François de Mazières, qui en est le créateur, en retrace l’histoire à travers un ouvrage, sobrement intitulé 30 ans, mettant en valeur, pour chaque année, un spectacle, une troupe et un lieu. Avec très probablement un cliché de la première édition, ouverte le 1er juin 1996 par Francis Perrin habillé en Sganarelle.
La Cour de la Grande Écurie va redevenir chaque soir dès le samedi 30 mai et tut au long du mois de juin 2026 le point de rassemblement du public un peu comme l’est celle du Palais des Papes d’Avignon, quoique plus modeste avec ses 650 places en gradin.
La manifestation a pour caractéristique de faire appel à une sorte d’esprit de troupe, à l’instar de ce que faisait Molière à son époque, pour composer un festival de qualité mais populaire et fidèle à ses valeurs parce qu’il ne faut pas se cacher que le In d’Avignon fait référence à une certaine culture théâtrale.
Ce seront encore plus de 100 000 spectateurs, toujours très enthousiastes, qui seront heureux d’assister aux 350 spectacles, de découvrir les créations des 12 compagnies en résidence à un tarif sans doute inégalé dans aucun autre lieu. Les spectacles sont majoritairement en entrée libre (ils restent tous gratuits pour les enfants pour qui d’ailleurs on réserve les premiers rangs) et le maximum sera de 4 euros dans la cour de la Grande écurie.
Une quinzaine de spectacles ont été présentés par les artistes s’étant déplacé ce matin :
Le roman de Mathieu Palain, auteur prolixe des éditions de l’Iconoclaste, Ne t’arrête pas de courir, sera mis en scène par Tristan Petitgirard. Il démontrera comment un athlète promis à la gloire a mis son avenir en danger en cédant à ses addictions. Mais aussi qu’on peut chuter et se relever.
Et Emmanuel Besnault (à droite) adapte, met en scène et joue Le Grand Meaulnes (encore au Lucernaire jusqu’au 14 juin) dans lequel il invite le spectateur à construire son bonheur au présent plutôt que de vivre par procuration et adapte et met en scène Dom Juan dont il n’a gardé que ce qui concerne les questions d’emprise et d’empathie.
Stéphanie Tesson et Phénomène et cie investiront une nouvelle fois le Potager du Roi pour y lire Perceval et ressuscitera la farandole des Fantaisies potagères déjà à l’affiche depuis 2003. J'ai encore en tête son petit air de Maupassant … et le lieu est magique.
Une fois n’est pas coutume. Ronan Riviere monte une pièce du répertoire français, La seconde surprise de l’amour de Marivaux où deux aristocrates en deuil amoureux seront plongés dans une embrouille amoureuse.
Marie Wauquier (à gauche)jouera dans Les Justes (encore au Poche jusqu’au 3 mai) dans la mise en scène de Maxime d’Aboville.
Charlotte Mazneff (à droite) revient avec deux mises en scène. Elle va créer l’histoire vraie de L’affaire Petiot que Philippe Touzet a choisi de raconter du point de vue du commissaire Massu (qui inspira à Simenon le personnage de Maigret) sous l’angle de la transmission à son jeune adjoint.
Elle mettra aussi en scène Le cercle de craie caucasien avec sans doute plus d’intimité que dans la version montée par Demarcy-Motta au Théâtre de la ville. Ce sera la célébration de la manière dont un faible prend en charge plus faible que lui dans l’esprit du théâtre de tréteaux.
Si La belle Hélène et les garçons, créé l’an dernier, reviendra et clôturera le mois, Nicolas Rigas mettra en scène L’auberge du père tranquille d’après le roman de Philippe Karelle.
Sophie Forte nous révélera qui est la vraie Marilyn (Monroe) dont je rappelle l’exposition très sensible de la Cinémathèque. C’est Alice d’Arceaux, avec qui elle a joué dans Mon Isménie qui l’incarnera en compagnie de Guillaume Nocture qu’on a pu saluer dans le très réussi spectacle musical Génération Barber (que Sophie met en scène et qu’on retrouvera au festival d’Avignon à l’Arrache cœur).
Peut-être faut-il rappeler que ce festival existe aussi par la bonne volonté des 200 bénévoles qui se partagent un gros travail, grâce à la collaboration active des équipes techniques de la ville et à la possibilité de repli dans le Théâtre équestre de Bartabas en cas d’intempérie dans la Cour des grandes Écuries.
Vous trouverez tous les renseignements et surtout la programmation complète, y compris en musique, sur le site du Mois Molière. Pour les spectacles à la Grande Écurie, les réservations seront ouvertes le mercredi 20 mai à 12h pour les spectacles du 30 mai au 14 juin et le mercredi 3 juin à 12h pour ceux du 15 au 30 juin.
Je signale que certains des spectacles du Mois Molière seront joués (aussi) au festival SenS du théâtre des Gémeaux parisiens dans le courant du mois de ma, en particulier Rosy & moi mis en scène par Eric Bu, Etre ou ne pas être, adapté et mis en scène par William Mesguich.
Beaucoup seront également joués au festival Off d'Avignon cet été.
Café plume 164 Rue Saint-Honoré, 1 Rue Jean-Jacques Rousseau, 75001 Paris
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