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mardi 16 avril 2019

Inauguration de la maison de thé dans l’Arboretum de la Vallée-aux-Loups à Châtenay-Malabry (92)

C'est toujours avec grand plaisir que je reviens dans l’Arboretum du Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups à Châtenay-Malabry. J'y ai consacré de nombreux articles. Je ne me lasse pas de m'y promener.

Cette fois je suis invitée pour l'inauguration d'une Maison de thé d’intérieur, donnée, dans le cadre du 160e anniversaire des relations diplomatiques qui unissent la France et le Japon, par la Fondation Urasenke au musée départemental Albert-Kahn (dont il faut rappeler qu'il a été imaginé par l’architecte nippon Kengo Kuma à qui l'on doit le stade olympique de Tokyo 2020), qui est installée à l’Arboretum en attendant la réouverture du musée, prévue pour 2021, après d’importantes rénovations toujours en cours.

À l’origine, le maître de la Fondation Urasenke l’avait offerte en 1985 au ministre des Affaires étrangères du Japon, Shintaro Abe. La maison de thé se trouvait alors au centre culturel et d’informations de l’ambassade du Japon en France. Elle est démontée puis conservée quelque part à l’ambassade depuis la fermeture du centre, en 2007. Elle est donc restée douze ans dans l'ombre.

Ce sont Patrick Devedjian, Président du Département des Hauts-de-Seine, Genshitsu Sen, Grand Maître de la Fondation Urasenke, et Son Excellence Masato Kitera, ambassadeur du Japon en France qui ont dévoilé la plaque commémorative.
Cette Maison de thé "SEI-YU-An" (ce qui signifie "Hutte de l’ami pur") semble légère et facile à monter mais il a tout de même fallu neuf jours aux artisans japonais pour l'installer au sein de la serre des Bonsaïs de l’Arboretum, un lieu ouvert sur demande et lors d’événements spéciaux, comme les Journées du Patrimoine.

La Fondation Urasenke est dépositaire de la tradition du thé au Japon et, après un discours en japonais, Genshitsu Sen (au centre sur la photo), Grand Maître de la Fondation Urasenke, a préparé le thé selon la traditionnelle cérémonie du thé, un peu rapide selon le souvenir que j'ai de ce type de cérémonie qui, à l'origine, était religieuse. Considérant que la meilleure explication est le silence nous avons simplement été invités à observer les gestes du Grand Maître.
L'état d'esprit était à une forme de recueillement puisque l'inauguration a pour but de faire entrer nos âmes dans la hutte. La purification est une des étapes essentielles de la cérémonie. Chaque geste compte et le rituel a tout son sens. Des gâteaux avaient été apportés spécialement de Kyoto et ont été servis par des japonaises portant le kimono, chaussés de tabi (chaussettes japonaises) et zōri (sandales), dans les règles de l’art. On doit le manger juste avant de porter le bol de thé à ses lèvres afin d'en contrer l'amertume. Je dois dire que je n'avais jamais bu un matcha aussi délicieux, mousseux et léger.

mercredi 10 août 2011

Promenade dans l'arboretum de la Vallée-aux-Loups (92)

L'endroit fut conçu par Chateaubriand. L'homme cumulait les talents : écrivain et paysagiste. Il œuvrait pour la postérité, ayant pleinement conscience qu'il ne verrait guère grandir les arbres qu'il ramenait de ses voyages. Il nous a laissé des écrits exaltés et sensibles que chacun a rencontrés au moins une fois au cours de sa scolarité, comme ses Mémoires d'Outre-tombe.

Mais, comble du romantisme, il nous a légué son magnifique parc, aujourd'hui scindé en deux. La première partie, accolée à sa maison, est le cadre nocturne des Lumières de Paysages de cinéma, le festival qui a lieu désormais chaque mois de septembre à Chatenay-Malabry. La seconde compose un arboretum qui se visite en accès libre. Je vous conseille d'y aller chaque saison et de vous laisser surprendre par les points de vue de cet admirable endroit qui compose un parc à l'anglaise so romantic comme diraient nos voisins d'outre-Manche.

Je le préfère en automne lorsque les érables pourpres flamboient, près des bambous toujours verts. La promenade entreprise en été m'a surprise : je voyais autrement les arbres centenaires. Le jardin des aulnes était particulièrement différent, moins touffu mais tout de même encore assez sauvage.










