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lundi 18 septembre 2023

"1965", le nouveau spectacle de Catoch'

Catherine Sandner aurait pu continuer à se produire en Alsacienne d’Origine Contrôlée, un spectacle qui cartonne littéralement depuis plusieurs années et qui a été acclamé pour la seconde année consécutive au festival d’Avignon. Mais c’est sans compter sa volonté inoxydable à toujours se remettre en question et son envie de surprendre son public.

Elle a conservé son ADN en puisant de nouveau dans son histoire personnelle pour tricoter un nouveau One en s’appuyant sur ses souvenirs et son vécu qu’elle éclaire avec les grands moments de ces années qui ont marqué la seconde moitié de la décennie des années 60.
Quelle fille, femme, mère devient-on quand on naît en 1965, par accident, bien trop loin de Hollywood ? Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Comment en sont-ils arrivés là ? Quand on émerge d’une faille spatio-temporelle, entre boomer et GenX ? Quand une éducation à l’alsacienne se confronte à l'éducation à la Dolto ?
Le résultat est du Catoch’ pur jus. Tout part de sa date de naissance, en 1965, justifiant d’abord la tenue de scène, dans laquelle elle est à son aise pour barboter.

N’allez pas croire qu’elle nous raconte des trucs que les moins de cinquante ans ne vont pas comprendre. Le but est que tout le monde soit mdr comme le promet l’affiche du spectacle (Mélo-Dolto-Rétro) en s’appuyant sur ce terme d’argot Internet, principalement utilisé à l’écrit, sur les réseaux sociaux puis par SMS, pour indiquer qu’on est en train de rire, ou a minima amusé. Le ton est donné.

On rit effectivement beaucoup et souvent. Le but est atteint. Et si nous étions au paroxysme de notre rire il aurait fallu employer l’ultime niveau de langage SMS pour exprimer que nous sommes xptdr (explosés de rire pour ceux qui auraient du mal à suivre). De toute façon, ne vous inquiétez pas, Catoch’ est pédagogue. Elle explique la moindre des références sur lesquelles elle a construit la trame de ce 90 minutes de performance. Mais contrairement à celui qui était consacré à l’Alsace il n’y a pas d’examen de passage à la fin de celui-ci.
Si elle est seule en scène elle ne parle pas uniquement avec le public. Elle dialogue aussi avec le technicien qui intervient en voix off et ils ne sont pas loin de former un duo, ce qui donne de la vitalité au spectacle. Parfois je m’attendais même à voir surgir des images sur le fond de scène bien que je ne sois pas très fan du procédé. Il pourrait tout à fait avoir sa place, à l’instar de la bande-son qui est très présente. L’exercice est cependant délicat car il ne faudrait pas tomber dans l’écueil du spectacle didactique.

Catherine Sandner n’a pas de souvenir direct de cette année 1965 mais, comme chacun de nous, elle en a suffisamment entendu parler pour en reprendre les évènements marquants comme les personnages illustres. En premier lieu Françoise Dolto qui aura tant fait évoluer l’éducation des jeunes enfants. Jusqu’à en faire des enfants-roi avec des parents qui n’ont pas bien intégré ses principes. Qui se retrouvent avec des Tanguy scotchés sur leurs canapé (du nom du héros de 28 ans de la comédie d’Etienne Chatilliez sortie au cinéma en 2001). Voire même carrément des tyrans, comme le fils de notre amie qui se voit traité de Khadafi …

D’ailleurs savez-vous que la tombe de Françoise Dolto (1908-1988), psychanalyste, écrivain, et de son fils Jean-Chrysostome Dolto, dit Carlos (1943-2008), chanteur se trouve à Bourg-la-Reine ? L'inscription N'aie pas peur, je suis le chemin, la vérité et la vie est gravée sur leur tombe commune que j’ai découverte  en 2015.

En fine analyste des travers humains Catoch’ pointe que pour larguer quelqu’un on était alors contraint de l’annoncer en face à face et pas par un SMS expéditif. Côté drague les méthodes étaient elles aussi différentes, avec la suprématie du Minitel, une invention française révolutionnaire qui ne fut exploitée que de 1980 à 2012 et qui préfigura l’Internet d’aujourd’hui.

Sa lecture de chevet n’était pas le Journal d’Anne Frank mais d’une autre jeune fille allemande, Moi Christiane F, droguée, prostituée. Il faut reconnaître que le témoignage de Christiane Felscherinow a ébranlé la RFA à sa parution en 1970, du temps où le pays était encore divisé en deux blocs. A croire que la honte est plus efficace que la pédagogie.

