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jeudi 21 novembre 2013

La bière s’invite à table

La bière s’invite à table, tel est le titre d’un ouvrage qui est davantage qu’un livre de recettes de plus. D’abord parce qu’il est préfacé par Christian Etchebest, ensuite parce qu’on y trouve des entretiens avec des acteurs de la filière bière, qu’on y explique l’art et la manière de déguster ce breuvage, qu’il recèle une sélection de brasseurs artisanaux

Quelques mots sur Christian, lequel n’a aucun lien de parenté avec le terrible Philippe Etchebest, cauchemar des restaurateurs incompétents, ce qui n’empêche pas l’un et l’autre d’être amis.

Christian Etchebest est inventeur du concept de « bistronomie » qui lui valut tout de même la distinction de bistrot de l’année quelques mois après l’ouverture du Troquet, c’est son nom. Plusieurs autres "troquets" ou "cantines" ont depuis vu le jour. Et ce soir nous étions à la Cantine de la Cigale.

Je ne vais pas me lancer dans une explication lexicale complexe. Pour faire court, un bistronome est un restaurateur qui conçoit une carte simple où la gourmandise n’est pas une affaire de calories, de sucres ni de graisses, mais d’excellents produits mis en valeur avec intelligence. Une fois que vous aurez gouté ses couteaux (pas les ustensiles, mais des coquillages fondants et épicés juste comme il faut d’ail et de piment d’Espelette), son fromage de chèvre et sa coulure de pesto, et son riz au lait au miel il n’y aura plus rien à démontrer. Le tout à un prix très raisonnable.
Christian (il est tellement convivial qu’on a tôt fait de l’appeler par son prénom … en oubliant un parcours où le Crillon est un des brillants jalons) est aussi devenu un vrai amateur de bières. Ce n’est pas venu d’emblée. On est dans le domaine de l’acquis et c’est sans doute en parrainant la 8 ème édition du concours de biérologie Heineken qu’il a eu une révélation. Il est convaincu qu’elle a sa place à table, bien au-delà de l’apéritif.

Sans avoir eu la chance de suivre un tel concours j’ai tout de même depuis quelques années eu l’opportunité de participer à des dégustations de bière et cela fait longtemps que j’ai cessé de les classer en trois catégories : les blondes, les brunes et les rousses. Je commence à apprécier réellement les différences de saveurs, d’amertume, d’arômes.

J’ai trouvé amusant de poursuivre l’aventure ce soir alors que d’autres célébraient le Beaujolais nouveau ! Et puis l’ambiance de cette Cantine de la Cigale où officie Christian Etchebest vaut vraiment qu’on s’y arrête.
J’ai revu Hervé Maziou dont l’expertise est sans limites. Il m’a appris que la mousse protège la bière de l’oxydation de l’air. Que boire la bière dans des verres ne remonte qu’au milieu du XIX° siècle et qu’il a fallu que la Bohème (qui n’était alors pas la république Tchèque) mette au point la première bière à fermentation basse, translucide, et par conséquent « belle à voir » pour qu’on commence à abandonner les gobelets opaques.

Vous lirez un entretien avec ce biérologue dans le livre. L’essentiel de la dégustation est abordé page 44, jusqu’au choix du verre. Il en existe de très beaux et j’aime beaucoup servir cette boisson dans les contenants adéquats. J’avoue que souvent je les détourne de leur usage pour un cidre particulièrement méritant.

Le verre apparaissant sur la couverture du livre est particulier. C’est le verre « historique » utilisé dans les années 1850, cousin germain du gobelet. Son format était commode également pour le photographe en ne créant pas un espace vide entre lui et l’assiette contenant l’escalope de foie gras de canard poêlé, jus aux baies sauvages, purée au tandoori (ne me dites pas que cela ne fait pas envie). Sa hauteur modeste était le dernier atout.

J’ai apprécié de trouver une sélection de brasseurs artisanaux (page 47 et svtes), y compris à Paris même ou en région parisienne (j'avais auparavant appris qu'il existait au moins un brasseur parisien avec Gallia dans un atelier Guy Martin) et quelques bonnes adresses pour la dégustation.

