystérique".
Frère d’un célèbre aliéniste, le peintre Georges Moreau de Tours, 1848-1901, réunit dans cette scène Les Fascinés de la Charité, 1889, Huile sur toile, (Musée des Beaux-arts de la Ville de Reims) un groupe de patients en état de "fascination", une forme d’hypnose induite par la contemplation d’une lumière scintillante, réfléchie par un miroir à alouettes – un miroir rotatif que l’on aperçoit sur le trépied, à gauche de la composition.

Au second plan, reconnaissable à ses favoris blancs, le neurologue Jules-Bernard Luys (1828-1897), chef de service à l’hôpital de la Charité, conduit la séance au milieu d’un petit cercle d’élèves et de collègues. La comparaison s’impose entre ces malades, obéissant corps et âme au contrôle du médecin-opérateur, et le mannequin d’artiste, manipulé à l’envi par le peintre.

Du mannequin à la poupée il n'y a qu'un pas que l'exposition met en lumière avec des pièces uniques, comme Autoportrait au chevalet, 1922, Huile sur toile (Léopold Collection II, Vienne) d'Oskar Kokoschka, 1886-1980. Malheureusement sa reproduction est impossible sur le blog pour des questions de droit.

Comme vous le verrez en visitant l'exposition la tension de l'étrange relation entre les personnages éclate dans le choc des couleurs primaires – rouge, bleu, jaune – distribuées en larges plages vibrantes. Tandis que la créature inanimée ouvre "des yeux sans fin", charbonneux et vides, l’artiste tend au spectateur un masque halluciné.

Les mannequins ont aussi investi les vitrines, faisant probablement dire à Colette "Mes musées sont tes vitrines, ô Paris !". A mesure que les grands magasins étendaient leur empire dans la seconde moitié du XIXe siècle, le rôle du mannequin devenait stratégique pour attirer et retenir le chaland. Les tenues et les accessoires de mode étaient d’autant plus convoités qu’ils étaient portés par cette figure artificielle, si parisienne.
En 1924, dès l’origine du mouvement surréaliste, les figures de mannequins dérobées aux vitrines des magasins se voyaient soudain investis d’un pouvoir subversif. Héros de l’exposition internationale du surréalisme qui se tint à la galerie des Beaux-Arts en janvier 1938, les mannequins posaient sous l’objectif de Raoul Ubac, Roger Schall, Denise Bellon... Sous l’objectif, les mannequins de couturière prennent une étrange densité plastique.Comme en rend compte la photo d' Herbert List, 1903-1975, Mannequin de couturière, Londres, 1936 Tirage argentique (Musée d’Art moderne de la Ville de Paris).

Les surréalistes kidnappaient les mannequins des vitrines. On peut voir une photo Dali tenant entre ses bras un mannequin d'artiste articulé et d’extraordinaires clichés de Man Ray, 1890-1976, où la personne réelle semble plus artificielle que le mannequin lui-même. La fétichisation est troublante notamment dans la composition Lydia et les mannequins, 1932, où le visage de la jeune femme  semble l’offrande d’une décapitation.

Cette exposition invite à jeter un œil nouveau sur le travail des plus grands artistes. A la fin du parcours le visiteur s'interroge légitimement sur la dématérialisation vers laquelle on se projette. On pense à la poupée Barbie et bien sûr à l'accélération facilitée par les réseaux sociaux.

J'ai été contrainte de supprimer plusieurs photos pour de stupides questions de droit à l'image, ridicules parce qu'il me semble que le billet y perd en intérêt mais j'espère vous avoir malgré tout donné envie d'aller voir non seulement cette exposition mais le musée également.
Mannequin d’artiste, Mannequin fétiche
Exposition ouverte du 1er avril au 12 juillet 2015
du mardi au dimanche de 10 h à 18 h 
Fermeture le lundi et les jours fériés
Musée Bourdelle
18, rue Antoine-Bourdelle, 75015 Paris 01 49 54 73 73
www.bourdelle.paris.fr

Un grand nombre de propositions complémentaires ont faites au public jusqu'en juillet : Nuit des musées, visites-conférences, rendez-vous aux jardins, Intervention des danseurs des conservatoires de Paris, cycles d'ateliers, pour enfants, adolescents et adultes, programmation spécifique au cinéma les 7 Parnassiens.
Je reviendrai sur le musée proprement dit à l'occasion d'un prochain billet, en juillet 2015.

