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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

mercredi 6 mai 2015

Un roman anglais de Stéphanie Hochet, éditions Rivages

Si j'avais encore la possibilité de faire une chronique à la radio j'aurais programmé Un roman anglais aujourd'hui sur les ondes, le jour de sa sortie en librairie.

Je ne suis pas sûre que mes mots traduisent aussi bien que ne l'aurait fait ma voix l'émotion qu'il y a à lire un tel objet. Si on ne connait pas Stéphanie Hochet rien ne laisse supposer qu'il a été écrit à notre siècle.

Je l'ai abordé sans avoir lu le résumé, ce qui m'a permis d'éprouver les mêmes émotions qu'Anna. J'étais prévenue néanmoins par la citation en exergue que le livre a été inspiré de la vie de Virginia Woolf, ce qui franchement n'a strictement aucune importance pour goûter la douceur et la nostalgie qui émanent de ce roman.

Je veux bien croire qu'il était plus honnête de le signifier, intellectuellement parlant, mais n'allez surtout pas croire qu'il faille être érudit pour l'apprécier.

Stéphanie Hochet instaure un climat, une atmosphère ... inédite. Dès les premières lignes nous sommes transportés instantanément en 1917 dans le Sussex et nous ne nous éloignerons jamais d'Anna, la jeune épouse d'un horloger, s'apprêtant à recevoir chez elle une personne pour garder son enfant pendant les heures qu'elle doit consacrer à l'exercice de son métier.

Je ne vais pas moi-même résumer l'ouvrage autrement qu'en empruntant les mots au personnage principal qui le fait très bien : un jeune homme cardiaque entre chez vous, votre enfant l'apprécie et votre femme change, qu'en penser ? (page 136)

La jeune femme analyse chaque détail. Après tout c'est une déformation professionnelle. Habituée à peser les mots dans son travail de traductrice elle subit sans doute plus que d'autres le poids du tabou le plus extrême : front, armées, conflit, guerre (page 51) qui contraignent les gens à s'interroger à propos des contingences matérielles, devenues essentielles comme la nourriture et le chauffage. On sent combien le monde des émotions est habituellement mis à distance, et on se demande si la domination de ce que Stéphanie désigne comme la pensée de la survie ( page 26) fait plus de bien que de mal.

Elle pointe de manière très juste la place que les femmes ont prises dans l'économie pour remplacer les hommes partis au combat (page 23). Sans leurs mains et le cœur qu'elles ont mis à l'ouvrage, le corps de la patrie ne survivrait pas. Et je me rappelle l'excellent documentaire européen de Fabien Béziat et Hugues Nancy pour France 3, Elles étaient en guerre 1914/1918, diffusé en octobre dernier. Elle nous offre aussi des réflexions sans concession sur la condition sociale en Angleterre, qu'il s'agisse de l'opposition entre la bourgeoisie et les mineurs, comme entre les politiques et les soldats.

Le courrier de son cousin John comme celui qu'Anna adresse au ministre de la Guerre sont des modèles du genre. J'ai pensé à la fin de non recevoir que mon grand-père avait reçue quand il annonçait à son patron son retour du front et que celui-ci le remerciait des services rendus à la patrie tout en lui recommandant de rester chez lui parce qu'il avait donné son poste à son propre fils qui lui, avait échappé à la mobilisation.
Son regard sur l'éducation est également remarquable, surtout quand on le resitue dans le contexte. La découverte du "non" par le petit Jack (page 54) est parfaitement amenée. On est convié à son épanouissement dès lors qu'on laisse l'enfant prendre des initiatives et devenir un petit être débrouillard. (page 61)

On découvre de très belles pages sur l'accès d'un enfant à la poésie. Et si je regrette que les poèmes d'Emily Dickinson (page 104) ne soient pas traduits il me semble finalement que ce soit une excellente façon de nous placer dans la position de l'enfant, trop jeune pour comprendre, mais attrapant du sens, digérant les informations. (page 69)
J'ai apprécié cette référence, qui faisait écho à l'une des oeuvres de Karolina Krasouli découverte au Salon de Montrouge avant-hier. L'artiste peint à l'aquarelle des intérieurs d'enveloppes déchirées, faisant penser aux correspondances claustrées de la poétesse.

Stéphanie Hochet analyse sutout le parcours singulier d'Anna en alternant des phrases longues, très étendues, avec d'autres plus brèves où les mots sonnent dans une forme de précipitation. Elle aurait pu titrer Qui est Anna Whig ? En effet elle interroge jusqu'au bout cette question existentielle avec subtilité, encore et encore, même en racontant (page 122) une improbable scène de séduction en pleine rue.

Le récit est au présent, ce qui rend les évènements plus proches, même si on en connaît l'issue. Pas besoin d'une grande culture pour savoir la fin tragique de Virginia, et je ne spolie rien à le signaler car on la sent pleinement vivante.