Les oiseaux y sont à l'aise pour faire leurs nids, le bec plein d'herbes sèches. Un hêtre pourpre poursuit une croissance harmonieuse en face d'un bouquet d'érables allumé par les rayons du soleil.Le parc permet de découvrir des essences peu communes, comme le chêne à feuilles de myrsine dont il existe seulement une vingtaine de spécimens de par le monde. Cet arbre était très apprécié pour l'élevage des vers à soie au Japon.











En l'absence de réfrigérateur, et encore plus de congélateur, nos anciens faisaient venir d'énormes blocs de glace qu'ils accumulaient dans des grottes, dites "glacières" pour y conserver les aliments fragiles. Celle-ci, qui dispose d'une entrée, abritée d'une marquise de tuiles, et protégée d'une grille, pouvait contenir jusqu'à 125 tonnes de glace.

dimanche 22 juin 2014

Le Festival Solstice joue une Noctuelle dans la Vallée aux Loups (92)

Quelle que que soit la météo, le festival Solstice est devenu le rendez-vous de la mi-juin des amateurs de spectacle vivant, qu'ils habitent ou non la banlieue sud. Et aujourd'hui, pour cette Noctuelle non stop de 16 à 22 heures, nous avons été gâtés par le programme, par le décor et par la météo.

Les spectacles ont toujours lieu dans des cadres inhabituels, une cour d'école, un stade, un parc ... Cette fois c'est l'arboretum de la Vallée aux Loups (92), que j'apprécie énormément et que je vous recommande sans réserve. En plus il est d'accès gratuit toute l'année.

Ce serait vraiment dommage de vous en priver. Voyez plutôt comme il est tentant en été (cette visite date de 2011 mais demeure d'actualité) comme en hiver (quelques mois plus tard).

Ce dimanche nous étions en toute logique très nombreux pour suivre la déambulation proposée par le Théâtre Firmin Gémier la Piscine, centré cette fois-ci sur le jonglage. Arrivant à 16 heures j'ai eu l'opportunité de suivre les 7 spectacles, de participer au pique-nique (la nappe et les boissons étaient fournies gracieusement) et d'assister à la création de Maputo Mozambique. Beau programme !

Quand je pense que certains sont restés vissés sur leur chaise ... même si le cadre est magnifique et reposant les artistes méritaient qu'on se donne un peu de mal pour aller à leur rencontre. Marc Jeancourt, le directeur du théâtre, m'avait mise en garde : tu as choisi le parcours sportif ! 

vendredi 1 octobre 2021

La plus grande collection au monde de convolvulacées est à Châtenay-Malabry

J'ai bien dit "convolvulacées" mais, si le terme est trop compliqué pour vous, parlons de patate douce, de belle-de-jour ou de liseron. Ces plantes appartiennent en effet à la même famille et le moins qu'on puisse dire c'est que ses membres n'ont pas bonne presse. On les dit invasives mais il faut rétablir quelques vérités.

D’abord ce ne sont pas toutes des lianes. Il en existe qui, au Mexique, deviennent des arbres, d’autres sont arbustives, grimpantes ou retombantes ou enfin couvre-sols. Mais elles ont toutes en commun la même forme de leur fleur, en entonnoir avec cinq pétales soudés.

