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samedi 28 février 2026

La 51 ème Cérémonie des César

Tout le monde dira que cette soirée a été réussie. Il est vrai qu’il y eu des moments mémorables et que Benjamin Lavernhe fut un des meilleurs maîtres de cérémonie.

On reprocha à Camille Cottin le ton autoritaire de son discours qu'elle termina en déclarant ouverte la 51 ème cérémonie des César la tête haute et le coeur battant. Si beaucoup de gens ont compris que les lunettes de soleil étaient une allusion au problèmes ophtalmologiques récents du président Macron, fallait-il y entendre un autre sous-entendu dans ce cri du coeur ? Toujours est-il que la société de production Haut et Court faisait l'objet de 17 nominations. Elle en gagnera 3.

Car, effectivement, le nombre de nominations n'est pas un gage d'obtention de statuettes. Ainsi Nouvelle vague, nominé 10 fois n'en reçut "que" 4.

Partir un jour ne monta jamais sur le podium malgré 4 nominations. Même résultat pour L'épreuve du feu, et La venue de l'avenir, qui avaient chacun 3 nominations. Enfin Chien 51, Ma mère Dieu et Sylvie Vartan et La pampa, comme Un simple accident, qui en avaient chacun 2, sont repartis eux aussi bredouilles.

Par contre, Le chant des Forêts, nominé 2 fois est 2 fois honoré. Et il a suffi d'une nomination à Un ours dans le Jura pour que Franck Dubosc reçoivent (enfin!) son premier César.

Ceci pour dire combien le stress doit être à son maximum dans la salle, rendant la longueur de la soirée très pesante. Alison Weeler aborda habilement la question de la légitimité des nominations, revenant sur le mépris à l'égard des "enfants de …" puis sur la mésaventure de Benjamin Lavernhe, capable de tout jouer, même un abbé Pierre innocent, garantissant d'aller tout droit vers le César sauf que je ne vous redis pas le scandale et, si vous l'ignorez, je vous encourage à revoir le replay), l'implorant de promettre d'être plus vigilant à l'avenir à propos du biopic de Jack Lang (blague évidemment), après avoir rendu indirectement hommage à l'audace de Corinne Masiero et en interpelant la ministre nommée depuis "juste" deux heures.

S'il y avait une personne détendue c'était par contre bien Jim Carrey dont le sourire ne quitta jamais le visage et qui s’exprima dans un français quasi impeccable, directement hérité de son aïeul malouin qui émigra pour le Canada il y a très longtemps, privant ainsi notre pays d’un immense acteur. Quelle chance que la famille de Benjamin n’en ait pas fait autant.

On retiendra son évocation de la carrière de l’acteur. Après avoir porté "le" masque à son visage et un numéro de quick-change il apparu en costume jaune vif et l’incarna sans le copier. Du grand art.

J'ai vu et apprécié 12 des films nominés et qui représentaient un peu plus de la moitié des nominations. Si je fais le calcul en nombre de statuettes, ils correspondent à 54% ce qui est identique. Je rappelle en fin d'article la liste des nominations en précisant les lauréats et j'ai ajouté les liens vers les critiques des films que j'ai vus, et que vous pouvez aussi retrouver en suivant la catégorie 7ème art.

Les récompenses furent à la hauteur du cinéma français malgré les "oubliés" que j'ai cités plus haut, tout autant que les excellents films que sont Black Dog et La chambre de Mariama.
On eu droit à une séquence extrêmement drome pour accompagner la remise du César des costumes par Marina Hand et Pauline Clément, si drôles en remettantes du César du Meilleur Costume à Pascaline Chavanne, pour son travail dans Nouvelle Vague de Richard Linklater qui reçoit aussi deux autres César "techniques", le meilleur montage pour Catherine Schwartz et la meilleure photographie pour David Chambille

Il n’empêche que j’ai ressenti une atmosphère franchement déprimée. J’en veux pour preuve qu’à l’exception d'une tenue toute l’assistance n’était vêtue que de noir et blanc. Était-ce précisément un hommage inconscient à Nouvelle vague ? Ou la consigne figurait-elle sur l’invitation mentionnant ce dress code particulier ?
Regardez la photo dite de famille des lauréats et vous constaterez que ce que je dis est vrai. Seule Léa Drucker, qui après le Brigadier remporte un César, porte une robe bleue, mais si foncé qu’elle est très proche du noir. Le cinéma était-il donc en deuil ?

Il est vrai que la situation internationale est dramatique. Il a souvent et à juste titre été question de l’Iran mais ce n'est pas pour autant que les votants ont choisi Un simple accident. Il y a de quoi être perplexe à propos de l'intervention de l’actrice franco-iranienne Golshifteh Farahani qui, à l'occasion de la remise du César du meilleur scénario original, a parlé avec coeur de son pays d’origine. "Le système a tué des dizaines de milliers de personnes de la manière la plus brutale", et c'est "un cycle qui se répète depuis des années (…) Le pays tout entier est en deuil (…) Les survivants dansent avec leur douleur pour que les bourreaux sachent qu'ils peuvent tuer les corps, mais qu'ils ne peuvent pas toucher les âmes."

Les critiques à l’encontre de l’usage de l’intelligence artificielle ont été récurrentes, comme si on craignait qu’elle fasse demain perdre son authenticité au 7ème art.

Vimala Pons, en robe Courrèges dessinée par Nicolas de Felice qui faisaitt un spectaculaire effet maillot de bains et qui mettait sa musculature admirablement en valeur, meilleure actrice dans un second rôle, a dédié ce César à tout ce qu'il y a de joyeux en nous et on en a bien besoin pour faire face à ce qui arrive.

Emmanuel Curtil, la voix française de Jim Carrey, a profité de la soirée pour défendre le doublage au cours d'une séquence émouvante.

J'avais naturellement apprécié les remerciements de Nadia Melliti, César de l'espoir féminin pour son rôle dans La petite dernière, qui eu le mérite d'intervenir la première et dont on saluera le doublé avec la récompense obtenue à Cannes. Elle a surpris tout le monde en associant celles et ceux "qui veillent à notre bien-être physique et mental au quotidien : les agriculteurs, le personnel médical dans les hôpitaux, ainsi que les professionnels de l’éducation".

Au-delà de ces anecdotes plusieurs moments ont souligné des points cruciaux et essentiels comme la spécificité française rappelée par Camille Cottin permettant le financement des longs métrages s à petits budgets par les films à gros succès, par l'intermédiaire du CNC et de la taxe permettant d'accorder des avances sur recettes. Espérons que cela suffise à ce que le 7 ème français redevienne "great again" !

samedi 1 mars 2025

Palmarès des César 2025

En 2025, les César ont 50 ans et avaient choisi de moderniser la cérémonie. Ainsi, au lieu de faire porter la responsabilité du ton de la soirée sur un maitre de cérémonie unique ce sont treize artistes qui se sont partagés la tache.

Dans la mesure où Jean-Pascal Zadi prit la parole le premier les téléspectateurs n'ont pas forcément compris cette subtilité et ont pu penser qu'il avait lâché l'affaire en court de route. Le partage de la scène était pourtant une bonne idée et aurait mérité d'être expliqué. Il y eu donc au micro Pio Marmaï, Raphaël Quenard (qui tous les deux ont composé un duo hilarant sur la jalousie), Emmanuelle Béart, Alice Belaïdi, Cécile de France … qui ont chacun eu à coeur de mettre leur grain … d'humour dans la soirée.