Quatre ans plus tard Claude François chante Le mal-aimé et aujourd’hui les natifs de 1965 subissent de plein fouet la réforme des retraites en étant à 100% concernés. Pourquoi ? Parce que c’est comme çà aurait-on dit à l’époque. Car si les préceptes de Dolto régnaient sur les ondes et à la télévision rien n’empêchait les parents de clore le dialogue par une formule de ce type.
Finalement ses principes éducatifs sont une belle arnaque nous prévient notre alsacienne préférée en pointant quel fils dévergondé elle a eu. Quoique, avec d’autres parents, il n’aurait sans doute pas été aussi heureux alors tout dépend de quel point de vue on se place. Et notre Catoch’ de conclure en nous faisant chanter le Big bisou.
Le choix est encore une fois pertinent puisque, sortie en 1977, cette chanson écrite sur une musique de Joe Dassin traite de l'évolution des mœurs et de la libération sexuelle sur un ton humoristique en opposant les techniques de séduction de nos grands-parents qui « mettaient parfois jusqu'à cent ans pour s'embrasser » à la facilité d'aller beaucoup plus vite, surtout en appliquant la méthode du « big bisou ».

Au terme du voyage, Catoch' nous aura livré un message de tolérance et de compréhension mutuelle en s’appuyant sur ses expériences et sur le décryptage de quelques décennies. Un spectacle à voir à plusieurs, toutes générations confondues pour rire et en discuter ensuite.

Ce soir le spectacle était encore à l’état de show-case mais il va prochainement être programmé régulièrement. Pour la première représentation, l’humoriste avait choisi un lieu particulièrement adapté puisque c’est la plus ancienne salle d’humour parisienne. Elle n’a que 50 places mais elle abrite aussi les spécialistes les spécialistes de l’Ecole du One Man Show qui, depuis 1994, forment les meilleurs humoristes français grâce à une méthode rapide et inclusive fin de privilégier l’éclosion des talents et de la singularité, l’expérience et l’insertion professionnelle. Du coup cette école propose un cursus complet de formation professionnelle structurante et professionnalisante.
"1965", le nouveau spectacle de Catoch', en show-case le 18 septembre au Théâtre Le Bout
6 Rue Frochot - 75009 Paris
Nouvelles représentations dans ce même lieu le dimanche 10 décembre à 18 h 30 et le mercredi 27 décembre à 19 h 30
Il est programmé le lundi 30 octobre avec AOC au Festival Mort de Rire de Wasselonne
On retrouvera les deux spectacles en alternance au festival d’Avignon 2024 (dates exceptionnelles du 29 juin au 21 juillet en raison des J.O.)

jeudi 30 avril 2026

Catoch dans Sexe, Karma & Baklava

Je suis retournée voir Catoch dans son nouveau spectacle, Sexe, Karma & Baklava. Je l'ai vue le 28 avril mais la prochaine représentation n'aura lieu que le 6 juin, avant que l'artiste prenne ses quartiers d'été au festival d'Avignon.

Catoch est une fidèle. A son public à qui elle offre régulièrement un nouveau spectacle si bien qu’elle ira au festival d’Avignon avec trois propositions.

A "ses" théâtres puisque son camp de base reste aux Étoiles dans le Sud et au théâtre Le Bout à Paris.

A l’Alsace dont elle garde l’accent même s’il s’allège.

A son mari aussi et qui est un des héros de Sexe, Karma et Baklava, au titre du sexe et de la baklava, qui nous est annoncé comme une ode à l'émancipation féminine. Crue, sucrée-salée et saupoudrée d'humour ! Moi, je dirais plutôt saupoudrée d'amour.

Si le titre de ce nouveau spectacle vous a alléché par le mot karma je vous préviens que vous allez être déçu parce qu’il n’en guère question, ou alors plutôt dans une version longue qui peut d’ailleurs s’organiser si vous êtes programmateur ou si vous souhaitez organiser une soirée dans un cadre privé (une fête de village, associative …) et pourquoi pas alors enchaîner pour une intégrale. L’humoriste a de la souplesse et de la ressource. Et surtout un excellent rapport au public qu’elle met dans sa poche en quelques secondes.

Je ne vais pas spoiler mais je vais tout de même donner la réponse à la première question qui l’assaille à la sortie : oui tout ce qu’elle raconte dans son spectacle est vrai. Il faut, derrière l’interrogation du public, lire une forte admiration pour la capacité de rebondissement de cette femme qui n’est pas née à l’époque des réseaux sociaux (elle le confiait déjà dans 1965) et qui s’est formée sur le tas pour ce qui est de la sexualité, comme elle le souligne.

