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jeudi 26 mars 2026

Tentative de bilan de Wine Paris 2026

(article mis à jour le 30 mai 2026)
Wine Paris est le principal salon international consacré au commerce du vin et des spiritueux qui attire plus de 60 000 visiteurs du monde entier (155 pays) et présente plus de 6 000 exposants de 60 pays.

On y vient pour rencontrer des producteurs, déguster, bien sûr, mais en toute modération puisque l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, assister à des tables-rondes, suivre des master-class et débats réunissant experts, décideurs et institutionnels … en navigant entre les trois espaces, trois univers dans un même lieu : Wine Paris (vins), Be Spirits (spiritueux) et Be No (boissons sans alcool) qui est désormais un des laboratoires de Wine Paris pour répondre aux mutations des consommateurs et aux nouvelles tendances du marché.

Du 9 au 11 février 2026, plus de 63 500 professionnels venus de 169 pays ont arpenté les différents halls de la Porte de Versailles à la rencontre de plus de 6 500 exposants issus de 63 pays. Par rapport à 2025, l’événement affiche une croissance d’environ 20 % de la fréquentation et avec dorénavant une majorité de visiteurs internationaux.

Pour sa septième édition, Wine Paris, autrefois Vinexpo (qui était bisannuel), s’est confirmé comme l’un des événements incontournables du secteur vinicole mondial malgré la crise traversée par de nombreuses appellations. Il s’est également affirmé comme un lieu de réflexion et d’influence sur les grandes thématiques qui traversent la filière — durabilité, géopolitique, innovations et stratégies de marché.

Bien que déployé sur trois jours (et deux soirées, off) l'évènement ne permet pas d'être suivi dans son intégralité. J'ignore ce quelles rendez-vous représentent quantitativement mais ils ont été riches d'un point de vue qualitatif comme en témoigne la série d'articles qui a été générée :


Je pourrais mentionner aussi Deux accords mets-vin avec le Sauvignon de King Family car c'est un vin que j'avais goûté sur une autre édition de Wine Paris. Et il faut savoir qu'il me reste plusieurs accords mets-vins à réaliser sachant que d'autres viendront dans les semaines à venir.
Ainsi je consacrerai des articles détaillés sur le Consorzio Conegliano Valdobbiadene Prosecco Superiore DOCG en démontrant que le cépage utilisé, le Glera, peut être travaillé de façon extraordinaire. Et un accord met-vin avec la "Cuvée 0" Valdobbiadene DOCG 2024 extra brut.
Sans oublier le Champagne Edouard Duval Noir d'Eulalie. et aussi un vin effervescent sans alcool pour lequel je me suis enthousiasmée, le Sparkling Tea.
J'ai proposé plusieurs accords mets-vin avec le très étonnant Thirsty Owl Wine Co. Diamond 2024 des Finger Lakes et avec aussi deux vins tchèques, le Veltiner de Gurdau, et un Pinot noir.
La France ne sera pas en reste avec la nouvelle cuvée l'Aubin de Vidal-Fleury, l’Étoile 2020 Sélection - Domaine Jean Luc Mouillard  (Jura), mais aussi une cuvée de Mas de Libian … qui n'est pas encore embouteillée.

Comme quoi Wine Paris a donc des retombées bien au-delà des journées à la Porte de Versailles.

mercredi 25 février 2026

Gambero Rosso a proposé une masterclass de Vins rares à Wine Paris 2026

Gambero Rosso a organisé à Wine Paris une masterclass sur des vins italiens rares, sélectionnés pour leur production limitée et leur identité stylistique affirmée.

La journée avait commencé tôt pour certains avec la Grande Dégustation "Tre Bicchieri", et qui se poursuivait jusqu'à 17h00, autour d'une cinquantaine de domaines prestigieux, présentant chacun trois cuvées différentes, offrant ainsi une occasion unique d'explorer la diversité viticole de l'Italie, à travers des vins d’exception. A ceci près que je pense que ce serait plus pertinent de le faire le premier jour et non le dernier. J'avais précédemment suivi des dégustations au sein du pavillon dédié à l'Italie et je n'avais plus de disponibilité en temps pour reprendre aujourd'hui.

La remise des prix des Meilleurs Restaurants Italiens de Paris a eu lieu juste parès (voir palmarès en fin d'article).

Intitulée Vini rari, la masterclass s'accompagnait de la présentation de chacun des 11 vins par leur producteur (ou productrice), ce qui était très appréciable pour un public public d'acheteurs, de sommeliers et de journalistes.

Cependant leur nombre était trop conséquent pour permettre d'en parler correctement dans le temps imparti pour l'évènement. Je l'ai regretté mais j'ai d'ailleurs dû quitter la salle hâtivement parce que j'étais inscrite à une autre masterclass. Le compte-rendu que je fais aujourd'hui n'est pas aussi complet que je ne l'aurais voulu et je suis néanmoins consciente de la chance d'avoir pu déguster des vins qui sont considérés à juste titre par le Gambero Rosso comment étant au-delà de l'ordinaire. Ceci en toute modération sachant que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