C’est aussi un livre de recettes, y compris de cocktails. Avec des noms poétiques comme l’Essentiel du jardinier autour de la Fischer Tradition. Ou le Despejito, que vous avez déjà vu sur le blog.
La mousse peut constituer un avantage dans la réalisation des cocktails dont elle devient un élément décoratif.
La bière préférée de Christian est la Fisher réserve Ambrée. Je ne lui donne pas tort. Elle doit faire merveille avec une crème brûlée de munster au cumin, même si ma photo semble affirmer un autre choix.
Ce que j’apprécie avec ce livre, et c’est là encore qu’il est davantage qu’un livre de recettes, c’est qu’on y trouve autant d’accords mets-bières que de recettes employant cet ingrédient. Les occasions de surprendre des invités sont à découvrir au fil des pages.

On pourrait s’amuser à composer son menu de Noël avec une manière originale de traiter deux ingrédients traditionnels que sont le marron et la dinde.
En entrée un cappucino de marrons épicé, sacristains lardons été noix (p. 102)
En plat des paupiettes de dinde au fromage de chèvre et basilic, ratatouille de saison compotée à la bière (p. 83)
Et en dessert un Baba à la bière (p. 99)
Ils dédicacèrent à tour de main : de gauche à droite Ryma Bouzid-Fuchs, responsable éditoriale chez Flammarion, Pascal Sabrié, Président France Heineken  et bien entendu Christian Etchebest.
Si d'aventure la bière devenait votre passion, avec modération comme il se doit, vous pourrez même devenir votre propre brasseur car le mode d'emploi est détaillé de manière très didactique dans les dernières pages.

Et puis en bonus vous dénicherez un quizz étonnant. Je ne vous en dis pas plus. Ne vous privez pas d'interrogez vos amis !

La bière s'invite à table de Eric Chenebier, préface de Christian Etchebest, Flammarion, novembre 2013

dimanche 29 novembre 2015

Quand Christian Etchebest rêve d'un couteau ...

Jean Dubost est une des entreprises de coutellerie françaises les plus renommées. Et ceci depuis 1920. On y fait des produits de tradition mais on est capable d'innover.

Et pas que dans le secteur de la coutellerie puisque j'ai présenté sur le blog un nombre imposant de recettes réalisées dans leurs microcakes. Elles ont d'ailleurs, pour quelques-unes, déjà fait l'objet d'un petit film qu'il faudrait que je songe à publier ...

Ce soir c'est de couteau qu'il va s'agir. De celui qu'un grand spécialiste de la bistronomie, Christian Etchebest, a souhaité poser sur les tables de ses Troquets, puisque tel est le nom de ses restaurants. J'y ai dîné et déjeuné plusieurs fois, (lire compte-rendu) bien avant que ces outils n'y soient présents mais j'imagine aisément tout le chic que les Cantines vont gagner.
Le chef est venu au 3ème étage d'un grand magasin parisien, le BHV, pour faire la démonstration de l'objet. Il était accompagné par le designer Jérôme Pouey qui travaille depuis très longtemps avec l'équipe de Jean Dubost.

Derrière le sérieux, qui est réel, il y a toute la convivialité associée à ces objets d'exception. Ces outils peuvent être contemplés mais leur finalité est de trancher, et de couper net.









Christian ne s'est pas fait prier pour en faire la démonstration avec Claire de la Villemarqué (à droite sur la photo). Le Cantal et le saucisson de Christian Fournet-Fayard, le Brave Auvergnat, ont vite été débités et appréciés. Le Chef a l'habitude de travailler et s'il ne devait employer qu'un seul couteau ce serait le tout simple "couteau d'office".
Il aime malgré tout ce qui est beau et c'est en découvrant les couteaux avec lesquels les américains coupent leur viande qu'il a eu un choc : "En France on se néglige !" 