Anna admire son mari. Mais elle développe progressivement une immense confiance en George qui est rassurant, et fait preuve d'une forte capacité d'écoute. Être perçue comme un être pensant (page 68) cela nous semble quasi naturel mais c'était sans doute singulier dans une Angleterre où les femmes n'avaient pas encore le droit de vote.

On remarque le poids des rituels comme si cela protégerait du danger... On voit bien s'infiltrer le poison dans une scène où l'enfant maladroit distribue les tasses de thé en suivant les inclinaisons de son cœur et non les règles de la bienséance.

La jeune femme semble aux prises avec des démons : Personne pour me mettre à l'abri de moi même (page 88), surtout quand rêver est un luxe (page 99). L'image de George se décalque lentement sur celle de John. Progressivement on note le balancier se déplacer vers un nouvel équilibre, pour prendre un vocabulaire du lexique de l'horlogerie.

Le récit s'achève dans le Warwickshire, non loin de Stratford-sur-Avon où la fin se profile inexorablement : prendre le chemin des disparus. Je vais enfin savoir ce qui leur arrive. (page 153)

Née en 1975, Stéphanie Hochet est écrivain et critique. Elle a publié son premier roman, Moutarde douce (Robert Laffont) à l’âge de 26 ans, puis chez d'autres éditeurs Le Néant de Léon (2003), L’apocalypse selon Embrun (2004), Les Infernales (2005), Je ne connais pas ma force (2007), Combat de l’amour et de la faim (Prix Lilas 2009), La distribution des lumières (Prix Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres 2010 ), Les Éphémérides (2012), Sang d'encre ...

J'avais lu et beaucoup apprécié il y a quelques mois son premier essai,  Éloge du chat . Elle sera le 31 mai au Salon du livre d'Asnières.

Un roman anglais de Stéphanie Hochet, éditions Rivages, le 6 mai en librairie

mardi 5 mai 2015

Des produits de beauté pour une mère et sa fille

Ce n'est pas un sujet récurrent sur le blog mais les questions de beauté y ont tout de même leur place. J'ai apprécié les nouveautés Bourjois lors du dernier Salon du blog culinaire. Et j'avais consacré un article détaillé à la gamme Bio Naïa de Marque Repère avant les vacances d'été.

Le bio prend de plus en plus d'importance, y compris dans la beauté où il commence à damner le pion au "conventionnel". Admirez au passage le lexique : bio versus conventionnel, chez l'esthéticienne, homéopathie versus allopathie chez le pharmacien.

Bref le conventionnel comme ils disent c'est plus de 5000 ingrédients, le plus souvent chimiques (et le cas échéant un peu toxiques) quand le bio doit se limiter à 140. C'est un pari dans un tel contexte de parvenir à faire aussi bien en terme de sensation et de parfum. Mais les progrès sont là et on peut maintenant se chouchouter bio à prix corrects avec par exemple la gamme Bio Naïa, depuis que Marque Repère (il y en a peut-être d'autres) s'est lancé dans l'aventure.
J'avais posté cette photo mystère sur les réseaux sociaux, interrogeant sur son contenu. Il est temps de sortir les flacons de la trousse. Un seul est labellisé bio mais ils sont tous testés sous contrôle dermatologique.

lundi 4 mai 2015

Inauguration du 60ème Salon de Montrouge (92)

(nouvelles photos ajoutées le 20 mai 2015)

Je connais assez bien les salons artistiques des environs de la capitale. Celui de Montrouge s'en distingue magistralement. Vu depuis la silhouette de Coluche en salopette, et sous la houlette protectrice de Molière, Boileau, Papin et Lavoisier, dont les statues se dressent à ses pieds, le beffroi fait de l'oeil au passant qui, je l'espère, ne résistera pas à y grimper puisque l'exposition est ouverte, comme le souligne l'affiche, en entrée libre, jusqu'au 3 juin.

Le programme inclut des animations, des visites guidées, des expositions hors les murs ... qui sont offertes pour la première fois et que vous repérerez sur le site dédié.

En tant qu'artiste invité, Jean-Michel Alberola a réalisé l'affiche de la manifestation à partir d'un cliché d'un lustre de l'ancien foyer du Beffroi, ce qui est particulièrement judicieux.

Il présente ses dernières oeuvres l'étage au-dessus du Salon proprement dit qui déploie le travail de 60 artistes émergents, qui bénéficient ici d'un tremplin reconnu au niveau européen.
La scénographe matali crasset (dont le nom s'orthographie sans majuscules) a créé une déambulation (il ne s'agit en aucun cas d'un parcours) ponctuée de chandeliers brandissant les noms des artistes. 

Le processus de sélection reflète le paysage artistique contemporain. Cette découverte suscitera de nombreux coups de coeur. J'ai tenu à vous montrer l'essentiel des miennes ce qui a donné lieu à beaucoup de photos dont voici la première, qui demeure elle aussi dans la métaphore de la lumière avec une évocation du Roi Soleil.