Elle a été menée par Lorenzo Ruggeri, Managing Director de Gambero Rosso et le journaliste Raoul Salama qui ont précisé d'emblée que ces vins uniques, résultats souvent d'une expérimentation étaient autant "rares" dans leur pays qu'à l'international.
1. Trento Brut Rosé Monsieur Martis 2020 de Maso Martis
Voilà un nouveau vin pétillant élevé sur un domaine qui connait des contrastes riches et complexes et qui a toujours préservé des vignobles de Meunier depuis une trentaine d'années.
Ce pétillant est une expérimentation faite l'an dernier avec seulement 1800 bouteilles et avec succès. Il est millésimé. Un autre suivra portant cette fois le nom de Madame Martis.
La texture de ce vin crémeux contraste avec une certaine amertume. On distingue une touche de noisette presque grillée. Il est frais, avec une légère touche tannique qui procure des notes épicées et poivrées.
2. Franciacorta non dosé Celeste 2016 de San Cristoforo
Nous partons en Lombardie sur un domaine entièrement géré par des femmes. Ce ne sont encore une fois que 1800 bouteilles qui ont été produites avec ce Chardonnay, en 2016, année marquée par la fraicheur dans toute l'Europe.
On perçoit des notes de pomme et de pêche blanche. Le fruit s'exprime dans toute sa pureté. L'absence de dosage instaure un style très sec et inscrit ce vin dans la tendance actuelle alors qu'il a tout de même dix ans.

vendredi 7 novembre 2025

8ème édition de la Cheese & Wine Week

La Cheese and Wine Week lance (déjà) sa huitième édition qui s'annonce unique et exceptionnelle pour trois semaines de plaisirs et de dégustations du 3 au 23 Novembre 2025.

Ajoutez une Cheese and Wine Run à Paris les 8 et 15 Novembre pour tous ceux qui veulent allier sport et gourmandise, et 3 Cheese and Wine Nights à Paris, Annecy et Saumur les 26, 27 et 28 Novembre pour découvrir des pépites fromagères et vineuses parmi 80 vins. Et vous pouvez sur le site chercher ce qui vous correspond le mieux parmi les quelque 200 propositions.

Sachez tout de même que le 26 ce sera au Musée du Fromage, situé au 39 rue Saint-Louis en l’Île, 75004 Paris. 80 vins y seront présents, et bien sûr les fromages d’exception issus de la Ferme de la Tremblaye.

Enfin une internationalisation avec des ambassadeurs locaux du 3 au 23 novembre en Italie avec Teritoria, à Bruxelles avec Eric Boschman, à Londres avec la complicité comme Ambassadeur 3 étoiles du restaurant le Sketch et son chef Pierre Gagnaire, enfin également à New-York et Philadelphia.

Le fondateur, Jean-François Hesse, de l’agence Essentiel, a d'ores et déjà annoncé que l'année prochaine la période s'étalera sur trois périodes consécutives de 15 jours de manière à ce que les trois vagues ne se chevauchent pas.

J'ai été invitée aujourd'hui à un Apéro Cheese and Wine pour le lancement de cette manifestation au Mesturet77 rue de Richelieu 75002 Paris. Et l'assiette photographiée ci-dessus est une des "planches" que vous pouvez déguster au bar avec un verre de vin. En effet chaque établissement participant établit sa propre proposition. Je rappelle malgré tout en préambule que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, et donc à consommer avec modération.

Je n'ai goûté que des vins de Savoie puisque ceux sont eux qui sont à l'honneur depuis cinq ans, avec 10 cuvées sélectionnées et un Wine Tour dans plus de 50 lieux, ce qui me convient tout à fait parce que depuis que je les ai découverts en 2016 je les apprécie beaucoup.
En premier lieu ce fut un IGP Abymes 2022 provenant d'un domaine créé cette année là avec une culture de la vigne au plus proche de la nature. Bien que le travail du sol argile-calcaire soit déjà bien ancré au Domaine Labbé, le Domaine Terres de 1248 poursuit cette démarche en mettant l'accent sur l'utilisation de produits plus naturel sur 1, 50 hectares de Jacquère.

C'est idéalement un vin d'apéritif qui bien entendu accompagnerait toutes les spécialités savoyardes (fondues, raclettes, tartiflettes…).
Plus parfumée, et plus aromatique aussi, voici le Marestel qui est le plus vieux cru de Savoie, avec ses 25 ha accrochés à la montagne du Mont Charvaz. L'accord est parfait avec le roquefort Société, AOP depuis 100 ans. La fromagerie Papillon peut être fière de produire ce fromage particulièrement équilibré, en force et en saveur.

Cette fois le cépage est l'Altesse dont l'histoire dit qu'il est originaire de l'île de Chypre et qu'il aurait été rapporté au XIV ème siècle par Anne de Lusignan, fille du roi de Chypre, qui épousa un Duc de Savoie. D'autres pensent qu'il est  originaire de Hongrie, et qu'il appartiendrait à la famille qui donne les grands tokaj, ce qui expliquerait son nom de "vin des Altesses", en l'occurrence les  empereurs d'Autriche-Hongrie. En tout cas on ne le trouve qu'en Savoie où il représente 8 % de la production.

Il a une jolie robe jaune d'or pâle, un nez fruité exotique, où l'on reconnait l'ananas et le coing, puis la violette, et la cire d'abeille qui, si on le laisser vieillir 5 à 10 ans deviendront des notes de fruits confits et de pâte de coing. la bouche est riche, moelleuse et persistante. Vous aurez deviné qu'il a été très apprécié ce midi.

Parfait avec tous les fromages il s'accorderait très bien avec des viandes blanches accompagnées de champignons à la crème, avec des plats épicés, des noix de Saint Jacques, voire même un foie gras.
Nous avions de la très bonne charcuterie. Ce fut l'occasion de goûter un rouge, le Brova 2018 du domaine Louis Magnin à Arbin, dans la Combe de Savoie près de MontmélianLe travail de la vigne se fait de façon mécanique sans ajout d'engrais chimiques sur un sol d'argiles rouges.  Les raisins sont vendangés à la main et égrappés entièrement avant d'être mis en cuve. Après une longue macération de 30 jours, le vin est placé dans des fûts pour une durée de 36 mois. a la certification Agriculture Biologique depuis 2012. 100% cépage Mondeuse noire ce vin est de belle gastronomie.