Un tas d’illusions qui se sont écroulées, et de rêves plus ou moins réalisés, parce que plus ou moins réalistes. Si on veut bien être honnête, on pourrait en dire autant de nos aventures. En voulez-vous des bribes ? Le temps que ça nous a pris -à nous qui n'avons pas appris l'estime de soi- pour cesser d'être "gentille" avec les garçons …

Disons alors qu'elle aborde en filigrane les grands bouleversements sociaux, de la naissance du développement personnel à l'émergence du mouvement metoo, en passant par les enjeux de la santé mentale et la disparition des compartiments dans les wagons SNCF.

Mais là où elle est la plus touchante c’est lorsqu’elle nous apprend quelle conséquence le chagrin d'amour a eu sur elle, l’entraînant dans la boulimie dont elle souligne que c’est une maladie terrible qui conduit à la détestation de soi et qui n’a rien à voir avec la fringale, encore moins avec la gourmandise et que la bouffe est la seule drogue en vente libre.

Des extraits de chansons (connues) ponctuent fort agréablement la soirée qui se clôture sur le tube "Femme Libérée" interprété en 1984 par le groupe Cookie Dingler recommandant Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile… 

Il est probable qu’au quatrième spectacle on n’ignorera plus rien de sa vie.

Sexe, Karma & Baklava de Catherine Sandner
Avec Catherine Sandner, alias Catoch
Mise en scène : Nathalie Vrd
Au Théâtre Le Bout, 6 rue Frochot
Le 6 juin 2026 à 21 h 30

mardi 19 juillet 2022

Alsacienne d’Origine Contrôlée de Catherine Sandner au Théâtre Les Etoiles (Avignon 2022)

"Toi, tu ne t‘intéresses pas à l’humour", avait regretté à peu près en ces termes, mais avec le sourire, un attaché de presse, l’autre jour. 

"Mais non. J’adore par exemple … " (je ne vais pas faire de jaloux et ne citerai personne). C’est que j’aime particulièrement que l’humour soit une arme pour dénoncer des travers sociétaux, … et secouer les consciences. 

Mes choix de spectacles dans le Festival Off sont dictés par plusieurs critères mais je laisse toujours quelques portes ouvertes à l’inattendu pourvu que je devine la qualité et du potentiel derrière la proposition artistique.

Je n’aurais malgré tout sans doute pas découvert  Le Life-Up de Catoch' si elle ne m’avait pas elle-même persuadée que j’étais susceptible d’apprécier son humour. Comme elle a eu raison ! Je confesse que son Stand-Up est réjouissant à plus d’un titre. Il aura été ma (dernière) heureuse surprise, quelques heures avant de quitter Avignon.

J’avais gardé de mon séjour en Alsace un souvenir mitigé. L’entendre a réactivé les bons moments. Catherine Sandner, Catele pour les intimes, a un sens de la dérision qui renvoie dos à dos les gens de l’intérieur (en particulier les parisiens) et ceux qui vivent au-delà de la ligne bleue des Vosges. 

Ce spectacle est un vrai encouragement à la curiosité qui est, somme toute, la qualité essentielle du festivalier. Elle ferait un houblon dans toutes les salles françaises, … pardon un tabac. 
Avec l’accent, en tenue folklorique et sous des lumières stroboscopiques, elle déverse des flots de bonne humeur et d’énergie sur un public qui ressort positif à l’alsattitude. 

Amateurs d’humour ne la manquez pas. Vous la reconnaîtrez facilement à son immense noeud dans les cheveux. Elle vous convaincra de la suivre aussi sûrement que le joueur de flûte de Hamelin. Son talent, c’est pas du pipeau.

Cet article est le dernier de mes compte-rendus avignonnais (et il en aura eu 70) alors il peut être plus long que les autres. Cliquez sur le lien pour le lire, découvrir les photos et … en apprendre davantage sur cette région particulière. Bien sûr je ne vais pas tout vous raconter …

jeudi 16 mars 2023

Le musée Jean-Jacques Henner

Comment pouvais-je ignorer l’existence du Musée Jean-Jacques Henner ? Il est situé au 43 avenue de Villiers, dans le XVII° arrondissement de Paris, dans le joli quartier du Parc Monceau et il présente notamment l’intérêt d’avoir été la maison et l’atelier du peintre alsacien.

Je dois de le connaitre à deux personnes, Catherine Sandner, alias Catoch', qui a interprété la centième représentation de son spectacle dans le très intime Jardin d'hiver, et à Mathieu qui est un guide connaissant l'histoire des lieux sur le bout des doigts.