Crédit des photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue :
Romano Alberti, dit « Il Nero de Sansepolcro », vers 1521-1568 
Saint enfant martyr, milieu du XVIe siècle
Statue polychrome en stuc et papier mâché, bâtie autour d’une âme de bois
Courtesy of Patricia Wengraf Ltd, Londres

Thomas Gainsborough, 1727-1788
Heneage LIoyd et sa sœur Lucy, vers 1750, Huile sur toile
© Fitzwilliam Museum, Cambridge

Georges Moreau de Tours, 1848-1901
Les Fascinés de la Charité, 1889, Huile sur toile
© Musée des Beaux-arts de la Ville de Reims / Photo: C. Devleeschauwe

Dr. Louis Auzoux, 1797-1880
Modèle anatomique masculin, Fin du 19ème siècle.
Papier mâché, plâtre, armature en fer, peinture, vernis et métal.
© British Dental Association Museum, London

Herbert List, 1903-1975
Mannequin de couturière, Londres, 1936, Tirage argentique 
© Musée d’Art moderne de la Ville de Paris/Roger Viollet
© M. Scheler- Herbert List Estate

samedi 18 avril 2015

Assiette "Voyage en Méditerranée" aussi belle que bonne

Chaque participant au 4ème Salon du Blog culinaire de Paris est reparti avec un "panier" de légumes que Lidl proposait de cuisiner avec, pour la recette la plus originale, la perspective de remporter un week-end gastronomique.

Je n'ai pas fait "une" recette mais une assiette composée en relevant le défi de cuisiner la totalité de la barquette, et en faisant le moins de perte possible (y compris avec les fanes de carottes que je ne voulais pas jeter). D'abord parce les légumes étaient tous appétissants, qu'ensuite j'avais envie de pousser la créativité, un peu à l'instar des émissions culinaires où il faut absolument "qu'il y ait du travail" et que "ça se voit". Enfin je voulais aussi appliquer quelques conseils donnés par Chef Christophe cet après-midi là.

Mon ambition était de conjuguer le beau et le bon, et surtout de séduire l'appétit de mes enfants, ô combien difficiles.