L'intensité des arômes de fruits et la finesse comme la complexité de la structure de ce vin seraient aussi très appréciables sur des viandes rouges grillées.

mardi 21 avril 2026

Accord met-vin avec le Thirsty Owl Wine Co. Diamond 2024 des Finger Lakes

C'est à Wine Paris, sur le stand des vins de l'Etat de New-York, que j'ai découvert notamment le Diamond de Thirsty Owl Wine, cuvée 2024.

Il n'y a pas que l'étiquette qui a attiré mon attention. C'est surtout la saveur de ce cépage que nous ne connaissons pas en France et pour lequel on manque de références organoleptiques qui le rend intéressant à tenter d’associer avec un plat.

Goûter ce vin de table doux, comprendre et apprécier son histoire, lui confère un charme indéniable et c'est un vin d'une qualité exceptionnelle.

La robe est jaune citron pâle. Le nez est aromatique et complexe : d’abord des arômes de grappes de raisin fraîchement cueillies suivis de notes de fruits mûrs, miellées, herbacées et florales.

En bouche, des notes de pêche et de poire se révèlent, avec une acidité typique de l'État de New York. La minéralité est marquée, évoquant les hydrocarbures. La finale est douce, débordante de saveurs et d'arômes de raisin frais.

On y reconnaît les caractéristiques aromatiques de certaines variétés issues de vignes américaines. Ce profil, singulier et expressif, se distingue par des notes intenses de raisin frais, de fruits mûrs et une touche délicatement sucrée évoquant certains jus de raisin bien mûrs.

Selon les sensibilités culturelles, cette palette peut être perçue différemment : si elle surprend parfois en Europe par son originalité, elle est en revanche particulièrement appréciée dans d’autres régions du monde, comme au Japon, où elle est associée à une expression riche et gourmande.

Le nez et la bouche développent des nuances complexes, mêlant des notes fruitées généreuses à des accents plus sauvages et naturels, qui rappellent le caractère authentique du terroir et de la vigne. Cette typicité, que les œnologues qualifient par le terme de "foxton" ou "foxtaste", constitue une véritable signature sensorielle, recherchée par les amateurs pour son identité unique.

Je pourrais résumer en deux mots la sensation à la dégustation, étrange je l'avoue, de cire d'abeille, totalement inédite avec les vins français si on excepte l'hydromel. Les néophytes pensent que du sucre a été ajouté, et pourtant non, pas plus que les alsaciens ne supplémentent leur Gewurtztraminer. Il présente seulement 5,6 % de sucre résiduel.

On aime ou on aime pas, et personnellement j’apprécie, bien entendu en toute modération sachant que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé comme nous le rappelle l’histoire du nom de la compagnie. On raconte en effet que Ted Cupp, fondateur et "visionnaire" du domaine viticole (le père de Jon qui le dirige aujourd’hui), avait un peu trop bu un soir et, qu’en rentrant chez lui, il crut apercevoir un "grand hibou assoiffé" dans les vignes. Il décida alors de donner ce nom à son entreprise.

Il est issu d'un cépage trop souvent méconnu, probablement parce qu'il donne généralement des vins doux, souvent qualifiés de "violents" au goût de raisin. Autrefois, Pourtant, ces arômes de raisin ont connu un véritable regain de popularité ces dernières années, et ce vin est une véritable réussite !

Je l’ai immédiatement imaginé sur des recettes créoles, un poulet New-Orléans, des plats cajuns ou mexicains, un colombo (ci-dessous à gauche). Mais j’ai cherché une autre association et je dois dire qu'un risotto aux morilles a parfaitement matché, en accompagnement d'un saumon cuit vapeur. L'assiette est "décorée" de fleurs de bourrache et feuilles de menthe bergamote qui sont deux végétaux que j'apprécie énormément.
Il fut également idéal avec une tarte aux pommes, mais en saison je le servirai sur des abricots et ce sera encore meilleur.

mercredi 19 février 2025

Wine Paris 2025

Les années précédentes je n’avais passé qu’une journée sur Wine Paris.

Si quelques heures permettent de faire beaucoup de choses c’est insuffisant pour combiner les découvertes de nouveaux domaines, avec des entretiens avec ceux qu’on connait déjà (et dont je tiens à suivre les nouveautés), quelques discussions avec les amis et connaissances qui sont sur le salon eux aussi, d’assister à disons deux master-class, de participer à une dégustation collective et, comme si ce n’était pas déjà suffisant, d’accepter de se rendre aux soirées privées, ce qui est avouons-le, très agréable, et qui plus est instructif. Bien entendu en consommant avec modération.

Compte tenu de ces paramètres j’ai opté pour cette édition de venir chacun des trois jours, en programmant des temps de pause. Et je ne regrette pas, même si j’ai dû faire l’impasse sur des régions entières (comme l’Alsace à mon grand regret, mais j’ai longuement parlé de ses vins dans le passé) parce que Wine Paris est immense.

Je suis heureuse d'avoir pu participer à une master-class passionnante, dirigée par Victor Ulrichdirecteur France Riedel intitulée L'expérience des verres de vin Riedel qui démontre combien le contenant est déterminant dans l'appréciation du breuvage.