Jean Dubost lui a offert en quelque sorte l'occasion d'avoir quelque chose de semblable, massif, à la lame large, mais qui ait une jolie ligne voire chic, et qui soit d'emploi universel.
Il me montre en quoi la courbe est définitivement dédiée à la viande mais que sa tenue et sa nervosité le rend capable de résister à n'importe quel chou. Car en effet il est plus difficile de couper des légumes que de la viande (laquelle est censée être tendre). La lame est lisse pleine soie, acier inox satiné de 2 millimètres d'épaisseur. Il est fait main, 100% made in France. Le travail avec le designer a été fluide, sans aucune concession à l'esthétique, même si l'objet est au final très beau.

Il n'était pas possible de faire des manches en bois pour des raisons pratiques, ne serait-ce que pour permettre le passage en lave-vaisselle. Ce couteau existe en micarta, qui est un matériau composite à base de papier ou de coton mélangé avec de la résine phénolique. On le trouve en deux versions, veiné façon bois clair ou bois foncé, inspiré du stamina wood qui est si tendance aux Etats-Unis.
Jérôme Pouey est petit-fils et fils de boucher et est passionné par la cuisine. Il travaille pour Jean Dubost depuis quatre ans. Il a l'inspiration pour dessiner une lame et il avoue que faire la synthèse entre les exigences de Christian et les réalités techniques n'a pas été très difficile.

C'est lui qui a (aussi) dessiné couteau, fourchette, cuillère, cuillère à café de la nouvelle ligne Styl'up tout inox (ci-dessous). On lui avait demandé quelque chose de nerveux, fluide, élégant forcément et le résultat est à la hauteur. Et la ménagère 16 pièces constitue un cadeau très abordable à 39, 90 €. Le couteau Christian Etchebest par Jean Dubost est vendu par quatre dans un coffret de bois huilé avec pastille métal gravée Jean Dubost pour Christian Etchebest au prix de 189 € ... en boutique ou en ligne sur Jean Dubost.com.
J'ai photographié le couteau sur des tissus et une housse pour Ipad conçus par Les Oies Sauvages.

jeudi 28 novembre 2013

Connaissez-vous le Napoleone sur les Champs Elysées ?

Si je pose la question c'est que la visibilité de ce restaurant n'est pas encore très assurée en bas des Champs Elysées. La terrasse est vaste, juste à coté d'une célèbre marque de vêtements très prisée par la jeunesse ... à quelques pas du Rond-point.

Avec un nom pareil, Napoleone, on pense entrer chez un italien. Mais c'est oublier que la célébrité était bien française. Et c'est de fait à une cuisine ultra française qu'on nous convie.

La promesse est affichée sur le store en deux mots : bistro chic.
Le chic est cohérent avec le quartier et avec le cadre de l’ancien hôtel particulier de la Marquise de la Païva, de style Second Empire, dont le restaurant s'est emparé. L'espace est vaste, ce qui est une forme de luxe. Le client a le choix entre trois espaces : la terrasse qui bien entendu est chauffée, une première salle et une seconde, en contrebas, de part et d'autre d'un bar très élégant.

L’ensemble a conservé les codes du style Napoléon III intelligemment allégé. Quelques tableaux et gravures sont  inspirées des deux Empires et rappellent l’épopée napoléonienne. Les luminaires en pâte de verre rappellent l’Art Nouveau. Quelques dorures feraient croire que les salles ont toujours existé dans cette configuration.

Selon le moment de la journée et le type de repas on se posera donc en terrasse ou dans l'une ou l'autre salle. Ce soir ce fut sur la mezzanine, autour d'une table ronde. Ce qui est très agréable c'est de pouvoir converser sans craindre d'indiscrètes oreilles. La clientèle d'affaires appréciera.