Je vous reparlerai prochainement de AOC (lire ma chronique publiée après le festival d'Avignon 2022) que vous pouvez aller voir les samedis du mois d'avril (et au-delà) à 18 h 30 au café-théâtre, Le Paris de l'Humour, 8 rue Pradier - 75019 Paris.

Ce One Woman Show est vraiment tout public, que vous soyez ou non vous-même d'origine alsacienne.

On découvre le buste du peintre réalisé en 1875 par Paul Dubois (1829-1905) dans le Salon aux colonnes. Jean-Jacques Henner est un peintre français, né à Bernwiller le 5 mars 1829, et mort à Paris le 23 juillet 1905. Auteur d’une œuvre abondante présentée dans de nombreux musées, il a une réputation de portraitiste et de dessinateur apprécié de son vivant.

Il y a beaucoup de chevelures rousses dans son oeuvre de Henner. Et parfois même une tache de couleur rouge au centre du tableau comme j'avais appris  (lors de la visite du musée Daubigny d'Auvers-sur-Oise) que  Jean-Baptiste Camille Corot (1796 - 1875) le préconisait.

L'immeuble est composé en quelque sorte de deux maisons en une. Cet hôtel particulier bâti au XIX° siècle était un atelier mais aussi une maison d'artiste.

Guillaume Dubufe (1853-1909) se détourne de la tradition familiale pour se lancer dans la grande décoration. Il a ainsi réalisé plusieurs décors monumentaux importants comme certains plafonds du buffet de la gare de Lyon, de la bibliothèque de la Sorbonne et du foyer de la Comédie française, ou encore de la salle des fêtes de l’Élysée.

En 1878, alors que sa cote est à un sommet, il achète au peintre Roger Jourdain (1845-1918) "un rez-de-chaussée et deux étages sous comble". Son architecte, Nicolas Félix Escalier (1843-1920), est aussi celui de l’hôtel particulier de l’actrice Sarah Bernhardt, situé rue Fortuny.
Le décor de l'époque est très éclectique avec des céramiques bleues inspirées de Delft et du bleu de la céramique chinoise comme on peut les voir dans ce qu'on appelait "une pièce à feu", qui était l'ancienne salle à manger où l'on pouvait recevoir. Le quartier est alors situé en limite de Paris et c'était un quartier d'artistes. Il se développe à proximité du Parc Monceau dessiné au XVIII° à l'anglaise. Les voisins sont Isadora Duncan, Sarah Bernardht, Claude Debussy, Gabriel Fauré, Camille Saint-Saens, mais aussi Guy de Maupassant, Jean Rostand, Dumas, et même Marcel Proust qui n'habitait pas très loin.

Le jardin obéit à la mode orientaliste. On y met des orangers, du mobilier japonais, pour recréer un ailleurs fantasmé, idéal.
Entre salon bourgeois et serre tropicale, le jardin d'hiver devient l'élément incontournable des belles demeures de la plaine Monceau. C'est en 1889 que le peintre Guillaume Dubufe, premier propriétaire des lieux, transforme la cour de son hôtel particulier en jardin d'hiver.

A l'instar des autres pièces de la maison, le décor y est très chargé : on y trouve notamment une fontaine en pierre, des jardinières en bronze, des meubles japonais, des divans de velours rouge, six lustres et aussi dix-huit peintures (des portraits, paysages, nature morte, et une peinture allégorique attribuée à Tiepolo…). Les appliques et les lustres ont été réalisés par Mathieu Lustrerie d'après des modèles du XIX° siècle. Le piano est un dépôt du Mobilier national.

Au fond, le petit salon, qui se transforme à l'occasion en scène de théâtre, est décoré dans le même goût éclectique, mêlant commode Régence, buste de Marie-Antoinette, dessins et médaillons en cire …