Egalement cette autre, sur l'association entre Comté et les vins du Jura animée par Philippe Troussard MOF 2015 Sommelier des Caudalies qui m'a fait regretter de ne pas connaitre davantage les vins de sa région. Je poursuivrai la découverte à la prochaine occasion.
Par contre je ne me suis pas attardée cette année dans l’espace Be Spirits parce qu’il faut faire des choix. J’ai néanmoins été voir qui était présent en matière de Tequila ou Mezcal puisque mes séjours réguliers au Mexique m’en apprennent chaque fois davantage sur l’alcool fait à partir de l’agave.

De toute la gamme de Mezcal Sentir, créée en 2016 à Oaxaca, j'ai préféré le Tepeztate, très aromatique et bien équilibrée, avec des saveurs fruitées, florales et minéralesavant une finale légèrement huileuse avec des nuances de réglisse.
La 1800 serait la troisième tequila la plus vendue dans le monde, en toute logique puisqu’elle est produite par l’énorme groupe Jose Cuervo dont j'ai d'ailleurs visité les installations lorsque j'étais à Tequila. Sa couleur provient du temps de conservation en fûts de chêne américains et français. La Cristalino, limpide, a presque un goût sucré, évoquant la guimauve, peu commun pour cette boisson.

Si je ne demande jamais combien vaut une bouteille avant dégustation (car je ne veux pas être influencée et ce n’est pas l’étiquette que j’achète mais le contenu) je suis de plus en plus sensible au juste prix. Quand un domaine travaille en bio, présente d’excellents vins et les commercialisent en dessous de 10 euros j’ai vraiment envie de le féliciter et de l’aider à se faire connaître. Je ne mentionnerai pas les prix mais j’en tiens compte.

Sans entrer dans les détails on peut tout de même signaler que le raisin de champagne s’achète 7 à 8 euros le kilo et qu’il faut entre 1,2 et 1,5 kilo pour obtenir le volume d’une bouteille. Sans compter le prix de tout le travail et de l’emballage. Il est donc inimaginable d’acheter un champagne de qualité en-dessous d’un certain prix, d’où le succès des mousseux de type Proseco dont le raisin s’achète à 40 centimes le kilo.

Je voudrais pointer quelque chose dont personne ne parle, à savoir l'importance de la relation qui s’établit (ou pas) avec celui qui présente le vin, force la dégustation (vous l’interrogez sur un nom de domaine, il ne l’a pas mais va insister lourdement pour vous détourner de votre objectif), ou confond votre passage avec une master-class (imposant de déguster 5 ou 6 bouteilles avant de vous servir le vin pour lequel vous êtes venue). Il y a de ce fait des rencontres qui confortent ou bouleversent l’opinion que l’on a d’un terroir ou d’une appellation et d’autres qui sont de vraies catastrophes.

Etant le roi des vins je vais commencer par "le" -que dis-je, "les"- champagnes pour lesquels plus de 300 maisons de champagne, vignerons et coopératives étaient attendus. Autant dire qu’il y a de quoi être … noyée. J’en ai sagement retenu 4. La Maison Thomas Cheurlin pour la découverte, Konrat pour la spécificité de leur positionnement, Chassenay d’Arce pour leur admirable travail en coopérative, Charpentier par fidélité et pour la typicité de leurs propositions. 
La Maison Thomas Cheurlin est installée à Celles-sur-Ource, sur la Côte des Bars, pas très loin de la ville de Troyes. C’est une belle histoire familiale, Thomas Cheurlin ayant repris le domaine en 2000 après ses parents. Il a voulu créer une marque accessible à tous mais qui parlerait aux professionnels, principalement destinée au réseau CHR-cavistes et tous les amateurs de vin.

Il est ressorti des discussions préalables avec les ministères et ambassades clientes de la Maison que la présence d’un cordon bleu-blanc-rouge, à l’instar de la collerette des MOF serait un signe distinctif très fort. Voilà pourquoi elle apparaît sur les bouteilles. On remarquera aussi une étoile évoquant la rose des vents qui fait lien avec l’histoire du vignoble quand la mer s’est retirée il y a 80 millions d’années en arrière.

Thomas a vite intégré le fait qu'il pouvait y avoir confusion avec leur marque premium, Comte de Cheurlin, que vous connaissez peut-être. Voilà comment est née la marque Champagne Vaucelle qui est le nom de la plus petite parcelle du domaine et qui signifie vallon en vieux pâtois champenois. Il l'a voulue à son image et à sa philosophie, celle d'élaborer des champagnes authentiques, proches de leurs terroirs, tout en gardant les traditions familiales. Cette marque est riche de 6 cuvées, dont une éphémère et une prestige.

Terre Natale (à gauche) est un 100% Pinot noir, dont le côté nacré au breuvage est lié au sol jurassique coquillier. Il sera proposé sur une viande, un gigot ou une pintade en sauce.

Terre de Nuances (à droite) est annoncé Blanc vrai, qui est le terme champenois pour désigner le Pinot blanc. Il accompagnera un poisson, par exemple un bar.
Konrat est une "petite" maison de Chatillon-sur-Marne, dans la vallée d’Epernay, dirigée par un couple très impliqué dans tout le processus avec qui j’avais fait connaissance au dernier Salon du fromage et des Produits laitiers à l’occasion d’une dégustation croisée fromages-champagnes.

Ils proposent des champagnes très particuliers en ultra petite production comme ce Millésime 2018 dont il n’existe que 418 bouteilles, vendues dans un coffret de chêne (à un prix qui intègre le temps du vieillissement) et qui pourra encore être conservé dix ans. S’il existe en caves des cuvées 2018 et 2019 les vignerons savent déjà qu’il n’y aura pas de millésimes 21, 22, 23 ni 24.