La peinture de Raphaël Barontini est chargée de références. Marqué par la créolisation, son travail renvoie à la langue appartenant à une minorité dominante phagocytant une majorité dominée, dans une ambiance carnavalesque.
Une fois l'article déployé vous pourrez apprécier la diversité des oeuvres en cliquant sur la première photographie pour ouvrir l'ensemble en diaporama.

La spécificité du Salon de Montrouge :
Il est rare de pouvoir clamer une aussi belle longévité et rester jeune et Jean-Loup Metton, le Maire de Montrouge a de quoi être fier. A quelques centaines de mètres de Montparnasse, le Salon est devenu au fil du temps un tremplin pour l'art contemporain, avec une focalisation spécifique sur la création émergente, toutes disciplines confondues, depuis une dizaine d'années en portant l'attention sur des talents quasi anonymes. Cette manifestation est de ce fait sans équivalent en France. On peut s'accorder qu'il a effectivement quelque chose d'ébouriffant, pour reprendre le mot du maire.

Un espace de découvertes :
Montrouge se targue, à juste titre, d'avoir révélé de grands artistes comme Hervé Di Rosa (1981) à l'âge de 22 ans et accéléré la carrière de nombreux, comme Carole Benzaken ou Théo Mercier (qui remporte un vif succès à la FIAC un an après Montrouge), Pascal Pinaud ou Philippe Cognée pour n'en citer que quelques-uns, sans parler de Jean-Michel Alberola qui y fut sélectionné trois ans de suite.

Le processus de sélection :
Pour candidater aujourd'hui il faut satisfaire deux critères : être au début de sa carrière (ne pas avoir de galerie attitrée, ne pas avoir déjà présenté son travail à un large public) et avoir un lien fort avec la France qui peut être leur nationalité, leur lieu de résidence, leurs études, etc. Aucune exigence relative à la formation initiale ou l’âge des candidats n’est requise.

L'intégralité des 3000 candidatures reçues entre septembre et novembre a été examinée par Stéphane Corréard, Commissaire du Salon (expert, critique et collectionneur) et son adjoint Augustin Besnier. Ils ont présélectionnés 200 dossiers pour les soumettre à un Collège Critique qui est renouvelé chaque année aux deux-tiers, aucun membre ne pouvant y siéger à plus de deux reprises.
Comme chaque année, il a regroupé en 2015 des personnalités d’horizons très variés, amenées à assumer une position critique dans le champ de l’art contemporain : journalistes, critiques ou historiens d’art, directeurs d’institutions, artistes, écrivains, mais aussi galeristes ou collectionneurs.

Les 17 membres ont réfléchi jusqu'en janvier pour se prononcer en faveur de 60 artistes. Ils ne se livrent pas à des votes mais suivent leur désir de s'impliquer chacun en faveur de un à six artistes qu'ils vont accompagner dans le choix des oeuvres qui seront exposées (et qui peuvent être créées après la sélection), et assister pour l'accrochage. Ce sont eux qui écriront les textes de présentation que l'on retrouve dans l'exposition sous forme de cartel mais aussi dans le catalogue (très bien conçu !) et sur Internet.

Les artistes sélectionnés composent une sorte d'échantillon représentatif, d'une part des 3000 candidatures, d'autre part de chacun des tendances et des courants qui semblent émerger en ce moment. Autrement Montrouge est "The place to be" pour les jeunes artistes.

Une manière d'exposer propre à Montrouge :
C'est matali crasset qui scénographie l'espace depuis l'arrivée de Stéphane Corréard à la tête du Commissariat. Après le vert puis le jaune, l'an dernier, elle a choisi la couleur rouge pour célébrer le soixantième anniversaire.
Elle pense la manière d'exposer loin du classicisme des espaces vides et impersonnels des "white cubes" habituels. Elle revendique le décalage avec le principe de petites alcôves ponctuant des chemins de traverse. Les cartels sont supportés par des bougies rétroéclairées, symbolisant à la fois l'anniversaire et la mèche de ces "bombes" artistiques ...