C'est, je crois, la 6ème fois que j'écris un article à propos de cette soirée. Mon objectif n'est pas de la raconter mais d'en pointer quelques moments et de souligner quelques succès qui m'ont réjouie.

Alors que les invités s'installaient Jean-Pascal Zadi a voulu prendre le contrepied de la situation en promettant que "avoir un César, les gars c'est pas grave". Bien entendu c'est tout le contraire qu'il fallait entendre et j'imagine l'amertume de ceux qui, arrivés favoris comme l'équipe de L'Amour ouf (13 nominations) sont repartis bredouille, ou presque. Seul Alain Chabat obtiendra le Meilleur acteur dans un second rôle.

Pire encore pour Un p'tit truc en plus qui malgré 11 millions d'entrées (et c'est heureux pour ce film) n'obtiendra pas le César du meilleur premier film. Il faut reconnaitre que la compétition était sévère.

Déception aussi sans nul doute pour Miséricorde (8 nominations) et il faut souhaiter à David Ayala d'avoir une seconde chance en 2025 pour le rôle de Bruno, le fils d'Hélène Vincent dans On ira, le film de Enya Baroux, qui sortira le 12 mars.

La fanfare que Cédric Klapisch, avait convoquée pour cette soirée d'ouverture n'a pas davantage porté chance au film En fanfare (7 nominations, dont une pour Pierre Lottin qu'on retrouvera lui aussi dans On ira). Je signale d'ailleurs que le réalisateur de la soirée s'était largement trompé dans ses prévisions de statuettes. Les votants restent classiques dans leurs choix bien qu'ils ne soient pas passés à coté de films d'immenses qualités. Ils sont 4951 (à jour de leur cotisation) au 20 décembre 2024.

Catherine Deneuve, présidente de la cérémonie, a souligné la présence croissante des femmes à des postes clé dans le cinéma et a dédié (et c'était un soulagement de l'entendre après avoir subi le comportement du président américain à l'égard du président ukrainien) la soirée à l’Ukraine dont elle portait l'insigne : le cinéma a changé ma vie et j'espère que ma présence ce soir donnera de l'espoir à tous.

Nous avons revu des images iconiques de films d'Alain Delon qui ont fait venir une larme dans les yeux de son fils Anthony. Tout à l'heure, Pomme et Aliocha Schneider accompagneront trois jolies séquences In mémoriam, dédiées aux disparus de l'année et qui pour une fois a été imaginée de façon originale. Il y aura aussi un hommage à Michel Blanc qui sera pour Josiane Balasko l'occasion de souhaiter une Europe de la culture (sans doute irréaliste quand on voit combien l'institution est mise à mal). 

Puis ce fut le moment attendu de l'annonce de la Meilleure révélation masculine et le choix d'Abou Sangare dans L'Histoire de Souleymane a été une confirmation de tous les paris. Le comédien, qui est aujourd'hui mécanicien poids lourds dans un garage en Picardie, a ému ceux qui ne connaissaient pas son parcours. Très touché par sa reconnaissance il nous invite à réfléchir sur qu'est-ce que c'est que recevoir quand on peut donner. Personne ne mettra en doute la misère qu'il a connue et qui l'a poussé à traverser la Méditerranée.

Evidemment (mais est-ce vraiment utile de plaisanter sur ce sujet si sensible ?)  Jean-Pascal Zadi n'a pas pu s'empêcher de proposer à Julia Roberts, venue pour recevoir un César d'honneur de solliciter la nationalité française en affirmant que la France était une terre d'accueil pour les réfugiés. L'allusion était malgré tout directe au comportement choquant du président américain. L'actrice qui affirme que sa vie aujourd'hui est un rêve ne se lancera sans doute pas dans cette procédure.

Plus tard dans la soirée le film recevra 3 autres César : Boris Lojkine et Delphine Agut ont été remarqués pour le Meilleur scénario original (la vraie vie demeure la meilleure source d'inspiration, même s'il est nécessaire d'y apporter de la fiction), Xavier Sirven pour le Meilleur montage et côté interprétation Nina Meurisse en Meilleur second rôle … ce qui est presque amusant quand on songe que c'était la seule actrice professionnelle du film. Comme elle a raison de dire malgré tout qu'on n'est rien sans un bon scénario.

Il avait aussi été nominé comme Meilleur film, Meilleure réalisation, Meilleur son mais il était quasi impossible de rivaliser avec Emilia Pérez de Jacques Audiard dans ces catégories.

Le film reçu d'abord le César de la Meilleure adaptation et le réalisateur monta sur scène avec son légendaire chapeau noir. Il challenge ainsi Le Comte de Monte-Cristo dans cette catégorie et celles du Meilleur film (succédant ainsi à Anatomie d'une chute de Justine Triet), du Meilleur son, Meilleure musique originale (pour  Clément Ducol et Camille) de la Meilleure photo, des Meilleurs effets visuels pour Cédric Fayolle qui travaillait pour la cinquième fois avec Jacques Audiard. Le réalisateur s'attendait-il à autant de succès ? Il a invoqué le psychanalyste Donald Winnicott disant être partagé entre le plaisir de se cacher et la terreur de ne pas être découvert. Merci de m'avoir trouvé !

Il concède juste Meilleurs costumes et Meilleurs décors pour Thierry Delettre (qui a bien raison de s'étonner que le Maquillage et la coiffure soient absents des César) et Stéphane Taillasson qui ont travaillé sur le film réalisé par Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière qui repartirent avec (seulement) deux récompenses. Le César des lycéens pourra-t-il consoler la production ?

La remise du César du premier film ne m'a pas surprise. J'avais découvert Vingt Dieux réalisé par Louise Courvoisier dans le cadre de la soirée surprise de l'AFCAE le premier lundi du mois. Son talent à mettre en lumière la jeunesse rurale est manifeste, tout comme l'est la qualité de l'interprétation de la non-comédienne Maïwène Barthelemy comme Meilleure révélation féminine, confirmant que, cette année, ce sont de vraies "révélations" féminine comme masculine, qui sont couronnées. La jeune femme s'est exprimée à travers un très beau discours.

Il n'empêche que mon coeur balançait malgré tout avec Le Royaume réalisé par Julien Colonna, lui aussi choisi par l'AFCAE.

Karim Leklou obtint le César du meilleur acteur pour sa très belle prestation dans Le roman de Jim. Le choix a dû être cornélien entre François Civil dans L'Amour ouf, Benjamin Lavernhe dans En fanfare, Pierre Niney dans Le Comte de Monte-Cristo et Tahar Rahim (si génial il faut le dire) dans Monsieur Aznavour. Passablement ému le vainqueur affirma : C'est pas normal ce qui se passe. Y a des gens dans ma tête qui font la fête. Le comédien a dédié sa récompense à tous les gentils et à tous les résilients.

Dix-sept ans après avoir reçu le César du Meilleur Espoir, Hafsia Herzi est couronnée Meilleure actrice pour Borgo. Elle aussi avait des concurrentes de taille : Adèle Exarchopoulos dans L'Amour ouf ; Karla Sofía Gascón dans Emilia Pérez ; Zoe Saldaña dans Emilia Pérez ; Hélène Vincent dans Quand vient l'automne. Cette dernière (meilleure actrice dans un second rôle pour La vie est un long fleuve tranquille en 1989) sera peut-être gagnante l'an prochain avec On ira.