J'ai été pleinement récompensée. Mon fils a plébiscité chaque cuisson et ma fille, arrivée en fin de soirée, a littéralement dévoré l'assiette de présentation pourtant refroidie. Aucun n'a émis de critique. C'est peut-être ça la magie Lidl !
De gauche à droite, vous avez des rubans de poivron rouge confit autour d'un morceau de tresse de mozarella  (c'est le seul ingrédient consistant que j'ai ajouté). Une tartine façon bruschetta recouverte d'une compotée de courgette/tomate rouge avec des morceaux de tomates cerise crue. Un buisson de carottes sur lit de verdure, des aubergines braisées. Des demi-radis glacés complètent l'assiette en apportant une note inédite.
J'ai commencé par les radis, que j'ai glacés trois bons quarts d'heure comme on venait de me l'enseigner, avec un mélange d'eau, de beurre, de sel (j'ai pris mon sel vanillé) et de sucre. A noter que je n'ai employé que de l'eau filtrée, comme à mon habitude, dans ma chère carafe Brita.
J'ai découpé le poivron rouge et l'ai fait cuire sans aucun liquide deux fois trois minutes au micro-ondes. Je l'ai ensuite salé et arrosé de vinaigre alors qu'il était encore chaud et ai laissé refroidir. J'ai ajouté une bonne huile Puget plus tard.  Je suis toujours cette méthode trouvée par hasard car elle garantit une excellente digestion.
Passons aux carottes. Je les ai tranchées à la mandoline dans le sens de la longueur et fait cuire à l'anglaise dans un fond d'eau salée. La découpe des légumes conditionne leur goût et très franchement els carottes dites Vichy, coupées en rondelles, ne sont pas mes préférées.
J'ai lavé les fanes et les ai ébouillantées avant de les faire sauter avec de l'ail.
L'association carottes-fanes va surprendre. je sais que je prends un risque mais j'assume.
J'ai ensuite préparé la petite ratatouille. La tomate a été coupée en petits morceaux et cuisinée avec la courgette ronde, dont j'ai conservé la peau.
J'ai apprécié le flacon stop gouttes de Puget qui permet même de garder une main libre pour photographier ... J'ai gouté de manière à arrêter la cuisson au moment où les légumes sont juste fondants, sans être "démolis".
Plus tard j'ai dressé sur une tranche de pain grillée et disposé les tomates cerises jaune coupées en petits quartiers. Cela donne une note de couleur et apporte une surprise à la dégustation en associant du cru et du cuit. J'ajouterai aussi du persil haché puisque cette herbe figurait dans la barquette.
L'aubergine a été tranchée dans le sens de la longueur. C'est intentionnellement que je ne l'ai pas associée à la courgette car je voulais sortir du code de la ratatouille classique et mettre ce légume à l'honneur.
J'ai tracé des croisillons au couteau et fait revenir dans une poêle avec un peu d'huile et de l'ail.
J'ai aussi abondamment ajouté du persil.
Ne restait plus qu'à disposer sur l'assiette comme indiqué au début de l'article.
Enfin, pour le dessert, j'ai préparé une salade de fraises de Carpentras, elle aussi provenant de Lidl, que j'ai simplement coupées en quatre avant de les arroser d'un peu de vinaigre balsamique et d'un mince filet d'huile d'olive Puget au basilic. Régal absolu !

vendredi 17 avril 2015

Atelier Tsutsumi ... ou comment nouer un tissu pour le transformer en sac


(vidéo ajoutée le 23 mai 2015)

Les livres contiennent une infinité de savoirs comme autant de fenêtres ouvertes sur le monde.Brigitte Leclère le sait bien et l'applique dans l'espace pourtant limité de la Librairie du Vieux Châtenay (92). Elle fait régulièrement venir des auteurs.

Elle n'hésite pas à élargir à l'univers des travaux manuels avec Cora qui anime de temps en temps des ateliers.

Un samedi après-midi l'exercice est devenu écologique en s'exerçant au furoshiki.

Le mot désigne la technique japonaise du pliage et du nouage de tissu destinée à l’emballage des cadeaux, le transport des effets personnels et des objets de la vie quotidienne. Il est apparu à l’époque Nara (710-794 ap JC) sous le nom de Tsutsumi, pour garder des objets de valeur comme les objets du trésor impérial de Shoso-in au temple Todai-ji à Nara.

Il prendra au fil des siècles des noms différents mais aura toujours plus ou moins la même utilisation par la population qui a trouvé ce moyen pratique et rapide pour emballer leurs effets personnels et se déplacer rapidement lors des pèlerinages ou en temps de guerre pour éviter les pillages.

Enfin le mot furoshiki (étaler au bain) apparait à l’époque Muromachi (1336-1573) lorsque le shogun Ashikaga Yoshimitsu fait construire un grand bain dans sa résidence à Kyôto et y invite de nombreux seigneurs qui utilisent ce tissu au blason de leur famille pour éviter de mélanger les kimonos et autres effets personnels

La technique est donc japonaise. Dans ce pays et depuis une dizaine d’année, le Ministère de l’environnement prône le développement de ce geste écologique pour lutter contre la surconsommation des sacs plastiques et des emballages papier. Le furoshiki s’inscrit parfaitement dans la politique des 3R (réduire, réutiliser, recycler), proche du mouvement Mottainai (l’expression exprime le désappointement consécutif au sentiment de gaspillage) qui lutte entre autre pour une meilleure utilisation des ressources de la terre.
Par extension le terme furoshiki désigne également le carré de tissu utilisé pour cette technique. Et pour fabriquer un furoshiki il faut simplement un carré de tissu de la taille souhaitée, bordé d'un petit ourlet piqué à la machine. Cora en avait préparé d'avance. On peut aussi recycler un foulard.