On peut être jeune et/ou autodidacte :
Le doyen a 61 ans et les benjamins ont 26 ans. François Malingrëy est l'un d'entre eux (qui remporte le Prix du Conseil départemental).
Ce jeune artiste nous livre des ambiances chargées et mystérieuses, à l'instar de la Regardeuse, une huile sur toile de grandes dimensions (170 sur 200 cm) réalisée l'an dernier.
On notera au passage que la peinture figurative a toujours une place dans la création contemporaine.
Certains ont changé de voie, comme Wei Hu, cinéaste, qui présente une vidéo dans laquelle un jeune photographe ambulant demande à des familles tibétaines de poser devant des fonds préparés.
D'autres sont autodidactes, comme en témoigne le parcours, néanmoins atypique de Caroline Ebin, ex audit financier chez Arthur Andersen. Elle réalise ses oeuvres à partir d'une photo prise avec son téléphone qu'elle agrandit à l'extrême en les ultrapixellisant avant de les imprimer sur des feuilles A4 qui seront un support pour sa peinture. La photo est ainsi un support plus qu'un sujet.
Elle puise son inspiration dans la peinture comme avec le Pape Innocent X de Velasquez qui fut repris avant elle par Bacon.
Mais elle peut aussi s'émouvoir du sort de chiens qui, avant d'être cuisiné en Chine comme de la viande de boucherie, sont rasés et mis à tremper dans un baquet.

Les feuilles composent une mosaïque qui peut être marouflée sur une toile ou plus simplement épinglée, voire même patafixée. Cette dernière méthode permet à l'artiste de décrocher une oeuvre grand format, pour la transporter dans une simple chemise comme elle faisait sans doute avec les analyses économiques.

Chaque artiste entretient un lien très fort avec la France :
Comme Karolina Krasouli, née à Athènes, et qui a étudié en France,. Ses enveloppes aquarellées évoquent Emily Dickinson. leur disposition sur un pan entier de mur est plutôt émouvante, surtout pour moi qui achève la lecture de Un roman anglais, dans lequel Stéphanie Hochet reprend quelques-uns des poèmes qu'elle écrivait sur des enveloppes.
Comme aussi Tarik Kiswanson, artiste d'origine suédoise. Il a travaillé avec son père, souffleur de verre, et réalise des séries qui croisent en quelque sorte des univers apparemment opposés. Il a ainsi créé des masques en laiton en conjuguant ceux que portaient des guerriers avec les niqabs qui recouvraient les femmes de la péninsule arabique jusqu’au XVIIIe siècle en soulignant l'ambiguité de leur nature. Leur taille est devenue trop grande ou trop petite pour être portés, d'autant que les bords sont coupants.
Révéler des pratiques d'artistes avant d'exposer des oeuvres :
Quand d'autres lieux choisiraient 200 artistes qui n'exposerait chacun qu'une oeuvre, Montrouge préfère limiter le nombre des exposants mais leur offrir de montrer plusieurs axes de leurs talents. C'est particulièrement important pour tous ceux qui appartiennent à la catégorie des "techniques mixtes". Le street art est présent sous la forme d'une pratique de l'espace urbain avec Lenardaki & Parisot. Et le soir du vernissage on a pu voir une performance organisée par Amélie Giacomini & Laura Sellies.

Des black boxes pour les vidéastes :
Elles sont alignées le long d'un mur pour leur permettre d'exposer leurs travaux à l'abri de la lumière. Et le spectateur-déambulateur passe du pictural au multimedia.
Avec, par exemple, Bénédicte Vanderreyndt (bras croisés à gauche sur la photo ci-dessus). Elle a reconstitué la chambre de trois adolescentes très différentes, mais ayant la caractéristique commune de mettre en scène leur vie sur les réseaux sociaux à travers des photos ou des messages. On assiste à une fiction en abîme, celle de l'artiste composant avec celle de chaque adolescente.
Nieto invite le spectateur à être actif et à jouer avec ses claviers. Il met en relation images video et objets dans une correspondance humoristique illustrant le perversionnisme. Passer un moment à explorer son travail est un moment au final réjouissant.

Le but n'est pas d'être consensuel mais de faire découvrir :
Il serait aberrant que tous les visiteurs aiment tout. La mission est remplie si nous réussissons à faire découvrir 4 ou 5 artistes, m'a confié Augustin Besnier au cours d'une visite guidée très intéressante juste avant la proclamation des résultats.

En ce qui me concerne ils sont bien plus nombreux et je partage son opinion quand il affirme que tous méritaient d'être primés. Je n'ai pas l'ambition d'être exhaustive dans mon compte-rendu mais de vous livrer une palette suffisamment large pour vous donner envie de vous déplacer. Car rien ne vaut la confrontation grandeur nature.

Je m'étais amusée à recenser les artistes qui m'attiraient en effectuant un petit tour du Salon avant d'entendre les explications d'Augustin pour ne subir aucune influence et il s'avère que j'avais photographié plus de la moitié des lauréats, ce qui ne signifie pas grand chose ... si ce n'est une certaine inclinaison pour l'art contemporain.
J'avais retenu la Maison close que Mathieu Roquigny a faite avec des cartes à jouer, et qui fera penser au Château de tôles de Stéphane Vigny visible dans le Parc Renaudel. Cet artiste que l'on qualifie d'adepte de l’absurde, disciple de Perec et de l’Oulipo,  obtient le Prix Kristal, décerné par un jury issu du Conseil municipal des enfants de la ville de Montrouge.
Et puis la Dépression tropicale et la video-performance de Kenny Dunkan dont le discours politique et social teinté d'humour a séduit l'association ADAGP. A partir de petites Tours Eiffel dorées qui sont vendues dans la rue, ce jeune antillais s’est confectionné une tunique qu’il a endossée et avec laquelle il est allé danser, sur le parvis du Trocadéro, avec en arrière plan la Tour Eiffel grandeur nature, sous les yeux ébahis des touristes et des marchands africains vendant ces mêmes petits fétiches.