Par contre vous remarquerez sur les photos la diversité des feuilles dont certaines peuvent aller jusqu'à ressembler à une chauve-souris déployée. Cet animal est d'ailleurs un des animaux pollinisateurs de quelques espèces. Et le feuillage de plusieurs espèces de patates douces peut se consommer comme des épinards. Ils sont pour la plupart très denses et offrent des contrastes saisissants entre les variétés.
Une de leurs spécificités est d'avoir besoin d'un tuteur pour se développer, le plus fin possible (car c'est plus épuisant de s'enrouler autour d'un tronc que d'une tige) hormis celles qui sont couvre-sols comme les patates douces (mais que l'on peut malgré tout faire grimper si on manque de place) ou le Liseron de Mauritanie (Convolvulus sabatius ci-dessous à gauche) ou qui se laissent choir comme la Dichondre argentée (Dichondra argentea ci-dessous à droite). Originaire du Sud des États-Unis, celle-ci est vivace,  rustique jusqu'à -10°. Son feuillage argenté est persistant ou semi-persistant et sa croissance est rapide. Elle supporte toutes les expositions et elle est d'un bel effet au bord des murets ou en potée et suspension pour décorer les terrasses et balcons. Ses fleurs sont très petites et blanches, à peine visibles à l'oeil nu. Les fruits sont des capsules minuscules contenant 1 ou 2 graines, convoitées et dispersées par les fourmis.
Les arbres n'ont pas davantage besoin de soutien mais leurs branches sont fragiles et peuvent se casser au moment de leur rentrée sous serre. Il y a par exemple l'Ipomoea murucoïde, originaire du Mexique. dont les mexicains utilisent l’écorce en cataplasme pour soulager les morsures de serpents.
Un second arbre, lui aussi en pot, est un don du Museum arboretum de Chèvreloup. Il est entré illégalement en France en 1995. N'étant pas auto-fertile on tente des boutures pour la multiplier, pour le moment sans résultat. Un autre arbuste résulte d'un croisement, d'où la présence d'un x dans sa dénomination. Il est étonnant (ci-dessous) avec ses longues tiges qui se comportent comme de la broussaille. C'est le Convolvulus×desprauxii, une espèce hybride de Convolvulus floridus et Convolvulus scoparius, endémique des îles Canaries.
Toutes les couleurs de fleurs existent. La Strictocardia beraviensis "Philippe Bonduel" (Afrique du Sud) est d'un rouge corail lumineux. A noter que les guillemets signifient qu'il s'agit d'un cultivar, c'est-à-dire un type végétal résultant d'une sélection, d'une mutation ou d'une hybridation (naturelle ou provoquée) et cultivé pour ses qualités particulières. Le pistil est très développé. Il est politisé par les oiseaux qui déguste une goutte de nectar au fond du calice. Il y peu d'oiseaux nectarivores en région parisienne mais tout de même quelques-uns, ce qui explique la production de quelques fruits. A coté, l'Ipomoea Setosa Campanulata (Brésil) est une liane aux fleurs rose clair s'ouvrant l'après-midi, aux tiges poilues, aux fruits étrangement gonflés et eux aussi poilus et aux belles feuilles découpées évoquant la vigne.
Ci-dessous à gauche une originaire du Caire (Ipomoea Cairica P.B. 99-50) dont les feuilles sont palmilobées. 
Rien à voir avec celles de l'Ipomoea Indica Edith Piaf aux fleurs bleu clair striées d'une bande rose.
Pour avoir un aperçu de cette richesse, il suffit de venir visiter la plus grande collection au monde, qui se trouve en région parisienne, dans l’arboretum de la Vallée-aux-loups, à Châtenay-Malabry (92), un endroit magnifique auquel j’ai d’ailleurs consacré plusieurs articles. J’ai eu cette chance cette année, juste avant que les plus fragiles soient rentrées pour les protéger du froid. Date limite de leur vie en plein air sous nos climats  : 15 octobre.
L'histoire est singulière. Vous connaissez sans doute les murs végétaux. Le premier a été créé en 1988 à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris et celui de la façade du musée du quai Branly les a rendus célèbres en 2004. On les doit à Patrick Blanc, chercheur au CNRS. Mais l'homme a d'autres spécialités.

En 1996, il avait présenté "Les folles Ipomées" au festival des jardins de Chaumont-sur-Loire (où je suis allée en 2010). N'ayant pas la possibilité de les conserver il chercha ensuite à offrir ces 80 plantes alors inconnues en France à qui voulait bien en prendre soin. Ce sera Nelly Bouilhac qui s'en chargera à Châtenay pour le Conseil général des Hauts-de-Seine. Et qui développera la collection, en partant de rien puisqu'au mieux on les considérait comme des plantes médicinales et qu'elle n'avait à l'époque aucune connaissance botanique.

Elle peut être fière aujourd'hui de compter 31 genres parmi les 56 genres qui sont référencés et 1500 espèces parmi les 1900 qui existent. Les 700 mètres carrés de serres sont bien remplis en hiver. Les noms, par contre, sont en train de changer suite aux analyses ADN mais nous conviendront d'utiliser pour le moment les plus connues et d'attendre la fin des recherches pour lancer "la valse des étiquettes".