Cet extra-brut est obtenu à majorité de Chardonnay pour 70 % complété de Pinot noir et de Meunier. Son élevage s’est effectué à 70% en fûts de chêne, 20% en cuves inox, et 10% en amphores.

Il présente un nez gourmand de brioche et de pralines, avec à l'aération des notes d'agrumes mûrs que l’on retrouve en bouche avec une franche attaque et une finale texturée sur des notes boisées. S’il ne fallait retenir qu’un mot pour le caractériser ce serait celui de velours. Il accompagnera de toute évidence les poissons fumés mais aussi un vieux comté.

Des soirées sont organisées en parallèle de Wine Paris pour des clients privilégiés et/ou des journalistes. C'est avec une grande joie que j'ai participé à la troisième Chassenay Party, qui donne l'occasion de déguster des cuvées très particulières (et non commercialisées) choisies par le directeur Manuel Hénon. Je me souviendrai longtemps de ce millésime 2000 au goût de miel et à la saveur de cire en fin de bouche.

Il y a des chiffres qui méritent d’être rappelés. La Maison de Vignerons, Champagne Chassenay d'Arce, créée en 1956, rassemble 130 familles de vignerons exploitant 315 hectares de vignoble étendus sur 16 villages. Leurs cuvées sont présentes dans le circuit traditionnel en France et dans une trentaine de pays à l’export.

lundi 17 février 2025

Accord vin-mets avec L'âme des Pins du Domaine d'Ibry

J'avais été invitée à découvrir sur Wine Paris la toute dernière cuvée "Floréal" du Domaine Saint Georges d'Ibry autour de charcuteries et fromages régionaux. J'applaudis l'idée d'employer un nouveau cépage résistant aux principales maladies de la vigne qui permet de réduire de 90% l’utilisation des produits phytosanitaires. D'autant que le résultat est très prometteur. Comme tout ce qu'ils font d'ailleurs.

Impossible de s'asseoir en leur compagnie sans déguster plusieurs vins de leur gamme même si on les connait déjà. J'ai retrouvé avec plaisir (en toute modération) plusieurs cuvées dont j'ai déjà parlé ici.

J'ai été intéressée par la Cuvée des Amis mais j'ai apprécié davantage L'âme des Pins dont l'histoire est tout à fait représentative de ce qui animent Marianne, Michel et Jean Philippe Cros, les propriétaires du domaine. Je les ai écoutés avec attention :
Un matin de Février 1996 une tramontane d’une violence inouïe se lève après une pluie abondante. L’homme, le visage cinglé par le vent, tient difficilement debout. Des bruits sourds retentissent et laissent présager une terrible tempête, peut-être une catastrophe. Tout à coup c’est l’apocalypse. Un, deux, trois, quatre, dix arbres et plus, tous centenaires, se couchent les uns derrière les autres, dans un fracas déchirant.
Plus de quarante arbres sont tombés, tous de magnifiques pins témoins de l’histoire de la vie du Domaine, des jours de fêtes et de tristesse. Cette masse de végétation est maintenant au sol ayant fait prisonnier un couple de tourterelles.
Les pins déchirés laissent apparaître leurs stries de croissance. Devant ce spectacle de désolation, les vignerons ne retiennent pas leurs larmes… n'ayant qu'une idée, celle de créer une cuvée en hommage à cette vie enlevée.
C'est un assemblage Merlot - Cabernet Sauvignon qui bien entendu est une IGP Cotes de Thongue. Elevé douze mois en fût de chêne, son potentiel de vieillissement est d’environ 4 à 5 ans. Et j'ai eu la chance de ramener une bouteille (certes entamée) à la fin de Wine Paris, qui plus est une 2023 qui est une année extraordinaire.

Sa robe est d'un rouge intense aux reflets ambrés. Il m'a séduite par la richesse aromatique de ses parfums d’épices, sa typicité réglissée, et ses notes de boisé très "pain grillé" qui évoquent discrètement son histoire. Il est chaleureux en bouche, avec du fondu et un très beau volume.
C’est un vin riche capable d'accompagner avec élégance toutes les viandes rouges, les gibiers et les magrets. Je l'ai servi sur une cuisse de canard. Un jour avec des navets longuement mijotés en cocotte à base température, à la saveur fruitée. Une autre fois avec les pommes de terre, carottes et piment mexicain qui avait cuits au four avec la viande. Je ne saurais dire quelle fut ma préférence, peut-être la première pour son originalité. Un accompagnement de pâtes fraiches aux cèpes aurait pu faire merveille tout comme un dessert chocolaté.
Ultra médaillé, ce vin obtint 1 étoile Guide Hachette des vins 2018. Il a été Médaille d'Argent Concours des Vignerons Indépendants de France en 2006 et 2008, 2013 et 2014, également en 2020, Médaille d'Argent Concours des Grands Vins du Languedoc-Roussillon en 2012 et 2016, Médaille d'Argent Concours des Vinalies Occitanie en 2020 et 2021. Il est aussi Médaille d'Or Concours des Grands Vins du Languedoc-Roussillon en 2009 et 2015.

Domaine Saint-Georges d’Ibry - 34290 Abeilhan - tel : 04 67 39 19 18

dimanche 1 mars 2026

Le Domaine d'Ibry a présenté sa cuvée Ibryété à Wine Paris

J’aurais pu servir la Cuvée des Amis pour accompagner ce plat délicieux, que l’on mijote pour régaler une poignée d’invités. J’aurais aussi pu l’associer avec la Cuvée Marianne parce qu’il est habituel de proposer un vin un peu corsé avec la Pluma.