Sa danse est magnifique et la captation (intitulée Udrivinmecraz) qui a été réalisée ne laisse rien transparaitre de l'oxymore entre la superficialité de son clinquant bouclier et la condition humaine des vendeurs à la sauvette. Les inégalités font mal comme il s'est d'ailleurs blessé au cours de la performance.
  
Je n'avais pas été indifférente à la bétonnière de William Boehl qui devait initialement accrocher des toiles. Cet objet hybride et bruyant rappelle la machine célibataire de Marcel Duchamp et la fabrication du vide qui se contemple.
Le jury, présidé par le cinéaste Olivier Assayas, n'a pas exprimé ses critères mais cet artiste a été choisi, ex-aequo avec Marion Bataillard (à gauche ci-dessous) pour recevoir le Grand Prix.
Les univers de ces deux artistes sont très éloignés l’un que l’autre. Marion a le pinceau délicat. On pense cette fois à Balthus, le regard perdu dans la mise en scène de ses portraits d'autoportraits.
La distinction du sculpteur ne fera pas l'unanimité mais au risque de me répéter ce ne serait pas logique que tous les avis soient consensuels. Le Salon est d'ailleurs ouvert aussi à l'art brut et aux nouvelles technologies qui occupent un espace dédié, entièrement moquetté de rouge, au centre du dispositif, à la croisée des grands axes. Cinq bourses d'aide à la production ont été décernées par Ekimetrics, conseil en performance marketing et media, à des artistes utilisant les pratiques liées à Internet, aux données numériques, à la technologie et aux réseaux d’informations.

Une exposition au Palais de Tokyo à l'automne pour les premiers lauréats :
Outre François Malingrëy, William Boehl et Marion Bataillard, un quatrième artiste bénéficiera d’une exposition dans le cadre des Modules - Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent du Palais de Tokyo.
Il s'agit d'Arthur Lambert, Prix Spécial du jury, dont on a tous apprécié le sens du détail comme en témoigne ce focus sur Le Mage (gouache et dorure sur photo de 100 x100 cm). Son travail à la gouache et feuille d'or sur photo piézographique, par exemple Donum Dei, aux dimensions plus modestes (33 x 33 cm) est absolument époustouflant.
                  
Ouverture d'esprit et de regard en leitmotiv:
J'avais été attirée aussi par Clément Balcon, un sérigraphe qui maitrise admirablement le tramage de la quadrichromie. Il reproduit point par point les couleurs au crayon sur le papier, restituant à l'identique des images extraites de films pornographiques, juste avant les scènes emblématiques.
On pense à Warhol. L'oeil remarque alors une incongruité, un gribouillage qui semble altérer involontairement le dessin comme si l'artiste avait perdu le contrôle de la situation. Ces traits rageurs m'évoquent les graffiti enfantins qui surgissent précisément là où on ne les attend pas comme la manifestation d'un Moi qui souhaite être pris en compte.

Juste à coté, la peau d'ours à la pointe de graphite sur un canapé à motif floral de Marion Benard interpelle. Le papier peint est un objet récurrent de son travail, comme élément souvent perturbateur entre le mur et les objets domestiques et autres meubles qu'elle recouvre de la peinture verte utilisée sur les plateaux télé pour réaliser des incrustations d'images, et donc disparaitre ...
Pierre Buttin, a envoyé à un nombre important d’artistes français connus un petit carton blanc, afin qu’ils le signent et le lui retournent, lui permettant ainsi d’exposer 500 signatures, par ordre alphabétique, sur le mur du fond en écho au nombre requis pour se présenter aux élections présidentielles.

On reconnait des noms d'artistes révélés par le salon de Montrouge comme Hervé Di Rosa, Jean Michel Alberola, François Morellet, ou Rotraut, des célébrités à la signature lisible comme Mesnager, d'autres enfin énigmatiques que l'on pourra décrypter au moyen d'une liste à disposition du visiteur, comme Invader (ci-dessous au centre)
Cet artiste, Pierre Buttin, a un nom prédestiné. Il pratique la collection dans la droite ligne de On Kawara ou de Vittorio Santoro dont j'avais apprécié l'accrochage à l'Espace culturel Vuitton dans le cadre de l'exposition Correspondances, consacrée au Mail Art il y a deux ans. Certains penseront aussi à la suite numérique d'Opalka qui inspira Claudie Gallay pour son dernier livre, Détails d'Opalka.