Il faut savoir aussi qu'il y a deux catégories : les vivaces, et puis les annuelles, souvent subtropicales qui font beaucoup de graines pour assurer l’avenir. Nelly conseille de scarifier les graines, pour faciliter le travail du bourgeon et les mettre en terre humide, enfoncées juste de la même hauteur que leur épaisseur,  en les plaçant à l'horizontale car on ne sait pas où est le haut, où est le bas.

Si ces plantes se développent vite c'est parce qu'elles font la course à la lumière. Mais elles n'abiment pas leur support puisqu'elles sont démunies de crampons. Leur nom vient de convolvere, qui signifie envelopper, s’enrouler.

Une des plus spectaculaires en terme de développement est l'Ipomoea indica, (parfois dites Ipomoea learii mais ce n'est pas son nom véritable). Elle surplombe la volière des rossignols de la serre. On peut s'étonner de la présence d'oiseaux mais elle s'explique par le fait qu'ils sont insectivores et bien utiles pour préserver les plantes puisque l'emploi d'insecticides est prohibé. En s'approchant de certaines ipomées on remarquera des sachets contenant des coccinelles.
L'Ipomea indica est une vivace qui pousse à l'état sauvage sur les falaises de Porto. Capable de ramper comme d'escalader de grands arbres, elle pourra produire des tiges d'une douzaine de mètres en une seule saison, et donc de recouvrir par exemple une tonnelle en un temps record.
Elle produit, de juillet jusqu'aux premières gelées, des milliers de grandes fleurs bleu-violet le matin, s'empourprant aux heures les plus chaudes de la journée, avant de se refermer lorsqu'il fait trop chaud. La souche est rustique jusqu'à -8°C en situation abritée. Elle est considérée comme une plante invasive en climat doux, dont il faudra contrôler le développement.

Tel est le souci qu'on peut rencontrer avec de telles plantes. Mais si on comprend leur mode de croissance on pourra les contenir. Les plantes de cette espèce ont toutes pour spécificité de décompacter et de dépolluer la terre. Leurs racines peuvent se propager jusqu’à 8 m de profondeur et à chaque fois qu'on donne un coup de bêche pour les arracher on ne fait que favoriser le bouturage.

Si on veut malgré tout s'en débarrasser il sera plus efficace de freiner leur expansion en apportant du sable à la terre qui, plus légère, ne les intéressera plus. Si on est pressé on peut les couvrir d'une bâche pour les priver de la lumière ou bien cultiver tout de suite en plantant autre chose qui couvrira le sol.
Quand elles se sont enroulées autour d'un rosier il suffira de les couper régulièrement autour des pieds sans les arracher puisqu'elles ne les étoufferont pas. Et on continuera à profiter de leur floraison. Ces plantes sont extrêmement mellifères et si certaines (comme l'Ipomoea carnea photographiée pour montrer combien les graines sont différentes d'une variété à une autre) contiennent des substances hallucinogènes dans leur pollen celles-ci n’affectent pas les abeilles mais peuvent être toxiques pour le bétail. Elles représentent une source sûre de nourriture pour les abeilles dès le début du printemps. Il faut donc les préserver. Et puis, s'agissant d'annuelles qui se ressèment par graines, il "suffit" après tout de supprimer les fleurs fanées en fin de journée pour ne pas être envahis.
Plusieurs convolvulacées sont comestibles. Le liseron d'eau, Ipomoea aquatica, est cultivé dans les régions tropicales pour ses feuilles consommées comme légumes.
Ce sont surtout les patates douces que l'on mange. Il y en a de multiples ici, au pied de la serre (mais on pourrait les cultiver en tipi) et de feuillages de couleurs très variées, parfois panachées.
Celles qui ne sont pas d'un grand intérêt gustatif sont de plus en plus utilisées par les communes pour agrémenter parcs, massifs, suspensions ou ronds-points et après avoir visité l'arboretum je les remarque davantage. Comme ici à Antony (92) :
Et voici l'Ipoméa batatas Palm Blackie, au feuillage presque noir et très découpé.
Les tubercules de la variété Murasaki sont très originaux par leur chair blanche et leur peau rose pourprée. Cuisinés comme les pommes de terre classiques – en purée, à la vapeur ou en poêlées –, ils peuvent aussi être râpés crus en salade. La chair douce et très légèrement sucrée à la saveur de noisette permet également de confectionner de surprenantes chips.
Quelques dernières photos pour terminer et poursuivre l'illustration de la diversité de ces Ipomées. On pourrait tout à fait composer, dans son jardin, une horloge florale en disposant les plantes selon leur heure de floraison quotidienne. On pourrait ainsi passer une journée entière auprès d'elles sans se lasser. Je précise cependant que mes photos ont été prises un matin, en fin de saison d'une mauvaise année climatique pour ces espèces qui aiment les fortes chaleurs.
Voilà pourquoi j'ajoute le lien vers l'émission Silence ça pousse qui a consacré une séquence à la collection. Une fois el fichier ouvert allez à la fin de la 11ème minutes jusqu'à la 15 ème ici.