Coté court, le Meilleur film de court métrage de fiction est L'Homme qui ne se taisait pas (Palme d'or à Cannes et nominé pour les Oscars) réalisé par Nebojša Slijepčevićle qui rappela la philosophie de son film : Il peut perdre sa vie en ne se taisant pas mais il peut changer le monde.

Meilleur film de court métrage d’animation Beurk ! réalisé par Loïc Espuche, également nommé aux Oscars et qui a beau être "court" a nécessité plus de cinq années de travail.

Meilleur film de court métrage documentaire Les Fiancées du Sud réalisé par Elena López Riera.

Le Meilleur film d’animation est le superbe Flow, le chat qui n'avait plus peur de l'eau réalisé par Gints Zilbalodis et qui est aussi en lice pour les Oscars. Il totalise déjà plus de 620 000 entrées et porte un message de confiance, en soi et dans les autres.

Meilleur film documentaire La Ferme des Bertrand réalisé par Gilles Perret qui fit des remerciements éminemment politiques et souligna la nécessité de rendre visibles les invisibles, dédiant sa statuette à ceux qui luttent pour vivre de leur travail. On constate que le monde rural n'aura pas été oublié cette année avec au moins trois films célébrant cet univers, dont deux le Jura.

Le lauréat du César du Meilleur film étranger est La Zone d'intérêt (The Zone of Interest) réalisé par Jonathan Glazer qui fit un discours très remarqué à propos de Gaza et Israël. J'avais pour ma part l'espoir que le vainqueur soit Les Graines du figuier sauvage (Daneh Anjeer Moghadas) réalisé par Mohammad Rasoulof, autre film lui aussi très politique.

Outre le César d'honneur à l'actrice américaine Julia Roberts et un autre fut remis au réalisateur franco-grec Costa-Gavras qui remercia la "France accueillante".

Il fallait bien une séquence humour. Ce fut Franck Dubosc qui s'y colla, acceptant de recevoir un Césario, une statuette miniature destinée à tous ceux qui n'ont pas eu la grande. Avec 52 films à son actif il est étonnant qu'il soit passé "entre les mailles de la raquette". Qui sait si avec son réellement excellent Ours dans le Jura il n'aura pas le grand format l'an prochain ?

samedi 23 février 2008

RENDONS A CESAR !

Pinocchio au secours de César

Voilà que je vais signer mon premier billet d’humeur.


Je confesse que je n’ai rien lu sur ce qui a pu être publié à propos de la soirée télévisée d’hier et que je n’ai absolument rien écouté en terme de critique à la radio depuis.

Je ne sais donc pas si je me situe dans la moyenne de ce qu’ont pensé les téléspectateurs ou si je suis a-normale (au sens propre : hors normes) mais j’ai fini par éteindre mon poste avec dégoût.

J’étais pourtant heureuse de passer une soirée en compagnie de ces gens du cinéma auxquels je dois tant de bons moments comme simple spectatrice. La performance offerte par Valérie Lemercier l’année dernière était si époustouflante que je m’attendais à au moins autant de bonheur.

J’avais donc allumé le poste en avance, ce qui est le meilleur moyen de ne pas être en retard. J’apprends qu’on attend Fanny Ardant, qui est annoncée en retard pour remettre un César d’honneur. C’est curieux car d’habitude les César d’honneur sont donnés en cours de cérémonie, pour rompre un rythme qui pourrait s’essouffler.

Le journaliste interroge l’actrice « enfin » là et lui propose les embouteillages parisiens en guise d’excuses. L’étonnement se lit sur son visage. Mais cette grande dame susurre lentement de sa voix profonde : on m’avait dit 9 heures … L’homme encaisse : alors c’est que nous sommes en avance…

L’émission démarre avec les sacro-saints hommages aux disparus de l’année. Sauf que cette fois mes yeux n’arrivent pas à capter la totalité des noms qui sont tous sur le même écran. Seul Alain Robbe-Grillet se détache, peut-être en raison de sa longueur. Suivent quelques extraits de films peu connus et bien choisis qui mettent en valeur les talents d’interprète de Jean-Claude Brialy, Jean-Pierre Cassel et Michel Serrault. Un carton nous apprend que la soirée leur est dédiée. On pense donc en toute logique qu’il en est fini des hommages posthumes. Première erreur.

Déboule sur scène Jean Rochefort. Un acteur immense, mais dont on ne sait pas toujours s’il plaisante ou s’il est sérieux. Ce qui est manifeste, c’est qu’il ne connaît pas son texte. Il essaie d’en tirer gloire et cherche à nous convaincre que l’originalité de sa tenue va lui valoir une place de choix dans les pages « people » des magazines. Tout cela parce qu’il arbore un smoking avec un col Claudine. Tiens donc, le premier hommage est pour Colette ! Voilà de quoi aider le retour de l’autorité à l’école !!!

Comment donc, vous ne savez donc pas que le col Claudine, c’est le col rond de la blouse d’écolière à l’époque où celle-ci était obligatoire ? Ladite Claudine fut l’héroïne d’un livre de Colette, l’écrivain.

Les yeux de Jean Rochefort hésitent. Je me dis qu’il a du mal à lire le prompteur. Ma famille me raille : un prompteur, pour des comédiens, tu n’y penses pas !

La suite de la soirée me donnera raison. Le cameraman fera moult plans larges où l’on voit nettement défiler du texte sur un écran arrimé à la corbeille au-dessus du parterre, et puis un autre, moins grand, accroché à la scène. Le spontané va être réduit, forcément. Qui osera improviser ?

Les tentatives de plaisanterie d’Antoine de Caunes sont misérables. C’est grossier, inélégant, indigne … Je ne vous raconterai pas son hommage morbide au Mime Marceau. C’est à oublier très vite.

De même que les allusions graveleuses à la vie privée du président de la République qui ne font pas rire les spectateurs. On en a assez de toutes ces blagues autour de quelqu’un m’a dit …

Et quand Antoine de Caunes fume ostensiblement pour agacer ceux qui aimeraient en griller une on se dit que Serge Gainsbourg aurait été plus délicat, c’est dire … Les remises de prix s’enchaînent sans rythme. Heureusement que le réalisateur avait mis en boite la parodie d’une scène de la Môme interprétée magistralement par Valérie Lemercier (ouf elle fut des nôtres malgré tout).

Fanny Ardant est demandée sur scène pour remettre un César d’honneur à Roberto Benigni qui, égal à lui-même et sans le secours d’un prompteur, se lance dans un discours enflammé sur le cinéma, l’Italie, les femmes. Il nous amuse quand il se plaint que la France ait volé à son pays ses plus belles femmes, Carla Bruni, Monica Belucci et la Joconde. Il suggère à Fanny Ardant d’émigrer pour rétablir l’équilibre. Rien ne l’arrête. Roberto Benigni s’enflamme davantage et harangue les invités. C’est vous, les français qui avez inventé le cinéma, alors vous vous devez de faire le meilleur cinéma du monde. Il s’arrête soudain après plusieurs longues minutes d’exaltation et demande une minute de silence pour deux grands disparus du cinéma dont personne n’a songé à parler auparavant : Michelangelo Antonioni et Ingmar Bergman (qui sont décédés tous les deux par le plus grand des hasards le 30 juillet dernier). Voilà la salle qui s’apprête à applaudir cette initiative quand enfin la majorité réalise la gaffe et redevient silencieuse.