Etre refusé n'est pas une fin en soi :
Marion Bataillard en sait quelque chose puisqu'elle a fait acte de candidature quatre ans de suite.

Un invité d'honneur particulier :
Il y eut Fernand léger, Jean Lurçat, Picasso ou Bourdelle, toujours un artiste majeur du XX° siècle, voici Jean-Michel Alberola qui d'ailleurs connait si bien les murs qu'il n'a sans doute pas longtemps hésité dans le choix de l'affiche.
Il a fait preuve d'un certain humour pour résumer la situation de l'art contemporain alors que Patrick Devedjan, nouveau président du Conseil départemental emploie l'image du kaléidoscope pour décrire le choix du jury.

Né en 1953 à Saïda en Algérie il a exposé au Salon en 1981, 1982 (date de sa première exposition aux ateliers de l’ARC, musée d’Art moderne de la Ville de Paris) et 1983. La même année, il présente sa première exposition personnelle à la Galerie Daniel Templon de Paris – qui le représente depuis plus de 30 ans. Il enseigne à l’Ecole des Beaux-arts de Paris depuis 1991. Le Palais de Tokyo lui consacrera une grande exposition personnelle en 2016.

A la fois peintre, sculpteur, cinéaste et créateur de livres et d’objets, il associe la pratique artistique, l’écriture et la parole : "Le peuple écrit sur les murs et les artistes ennuient le peuple (…). Pourtant les artistes voudraient encore être des guides et montrer les chemins de traverse afin de ne jamais cesser d’être en éveil, d’être subversifs. "

J'avais approché les oeuvres de cet artiste au cours d'une rétrospective que le Musée des Beaux-Arts de Nancy lui avait consacré en février 2009. J'en ai rendu copte dans un long article qui décrit sa démarche.
Les oeuvres, récentes présentées à l'étage, témoignent de la suite de l'évolution de sa réflexion. Son travail à partir de photos de Match et de Life sur les émeutes noires américaines dans les années soixante en est un exemple, comme celui-ci, Un groupe, acrylique sur papier peint en 2012 avec Ariane Alberola, Thomas Vergne et Marie Dupuis.
J'ai constaté qu'il était capable de faire mentir sa réputation de ne jamais venir aux vernissages et de n'accorder aucun entretien. Les artistes ont été heureux de l'avoir comme parrain.

Il ne faut pas manquer enfin de se laisser absorber par l'immense fresque de Moebius, autre enfant du pays, permanente sur le mur du foyer-bar.
60 ème Salon de Montrouge, du 4 mai au 3 juin 2015
Ouvert tous les jours de 12 à 19 heures
Le Beffroi, 2 place Emile Cresp
92120 Montrouge

dimanche 3 mai 2015

Sophie à Cannes, de Sylvie Bourgeois

Je connais Sylvie Bourgeois depuis un an. J'aurais parié que notre rencontre est plus ancienne tant elle me semble proche. J'ai pris un grand plaisir à relire Sophie à Cannes et je voudrais parler de ce roman, qui fait écho à l'actualité du mois.

Je ne voudrais pas me plagier moi-même en refaisant le portrait de Sylvie. Je vous invite à lire l'article qui lui était dédié. En même temps j'ai peur que si vous ne preniez pas la peine d'aller y jeter un oeil vous manquiez l'essentiel de sa personnalité.

Je vais donc devoir au moins insister sur l'absence de superficialité de la jeune héroïne de ses romans, qui est un peu son double, au motif que le luxe est son bocal. Je garde de nos conversations la certitude que, pour Sylvie, le temps est le trésor par excellence, les biens matériels n'étant que des choses agréables, sans plus.

Sylvie connait le prix des choses et ce n'est pas un hasard si elle a choisi cette citation d'Einstein pour le premier opus de la série des Sophie : N'essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un homme qui a de la valeur.

Quand elle aime, elle ne fait pas de rétention d'information. Elle partage donc naturellement ses bonnes adresses. Les marques qui ont sa préférence ne restent pas longtemps secrètes, qu'il s'agisse de bougies, de vêtements ou de bonnes tables.