C'est là que les époux Dubufe reçoivent leurs amis lors de brillantes réceptions mondaines. De nombreux artistes s'y retrouvent, parmi lesquels le compositeur Charles Gounod, oncle de Guillaume, dont il est très proche. Le chanteur-compositeur Reynaldo Hahn y aurait présenté pour la première fois sa mélodie "si mes vers avaient des ailes" d'après le poème de Victor Hugo. C'est là que l'alsacienne Catherine Sandner donnait quelques interviews en attendant de monter ce soir sur scène.
Le plafond du salon aux colonnes est décoré de caissons d'inspiration Renaissance sur lesquels sont copiés les chiffres de Henri II, Catherine de Médicis. Les 2 D entrelacés renvoient aux Dubufe.
Issu de la paysannerie alsacienne aisée, Jean-Jacques Henner a été formé en Alsace, aux Beaux-arts de Paris, obtint le Prix de Rome qui lui valut de passer 5 ans à la villa Médicis.
Idylle ou La Fontaine, huile sur toile, 1872
S'il a effectué une carrière académique il demeure néanmoins inclassable en raison de ses particularités. En 1872 l'Idylle marque le début de ce qu'il va faire.
Paysage alsacien dit de Tropmens-King, 1879, huile sur toile
On retrouvera souvent les fonds paysagers avec une forêt assez sombre, des collines qui font penser aux Vosges, un ciel bleu tardif, sur lesquels se détachent des corps idéalisés, en référence à la poésie rêvée d'inspiration antique.
La Femme qui lit dite La Liseuse, 1883, huile sur toile
Au centre de ce mur, ce tableau d'inspiration XVI° siècle, Renaissance, montre une femme presque vaporeuse, à l'instar d'un sfumato qui aurait pu être conçu par Le Caravage, un des maitres du clair-obscur. On remarque la chevelure rousse qui correspond au goût esthétique du coloriste.
A droite, Salomé, dite à tort Hérodiade. Grande étude préparatoire, vers 1886-1887, huile et fusain sur papier collé sur toile
A gauche Religieuse, Portrait de Germaine Dawis, 1903, huile sur toile
Salomé est représentée avant la danse des sept voiles, tant dans sa main le plateau sur lequel repose la tête de Jean-Baptiste. C'est une esquisse mais le tableau est déjà remarquable. En face, une religieuse semble la regarder sévèrement.

mardi 9 juin 2026

Ce que je conseille au Festival d'Avignon 2026

Je recule depuis quelques jours le moment de donner mes suggestions pour le festival d’Avignon. Parce que la vastitude de l’offre rend l’exercice plutôt absurde.

Mais n’étant pas du genre à me dérober, je vous dirai les spectacles que j’ai aimés et qui, de mon point de vue, sont des valeurs sûres. Ensuite je listerai quelques-unes des créations que je caserais dans mon agenda si j’allais au festival.

La femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob est un de mes favoris mais je vous préviens que toutes les séances affichent déjà complet. Si vous êtes parisiens la bonne nouvelle est sa reprise au Théâtre Montparnasse à partir du 29 août.

De toute évidence et dans des genres très différents je peux vous recommander 22 minutes, Bollywood Boulevard, Louison et Monsieur Molière, Génération Barber, Dessiner encore, L’école des femmes, Au coin de ma rue…

Et puis Made in France, Etre ou ne pas être aux Corps Saints, interprété par William Mesguich qui joue aussi Des fleurs pour Algernon au Théâtre du Roi René et Gauguin-Van Gogh au Théâtre des Gémeaux où est également programmé Une femme à la mer, et où se donneront aussi Le procès d'une vie, Pourquoi les gens qui sèment et NOUBA qui est le dernier spectacle musical des Divalala.

Comment ne pas suggérer aussi Gagnant-Gagnant, Juste Irena, Catoch (qui alterne 3 spectacles d'humour) … ? Je pourrais en donner d’autres mais ils n’en sont pas à leur premier festival, loin de là et on va estimer que je radote.

Avec cette douzaine de cartes vous avez de quoi faire. J’aurais beaucoup aimé suivre toute la programmation du Théâtre des Doms, très tentante cette année, voir Jean-Paul Farré dans Mon roi Lear à l’Ancien Carmel, le Cabaret mythique des Mauvais élèves au Petit Louvre où je serais restée aussi pour Le Spoutntz (mise en scène Delphine Depardieu et Arthur Cachia), et puis Peines perdues, la comédie dramatique de Marie Nardon et Patrick Zard' au théâtre de l'Oriflamme à 19 h.

Atelier Théâtre actuel est une halte indispensable. On y jouera L’affaire Petiot, la dernière création de Charlotte Matzneff (qui est la femme qui …) et Ne t’arrête pas de courir (d’après le roman de Mathieu Palain). Tigran Mekhitarian sera dans la peau de Romain Gary pour La promesse de l’aube à La Factory-Roseau Teinturiers (et met aussi en scène l’Avare au théâtre du Chêne noir).

J’aimerais voir la création des Figurants de Delphine de Vigan, mise en scène Valérie Donzelli parce que ce sont deux femmes que j’admire profondément. C’est à La Scala Provence, comme Bigre, Circus Baobab (et encore Croire aux fauves avec Constance Dollé qui aurait pu entrer dans la première liste). Bien sûr A la folie de Catherine Loeb au Roseau-Teinturiers. Je me laisserais tenter par Polar polar au Roi René, et j'en profiterais pour voir aussi Anatomie d'une actrice, qui n'est pas une création mais c'est un des intérêts d'Avignon de pouvoir voir des grands succès qu'on a manqués.