jeudi 16 avril 2015

4ème édition du Salon du blog culinaire parisien

J'appréhendais un peu cette 4ème édition du Salon du blog culinaire parisien après l'expérience fatigante de la dernière Journée Marmiton. Ce ne fut pas du tout du même acabit. Cette fois c'était à l'espace Commines. Il y avait sans doute moins de monde mais nous avions les conditions idéales pour passer un samedi dans une bonne ambiance.

Comparativement à celui de Soissons on se retrouve en plus petit comité et on dispose de plus de temps pour découvrir les animations et les ateliers proposés, même si on ne pourra jamais tout faire. Il est donc très complémentaire.

Certes les démonstrations de Brita, de Puget et de Lidl n'étaient pas des scoops à proprement parler puisque j'avais rencontré leurs équipes à Soissons, lors du Salon de novembre, mais il y eut tout de même des nouveautés dont il va être question un peu plus bas.

Le plus surprenant était l'association avec Bourjois, dont la promesse est d'offrir aux classes moyennes le luxe de la bourgeoisie. Deux esthéticiennes très patientes ont maquillé toute la journée les bloggeuses volontaires. Créée en 1863 cette marque à l'image ultra parisienne ne cesse de renouveler sa palette en proposant des innovations répondant aux attentes des femmes.
Faire la cuisine au quotidien abîme les mains, même si on s'efforce de les protéger avec des gants, surtout pour l'épluchage des légumes. Je ne connais pas pire que les carottes qui sont peut-être excellentes pour la peau quand on les mange, mais pas quand on les prépare. Et comme mes ongles sont génétiquement très cassants ils ne sont jamais manucurés.
Ce fut l'occasion de les mettre en beauté en testant une laque qui n'est pas sera disponible en boutiques à la fin du mois. Une couche suffit grâce à sa pigmentation renforcée. Et pour ce qui est de la résistance, j'ai été convaincue : les ongles sont restés impeccables une semaine.

Bavarder avec d'autres blogueurs-euses tout en attendant son tour fut un vrai plaisir. Et chef Damien sait combien nous sommes attachés à ces moments qui nous font passer du virtuel au réel. C'est primordial.

Cette pause beauté plutôt inédite a été organisée en partenariat avec Confidentielles pour toutes celles qui n'ont pas le temps de se chouchouter (les autres n'ont pas boudé ce moment). J'ai bénéficié de conseils qui vont peut être me permettre de donner un coup de jeune à mes mains de travailleuse.
Flo du blog Un Flo de bonnes choses avait préparé ... plusieurs séries de ...bonnes choses comme Ces radis panés au fromage frais. Le stand Lidl affichait les couleurs u printemps dans une humeur souriante. Chacun a volontiers prêté son visage pour illustrer une de leurs devises : être un cœur d'artichaut, avoir la banane, ou la fraise ...
Et il faut reconnaitre que les paniers de fraises de Carpentras ont eu leur heure de gloire tout au long de la journée, avec ou sans rosé. Les français seraient les plus grands consommateurs de vin rosé au monde. J'avais goûté quelques uns de leurs vins l'an dernier, en toute modération cela va de soi. C'est peut-être le Cœur de rosé VMQA qui a remporté ma préférence cette fois ci. Leur foire aux vins rosés démarrera le 6 mai en magasin jusqu'à épuisement des stocks, soit guère plus de deux semaines.