Ce roman commence très fort par une scène de rupture à l'unilatérale, plutôt réjouissante et son humour fait du bien. Sophie est sans illusion sur les relations humaines mais elle avance avec la spontanéité en bouclier, son chemin de vie étant d'être humainement fréquentable (page 21).
À la suite d'une séparation amoureuse, Sophie, quarante ans, se retrouve "malgré elle" coincée à Cannes pendant le festival sans connaître les usages et coutumes du milieu du cinéma qui fascine tant sa meilleure (mauvaise) amie Géraldine. Son sens de la repartie et sa débrouillardise lui suffiront-ils à éviter les nombreux obstacles et déconvenues qu'une jolie femme livrée à elle-même et un peu perdue ne manque pas de rencontrer dans ce type de manifestations ? 
Sylvie décrit dans les moindres détails la vie à Cannes (je pourrais même dire "survie"). La ville devient un écrin dédié au cinéma pendant les 13 jours de folie que dure le festival. Ce sera cette année du 13 au 24 mai. Elle connait l'endroit par coeur. Le lexique des petites phrases qu'elle décode pour nous (page 201) est très savoureux. Elle se rend au festival depuis presque 25 ans ... bien avant d'être mariée à un réalisateur. Elle a bénéficié de conditions très privilégiées, qui lui  ont permis d'engranger plein de souvenirs et, paradoxalement de dénoncer cet univers dans ce qu'il a de superficiel superficiel.

C'est violent, Cannes. Pour les comédiennes c'est le parcours de l'humiliation (page 101).

Sans être un roman à clé on peut reconnaitre des situations qui la concerne personnellement. On peut aisément deviner que son chiffre fétiche est le 7, et qu'elle adore les beignets de fleurs de courgettes (page 133). On trouve déjà la phrase fétiche (page 139) qu'elle glisse comme Amélie Nothomb le fait avec le mot pneu. Le titre d'un film primé est en fait l'intitulé d'un livre qu'elle s'apprêtait à publier, sous son nom d'épouse, Cécile Harel, En attendant que les beaux jours reviennent (page 119, et dont je ferai prochainement la chronique).

On apprend pourquoi la tenue de gala a été rendue obligatoire (page 53.

Mais elle ne nous dit pas tout. Par exemple que Christian Sinicropi, chef du restaurant La Palme d’or à l’hôtel Martinez, a créé une variation sur les asperges violettes de Grasse, produit de saison et de région, qu'il sert sur une assiette conçue spécialement par sa femme, à l'instar de celles qui sont offertes aux membres du jury à la veille du Festival pour honorer des créations culinaires en hommage à leurs films.

Sylvie a écrit une nouvelle spécialement pour l'occasion, imprimée sur l'objet.
Si vous ambitionnez d'aller vous faufiler dans quelques jours à cannes faites gaffe : tout là-bas est protocolaire. La qualité essentielle est certes d'être débrouillarde, mais cela ne suffira pas. Sans accréditation vous ne serez rien. Et si vous n'avez pas réservé de chambre des mois à l'avance il vous sera impossible de vous loger, même si vous êtes disposé à vous satisfaire d'une chambre chez l'habitant. Ce sera mission impossible.

N'importe qui reprendrait immédiatement le train pour rentrer à Paris. Mais Sophie est aimantée par l'ambiance glamour et elle compte bien s'y faire une place. Nous allons donc découvrir Cannes avec elle, ses codes, ses embûches, comprendre que ce n'est pas le lieu de tous les possibles et de toutes les libertés, et en tirer une leçon de vie, comme apprendre à dire non. Car derrière la Sophie amusante se cache une vraie femme, qui sait inspirer le respect aux prédateurs potentiels. Elle est courageuse, a ses problèmes existentiels, mais surtout elle réfléchit, et cherche à donner du sens à sa vie.

Née à Monaco, au bord de sa Méditerranée, Sylvie Bourgeois y a appris à nager. Elle en aime les odeurs et les couleurs encore plus que le quartier de Saint-Germain-des-Prés où elle vit et qui lui a inspiré le second opus, Sophie au Flore.

Le dernier Sophie a les boules, paru en décembre 2014 nous embarquait à Megève. Nous partirons peut-être un jour à Dubaï à moins de revenir sur les bords de la Méditerranée, à Saint-Tropez par exemple.

Sylvie a aussi publié dans le même registre J'aime ton mari, en mars 2014, et peu importe l'ordre dans lequel vous les découvrirez. Les personnages de la série obéissent à chaque fois à la même psychologie, ne lâchant jamais prise, tout en étant plongés dans des atmosphères différentes. Et vous verrez, c'est une lecture plaisir.

Sophie à Cannes, de Sylvie Bourgeois, Flammarion, 2011

samedi 2 mai 2015

Premier EP de De Laurentis avant son concert du 1er juin au Réservoir

Elle se prénomme Cécile mais elle signe DE LAURENTIS son premier EP, en simples majuscules et en jouant sur le choc des couleurs pour distinguer la particule.

La photo en sépia est tout aussi opportune. S'il existait un équivalent du terme "camaieu" en musique on pourrait l'employer pour qualifier cet album.

Je l'ai trouvé à mon retour de Toulouse, où j'aurais pu chercher à la rencontrer si j'avais su alors qu'elle y vivait. Son papa musicien de jazz a été pianiste-arrangeur de Claude Nougaro.