Roberto Benigni est parti sur la pointe des
pieds après cette minute de recueillement et de silence. Avoir réussi à faire taire la télévision est une prouesse. Merci Monsieur Benigni pour ce rare hommage. Votre visage exprimait toute intensité de vos émotions. Roberto Benigni, capable d’interpréter Pinocchio, est un homme qui ne ment pas. On peut espérer qu’Antoine de Caunes aura retenu la leçon.


Autre grand hommage autour de Jeanne Moreau qui reçoit pour la seconde fois un César d’honneur. Personnellement cela me choque. Comme si on voulait nous assurer qu’on soigne les grands noms du cinéma sans attendre leur disparition. Quoiqu’il en soit Jeanne Moreau a superbement bien tiré sa révérence. Ce petit bout de femme, refusant l’ovation debout, irradiante de beauté, priait l’assemblée de se rasseoir.
Elle nous a offert un petit discours où la sincérité ne faisait pas de doute et dont les propos faisaient mouche. On sentait qu’elle s’exprimait avec aisance et intelligence, rebondissant sur les propos de Roberto Benigni. Elle a eu cette idée magnifique d’appeler les comédiennes du premier film de Céline Sciamma Naissance des pieuvres pour leur offrir son César, estimant qu’elles en avaient davantage l’utilité qu’elle. Jolie leçon aux organisateurs qui espéraient nous faire pleurer derrière le poste. Bel exemple de dignité. Merci Madame Moreau, pardon, mademoiselle, puisque c’est ainsi qu’il faut parler…


Julie Depardieu n’a pas été en reste. Nominée meilleure actrice dans un second rôle, pour celui qu’elle interprète dans le film un Secret de Claude Miller elle a jugé bon de céder la sculpture à Ludivine Sagnier qui
est sa partenaire dans ce film. La gêne de celle-ci était palpable. Elle jurait qu’elle rendrait l'objet mais Julie a quitté l’assistance en riant. On se demande s’il y a un message à décrypter, si c’est un mouvement d’humeur ou un acte irréfléchi.


Alain Delon est
venu spécialement chercher le César d’honneur de Romy Schneider. Les yeux pleins de larmes, il a fait un hommage appuyé, passant du français à l’allemand pour prononcer des mots doux et envoyer un baiser. Je ne veux pas critiquer le principe de vouloir saluer la mémoire de Romy Schneider. Je ne veux pas non plus me moquer d’aucune façon d’Alain Delon, mais tout de même, je n’ai pas oublié la façon dont on l’avait raillé quand il avait dit qu’il ne viendrait pas chercher un César si on lui en attribuait un. C’était Coluche je crois qui avait lu une pseudo lettre écrite par l’acteur depuis la Suisse. Les organisateurs sont-ils si perfides qu’ils auraient imaginé ce subterfuge pour qu’on ne puisse plus dire qu’Alain Delon ne s’est déplacé pour recevoir un César ?


J’ai arrêté alors de regarder l’émission.


Quoi choisir d’autre qu’une photo de tigre pour illustrer la fin de ce billet d’humeur ?


Voyez-y une
allusion au coup de griffe que je voudrais donner à cette soirée, un clin d’œil au Guépard que tourna Delon, mais surtout au magnifique film de Roberto Benigni, le Tigre et la neige sur lequel je reviendrai un jour parce que si je devais retenir une dizaine de films parmi tous ceux que j’ai vus celui-ci aurait la place d’honneur.

Antoine de Caunes déplorait l’absence hier soir des Clavier, Adjani, Bacri et Jaoui (je le cite de mémoire) comme si le parterre n’était composé que de personnes de second ordre (c’est gentil pour eux …) laissant entendre que la cérémonie des César s’essoufflait. Il suggérait de faire soirée commune avec la cérémonie des Molière. A supposer que la cérémonie soit reconduite l’an prochain (parce que au train où elle a été menée on peut s’interroger sur la bonne volonté des futurs invités de s’y rendre) puis-je oser, Monsieur Denisot, ma petite suggestion ?


Et si vous remettiez un César d’honneur à un spectateur, élu au hasard, au sortir d’une vraie salle de cinéma …
au lieu de morigéner sur ceux qui téléchargent illégalement … parce qu’aussi il n’y a pas de meilleurs films que ceux qui sont regardés.

lundi 15 mars 2021

46 ème soirée des César

Ce fut vendredi 12 mars, et si j'ai suivi cette soirée des César parce que j'aime le cinéma j'avoue m'être souvent ennuyée.

Ce ne sont pas les blagues de mauvais goût de Marina Foïs qui m'ont dérangée en début de soirée. Ça démarrait avec vivacité.

Elle disait remarquablement son texte, alors que le président de la cérémonie peinait à lire le prompteur. Je me suis d'ailleurs demandé à quoi cela servait, un président …

Malheureusement elle ne joua que sur un seul registre et elle fut carrément stupide en traitant la pauvre Nathalie Baye de "mère de", en le disant si vite que franchement c'est odieux et inacceptable.

Cet épisode aura été peu remarqué. Le moment qui fit couler de l'encre, ce sera la scène de Corinne Massiero. Car c'était bel et bien une séquence cinématographique qu'elle nous offrit. Formidable d'à propos et d'audace comme seule une femme comme elle peut le faire. Capitaine Marleau courageuse dans la vie comme sur les plateaux, éprise de justice, et si intelligente.

Car oser revêtir la peau d'un animal pour remettre le César du meilleur costume, il fallait y penser. Vous souvenez-vous de cette publicité montrant des top models en manteau de fourrure d'où s'échappaient des flots de sang pour alerter sur la cruauté de cette pratique ? C'est dans le même état d'esprit que l'actrice portait en dessous la robe rouge sang de Carrie au bal du diable, un film d'horreur américain réalisé par Brian De Palma, sorti en 1976. Beaucoup l'ont oublié et n'ont donc pas compris la référence. Sa nudité ne me choqua pas. Je l'avais vue dans le film Louise Wimmer et je sais qu'elle n'a pas de fausse pudeur. Et puis elle est belle, n'en déplaise à ses détracteurs.

Corinne Massiero aura aussi en quelque sorte vengé les co-scénaristes d'Effacer l'historique qui repartit sans le César du meilleur scénario original. Et sa prestation n'est pas près de l'être … effacée.

Je regrette juste que la scène ait été trop rapide. Il manquait un peu de suspense. Mais j'imagine qu'elle a eu peur d'être tirée en coulisses. Il fallait prendre tout le monde de surprise. Bravo. Message bien envoyé, et sans doute reçu. Par contre se souviendrons-nous du film qui reçu ce César des meilleurs costumes ? De mon point de vue La bonne épouse aurait pu être distinguée dans une autre catégorie.

Le discours engagé de Jeanne Balibar était à souligner lui aussi mais, pardon de le dire, il résonne moins fort quand il est prononcé en exhibant une robe de grand couturier.

J'avais adoré en début de soirée la joie de Fathia Youssouf, meilleure espoir féminin pour Mignonnes, un film que j'avais salué à sa sortie. Egalement à la toute fin de la cérémonie, celle de l'orléanaise Laure Calamy. Comme elle a raison de souligner l'importance de la décentralisation dans la culture !