Juste en face, de l'autre coté de l'allée centrale, une banquette pourrait accueillir une bande de copains sans que cela provoque le moindre dérangement. Et l'escalier central s'ouvre sur un bar à cocktails plutôt cosy et quelques tables dans une ambiance plus intimiste.
Pour ce qui est du bistro, on est dans une tonalité quasi basque, impulsée depuis le 7 novembre dernier par le célèbre chef de cuisine Christian Etchebest. Originaire du Sud Ouest ce passionné a imaginé pour cet établissement une cuisine traditionnelle revisitée dans l’air du temps. Son objectif est clairement de permettre à la clientèle de pouvoir accéder à une cuisine bien exécutée dans l’esprit de la bistronomie. Il veut surtout que les clients se sentent à l’aise pour commander en toute simplicité une salade, un œuf mayonnaise, une côte de veau... Il a fait en sorte qu’ils puissent se régaler à tous les prix avec des produits frais mis en avant et accompagnés de vins bien sélectionnés pour toutes les occasions de dégustation.
Il a donc inscrit à la carte du Napoleone des plats classiques de la cuisine de brasserie comme une assiette de jambon, mais alors de l'Ibaïona affiné 24 mois, avec un pain à la tomate, sélectionné dans la célèbre charcuterie de son ami Eric Ospital, une épaule d'agneau confite ou une noix d'entrecôte, mais alors de Salers, rôtie de chez Jean Christophe Prosper et servie avec des pommes frites maison, et une sauce béarnaise ....

Un menu suggestion est proposé chaque jour à un prix très raisonnable. Par exemple ces poireaux vinaigrette lanières de saumon fumé en entrée à 10 euros.
Ce soir j'ai eu envie de croquer les oreilles de cochon grillées sur leur lit de salade.
Mon voisin a préféré quelques escargots petits gris au persil et crème d’ail.
Nous avons gouté le caviar d'aubergine, gambas, légumes frits, alors que les autres convives n'ont pas résisté aux désormais légendaires couteaux à la plancha, sauce vierge (dont Christian Etchebest a fait sa spécialité ... rappelez-vous la semaine dernière lorsque la bière s'invitait à table ...)
Ils sont arrivés dans un subtil échafaudage très odorant.
Les plats sont exécutés avec talent et rigueur par David Gutman. Ce jeune chef trentenaire est passé par le Pavillon Dauphine, le Pavillon Elysée-Lenôtre, le Sofitel Café le Faubourg, le Plazza Athénée, Laurent, le Café de la Paix, le Crillon avec Jean François Piège ou encore le Fouquet’s avant de prendre la direction des cuisines du restaurant de l’Hôtel Metropolitan puis de la Brasserie Le Bœuf sur le Toit. Son esprit rejoint celui de Christian Etchebest : travailler les basiques et essayer de rester simple pour obtenir  le meilleur ! Il travaille pour cela beaucoup en basse température dans une cuisine légèrement en contrebas du bar, mais qui ne se cache pas.
Comme plat nous avons choisi l'échine de porc dont la cuisson parfaite doit être saluée et une côte de veau dorée au sautoir, jus au thym, gratin de macaroni ... absolument délicieuse.
A ce stade, les desserts étaient de la pure gourmandise : une tarte au chocolat, un millefeuille aérien et un Paris-Brest moelleux et fondant. 
Ce sont encore des classiques, mais bien exécutés qui plairont aussi à l'heure du thé pour se reposer en terrasse après une séance de shopping.
Si la première salle est très agréable, il faut oser descendre l'escalier majestueux. Cela devient un autre lieu qui peut-être s'accorderait avec une carte un peu spéciale, ou un service différent et qui est idéalement privatisable.
Le côté bar à cocktails est déjà marqué par la personnalité de Thierry Clément, le directeur du lieu, qui a accepté de relever un challenge en ouvrant ce nouvel établissement, après le Ritz Club, le Cercle Ledoyen, la Closerie des Lilas, la Villa Corse Poincaré, ou encore Chez Michou. Il a fait appel à deux jeunes barmaids Tatiana et Kathleen, et un chef barman pour officier avec originalité derrière le superbe comptoir.

La programmation musicale est en cours de mise en place. Le Napoleone vient d'ouvrir et cherchera ses marques encore quelques semaines mais c'est déjà un lieu chaleureux marqué par le désir de bien faire.

L’équipe du Napoleone est opérationnelle pour le petit déjeuner entre 8h et 11h. La restauration est assurée en service continu de midi à 23h30 pour la dernière commande. Du serveur au grand patron chacun est prêt à se "décarcasser" pour le bien-être de la clientèle. Cela se sent et c'est très agréable. Les plats sont excellents. Que demander de plus ?