Sauf que nous sommes entrés dans une période où on a envie de consommer avec davantage de modération. Alors j’ai pensé à la nouvelle proposition du Domaine d’Ibry, s’appuyant sur son nom et son savoir-faire pour imaginer une cuvée qu avec seulement 9° est moins haute en alcool.

Ibryété car tel est son nom, est la promesse de la saveur sans l’ivresse, pourvu bien entendu de la boire sans excès car, il faut le redire, l’alcool est dangereux pour la santé.

Et puisque j’étais dans l’originalité j’ai osé le rosé, preuve s’il en fallait que ce n’est pas une bouteille réservée à l’été, malgré un nom qui y fait référence. Il était intéressant de marier un plat fort en goûts (je l’écris au pluriel car viande comme sauce sont puissants) avec une boisson qui ne prenne pas une position dominante mais qui, au contraire, emmène le palais vers des saveurs complémentaires du fait d'une caudalie assez longue.

L'Ibryété rosé, résultat d'un assemblage de Syrah et de Floréal (ce cépage nouveau, résistant bien aux maladies, ce qui permet de limiter grandement les traitements, et que j'avais présenté ici), et que j'avais découvert à la dernière édition de Wine Paris, m'a semblé idéal pour l'occasion. Sa teinte est presque grisée, couleur pomelo.
J’ai joué le jeu jusqu’au bout en sortant une paire d’assiettes carrées, évoquant un grill (alors que ce n’en sont pas du tout) et même des verres atypiques, rompant avec les codes habituels et soulignant la couleur andrinople.
Ce vin est un vin de repas même s'il est agréable sur une tranche de pain grillé et du houmous. C'est avec des plats un peu corsés qu'il révèle tout son potentiel. Il s'est très bien comporté aussi avec des fromages de la région et même une salade de fruits (ananas, pomme, poire, mandarine, jus de citron vert, menthe bergamote).
Il existe aussi en blanc, à partir d'un assemblage de Floréal et de Grenache, et je l'ai alors associé avec une entrée goûteuse et colorée. Des tranches fines de betterave rouge crapaudine (la meilleure selon moi), du concombre et un couscous de chou-fleur (le légume est râpé cru), avec une fausse mayonnaise faite avec jus de citron vert, moutarde et battue à l’huile d’olive.
Il a aussi accompagné une langue de boeuf.
J'avais fait tremper la viande dans l’eau froide une nuit. Je l’ai ensuite blanchie 5 minutes à l’eau bouillante claire. Enfin elle a cuit plus d’une heure à la cocotte minute dans une eau avec un demi-verre de vinaigre, un oignon, une demi-tige de céleri, deux carottes, une feuille de laurier, du gros sel.

 E, guise de sauce des cornichons aigre-doux en petit morceaux (je n’avais pas de câpres), deux blancs d’œuf dur hachés, les jaunes ayant été écrasés avec de la moutarde et délayés avec l’huile d’olive.

En dessert, une tarte aux poires très croustillante parce que la pâte a été cuite dans un moule perforé.
J’avais fait la pâte moi-même (50 grammes de margarine, mélangée à 100 grammes de farine, une pincée de sel, un quart de verre d’eau, repos 24 heures) et j’avais cette fois ajouté de la poudre de cannelle.
 Les poires, des conférences, ont été précuites dans une eau bouillante parfumée de deux tiges de menthe bergamote. Elles ont été posées, une fois refroidies, coupées en deux ou en quatre, et placées tête-bêche sur une préparation de poudre d’amande/beurre/sucre/ un oeuf battu.
Cuisson 25 minutes à 180 degrés. En décoration une minuscule feuille de menthe bergamote au bout de chaque fruit.

Domaine Saint-Georges d’Ibry - 34290 Abeilhan - tel : 04 67 39 19 18

mercredi 12 février 2025

Le rôle du verre dans l’expérience de la dégustation des vins

Je suis convaincue depuis très longtemps que le verre a son importance dans l’appréciation d’une boisson, a fortiori s’il s’agit d’un vin.

Il ne s'agit pas d'une mode même si dans les séries Netflix c'est la forme du verre à Chardonnay qui est privilégiée pour son esthétisme, même lorsque les acteurs sont censés déguster un Gin tonic.

La situation est pire encore aux USA où, pour des raisons de commodité, on déguste une fois sur deux dans des gobelets en carton afin d’éviter d’avoir à laver. Peut-on encore parler de dégustation ?

Je crois que la première personne à m’avoir donné le conseil le plus essentiel est un sommelier du Plaza à l’occasion d’une visite de l’établissement dans le cadre des journées du Patrimoine : il est impératif d’utiliser un verre avec un buvant fin.

Grosse modo, un verre c’est un calice (gobelet ou ballon) qui le relie par son pied (tige, jambe) à la base (coupelle, socle ou cuvette). Le pied et la base n’ont aucune importance dans la dégustation et ne l'influenceront en aucune manière.

Maximilien Riedel avait astucieusement développé une gamme de verres sans pied en 2004 adaptée à la taille réduite des placards new-yorkais. Seul le calice a son importance dans la dégustation. C’est la partie la plus technique et la plus variable. On y retrouve, de haut en bas, le buvant, la cheminée, l’épaule, la paraison et le bouton.

Le buvant est donc le contour de la partie supérieure du verre sur laquelle se posent les lèvres. Plus il est fin, plus il se fera oublier sur les lèvres et permettra de mettre le vin en valeur. Cette partie est un signe de qualité.

Vient ensuite la cheminée qui est la partie haute du calice. Elle peut être large, très large, cintrée ou resserrée. C’est surtout sa forme qui sera déterminante pour dédier un vin à un verre. Il est fréquent qu’elle soit un peu resserrée pour concentrer les arômes du vin et les diriger vers le nez.