Evidemment il y eu un gagnant qui gagna plus que les autres. Adieu les cons, un titre qui semblait pensé sur mesure, rafla 7 statuettes. Certains s'étonnèrent de l'absence d'Albert Dupontel. Il a pourtant dit et redit qu'il n'accordait aucun intérêt à ce type de récompense. Seul le public compte à ses yeux.

Autre absente de taille, la ministre Roselyne Bachelot qui se montra devant les caméras en tout début de soirée pour réitérer son soutien aux artistes dans un bout de discours lénifiant avant de disparaitre en coulisses puisqu'elle n'avait pas de place légitime dans la salle, n'ayant aucun César à remettre ou à recevoir. Du coup elle ne put répondre à aucune critique et les paroles de ceux qui s'adressaient à elle sont tombées dans le vide. Est-ce que cela l'autorisait à estimer ensuite que la soirée avait été déplorable ?

Il me semble bien avoir entendu à plusieurs reprises que toutes les personnes présentes ce soir là avaient été testées au Covid même si les masques étaient portés en salle (plus ou moins …). Il n'empêche qu'on apprendra que, comme l'an dernier le malheureux ministre de la culture Franck Riester, elle aura assisté (en coulisses mais tout de même) à la soirée en étant atteinte du Covid. Espérons qu'elle aura respecté les gestes barrière.

Je me suis réjouie que le César du montage couronne un documentaire, car on oublie trop combien c'est essentiel. Il y avait moins de films en compétition cette année et bien entendu tous ceux qui le méritaient n'ont pas été récompensés. Comme Eté 85 qui est un film de qualité. Il était nominé dans de multiples catégories et repart bredouille. Ce sera le cas aussi de Petit pays. Quel regret. Comme aussi Dark Waters, qui pour moi est un film majeur sur la dénonciation des agissements des grandes firmes. Ce sera Drunk qui obtiendra le César du meilleur film étranger.

Il est probable que les annulations de sortie ont pesé sur le palmarès qui aura été resserré. Il me semble qu'il y avait moins de films que les années précédentes à pouvoir prétendre être au moins nominés. Un divan à Tunis ne pouvait pas lutter contre Deux, malgré ses qualités. Je n'ai par contre guère de regret pour De Gaulle, victime probable d'une sur-promesse.

J'avais vu plus d'une dizaine d'entre eux. J'aurais pu d'ailleurs améliorer le nombre si je n'avais pas été freinée par l'épidémie, notamment Deux, Antoinette dans les Cévennes et Adieu les cons que j'avais notés dans mon agenda. J'imagine qu'ils seront de nouveau à l'affiche à la réouverture des salles. Comme le documentaire Adolescentes que j'ai très envie de découvrir. Il ne doit pas être fréquent dans l'histoire des César qu'un documentaire reparte avec trois statuettes.

Je me rattraperai avec la Médiathèque numérique ou une version DVD. C'est ce que j'ai fait pour Josep, Meilleur film d'animation. Cet émouvant travail de mémoire m'a conduite dans un pays cher à mon coeur, le Mexique et je me suis laissée porter par cette tranche historique que je connaissais mal.

Mon avis est plus mitigé sur Les Choses qu'on dit, les choses qu'on fait qui valut à juste titre à Émilie Dequenne d'être remarquée comme meilleure actrice dans un second rôle.

J'ai aimé les intermèdes musicaux. Catherine Ringer fut bouleversante de naturel et de noblesse avec un Je reviens te chercher qui sera mémorable. Benjamin Biolay parfait. J'hésite à commenter le choix du titre d'Alain Souchon, Quand je serai KO. Lui, nominé meilleur acteur en 1984 dans l'Eté meurtrier, avait dû céder la statuette à un comique, extraordinaire dans un rôle dramatique, Coluche dans Tchao Pantin.

Ce soir là, hormis Stéphane Demoustier, surpris, heureux, et fier de son pari d'avoir misé sur une actrice inconnue, pour interpréter le rôle principal de La fille au bracelet (dans lequel jouait Benjamin Biolay), il me semble que ce sont surtout les femmes qui se sont illustrées et qui portèrent le flambeau.

dimanche 27 février 2022

D’accord avec César 5 sur 6

J’ai été enthousiasmée par 5 des 6 films les plus récompensés par l’Académie des César. Sans doute l’aurais-je été aussi par Illusions perdues (7 statuettes dont le César du Meilleur film) si je ne lui avais pas préféré Eugénie Grandet, qui sortit la même semaine, m’amenant à faire l’impasse sur le film de Xavier Gianolli au profit d'un long métrage plus discret. Je me rattraperai ultérieurement.

Je me méfie parfois des compliments qui arrivent trop vite et trop tôt. Je ne dis pas que j’ai raison de le faire, mais c’est un constat. J’ai aussi à coeur de ne pas suivre systématiquement les sentiers battus. C’est me semble-t-il important dans la position de bloggeuse. Et sur ce point on ne peut pas dire que c’était gagné d’avance pour Aline, ni pour Annette d’ailleurs car j’en ai entendu abondance de critiques, … par des personnes qui n’étaient même pas allés les voir.

En tout cas Illusions perdues n'a pas été victime de son titre. Il était le grand favori de cette 47e cérémonie, avec un nombre record de quinze nominations.

Annette a récolté 5 récompenses, pour onze nominations : meilleur réalisateur pour Leos Carax, meilleur son pour Erwan Kerzanet, Katia Boutin, Maxence Dussère, Paul Heymans, Thomas Gauder, meilleurs effets visuels pour Guillaume Pondard, meilleur montage de Nelly Quettier et meilleure musique originale de Ron Mael et Russell Mael.

Valérie Lemercier avait raison de ne pas crier trop haut victoire malgré ses dix nominations pour Aline, mais elle peut être fière du César de la meilleure actrice pour sa performance phénoménale. Son petit discours fut autant émouvant qu'humoristique en espérant avoir autant de succès avec son prochain bio pic sur … Martine Aubry.

J'approuve tout autant le César du Meilleur acteur attribué à Benoit Magimel pour De son vivant. 

Le César de la meilleure actrice dans un second rôle est totalement justifié pour Aissatou Diallo Sagna, dans La fracture de Catherine Corsini.

The Father de Florian Zeller mérite lui aussi sa distinction de Meilleur film étranger.

vendredi 24 février 2012

Et si nous parlions des Cesar ?

Je n'en parle pas tous les ans mais il y a des soirs où ce genre de cérémonie appelle des commentaires. Il me semble parfois nécessaire d'exprimer mon opinion, quitte à m'attirer des foudres.

Tout palmarès est injuste, on le sait, mais tout de même je regrette que l'équipe de la Guerre est déclarée soit repartie bredouille et que celle de Polisse n'ait pas eu besoin d'un caddy pour transporter les statuettes.

De là à cautionner l'intervention désastreuse de cette actrice, mécontente du choix du Meilleur acteur dans un second rôle, et qui se permit de porter un jugement sur le vote des jurés il y a un gouffre que je ne franchirai pas. Sont-ce les boissons alcoolisés qui abondaient sur les buffets installés à chaque étage du Théâtre du Châtelet avant le début de la retransmission (je n'y étais pas mais on m'a raconté) qui ont compromis la bonne tenue de cette dame ou bien un excès de pure bêtise ? On pardonnerait mal d'un homme une telle goujaterie. L'unique mérite de cet incident fut de révéler l'humour et le fair-play de Michel Blanc proposant de pratiquer la garde alternée du César avec Joe Starr.

