mercredi 25 avril 2018

Derniers jours à Alep de Guillaume Ramezi, chez French Pulp

Comment parler de Derniers jours à Alep sans trop en dire ? L'intrigue est tellement bien conçue que j'ai peur de laisser échapper dans cet article un indice essentiel qui ruinerait le suspense. Je ne raconterai donc rien d'autre que ce que vous pourriez lire sur la quatrième de couverture.

Mathias est un jeune cancérologue émérite qui a choisi cette spécialité à la suite de la maladie de son père, disparu lorsqu’il était enfant. Imaginez le choc que représente, 25 ans plus tard, la publication d'un visage qui pourrait être le sien sur une chaîne info. D’autant que l’homme est recherché pour terrorisme… Mathias se lance alors dans une traque hasardeuse pour tenter de retrouver son géniteur. Sans se douter des dangers qui l’attendent et qui pourraient mettre ses proches en péril.

L'action se déroule dans le domaine du terrorisme (et de l'anti-terrorisme), qui sont des secteurs en constant remaniement. La moindre approximation aurait des conséquences en terme de crédibilité. L'écriture s'appuie sur un travail de recherche et de documentation que j'imagine très précis.

Guillaume Ramezi place le lecteur au centre de l'action ... qui souvent est palpitante à souhait. Je pense qu'une des difficultés majeures que l'auteur a dû résoudre a été de ne jamais trop en dire tout en autorisant le lecteur à échafauder des hypothèses.

Les personnages sont de forts caractères et il est difficile de se prononcer d'emblée sur les bons et les méchants, à moins d'avoir une compétence en profilage, ce qui est peu courant. Débusquer la part d'ombre tapie en creux de chaque belle âme est un exercice peu commun. Un lecteur averti (il se trouve que j'ai travaillé quelques années dans un secteur proche) parviendra néanmoins comme moi à deviner 80% du scénario dès le début. Mais ce qui est très fort, c'est que si mes intuitions furent justes, elles n'ont absolument pas entaché mon plaisir de lecture. Et les 20% auxquels je ne m'attendais pas me firent l'effet d'une déflagration.

La guerre bactériologique est la grande crainte des puissances occidentales. Certaines scènes peuvent choquer et heurter les consciences. Il n'y a cependant pas de violence gratuite dans ce roman très puissant et que l'on referme à regret.

Après un cursus scientifique et un diplôme d’ingénieur, une entrée dans le monde littéraire n’était pas forcément une évidence pour ce père de deux enfants, cadre dans l'industrie depuis une dizaine d’années. Pour un premier roman c'est un coup de maître. Il ne fait aucun doute que Guillaume Ramezi est ce qu'on appelle un auteur à suivre. D'ailleurs un second roman paraitra prochainement.
Derniers jours à Alep, de Guillaume Ramezi, chez French Pulp, en librairie depuis janvier 2018
Prix du Balai de la Découverte 2018
prix Polar 2019 du Salon du Livre de La Saussaye (Eure)

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