Je ne peux pas être exhaustive et il est probable que j'ai aimé des spectacles que je n'indique pas et qui sont reprogrammés cette année. Vous pouvez faire une recherche par titre dans le rectangle blanc en haut de la colonne de droite du blog.

Dans la présente publication chaque titre de spectacle vous renvoie sur la critique que j'en ai faite. Je ne mentionne par contre pas cette année les horaires, ni tous les lieux, parce qu'il faudrait aussi indiquer les jours de relâche, les périodes d'exploitation, les roulements entre jours pairs/impairs ou première/deuxième quinzaine. Consultez le site de mieux en mieux conçu d'année en année du festival Off. Vous pourrez aussi parfois y visionner des extraits.

Je sais combien l'établissement d'un programme est complexe sachant qu'il y a 229 salles rien que pour le Off. On peut y travailler plusieurs jours surtout si on ne reste pas longtemps et qu'on veut combiner le maximum. Il faut être vigilant aux durées, au temps de marche entre deux théâtres (l'usage d'un vélo est idéal), à la nécessité éventuelle de prendre une navette, à se ménager un temps de pause pour grignoter à l'heure des repas, sans compter qu'il est préférable d'alterner les styles. Il est agréable de terminer la soirée par un spectacle musical.

Et si vous venez avec des enfants je recommande le Village TADAMM ! qui est installé dans l’ancien village du Off que certains d’entre nous ont bien connu, au 1 rue des Écoles. Il sera ouvert de 10 à 18 h du 6 au 25 juillet, sauf les jeudis..

Dans le In je suis intéressée par Bunker, la nouvelle création de Marion Siéfert (qui sera au festival d'Automne) et très tentée par le spectacle itinérant de Thibault Perrenoud bien que le thème d'Hamlet me semble un peu usé. Et si ce n'était pas le cas ? Après avoir successivement mis en scène ce drame pour quinze, neuf et cinq acteurs, le voilà qui propose maintenant une version qu'il dit être à l’os de la tragédie, mais aussi furieusement joyeuse, aussi brute que jubilatoire, où trois interprètes se partagent tous les rôles.

Je me rattraperai à l'Azimut de Châtenay-Malabry qui le programme la saison prochaine ainsi que Le pas du monde (qui est en toute fin de festival dans la Cour d'honneur) parce que j'apprécie les prouesses acrobatiques du Collectif XY.

Article illustré par une photographie prise pendant le festival en 2019.

dimanche 14 janvier 2024

Very Math Trip de Manu Houdard

(Mise à jour 2 février 2025)
Alors que la salle du Lucernaire est en train de se remplir sans laisser une seule place inoccupée, quelques diapositives enrichissent nos connaissances sur l'univers.

J’ignorais ce qu’était un obélius, tout simplement le signe désignant l’opération de la division  ÷ (et qui ne figure même pas sur mon clavier. Il faut, pour l'obtenir taper alt0247  mais ça ne fonctionne pas sur Mac).

J’avais oublié que 2 était le seul nombre premier qui soit également pair. Manifestement, mes voisins de rang n’ignorent rien de tout cela. Je sens que le public de ce soir comprend pléthore de vrais passionnés.

On se doute d'où vient son titre, Very Math Trip, évoquant Very Bad Trip, le film réalisé par Todd Phillips en 2009. Pas de décor et pour tout accessoires un énorme dé (qui ne servira que de pouf) … et une cape … de super matheux.

Manu Houdart arrive sur scène et sa tenue est immédiatement signifiante d’un esprit peu ordinaire. Ses bretelles assurent la bonne tenue de son pantalon, révélant un esprit soucieux d’ordre. Par contre la disparité de ses chaussettes trahit une manière de pensée qui sort systématiquement des sentiers battus. Il affiche un sourire qui nous promet d’associer plaisir et mathématiques.

Tout à l'heure il nous fera cadeau d'une citation d'Oscar Wilde L'art est le résultat mathématique d'un désir sentimental de beauté.