Je ne me dédis pas. J'écrivais en octobre dernier que je n'aurais pas été surprise que cet acteur reçoive le prix d'interprétation masculine au festival de Cannes. Mais la prestation de Michel Blanc dans l'Exercice de l’État est remarquable, quoique moins surprenante. On sait depuis longtemps combien c'est un très bon comédien. Mais s'il est vrai qu'il n'a pas encore reçu de César, et sachant combien les artistes ont besoin de reconnaissance, réjouissons nous que grâce lui soit enfin rendue.

Quant à Maïwen, espérons qu'elle se consolera en se souvenant de la remise du Prix du jury au festival de Cannes, ou plus proche, de celle du Prix Toscan du Plantier attribué à Alain Attal, le producteur du film via Les productions du trésor. Elle pourra aussi comptabiliser avant de s'endormir le nombre croissant des entrées du film et si tout cela ne suffit voir en boucle l'hommage que Laure Gardette lui a fait dans son discours de remerciement du César du meilleur montage.

Avec 13 nominations Polisse était le grand favori des César 2012 (oui César ne prend pas de s, qu'on se le dise). Le film est d'ailleurs ressorti mercredi sur les écrans français, et le succès qu'il rencontre en salle est somme toute la meilleure récompense.

The Artist a été le grand gagnant, sauf le principal protagoniste, Jean Dujardin, assez visiblement déçu de ne pas avoir sa statuette comme les autres. Qu'il sache bien que le Cesar n'est pas la plus grande récompense du cinéma. On dit que c'est l'Oscar. Alors gageons qu'il sera honoré à Hollywood dans 48 heures.

Je vous avoue que ce n'est pas ce long métrage là que j'aurais plébiscité (sauf l'acteur principal qui réalise une vraie prouesse). Il est certes très bien fait, mais nombriliste et tellement certain de plaire à un public américain que cela en devient gênant. J'attends autre chose du 7ème art.

Il y eut quelques jolies séquences d'anthologie, comme ce remake de The Artist avec Antoine de Caunes dans le rôle principal ou l'hommage à Annie Girardot, monté avec sensibilité. Et puis, le numéro de dressage de Julie Ferrier d'un petit chien ... artiste comme il se doit.

Qu'attendre d'une cérémonie comme cette remise de prix ? De l'humour et de la tenue ... ce ne fut pas toujours le cas. Si dans l'ensemble Antoine de Caunes fut plus correct que d'habitude, malgré des jeux de mots pesants (il s’amuse à placer la soirée sous le signe du glumour, une contraction de glamour et humour avant d’aller faire un petit tour en trottinette) on ne peut pas en dire autant de Laurent Laffite qui ferait un beau duo avec la demoiselle précédemment épinglée. Nous nous préserve pour les Molière ... en espérant que la soirée ait lieu cette année, ce qui est loin d'être gagné tant que la guerre entre théâtre privé et théâtre public demeurera déclarée.

Pas de tenue sublime cette année. Quelques jupes très courtes, quelques robes minimalistes et sans bretelles que leurs occupantes retenaient de glisser au moment de monter sur scène, et surtout, surtout, beaucoup de plexus à l'air ou presque. Cela en devenait lassant. S'il fallait attribuer un prix du décolleté plongeant c'est peut-être Sylvie Testud qui l'aurait emporté, avec quelques centimètres d'avance.

Rappelons tout de même que la plus grande victoire est celle du Cinéma qui avec 215 millions d'entrée a fait sa meilleure année depuis 1966, preuve que le téléchargement ne le fait pas mourir et qu'il y encore un public qui aime aller voir un film en salle, au milieu d'autres êtres de chair et d'os.

Chroniques que vous pouvez lire dans les colonnes de A bride abattue sur les films primés, ... ou pas :
Le superbe film réalisé par Valérie Donzelli, la Guerre est déclarée.
Carmen Maura, César de la Meilleur actrice pour un second dans les Femmes du 6ème étage
Omar Sy, Meilleur acteur dans les Intouchables
Meilleur film d'animation le Chat du rabbin, de Joann Sfar
Le film Polisse
Pour relire le billet consacré à Maïwwen à propos de Pardonnez-moi, cliquer ici.
Et la chronique Cesar 2008, premier billet d'humeur, et d'humour du blog, à relire là

vendredi 27 février 2009

César pour Séraphine, Agnès et quelques autres ...

La cérémonie des César vient de couronner un certain nombre de films qui avaient été célébrés sur A bride abattue. J'y vois un encouragement à continuer à écrire sur ce 7ème art qui n'est pourtant pas ma spécialité. (On trouvera en fin d'article le sommaire des billets consacrés aux films en compétition en fin d'article)

C'est Séraphine qui a reçu le plus de distinctions. Un film sur lequel je m'étais beaucoup investie. Non contente d'y consacrer une critique documentée j'avais aussi fait le portrait de son réalisateur, Martin Provost. La sincérité de notre entretien avait révélé de belles qualités humaines. J'avais poursuivi en allant voir les œuvres originales de ce peintre au Musée Maillol, occasion d'un article supplémentaire. La reconnaissance même tardive de cette artiste témoigne que la qualité triomphe toujours et ce succès rend optimiste.

César du meilleur documentaire aux plages d'Agnès. Voilà une autre réalisatrice qui mérite qu'on s'arrête sur elle ! Tout est bon chez elle ! A tel point que j'avais décidé de reprendre la critique que j'avais faite du film le Bonheur, pensant qu'elle avait pu passer inaperçue puisque c'était un des tout premiers du blog.

Séraphine et Agnès, il y a longtemps que je vous aime ! Mais également Philippe Claudel. Voulez-vous voir ou revoir les décors de son film césarisé ? J'avais photographié la maison bourgeoise, jeudi 8 mai 2008, pour illustrer une des chroniques nancéennes qui ont ponctué tout le mois de mai 2008 Nancy en Mai, Il y a longtemps que je t'aime
Plus tard je m'étais rendue dans la très jolie piscine ronde de Nancy thermal. Et j'avais écrit le 8 novembre 2008, sur le blog lorraine de coeur.com, A bâtons rompus avec ... Ondine, nageuse émérite

J'avais vu Entre les murs avant d'entendre la polémique qui a suivi. C'est vrai que sur le plan pédagogique il y aurait beaucoup à dire mais j'avais regardé ce film avec ma seule sensibilité sans chercher à le juger sur le fond.

J'avais découvert au même moment Valse avec Bachir. Le sujet était difficile. J'avais élargi mes recherches, pensant écrire un article pointu. Mais il est resté à l'état de brouillon. Il faudra que je le reprenne très vite.

Il m'avait alors été plus facile de parler de Sagan, qui me touchait personnellement.

Si je devais retenir un seul mot des discours des uns et des autres ce serait le mot famille. Il avait ce soir un sens pluriel très large, englobant tous ceux qui contribuent à l'aboutissement d'un projet.