Par contre le Rosé pamplemousse revient régulièrement de mai à septembre. D'autres sont présents en rayon toute l'année comme le Côté de Provence Bio.
Toute la maisonnée s'est régalée à mon retour avec ces fraises de Carpentras macérées dans une "vinaigrette" de barrique et d'huile d'olive au basilic. Je n'ai rien inventé. C'est une des recettes cultes du petit guide Marabout consacré à Puget. Je rêvais depuis longtemps de disposer d'une telle huile et elle va devenir incontournable dans ma cuisine même si je continuerai à apprécier toutes les autres, comme les tapenades, tomates séchées et caviar d'aubergines ...
A signaler enfin une bouteille stop goutte qui est très pratique au moment de faire sauter les légumes dans un wok pour ne pas en verser en trop grande quantité.
Toujours chez Lidl il y eut aussi des assortiments de légumes que je me suis amusée à cuisiner façon Top Chef en multipliant les cuissons. Les essais ont été testés et approuvés par la famille. Vous verrez bientôt le résultat dans un billet spécial.
Chez Brita il y a une innovation sur la carafe mais ce n'est pas ce qui va me convaincre. Je suis déjà acquise depuis des années. Je dois bien remplir le grand format trois fois par jour. Il faut dire que je ne cuisine qu'avec cette eau là et que je n'achète jamais d'eau minérale. Cela me barbe de remplir le caddy avec des bouteilles. Je préfère la filtrer au fur et à mesure.
L'eau de cuisson des pâtes, du riz, des légumes et bien entendu le café du matin comme l'infusion du soir sont tous de la même provenance.

La présence d'Yves Camdeborde a renforcé le prestige de la marque auprès de ceux qui ne la connaissaient pas encore très bien. Il a longuement expliqué les techniques de préparation et de cuisson à l'eau filtrée des légumes printaniers : petits pois, asperges, radis, oignons, tomates cerise, salade verte... sublimés par un dressage très organisé.

Je n'ai pas eu le temps de suivre l'atelier de découverte du travail du chocolat, animé par Chef Régis. Ce n'est que partie remise. Chef Christophe s'attelait parallèlement à la cuisson des œufs avant d'enchainer sur celle des légumes, à l'anglaise, sautés ou glacés. Ses explications étaient claires et je sais désormais ce que glacer des légumes signifie réellement.
Ce chef, qui est un des enseignants du Lycée hôtelier de Soissons, nous a donné beaucoup de conseils. Poser par exemple l'asperge sur un plat pour l'éplucher à l'horizontale sans risquer de la briser.
Pour avoir la certitude de servir des légumes qui ne seront pas filandreux il suffit de casser la tige qui, naturellement se cassera à l'endroit où commencent les fibres.

Il faut faire attention de ne pas cuire les asperges trop longtemps à l'anglaise (dans de l'eau bouillante salée). On s'organisera pour que les tiges soient toutes de la même longueur, mais on ne perdra rien. Coupés en minuscules morceaux, de la taille de grains de riz on pourra cuire ces restes façon risotto.

Dans l'idéal on ficèlera les tiges en bouquet en on les fera cuire verticalement dans de l'eau bouillante salée, dans une boite de conserve évidée, afin que les pointes cuisent à la vapeur.

Attention : les légumes verts contiennent des acides. Il ne faut donc poser de couvercle dessus sinon ces acides retombent dans l'eau et l'acidifient, donnant un goût de vinaigre à l'eau de cuisson.

