Mathieu Palain est un journaliste talentueux, couronné par plusieurs récompenses, qui a choisi cette fois d'utiliser la voie du roman pour traiter un sujet qui nous bouleverse tous, celle d'un Sale gosse qui a de multiples raisons de "péter les plombs" comme on en voit de plus en plus dans l'actualité.
Il s'est inspiré de chaque personne rencontrée en trente ans de vie à Ris-Orangis où il est né, en 1988, de l'expérience de son père, éducateur PJJ, la Protection judiciaire de la jeunesse, à Evry, et de l'immersion qu'il a courageusement faite lui-même dans un service semblable pendant six mois, dans la brigade d'Auxerre (89). La crédibilité de ce qu’il raconte est indubitable.
On pourrait croire que cette ville moyenne (que je connais bien puisque j'y suis née) est plus tranquille que la banlieue parisienne mais elle compte, comme toutes les villes, des quartiers qu'on dit difficiles où la jeunesse n'a pas la vie rose.
L'intervention de l'auteur au cours de la présentation de la rentrée chez son éditeur, l'Iconoclaste, m'avait donné très envie de le lire : ce qui devait être un article, ou un livre de journaliste, est devenu un roman. Je n'ai pas pu aller plus loin que les premières pages pendant le festival d'Avignon et j'ai repris cette lecture à mon retour.
Le thème a été souvent traité au cinéma depuis quelques années. Je pense particulièrement à Tête haute d'Emmanuelle Bercot. Mais je sais combien l'écrivain a été touché par un autre film conçu par cette même réalisatrice (avec Maiwen), Polisse, ... évidemment. Nous sommes sans doute nombreux à avoir été sensibilisés à ces enfants qui sont nés du mauvais côté de la vie. Et à estimer que les choses ne s'améliorent pas malgré les alertes. J'écrivais en 2011 que c'était un film "à voir absolument". C'est toujours vrai.
Mathieu Palain est de cet avis. Sa narration est imprégnée d'un sentiment d'urgence, ce qui apporte une énergie phénoménale au récit. Putain c’est Shining votre taf, fait-il dire à une policière (P. 220 ). Ce livre est un hommage et un cri d’amour envers ceux qui font tout ce qu’ils peuvent et même plus encore, pour infléchir le destin de gamins qui n’avancent pas sur la bonne route. Mathieu Palain est persuadé qu’on ne sait pas ce qui se passe dans la réalité et il sait que même un film comme Polisse est en deçà de ce qu'on voit sur le terrain.
Je lis sur le verso du bandeau entourant le livre : J’ai écrit Sale Gosse avec des histoires vraies. Les personnages existent. Je les connais. Cela se veut être une accroche. À la réflexion c’est une des pistes pour expliquer cette curieuse impression de faiblesse de ce livre. Un paradoxe s’agissant du récit de violences. Car j'ai souvent eu la sensation de lire un documentaire plus qu'un roman. Il ne faut pas manquer de lire (P. 348) la genèse du bouquin, qui bien entendu force le respect.
Mathieu Palain est de cet avis. Sa narration est imprégnée d'un sentiment d'urgence, ce qui apporte une énergie phénoménale au récit. Putain c’est Shining votre taf, fait-il dire à une policière (P. 220 ). Ce livre est un hommage et un cri d’amour envers ceux qui font tout ce qu’ils peuvent et même plus encore, pour infléchir le destin de gamins qui n’avancent pas sur la bonne route. Mathieu Palain est persuadé qu’on ne sait pas ce qui se passe dans la réalité et il sait que même un film comme Polisse est en deçà de ce qu'on voit sur le terrain.
Je lis sur le verso du bandeau entourant le livre : J’ai écrit Sale Gosse avec des histoires vraies. Les personnages existent. Je les connais. Cela se veut être une accroche. À la réflexion c’est une des pistes pour expliquer cette curieuse impression de faiblesse de ce livre. Un paradoxe s’agissant du récit de violences. Car j'ai souvent eu la sensation de lire un documentaire plus qu'un roman. Il ne faut pas manquer de lire (P. 348) la genèse du bouquin, qui bien entendu force le respect.