On a célébré un cinéma exigeant et de qualité sans verser dans l'élitisme et sans renier les choix du public qui lui aussi a souvent été remercié. Personne n'a larmoyé sur les difficultés financières (réelles) du cinéma. Preuve s'il en fallait encore que le talent est le premier à faire un pied de nez à la crise.
*
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A lire, ou relire pour apprécier différemment avec le recul :
jeudi 23 octobre 2008, Séraphine Louis, Ange ou Démon ...
vendredi 24 octobre 2008, Martin Provost, un réalisateur de convictions
lundi 2 février 2009, Séraphine de Senlis, exposition prolongée au Musée Maillol
samedi 10 janvier 2009, En attendant d'aller voir les plages d'Agnès ... petite leçon sur le bonheur
mercredi 5 mars 2008, Le bonheur selon Agnès Varda
lundi 18 aout 2008, Sagan et moi une heure durant...
vendredi 26 septembre 2008, Entre les murs
lundi 25 février 2008, Jamais deux (Oscars) sans trois, Thank you Marion for lobbying
samedi 23 février 2008, Rendons à César ! Pinocchio au secours de César

jeudi 26 mai 2011

Le sang des amis de Jean-Marie Piemme, mis en scène par Jean Boillot

Les romains traversent le plateau au pas de charge sur une musique d’église tandis que le chroniqueur annonce que le pire est arrivé, comme prescrit … en traçant le mot AVEUGLEMENT sur la vitre du studio d’enregistrement radiophonique dont les spectateurs sont les invités.

S’il ne s’agissait pas d’une tragédie, la pièce aurait pu s’intituler Jules, Antoine, Cléopâtre et les autres. Si on avait cherché à pointer strictement la comédie elle aurait pu s’appeler l'Empire contre attaque. Jean-Marie Piemme s’est librement inspiré de La vie de Marc Antoine par Plutarque et du Jules César de Shakespeare pour écrire une version à coloration contemporaine.

Les faits réels servent de carburant à une écriture dont chaque phrase fait mouche tant l’auteur a l’art de la formule. Il voit César comme un athlète du mensonge, un homme de pouvoir dont l’ambition était la raison de vivre, fait annoncer le pire à un Cicéron qui entrevoit la raison comme déraisonnable, comprend l’amitié entre Brutus et Antoine comme une armure …

Les répliques sonnent comme des sentences : La seule mort que je connaisse est celle des autres. Seul César sait ce qui est bon pour César !

S’il fallait d’une phrase résumer le propos on pourrait hésiter parmi celles-ci qui tournent toutes autour du même constat accablant : les justiciers sont aussi des assassins ; souviens-toi que si tes ennemis sont dangereux tes amis le sont encore plus ; les hommes sont égaux dans la férocité.

Jules César est trahi par Brutus, lequel est trahi par son clan. Antoine est victime de la perfidie d'Octave qui devient Auguste à la fin. La République est morte. Vive l’Empire ! La morsure d'un serpent suffirait pour en finir mais Cléopâtre se rebelle contre l’Occident et s’enfuit dans le désert.

Ce n’est pas tout à fait ainsi que les faits se sont déroulés mais cette vision met en relief le danger que court le monde dit civilisé où nous vivons dans une paix (relative) depuis plus de cinquante ans. Le parti pris de jouer en costumes contemporains pointe le risque. Et si la mise en scène appuie sur plusieurs effets comiques c’est pour apporter une respiration au milieu des intrigues de pouvoir, des rapports dévastateurs d’amour, de haine et de trahison.

Jean Boillot signe la mise en scène. Le directeur du NEST-CDN de Thionville-Lorraine a pour sa part, a été influencé par le spectacle de cabaret des Demi-frères dont il a intégré un acteur dans sa troupe. Laurent Conoir et Magali Montoya interprètent à eux deux une quarantaine de personnages qui apportent une respiration et de la drôlerie dans ce qui serait une mare de sang insupportable.

On pourrait s'étonner que je pointe leur duo mais leur connivence est d'une drôlerie incroyable. Les entendre raisonner et chanter à la manière de Georges (Brassens) et de Jacques (Brel) est un pur moment de bonheur. Ajoutez à cela des libertés avec le texte, du style : toi tu vas finir avec un bracelet électronique dans un appartement à New-York et vous aurez une idée de leurs apartés.

Cela ne gomme pas le coté tragique du spectacle, interprété par une troupe d'excellents comédiens. Chacun d'entre nous verra sa guerre civile dans celles qui sont jouées devant nous. Jean Boillot offre une fresque théâtrale et sonore qui résonne de multiples manières à nous qui avons tant besoin d'histoires et d'émotions.

Puisse malgré tout notre république ne pas devenir comme celle qu'il agite au Théâtre de l'Aquarium.

Le sang des amis, de Jean-Marie Piemme d’après Shakespeare, mise en scène de Jean Boillot

avec Jean Boillot, Laurent Conoir, Roland Gervet, Philippe Lardaud, Magali Montoya, Julie Pouillon, Isabelle Ronayette, Assane Timbo

Du 4 mai au 29 mai 2011, du mercredi au vendredi à 20h30, le samedi à 16h et à 20h30, le dimanche à 16h au Théâtre de l'Aquarium, Cartoucherie de Vincennes. Une exposition de portraits de personnages en lien avec le spectacle et réalisés par la photographe Virginia Castro anime le hall du théâtre. Parmi eux celui de Jean Boillot que j'ai repris en tête du billet.

jeudi 4 juin 2020

La salade César de Cyril Lignac

Hier Cyril Lignac présentait un grand classique de la cuisine internationale, la Salade César. C'est une entrée un peu copieuse qui peut largement être proposée comme un plat.

Il en existe de multiples versions mais il faut savoir que plusieurs ingrédients sont incontournables : les filets de poulet, la romaine, l'ail, les croutons, et la sauce Worcestershire ... et les anchois qui lui donnent ce goût si particulier.

Ce n'est pas parce qu'on la prépare avec de la salade romaine qu'elle a pris le nom d'un empereur romain. C'est un certain Cesare Cardini, un italien installé au Mexique puis revenu aux Etats-Unis qui a établi la recette en 1924 pour satisfaire l’appétit de clients de dernières minutes en combinant ce qu'il avait sous la main.

Il lui donna le nom de Salade Caesar, en déformant son prénom pour lui conférer davantage d'exotisme. Curieusement c'est à partir des années 1990 que la recette est devenue populaire.

Dans un mixeur, déposez un œuf dur avec le jaune d’œuf, la pâte d’anchois, la gousse d’ail et le parmesan râpé, commencez à mixer. Versez le vinaigre et le jus de citron. Raclez les bords. Versez en filet l’huile et ensuite la crème liquide puis raclez de nouveau les bords, assaisonnez de sauce Worcestershire et de tabasco, salez. Gardez cette sauce de côté.

Hachez les 4 œufs durs restants. Dans un saladier, mélangez les dés de poulet avec les croûtons et les œufs durs hachés, ajoutez de la sauce César. Assaisonnez de sel et poivre. Gardez de côté.

Coupez la romaine en 2 dans la longueur, creusez légèrement le cœur, assaisonnez-la d’huile d’olive et de jus de citron jaune, fleur de sel et poivre du moulin, ajoutez quelques cuillerées de sauce César puis, au creux du cœur de la romaine, le mélange de poulet. Râpez du parmesan et du citron jaune. Déposez dans les assiettes. Servez.

vendredi 22 février 2013

Soirée des Césars 2013 sans surprise et marquée par le cumul

(mise à jour 28 février 2013)

Je ne dirais pas que les lauréats ne méritaient pas leurs trophées mais je regrette que ce qui est annoncé comme la fête du cinéma se limite à encenser ce dont tout le monde parle déjà en négligeant des acteurs et des films qui méritaient amplement la reconnaissance générale d'abord, et de la profession en particulier. Si on compte sur les bloggeurs pour le faire, l'audience sera forcément restreinte ...