Et si on les plonge dans l'eau froide ce n'est pas pour leu donner une couleur verte (Chef Christophe souligne au passage combien on peut laisser dire d'inepties dans les émissions culinaires de pseudo télé-réalité) mais pour en stopper la cuisson.
Les asperges sont aussi très bonnes sautées à la poêle. Il faudra les poser, tranchées en deux dans le sens de la longueur, pour les marquer du coté qui sera choisi pour leur présentation. On les retourne ensuite et on poursuit la cuisson de la partie colorée en arrosant avec l'huile chaude pour que la cuisson soit uniforme et à cœur. Attention de ne saler qu'à la fin !
On termine en râpant un formage de type comté ou parmesan et on servira en ballotin avec un jambon fumé.
Le glaçage est effectué dans un mélange d'eau, de sucre, de sel et de beurre. Pour des oignons et des carottes on diminuera la quantité de sucre, on l'augmentera pour des courgettes (en réduisant la quantité d'eau). La démonstration nous est faite avec des radis.
Il faut couvrir les légumes avec une feuille de papier sulfurisé (un couvercle serait trop étanche). Pour ce faire on prend un carré que l'on plie en deux, encore, et encore, cinq ou six fois. On déchire le bord et on déplie.
Les légumes sont trop fragiles pour être sautés sur la poêle. Il faudra les cuire à frémissement et les remuer en faisant bouger l'ustensile en le frottant sur le feu (évidemment ce n'est pas recommandé sur une plaque à induction).
Ce mode de cuisson est assez long. Il faut compter une heure, mais le résultat vaut le coup. Il est fréquent que les radis se décolorent. On peut employer du sirop de grenadine à la place du sucre.
Si on glace des oignons surgelés on enlèvera la première couche qui a été abîmée par la cryogénisation de manière à présenter des légumes très jolis. On les glace à blanc pour les mettre dans une blanquette, à brun pour les ajouter dans les ragouts et les viandes braisées.
Un dernier truc de Chef Christophe pour cuire les betteraves : on les enveloppe avec du thym et du sel dans une feuille de papier alu et on les mettra 1 h 10 dans un four à 180°. Ainsi elles ne se chargeront pas en eau et n'auront pas de goût terreux.

J'ai poursuivi en m’amusant à faire mon premier cupcake fantaisie, en modelant un poisson Némo presque dans les règles de l'art. Merci Sandrine, de Macaronette & Cie pour cette leçon de Cake Design dispensée avec patience.
Première étape, on coupe le sommet du gâteau et on tartine de pâte à chocolat ou de marmelade de fraise.
On recouvre d'un disque de pâte sucrée que l'on a marqué avec un outil de modelage pour évoquer un coquillage.
On prend un carré de pâte orangée que l'on modèle pour faire le corps et on marque la nageoire caudale. On ajoute les rayures, blanches, collées à l'au (très très peu de liquide posé au pinceau fin) et on insère les trois autres nageoires auxquelles on aura donné un mouvement. Dans l'idéal on les aura bordées d'une bande blanche. Et bien entendu la nageoire de gauche sera plus petite que celle de droite puisque ce petit héros est handicapé par une nageoire atrophiée.
Il reste à ajouter les yeux, un peu d'algues vertes. Le résultat a été validé par mes enfants. Et comme je le trouve effectivement très chou il va rester longtemps sur le buffet. Sa conservation ne pose aucun problème.

Philippe Conticini est venu amicalement. Comme toujours il a répondu à toutes les questions qu'on lui a posé avec sincérité, gentillesse et, cela va de soi quand on le connait, toujours une compétence qui force l'admiration. Il a surtout échangé avec le petit groupe dont je faisais partie sur les valeurs qui conditionnent tout ce qu'il entreprend.
La soirée s'est poursuivie avec la visite de l'atelier de 750 grammes, fraîchement rénové avec le concours de Cuisine plus.
Le cuisiniste s'est inspiré du concept de gâteau suspendu. C'est très réussi mais il faut dire qu'avec un espace aussi vaste les choses sont plus faciles.
 
 
 
Le résultat est pimpant comme une œuvre et pop art, et plutôt fonctionnel. Je gage que les futurs stagiaires vont s'y sentir comme des poissons dans l'eau.
Il y a aussi un studio de tournage, même si Chef Damien préfère celui de Soissons.
Même en fin de soirée il a encore l'énergie de mettre les mains dans le plat pour faire des acras de poisson. 
On nous a aussi régalés de pissaladière et d'une spécialité corse au nepeta et aux feuilles de blettes, au nom mystérieux de Storza pretti, dite aussi Stuffa. Bravo à Fréderic pour ces découvertes !
Cet After a été également un moment d’échanges qui ont permis de faire plus connaissance avec les blogueurs croisés toute la journée.
Merci aux organisateurs et aux sponsors pour ce super Salon, et à l'année prochaine pour une nouvelle édition parisienne ! Avec une mention spéciale pour les élèves du Lycée hôtelier qui ont été actifs et efficaces avec le sourire.

Les photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue sont de Sylvain Bertrand

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