La Collection nationale de Convolvulacées remplit une triple mission scientifique, de conservation es espèces, en particulier d’espèces menacées dans leur milieu naturel, et conservatoire de graines et de vulgarisation auprès du grand public.

On vient du monde entier à Châtenay pour les admirer de fin mai à début octobre, obtenir des graines ou faire des échanges (sur rendez-vous bien évidemment). Le stock est d'environ 500 000 graines. Certaines acquisitions sont exceptionnelles et n'ont pas encore fini de "parler", notamment sur leur mode de multiplication.

Collection nationale des Convolvulacées
Arboretum de la Vallée-aux-Loups - 102 rue de Chateaubriand
92290 Châtenay-Malabry
tel : 01 49 73 20 63

mardi 4 août 2020

Les arbres voyageurs de Chateaubriand

La crise sanitaire n'exclut pas tout. Le Département des Hauts-de-Seine a cherché quelques solutions pour permettre de maintenir des sites commentées dans de nombreux lieux, notamment le Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups, composé de l'arboretum, du jardin d'artiste de l'Ile Verte, d'un parc boisé au-delà du Bois de la Cave et de la Maison de Chateaubriand, elle-même noyée dans la verdure où je suis revenue ces jours-ci.

On ne peut pas encore visiter l'intérieur de la demeure de l'écrivain à laquelle on accède au bout d'une petite route piétonne en lacets, qui démarre au 87 rue de Chateaubriand, mais on peut suivre, en extérieur, une conférence expliquant les divers aménagements architecturaux des propriétaires successifs. L'empreinte de François-René de Chateaubriand y est nette mais ce n'est pas la plus décisive puisqu'il n'y aura vécu que dix ans. Je reviendrai ultérieurement sur les transformations des façades et sur la construction de ce qui est aujourd'hui un salon de thé, très fréquenté dès qu'il fait beau.

Il est en effet accessible pour y prendre un rafraîchissement, y goûter (toutes les pâtisseries sont maison) et même y déjeuner. Il est prudent de réserver parce qu'un tel endroit, en plein air évidemment et dans un tel cadre est forcément très convoité. Il s'appelle Les Thés Brillants, et est ouvert du mercredi au dimanche de 11 h à 18 h 30 (sauf de novembre à février fermeture 16 h 30, fermeture totale en janvier).
Fidèles à leur caractéristique de maison d'écrivain, les lieux sont propices à la lecture, soit de ceux qu'on y amène, soit de ceux que l'on trouve sur place, laissés intentionnellement dans le tronc d'un vieil arbre, dans la tradition du bookcrossing née en 2001 aux Etats-Unis. De multiples bancs sont installés sous les arbres ou à l'ombre des bambous. 
Leur écorce invite à être touchée. Aussi bien celle du tilleul de Hollande, très structurée, que les noeuds du Châtaignier qui toutes deux deviennent plus écailleuses à mesure que les sujets avancent en âge ou celle, douce, soyeuse, filandreuse du Cyprès chauve de Louisiane. On retrouve la plupart dans l'arboretum voisin et je vous invite à jeter un oeil sur les spécimens en été, et au cours d'une autre promenade faite en hiver.
Ecorce du Tilleul de Hollande, Lilia platyphyllos et arbre en pied
 Châtaignier commun, Castanea sativa, diamètre 283 cm, 18 mètres de haut
  Ecorce et port du Cyprès chauve de Louisiane, 32 mètres de haut, 432 cm de circonférence
Mais, pour le moment, intéressons-nous aux arbres que Chateaubriand a voulu planter le long de la première allée de son parc, en souvenir de son périple en Orient sur le pourtour de la Méditerranée  dont il revient en 1807 (l'autre allée est dédiée à son voyage en Amérique, en 1791, alors qu'il n'a que 23 ans, avec notamment des Hêtres de Virginie et des Catalpas).