L’épaule est la partie la plus large du calice, où se développent les arômes au contact de l’air. Il est absurde de remplir le calice au-delà de l’épaule car les arômes auront du mal à se développer. La paraison est la partie basse du calice qui accueille le vin. Elle peut être de forme ronde/galbée ou au contraire droite/angulaire. 

Le bouton est l'endroit qui lie le gobelet à la jambe du verre. Théoriquement il n’est pas visible en fabrication artisanale, parce que le calice et la jambe sont soufflés à partir de la même boule de verre. Il est plus marqué en fabrication mécanique puisque les parties sont fabriquées séparément et soudées. S’agissant des verres à champagne certains fabricants ajoutent intentionnellement une imperfection à la base du calice, qu’on appelle point mousse pour stimuler l'acide carbonique des vins mousseux, les faire plus vite pétiller, ce qui sublime l'arôme et le goût.

J’avais d’ailleurs eu l’occasion de faire une dégustation comparative du même champagne dans quatre verres différents qui avait été impitoyable pour certains verres, essentiellement en raison du buvant. Si je n’étais donc absolument pas sceptique devant l’idée que la forme d’un verre puisse avoir elle aussi de l'influence au nez et encore plus en bouche sur l’appréciation d’un vin j’aurais pour autant été incapable de faire un choix raisonné en matière de forme de calice. Le vin doit pourtant être servi dans un verre adapté. 

Je savais que Riedel organisait des ateliers pour comprendre pourquoi la forme d’un verre, loin d’être anodine, se doit d’être adaptée aux caractéristiques du vin pour en offrir le meilleur. Je n’avais jamais eu l’occasion d’y participer. Wine Paris, dont la marque est partenaire historique du salon, m’offrit cette opportunité. Une vraie chance et une heure riche d’enseignement puisqu’elle a été orchestrée par Victor Ulrich, directeur France Riedel.

S'il ne fallait mémoriser que l'essentiel je rappellerais :
- C'est le calice qui compte dans l'appréciation du vin, et en premier lieu la finesse du buvant
- Il ne faut pas servir le vin au-dessus de l'épaule (l'épaisseur de deux doigts suffit) et bien entendu à la température idoine, 4 degrés pour les blancs.
- Si le vin est un mélange on prendra le verre correspondant au cépage prioritaire par exemple le Performance Syrah en cas d'assemblage si Syrah/Grenache/Mourvedre….) et si on ne peut retenir qu'un seul verre (celui que Victor Ulrich qualifie avec humour de 4x4, on privilégiera la forme du verre dit à Riesling. 
- Avant toute chose, tapisser le verre avec le vin en l'inclinant pour éliminer les odeurs parasites

samedi 21 février 2026

Les vins de Campanie sur Wine Paris

Quiconque aura traversé le hall 5 dédié à l'Italie sur Wine Paris aura compris que ce pays avait l'intention de frapper les esprits.

Les stands y étaient vastes, très colorés, mettant en avant des bouteilles dont les étiquettes bouleversent les codes de sobriété auxquels nous avons l'habitude. Mais surtout on remarquait que les régions étaient venues en force, pour présenter leur production de manière regroupée et cohérente, ce qui ne veut pas dire qu'un néophyte aura pour autant une compréhension exacte de la situation sachant que l'Italie compterait plus de 700 différents cépages, même en focalisant uniquement sur les DOCG, caractérisant le label le plus prestigieux, qui représente moins d'une centaine d'appellations.

Outre les distinctions Vin de table, IGT, DOC et DOCG (la plus prestigieuse et la plus stricte) dont les termes évoquent des qualités mais pas des goûts, il y a tant de régions productrices qu'il m'est impossible d'appréhender le marché italien de manière aussi précise que je peux le faire pour les terroirs français. Saurais-je distinguer dans une dégustation à l'aveugle Chianti, Malbrusco, Lacryma Christi, Etna, Barolo, Marsala, Malvasia, Valpolicella ou Prosecco ?

On m'avait donné rendez-vous sur le stand Casa Campania pour découvrir le projet Campania Wine, qui réunit, au sein d’un groupement, les quatre Consorzi de Tutelle suivants : Sannio Consorzio Tutela Vini, Consorzio Tutela Vini Vesuvio, VITICA – Consorzio Tutela Vini Caserta et Vita Salernum Vites, représentées à Paris avec 26 entreprises.

J'y ai dégusté des cuvées que j'ai vraiment appréciées mais il faudra sans doute plusieurs moments de dégustations pour mémoriser les caractéristiques de tel ou tel cépage (inconnu en France) et de telle ou telle appellation, et bien entendu en toute modération sachant que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

Voici en images, chacune de mes découvertes, dans l'ordre de la dégustation.

Le Fiano est un cépage blanc cultivé principalement dans la région de Campanie, dans le sud de l'Italie. Il est réputé pour produire des vins au profil aromatique distinct et complexe, souvent décrit comme ayant des notes de miel, d'agrumes et de fruits tropicaux, avec une pointe de minéralité.

Fiano Di Avellino de Tenuta Scuotto est un vin blanc frais à la couleur jaune paille. Il est très sec, vieillira très bien en raison d'un excellent potentiel, en toute logique car il est classé DOCG. Intense au nez avec des notes de noisette et d'agrumes, il est frais en bouche, avec des notes cette fois de poires mures et se mariera parfaitement avec des crustacés.