Napoleone-Bistro Chic
25 avenue des Champs Elysées, 75008 Paris
Tel : +33 6 09 85 68 78
Service voiturier
Formule déjeuner de 12h à 15h entrée + plat ou plat + dessert 29 euros.

Les photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue sont de Philippe Schaff

vendredi 19 décembre 2025

Les Trophées de la 16e édition du FIPC Les Lentilles d'Or 2025

Les Trophées de la 16e édition du FIPC Les Lentilles d'Or 2025 ont été remis sous le haut patronage du ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire et avec le parrainage du ministère de la Culture le lundi 8 décembre dernier.

Unique au monde, ce festival photographique célèbre le regard qui est posé sur le monde culinaire, dans toutes ses dimensions : produits, artisans, chefs, ambiance de marché, art de la table et savoir-faire.

Chaque édition du Festival International de la Photographie Culinaire propose une thématique spécifique, qui inspire les artistes et invite à une relecture contemporaine de l’art culinaire en images. Le thème de cette édition "Jour de marché", célèbre l’univers foisonnant des marchés, des étals, des produits frais, des gestes quotidiens et des ambiances conviviales.

La cérémonie a eu lieu dans cette Salle Sully où je m'étais déjà trouvée pour la remise des Prix d'excellence du Concours général agricole. Elle a été pilotée avec un grand humour par Jean-Pierre PJ Stéphan, le Président fondateur du FIPC.
Claudia Albisser Hund était la photographe officielle du FIPC 2025. Elle avait composé une image illustrant le thème de l'année Jour de marché. Cette photo a été prise en novembre après avoir arpenté des marchés dans le Jura. Elle traduit une ambiance mélancolique annonçant l'approche de l'hiver.

Elle avait remporté en 2023 le Grand prix des Ambassadeurs du produit, avec 3 photos sur le thème du pain, un hommage à la baguette, emblème culinaire de la France. Elle a illustré plus de 100 livres avec ses photos, en particulier un livre sur les biscuits alsaciens de Noël qui a rencontré un gros succès. Elle est passionnée d’épices et d’herbes aromatiques qu'elle cultive dans son jardin. La photographe participe régulièrement à des concours internationaux de photographie culinaire. En 2005, elle avait été récompensée par un prix spécial au Carrousel du Louvre, à Paris, sur le thème "Nourrir le monde". Son travail a été notamment exposé à l’Exposition universelle de Milan en 2015.

Son prochain projet d’exposition s’intitulera "Au bord du chemin". Une proposition en train de mûrir qui mettra le Jura, sa région d'adoption, dans un écrin comme elle sait si bien le faire.

Chaque prix a son jury et porte un regard spécifique et chaque lauréat recevra un cadeau de Fuji et une oeuvre de Sabine Stenert (coordonnées en fin d'article) qui, depuis plus de vingt ans au Four à chaux, et dans un atelier aux dimensions grandioses, assistée de Daniel pour la cuisson de ses céramiques, donne naissance à des objets utilitaires d’une grande finesse dans une terre issue de la Drôme toute proche.

Elle y célèbre aussi la beauté de l'imperfection en donnant vie à des pièces uniques en grès basse température 100% culinaire, colorées de pigments et d’oxydes aux formes organiques, presque poétiques, allant de couleurs vives aux blancheurs si discrètes.

jeudi 15 mai 2014

La Biérologie s'invite au Carreau du Temple du 23 au 25 mai 2014

La bière est un thème qui revient périodiquement sur le blog depuis que j'ai découvert l'étendue de cet art, de la terre au verre.

Le Carreau du Temple vient tout juste de réouvrir et j'ai le plaisir de vous annoncer aujourd'hui que la Biérologie s'invite dans cet espace le 23 mai de 18h30 à 1heure du matin, puis les 24 et 25 mai de 11h à 19h.

Ce ne sera pas une manifestation confidentielle, loin de là, puisque plus de dix milles visiteurs sont attendus pour ces trois jours de découverte et d’épicurisme au cours d'une soirée pour faire connaissance avec le gagnant 2014 du Concours de Biérologie et de 3 jours pour découvrir toutes les facettes de la Bière.
Je vous en parle parce que ce serait dommage de manquer une fête pareille, placée sous le parrainage de deux chefs sympathiques, Virginie Basselot et Christian Etchebest.