Parce que si le "monde du cinéma" se satisfait de donner un coup de pouce aux blockbusters hypermédiatisés ce n'est pas le quidam moyen qui aura du poids, n'en déplaise à Guy Béart qui lui a dédié une très jolie chanson. Et j'espère que les pouvoirs publics ne mettent pas trop d'argent dans la manifestation ... on attend autre chose de nos impôts !

Il faudrait d'abord, à mon (humble) avis remettre en question le vote. Il est vrai qu'au moment où l'on glisse individuellement son bulletin dans l'enveloppe on ne peut pas ignorer le talent d'Emmanuelle Riva et de Jean-Louis Trintignant. Difficile de les positionner hors course et pourtant, quand on sait que deux acteurs partent gagnants à coup sûr on devrait (si on est organisateur) les désinscrire de la compétition, leur prévoir une statuette d'honneur et laisser la course ouverte.

Même si c'est un très grand comédien pourquoi faire venir d'outre atlantique Kevin Costner afin de lui remettre un César d'honneur ? Il faisait peine à voir, à tenter de rester éveillé, une performance qu'il ne réussit pas totalement, et à lire sur un prompteur qui ne défilait pas à la bonne vitesse.

Il n'y aurait aucune honte à recevoir un tel César alors que truster les récompenses va générer une aigreur négative. Sans faire du mauvais humour on a bien vu que si la compression faisait plaisir à Emmanuelle Riva elle était lourde à porter. Et le fils de Jean Louis a fait remarquer, lui aussi, que son père n'aurait pas eu davantage la force de s'en saisir.

Comprenons nous bien, je souhaite de tout coeur l'oscar à Emmanuelle mais je regrette qu'Hélène Vincent reparte les mains vides. Pareillement pour Vincent Lindon. S'ils avaient interprété un second rôle ils auraient été plus chanceux. Un comble.

Je n'ai ressenti aucune proximité avec le couple cinématographique Trintignant /Riva. Alors que le duo Lindon/Vincent m'a faite évoluer dans mes représentations, à l'instar d'En souvenir d'André de Martin Winckler que je viens de chroniquer.

A qualités égales de scénario, de réalisation et de jeu, j'attends du cinéma qu'il me distraie, et je plébiscite à ce titre l'excellent Populaire de Régis Roinsard,  qu'il m'instruise, ce que fait magnifiquement Royal Affair de Nicolaj Arcel, ou qu'il me fasse grandir, comme Quelques heures de printemps de Stéphane Brizé, ou du moins réfléchir, comme Cherchez Hortense de Pascal Bonitzer ou le très réussi Une bouteille à la mer de Thierry Binisti qui, par rapport aux précédents, n'est "même pas" nominé.

Pourquoi ces films là n'ont pas été récompensés ? Cherchez ... l'erreur ! Dans la maison, Adieu Berthe, et la Part des anges, sont également de regrettables perdants.

Si on pouvait décerner un César de consolation aux grands perdants  Camille redouble avec 11 nominations coifferait au poteau Holy motors  qui n'en avait "que" 9. Finalement il valait mieux cette année ne figurer que sur une seule ligne pourvu que Amour ne soit pas dans la même catégorie.

Amour est une performance, bravo, un point c'est tout. Je n'ai pas envie d'un cinéma qui me rigidifie dans mes positions. La vie nous donne trop de raisons de nous claquemurer. Et sur le si délicat sujet de la fin de vie Quelques heures de printemps offrait un regard sensible et bienveillant, servi par des acteurs qui sont si bien entrés dans la peau de leur personnage qu'on ne les a pas vus "jouer". Toute la profession le reconnait, mais le public, qu'on dit grand, lui, a besoin d'un fléchage.

Ah, vous me direz qu'il y a eu deux récompenses pour honorer le Prénom, un film dont j'ai dit beaucoup de bien, et je m'en réjouis pour Guillaume De Tonquédec, Meilleur acteur dans un second rôle, et pour Valérie Benguigui, Meilleure actrice dans un second rôle.
J'avais écrit dans la chronique consacrée au film de Jacques Audiard De rouille et d'os que Matthias Schoenaerts était sensationnel. Je suis donc heureuse qu'il soit reconnu Meilleur espoir masculin. Et que le film reçoive un César pour la Meilleure adaptation, la Meilleure musique originale et le Meilleur montage tant mieux.

Cloclo a pu tirer son épingle du jeu. Amour n'a pas eu le César du Meilleur son. Antoine Deflandre, Eric Tisserand et Germain Boulay ont pu être récompensé mais c'est passé sans doute à un cheveu puisque Amour était encore présent, on se demande pourquoi vraiment.

Meilleur film étranger Argo. Quelle révélation ! A ce stade il devient inutile de faire voter des professionnels. Même un spectateur peu assidu aurait pu faire ce pronostic.

Il y eut tout de même des Césars attribués à des films dont on avait peu parlé, comme Le Cri du homard, Meilleur court métrage, Les Invisibles, Meilleur film documentaire, et Louise Wimmer, Meilleur premier film, ... que des catégories où Hannecke ne concourrait pas, pas plus qu'Ernest et Célestine, Meilleur Film d'animation.

La joie d'Izia Higelin, Meilleure espoir féminin pour son rôle dans Mauvaise fille est réjouissant. Et l'on est content que Les Adieux à la reine aient été distingué pour la Meilleure photo  (Romain Winding) et les Meilleurs costumes (Christian Gasc).

La soirée pose aussi le problème des cumuls de nomination dans les catégories. Aussi ma seconde suggestion serait de restreindre à trois le nombre de catégories dans lesquelles un film peut concourir. Cela ouvrirait forcément la porte à d'autres.

Je n'ai pas fini de râler. S'il y a eu 20 minutes qui méritaient qu'on passe plus de 3 heures scotché devant le poste c'est bien le maximum. Peu ont été capables de spontanéité. Comme ils jouent mal la comédie quand on attend d'eux qu'ils soient sincères et qu'en hommes et femmes d'honneur ils ne lâchent aucun mot qui ne viennent du coeur.

Quelques petits montages savoureux, quelques pas de danse, un hymne dont les moins de trente ans n'ont pas compris l'allusion, malgré un gros plan appuyé sur le visage (serein) de Gérard depardieu. Mais que venait-il faire dans cette galère ?

La ritournelle habituelle contre les décisions du gouvernement, qui croit nous apprendre que le cinéma va mal. Rien ne change. Bref, des Césars sans surprise, chevillés par le conformisme, plats comme l'électrocardiogramme d'un patient en bout de course. Et si je mettais l'oreiller dessus ?

On en viendrait presque à ne pas regretter la disparition de la soirée des Molières qui, dans son genre , était elle aussi critiquable, quoique plus "juste" me semble-t-il. C'est décidé l'an prochain j'irai ce soir là ... devant le grand écran fêter le cinéma à ma façon.

NB : L'illustration du "Pouce" de César, que j'ai photographié devant le collège Romain Rolland du Plessis-Robinson (92) m'a paru convenir à la situation.

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