Le nom De Laurentis évoque le cinéma. C'est celui d’un grand père d’origine italienne qui avait pour habitude de faire des films en super 8. En tombant sur ces bobines illustrant la Méditerranée des années 60, la musicienne découvre un trésor brut et authentique. Ces vidéos sont projetées sur scène où elle est accompagnée du sounddesigner Francesco Vey aussi membre du duo electro parisien The Tape.

Ce sont ces images que l'on découvre dans le clip du premier titre de son EP, Sparrow, qui signifie Moineau. De fait on s'envole avec elle jusqu'au bout.



Cécile De Laurentis est une chanteuse,  auteure, compositrice et productrice qui sait jouer du piano comme du synthé, pour composer une pop que tout le monde s'accorde à qualifier de lunaire et éthérée.

Cela se sent dès la première écoute. Cette musique est élégante. Rien n'aura été laissé au hasard. Tout est pesé. D'aucuns l'estimeront planante quand les autres la trouveront simplement envoûtante.

Et cela autant sur ses propres titres que pour la reprise, très réussie de I Follow Rivers de Lykke Li qui gagne en intensité et en mystère.

On comprend que le fondateur de Nouvelle Vague, Marc Collin, l'ait choisie pour interpréter la reprise de Woman de Neneh Cherry dans l'album Bristol.

La scène pop-rock toulousaine prouve avec elle combien elle est vivante. Kid Wise en fut une illustration. Egalement Cats on Trees et son célèbre Sirens call où la voix de de Nina Goern est proche de celle de Cécile qui a aussi comme point commun avec ces deux groupes de chanter en anglais.

Si la jeune femme est aussi prometteuse en concert on va entendre parler d'elle ... Elle était le 7 avril au Réservoir, 16 rue de la Forge Royale - 75011 Paris, tel : 01 43 56 39 60. Elle sera le 21 mai chez OPA : 9, rue Biscornet 75012 Paris, tel : 01 46 28 12 90

L'EP sort chez Peermusic & Les airs à vif le 1er juin. Les 6 titres ont été mixés par Jérôme Poulouin (Babx, The Shoes…) et masterisés par Chab (Lilly Wood & The Prick, Daft Punk…). Il sera disponible en physique et digital.

vendredi 1 mai 2015

Le bonheur est en route

Je voulais publier un billet spécial sur le sujet mais je n'en ai pas le coeur, pour des raisons que mes proches lecteurs connaissent.

Néanmoins, et très franchement je ne suis pas allergique à tout ce qui peut alléger les soucis et permettre de poser un regard bienveillant sur ce qui nous entoure. Je me souviens particulièrement de quelques paroles de Florence Servan-Schreiber, lorsqu'elle a présenté le programme qui est parrainé par Gayelord Hauser : Choisir le bonheur et dont j'avais présenté les grandes lignes il y a un mois.

Elle ne promettait pas d'écarter la maladie ou les deuils, mais en substance de parvenir à vivre mieux.

Elle a conçu un parcours de 4 mois d'apprentissage, de mai à septembre 2015 comme un véritable voyage vers soi-même. Après cela notre cerveau aura appris à penser différemment, en l'occurrence progresser vers ce qui nous fait du bien. Car il est désormais prouvé qu'on peut modifier la façon dont le cerveau fonctionne, même à un âge dit avancé.

Chacun détient les clés de son propre bonheur, grâce à son corps, son esprit et ses choix dans la vie de tous les jours. Le bonheur allie le plaisir, l’engagement et le sens.  Le plaisir de manger, l’engagement de prendre soin de soi et des siens, et le sens que nous procure le chemin vers notre potentiel.

Mieux nous nous sentons, plus nous percevons les merveilles qui nous entourent et plus nous rayonnons. Ce n’est pas le succès qui provoque le bonheur, mais le bonheur qui attire le succès.

Florence ajoute : le bonheur ne s'apprend pas mais il se travaille. En gagnant en plaisir là où est le plaisir.

Elle s'engage à nous apprendre des choses au terme de missions qu'elle nous préconisera de faire. L'objectif est de devenir de plus en plus agile à percevoir le meilleur dans ce qui nous arrive. Apprendre à s'étonner, à savourer, à respirer, à se faire du bien et à faire du bien. Nous verrons qu'on a tous de la chance si on sait l'attraper.

Cela vaut bien un brin de muguet ?

La première séquence sera une web-conférence au cours de laquelle elle répondra aux questions qui lui auront été posées au préalable et aucune n'est stupide. Dès maintenant vous pouvez recenser les interrogations que vous avez envie de lui soumettre. Si je dis "vous" c'est que je vous propose moi aussi de vous inclure dans ce programme.
Envoyez les moi sur abrideabattue@orange.fr et je les transmettrai. Et je vous garantis une réponse personnelle si bien entendu vous n'oubliez pas de m'indiquer vos coordonnées. Ceux qui voudraient demeurer anonymes peuvent écrire un commentaire qui sera publié sous cet article avec juste une mention de prénom.

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