samedi 14 août 2010

Liserons d'eau à la florentine

L'Ipomoea aquatica appartient à la famille des convolvulacées, comme le volubilis qui grimpe sur les murets et dont on peine à se débarrasser quand il se plait dans nos jardins, comme aussi ... l'ipomea batatas, qui n'est autre que la patate douce, laquelle n'est pas de la même famille que les pommes de terre malgré l'homonymie.

C'est Patrick Blanc, l'inventeur des jardins verticaux (comme celui que l'on peut voir le long du musée du Quai Branly), qui a rassemblé dans l'arboretum de la Vallée aux loups de Châtenay-Malabry (92) la collection la plus importante de cette espèce végétale.

Je ne sais pas si Patrick Blanc dispose d'un échantillon de liseron d'eau dans ses serres mais on en trouve avec des feuilles minuscules chez les épiciers chinois (très) connus du XIII° arrondissement parisien. Il est cueilli en Asie du Sud-est avant maturité pour supporter l'exportation. Au Vietnam on ne consomme que ses feuilles, alors très larges, laissant de coté les tiges qui sont grosses, creuses et amères, ce qui lui vaut le surnom de "chou au cœur vide".

A l'inverse de celui qui fleurit souvent bleu dans nos régions celui-ci rampe dans l'eau ou en milieu humide, et ses fleurs sont roses ou blanches. Il peut être cultivé sous serre en Europe. J'en ai trouvé dans la ferme de Monsieur Michaud où je m'approvisionne en (excellents) légumes quand je passe dans la région orléanaise. S'il n'y avait pas de déchets dans la botte il faut tout de même le consommer sans attendre, rançon à payer à l'extrême fraicheur du légume.

Le liseron d'eau se tient mieux à la cuisson que les épinards et il me semble qu'il a davantage de goût. Il est facile à accommoder, cru en salade ou sauté à la poêle avec un peu d'ail ou d'échalote.

L'idée de le servir à la mode de Florence m'est venue à cause d'un drôle d'ustensile, très précieux en fait, qui est un objet publicitaire gagné à un concours de la FFCA (merci Kim). Je n'en donne pas le nom parce que le site de la marque ne semble plus avoir ce petit gadget ... désolée !

On casse un œuf dedans. On visse le couvercle et on met au micro-ondes 30 secondes pour un œuf coque, un peu plus pour l'avoir mollet et 45 secondes pour qu'il soit cuit dur.

Les petits trous permettent à la chaleur de s'échapper. Nettement plus écologique que de faire bouillir 10 minutes ! sauf si vous avez une vingtaine d'invités.

Et voici mes liserons d'eau avec une tranche de pain grillée, un fromage de Rocamadour rehaussé de quelques lamelles de citron confit ... et un œuf mollet, provenant lui aussi de la ferme.

Ferme de la Racinerie, 237 rue Haute, 45590 Saint-Cyr-en-Val, 02.38.69.21.35, ouverte tous les jours, même le dimanche, de 8 heures à 20 heures du jour. On peut cueillir en plein champ ou acheter directement, et à des prix sans commune mesure avec ce qui se pratique en région parisienne.

L'arboretum de la Vallée aux Loups est ouvert gratuitement depuis février 2007 et se visite librement ou avec un guide
D’octobre à mars : de 10 h à 17 h
D’avril à septembre : de 10 h à 19 h
Renseignements au 01 49 73 79 27 (du lundi au jeudi de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 h, le vendredi jusqu’à 17 h)


Demain ce seront encore d'autres plantes que je vous ferai découvrir, cette fois dans des jardins extraordinaires.

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