L’homme est professeur de mathématiques, agrégé de mathématiques, donc légitime dans le domaine. Il affirme autant sa belgitude, ce qui laisse entendre que la fantaisie sera au programme. Il insiste d’emblée sur la chute des résultats scolaires, particulièrement en maths, selon le bilan PISA dont la presse s’est récemment fait l’écho, ce qui, soit dit en passant, ne signifie pas réellement une baisse de niveau car depuis la création du collège unique et la constitution de classes hétérogènes avec de multiples nationalités, la moyenne des résultats est tirée vers le bas. Autrefois on ne mesurait que les meilleurs élèves, ce qui introduisait un biais statistique. Néanmoins ce mauvais tableau lui permet de nous proposer d’entreprendre une thérapie, qu’il promet mille fois plus efficace qu’une "gigapie", ce qui provoque peu de rires de connivence dans le public.

Il aurait fallu nous l’écrire pour qu’on fasse le rapprochement entre Téra (symbole T) est le préfixe du Système international d'unités qui représente 10 puissance 12, soit mille milliards tandis que Giga n’est "que" 109.

Quand à π (pi), appelé parfois constante d’Archimèdea, c'est un nombre représenté par la lettre grecque du même nom en minuscule (π). C’est le rapport constant de la circonférence d’un cercle à son diamètre dans un plan euclidien. On peut également le définir comme le rapport de l'aire d'un disque au carré de son rayon. Sa valeur approchée par défaut à moins de 0,5×10–15 près est 3,141592653589793 en écriture décimale 1,2. Nous aurons l’occasion d’en entendre parler à plusieurs reprises.
Je ne vais pas entreprendre de vous raconter TOUT le spectacle parce que ce serait vous priver de pas mal de surprises et d’éclats de rire. Mais je vous en dirai suffisamment pour vous mettre l’eau à la bouche.

On peut dire que la performance de Manu Houdart se situe à mi chemin entre stand-up et mentalisme (en toute logique puisque les mentalistes sont d’excellents mathématiciens). Il a d’ailleurs en commun avec Catoch de s’agacer de recevoir 25 cl de bière quand il commande un demi. Nous saurons que ce n’est pas par erreur mais par déformation d’un mot normand, demiard, intervenu au Moyen-Age.

Il prétend que ceci expliquerait l’appétence des Belges pour la multiplication. Toujours-est-il que depuis 1992 il a endossé la cape de Maths Man alors que le thème musical de Superman résonne dans nos oreilles.

mercredi 14 juin 2023

Mes recommandations pour Avignon 2023

Je n’ai pas reçu cette année la programmation du If et je ne l’ai pas cherchée parce qu’il est peu probable que j’aille en Avignon cet été.

Je vais concentrer mes recommandations sur le In et le Off et ce sera déjà énorme.

Commençons par le In dont les « grands » spectacles sont donnés dans la cour d’honneur du Palais des papes. Voilà pourquoi j’illustre cet article par ce tableau peint en 1900 par Paul Signac, que j’ai récemment découvert au Musée d’Orsay.

L’exposition de Christophe Raynaud de Lage reste accessible et je vous encourage à aller la voir à la Maison Jean Vilar.

Le bleu est cette année la couleur du In, si bien qu’avec les trois clés toujours rouge et le fond blanc du papier nous sommes sous les auspices du drapeau national.

Comme j’aurais aimé programmé dans mon agenda :

Welfare mis en scène par Julie Deliquet dans la cour d’honneur (et revoir à cette occasion la comédienne Evelyne Didi que j’ai vue jouer sur cette même scène quand j’étais attachée de presse du Théâtre national de Strasbourg).

Retourner dans la carrière Boulbon (encore un souvenir !) pour Le jardin des délices par Philippe Quesne. C’est une chance que Arte en ait prévu la captation.

J’avais très envie de découvrir Carte noire nommée désir de Rébecca Chaillon au lycée Aubanel parce qu’on m’a beaucoup parlé d’elle, à tel point que ma curiosité est attisée.

La Maison Tellier & Friends pour Emily Loizeau à l’Opéra Grand Avignon

Et bien entendu By Heart de Tiago Rodrigues dans la Cour d’honneur. Ainsi que Dans la mesure de l’impossible, également deTiago Rodrigues, qui sera programmé à 16h à l’Opéra Grand Avignon suite à l’annulation du spectacle Les Émigrants de Krystian Lupa.
Passons donc maintenant au Off qui, encore cette année, approche les 1600 propositions comme je le notais après la conférence de presse de lancement.

Je donnerai d'abord mes coups de coeur, les spectacles que je serais prêtes à défendre envers et contre tous, parce que je les ai déjà vus, appréciés, et chroniqués (donc les liens bleus conduisent vers mes publications), en les classant par horaire, du plus tôt au plus tardif, car je sais ô combien ce critère est essentiel pour organiser sa journée.