J'ai eu l'occasion de rencontrer Christian et de goûter ses spécialités à la Cantine de la Cigale, en découvrant la Fisher réserve ambrée, dont il m'a dit que c'était une de ses bières préférées. Je partage depuis cet avis, en toute modération n'est-ce-pas.

Figure emblématique de la Bistronomie, Christian Etchebest cuisinier français d’origine basque est attentif à l’art d’associer les saveurs et de les présenter. Il sera d’une aide précieuse pour développer le savoir-faire des finalistes. Amateurs de scoop je peux vous révéler qu'il commence actuellement une nouvelle émission sur M6 qui lui correspond bien, alliant patrimoine, gastronomie et culture : La Plus Belle Région de France, dont il sera jury.

Si vous êtes lecteur fidèle du blog vous savez aussi que j'ai suivi une demi-finale du concours de meilleur Jeune Biérologue de France. C'était à Lille et j'ai rédigé un compte-rendu qui puisse être utile aux futurs candidats.
Qui sera meilleur(e) Biérologue 2014 ?
Je suis satisfaite de constater qu'il y a deux filles parmi les onze finalistes. C'est modeste mais je leur souhaite bonne chance.

Il leur faut du mérite (et aux garçons aussi d'ailleurs) pour s'être hissées si haut parmi 700 candidats des lycées hôteliers de France. C'est une marraine qui va les soutenir, Virginie Basselot qui, depuis deux ans, a pris la tête des cuisines du Saint James Paris, un lieu d’exception qui l’a inspirée dès ses premiers pas. Rien d'étonnant qu'elle ait obtenu une étoile au Guide Michelin 2014 pour sa cuisine délicate et savoureuse.

Ils ont été 700 candidats issus des meilleures écoles hôtelières de France à s'affronter pour cette 9ème édition. Après une sélection sous l’œil des professionnels en régions, ils vont se départager au cours d’une ultime épreuve au Carreau du Temple. Verdict vendredi à 20h et remise des prix dans la foulée.
Explorez 5 facettes de la Biérologie
Outre la finale du Concours du Meilleur Jeune Biérologue de France, il vous est proposé une grande palette de découvertes :

Le Marché des Saveurs
Pour profiter d’une rencontre unique avec les passionnés des métiers de bouche les plus inspirés et authentiques du moment.

Le Comptoir des Brasseurs
Pour comprendre l’art du brassage auprès de brasseurs artisanaux et découvrir leurs produits.

La mixologie
Pour composer et réaliser vous-même les cocktails tendances du moment guidés par des mixologues experts.

Les Alliances Bières et Mets
Pour découvrir l’association inattendue de la bière avec des mets imaginés par les Maîtres Restaurateurs.

Le Chemin du Biérologue
Un parcours initiatique pour devenir un Biérologue amateur diplômé réunissant 6 expériences inédites. Vous repartirez avec un diplôme, si vous avez été un minimum attentif.
La dernière bonne nouvelle est que l'entrée est gratuite. Mais attention, elle est réservée aux personnes majeures uniquement, ce qui est logique et dans la limite des places disponibles. Il faut "juste" procéder à une inscription préalable que ce soit pour la soirée du vendredi comme pour les journées de samedi et dimanche.

Pour cela deux solutions, soit sur place aux bornes d’entrée le samedi et le dimanche soit dès maintenant sur le site de Tendances Bière en suivant le lien ici
Le Carreau du Temple – 4 rue Eugène Spuller - Paris 3ème

mercredi 29 avril 2020

Entre Voix Confiné avec Christian Etchebest

(mis à jour le 11 juin 2020)
Je connais Christian Etchebest depuis de nombreuses années. Et il me semble qu'il n'y a pas un de ses restaurants où je ne sois allée.

Il était naturel que je lui propose un Entre Voix nouvelle formule.