Fiano di Avellino DOCG est une appellation de vin blanc, située dans la province d’Avellino dans la région de Campanie. Il est considéré comme la plus belle expression du cépage blanc Fiano. Avec le Greco di Tufo DOCG, c’est l’une des meilleures appellations de vin blanc d’Italie.

Situé en plein cœur de la Campanie et à environ une heure de route à l’est de Naples, Avellino est une région viticole vallonnée et rustique. Elle est presque éclipsé par toutes les autres grandes régions viticoles des collines au-dessus de Naples et elle doit certainement rivaliser pour attirer l’attention des amateurs de vin et des touristes.

Le territoire est principalement vallonné et compte de nombreuses forêts qui offrent les changements de température nécessaires à la vigne pour développer la belle acidité qui la distingue. Les rendements sont très faibles et les vignes sont très soignées. Le vin est ensuite élevé sous bois ce qui lui confère une finale longue et élégante.

Ce vin était apprécié au Moyen Âge. L’histoire raconte que Charles d’Anjou, roi de Naples, était tellement amoureux de ce cépage qu’il fit planter 16 000 vignes de Fiano dans les vignobles royaux. et c’est toujours l’un des acteurs clés du succès de l’industrie viticole moderne de Campanie.

Tenuta Loffredo est un vin rouge élevé en viticulture conventionnelle. Le cépage employé est le piedirosso qui donne des vins rouge rubis intense, ayant du corps, alcooliques et légèrement tanniques sans être trop corsé. Il est connu aussi sous le nom de palombina ou "pied de pigeon".

Le Piedirosso Campi Flegrei est un vin caractéristique et harmonieux, présentant une robe rouge rubis aux reflets grenat. Au nez, il dévoile de légers arômes de poivre et de géranium, accompagnés de cerise et d'une subtile touche de maquis méditerranéen. En bouche, il est frais, minéral et vif, avec d'agréables notes florales et de fruits murs de prunes, de pruneaux voire de mûres. J'ai remarqué une note à peine fumée qui provient du terroir volcanique.

Voici maintenant deux vins du domaine Donnachiara avec d'abord un Taurasi DOCG de Montefalcione. Le Taurasi tire son origine du mot latin "taurus", signifiant taureau, symbole de force, de fertilité et de virilité. Le Taurasi DOCG est aujourd’hui le vin le plus connu et le plus respecté de Campanie, en raison de sa pleine structure, mais aussi de son excellent potentiel de garde, grâce à sa forte teneur en tanins mordants, résultant de sa vendange très tardive, lui valant parfois le surnom de Barolo du Sud, avec lequel il présente certaines similitudes.

J'ai apprécié ce vin pour le soyeux de ses tanins.

Sa robe est couleur rubis aux reflets violets. Son bouquet intense révèle des notes de mûre, de prune, de cerise, de cacao et de café. Chaleureux, sec et souple en bouche, il offre une structure élégante et une excellente persistance, sublimant l'expérience aromatique.

Le cépage est un 100% aglianico, cultivé traditionnement en Campanie, dans les Pouilles et le Molise et qui a été récemment introduit en Australie, car il est particulièrement adapté aux climats très ensoleillés.
L'étiquette représente le profil stylisé d'un visage féminin, en hommage à la lignée de Chiara qui reprend les rênes de la grand-mère maternelle de l'actuelle chef d'entreprise.

Taurasi répond à un cahier des charges moins exigeant que le Taurasi riserva, essentiellement en relation avec le vieillissement et le titre alcoolique que j'ai gouté en second lieu.

Le Lacryma Christi du Vésuve DOC Vigna del Vulcano est un vin blanc produit par le domaine Villa Dora, une petite exploitation viticole située à Terzigno, sur les pentes du Vésuve. Cet assemblage blanc associe deux grands cépages autochtones de la région : le Coda di Volpe et le Falanghina.

Le résultat est très intéressant en raison d'un élevage d'environ huit mois sur lies fines en cuve inox. Le vin qui en résulte présente une robe jaune paille.

Le nez révèle d'intrigantes notes d'agrumes, des nuances florales de camomille et d'herbes aromatiques comme le thym, ainsi que de délicates touches de fruits secs.

La bouche est intense et fraîche, avec une touche minérale et une longue finale. Il s'accorde idéalement avec les plats de poisson, les fritures et les grillades, et se marie également à merveille avec un savoureux risotto aux fruits de mer.

Bien entendu l'étiquette est surprenant mais tout à fait caractéristique du travail graphique audacieux qui se remarque sur les cuvées italiennes.

Les Cantine Russo sont situées au pied du plus grand volcan actif d’Europe, sur le versant nord-est de l’Etna. Les vignobles s’étendent entre 650 et 1000 m d’altitude, dans une zone sèche et bien aérée, avec des variations de température notables entre le jour et la nuit pendant la période de maturation des raisins. Le substrat volcanique caractérise les vignobles selon la commune dans laquelle ils se situent.

Et voici pour finir Enia dont le nom a été donné en hommage encore une fois à une femme, Eugenia, la dernière de la génération russe, dont la signification est "bien né" tout autant que "noble esprit" et de fait ce vin répond à l'attente en combinant force et élégance.

Elaboré avec le cépage Aglianico qui est considéré comme un des plus anciens, donne habituellement des rouges robustes, corsés, avec des arômes de fruits rouges et noirs, des notes épicées et une acidité élevée. Mais il est ici vinifié en blanc, en bousculant les codes.

Après les vins du Barolo et de l'Etna, puis du  Consortium Asolo-Montello, et avant ceux du Consorzio Conegliano Valdobbiadene Prosecco Superiore DOCG et bientôt du Valpolicella, la Campanie s'est affirmée sans conteste comme une région comptant en Italie. 

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