Comme l'émission est diffusée ce mercredi, jour où M6 diffuse un nouvel épisode de Top Chef, nous parlerons bien entendu de celui qui est en train de devenir  le chouchou de nombreux spectateurs, Adrien Gachot, dont j'ai découvert la cuisine par son intermédiaire, il y a déjà trois ans. C'était une belle expérience que je relatais ici.

Sera-t-il en finale comme je le pressens ? Il est évident que Christian ne dira rien, même s'il connait la réponse.

Nous allons parler de la manière dont le chef fait face à la crise. Il ne pensait jamais qu'un jour il se lancerait dans la vente à emporter et c'est pourtant ce qu'il fait depuis quelques jours. Il s'est remis volontiers à éplucher et mitonner lui-même pour ses clients malgré le confinement. 

Ce qui compte avant tout pour ce cuisinier au grand coeur, ce sont les copains. Pas étonnant qu'il ait choisi pour clore l'émission la chanson de Georges Brassens les copains d’abord. Pour écouter le podcast suivre le lien.

Cet article est illustré d'une photo prise le jour de l'inauguration de La Cantine du Troquet de Rungis en novembre 2016.
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Depuis que les restaurants ont l'autorisation de rouvrir, en terrasse, la Cantine du Troquet s'est déployée sur le trottoir à Dupleix, au 53 Boulevard de Grenelle, 75015 Paris, et à Pernety au 101 rue de l'Ouest 75014 Paris, également à Rungis où la terrasse est immense.
La vente à emporter est encore maintenue jusqu’au 22 juin. Un menu différent et gourmand chaque jour. Il est prudent de réserver même si quelques clients sont servis au dernier moment. Et puis vous êtes d'ores et déjà attendus pour "trinquer au troquet".

jeudi 21 février 2019

Le Club, restaurant des bateaux-mouches

Ce fut longtemps un club privé, et donc peu accessible. Il a gardé son nom mais s’ouvre maintenant à tout le monde. C’est un cadre exceptionnel, offrant un panorama sensationnel sur la Tour Eiffel et le bord de Seine qui s’étend du pont de l’Alma au pont Alexandre III. Très bien exposées, la terrasse comme la salle, bénéficient d’un ensoleillement réjouissant. Je vous conseille d’ailleurs de glisser vos lunettes de soleil dans votre sac.

Le Club appartient à la société des bateaux mouches (qui doivent leur nom à leur construction sur le chantier lyonnais de La Mouche). Quinze bateaux sillonnent la Seine 365 jours par an, pour le plaisir de 2,5 à 3 millions de visiteurs qui y font 1 heure 15 de promenade ou qui y déjeunent en 2 heure de temps.

On pourrait donc prendre le repas en faisant une balade sur un de ces bateaux mais le Club présente de multiples avantages. Il ne vogue pas, ce qui le rend très accessible. Aucune crainte de subir le mal de mer, la salle ne tangue pas, les fauteuils ont la patine du temps, le silence est appréciable. La vue est à couper le souffle et la carte est très appétissante.
C’est Christian Etchebest qui a élaboré les assiettes, en étroite collaboration avec un jeune béarnais de 26 ans, Romain Casas, qui est le chef aux commandes et qui a vraiment orienté les choix. Par exemple avec un caneton mi-sauvage de chez Pierre Duplantier, en deux façons, cuit sur le coffre, servi avec des carottes de couleur.
Pas facile de trouver au coeur de Paris un repas aussi soigné à un prix aussi abordable, dans un environnement aussi prestigieux, avec une formule plat du jour-verré de vin-café à 24 euros le midi, du mardi au vendredi.

J'avoue ... j'ai été tentée par davantage. C'est que la cuisine de Romain est exactement ce que l'on souhaite, ancrée dans un savoir-faire infaillible, qui garantit des cuissons exactes, des assaisonnements mesurés, des associations de goût réussies et un dressage élégant.
J'ai été séduite par le Carpaccio cru et cuit de Saint Jacques/avocat/betterave/chou-fleur, merveilleux avec un verre de Jurançon sec. Les assiettes de mes voisins de table ne déméritaient pas, ni en couleur, ni en saveurs.

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