Je n’ai sans doute pas tout noté et pourtant, même en restant dix jours, vous ne pourrez pas voir toutes mes recommandations, ne serait-ce que parce que les horaires se chevauchent, et que beaucoup ont choisi le mercredi comme jour de relâche. Il serait donc stupide d’en donner plus encore mais bien entendu ma sélection n’est pas limitative.

jeudi 12 juin 2025

Comment s'annonce le Festival d'Avignon …

(mise à jour le 26 juin 2025.
Je croyais avoir recensé toutes mes envies mais j'ai ajouté quatre à cinq spectacles)

Le festival d’Avignon s’annonce plus foisonnant que jamais avec cette année le strict alignement des dates pour les deux entités, le In et le Off du samedi 5 au samedi 26 juillet. Le Off annonce 57 évènements et 1729 spectacles dans 139 lieux et le In 300 représentations et plus de 400 rendez-vous, ce qui porte l’ensemble à plus de 2000.

Sans compter tout ce qui est proposé en parallèle tout au long des journées, débats, rencontres, soirées privées, assises, inaugurations et vernissages, concerts … avec l'ajout tout récent de 27 concerts qui investiront les théâtres les jours de relâche pour promouvoir 52 artistes émergents.

Pour ne donner qu’un exemple dans le Off, La Factory se déploie sur cinq lieux en intra muros, accueille soixante spectacles et sept événements en date unique pour célébrer ensemble, avec audace et sans concession, cette grande fête des arts vivants.

Tout en reconnaissant qu’en moyenne les salles ne sont remplies qu’à 50% la première semaine, les organisateurs estiment que c’est une chance pour le public mais on sait pourtant que trop de choix tue le choix. Et chaque année voit l’ouverture de nouveaux théâtres, plus de rencontres, bref un élargissement de l’offre alors que les festivaliers réduisent la durée de leur séjour en raison principalement des coûts des hébergements.

C’est un débat sans fin. D'autant que des professionnels affirment -et je les approuve- leur intention de demeurer dans un "artisanat artistique" sans verser dans l'industrie. Parmi les projets mis en place en 2025 il y a la création du village TADAMM destiné aux enfants et aux familles dans l'école Simone Weil avec des ateliers de médiation., l'ouverture d'un point de vente Ticket'Off, la carte Off à 2€ pour les 14-25 ans.

70 salles ont été labellisées sur la base d'un cahier des charges de bonnes pratiques professionnelles, témoignant là encore de la volonté de placer le public au coeur des préoccupations. Des soirées seront dédiées aux auteurs/trices. Et le développement international se poursuit.

Le Festival In invite une langue, l'arabe, le Off invite un pays, le Brésil. J’ai choisi avec humour une illustration mettant à l’honneur un des plats emblématiques de toute l'Amérique latine, l’empanada, ce petit chausson en pâte feuilletée, parfois en pâte à pain, farci de viande, de poisson, d'œuf, de pomme de terre ou d'autres ingrédients, selon les coutumes de chaque région et de chaque pays (c’est un péruvien sur la photo).

Même en restant 10 jours à raison de 4 spectacles quotidiens (ce qui représente un gros budget et une fatigue conséquente, surtout en période caniculaire), on ne verrait "que" 40 spectacles, …moins qu’une goutte d’eau. D’où la nécessité de préparer sa venue et d’où l’importance des recommandations.

J’ai balayé les programmations. Voici que j’ai déjà vu, et chroniqué, et que je recommande. Pour chacun j’ai indiqué le lien. Attention j’ai pu voir le spectacle dans un autre lieu que celui où il se jouera à Avignon et la distribution peut avoir changé, certains spectacles ayant plus de 4 ans mais restent des valeurs sûres.

Sachant combien il est difficile de s’y retrouver j’ai classé par horaire en mentionnant autant que possible le jour de relâche quand je le connaissais. Les nouveautés sont des spectacles programmés cette année pour la première fois au festival. Ils peuvent avoir été joué plus ou moins longtemps en région parisienne. Voici un florilège de plus de 70 spectacles sur lesquels je voulais attirer votre attention.

Parmi les dernières créations, jouées très peu de fois en avant-première parisienne, et auxquelles j’ai assisté en voici 10 que je recommande particulièrement :

Juste Irena, la bouleversante création de Cédric Revollon, à 10 h 50 relâches les mardis au Théâtre de l’Entrepôt -1 ter, boulevard Champfleury

Toutes les autres, texte Clotilde Cavaroc, mise en scène Elise Noiraud, avec Stéphane Hausauer et Kimiko Kitamura à 15 h 55 à l’Artéphile, relâche les dimanches. La pièce sera reprise du 5 au 28 octobre au Théâtre de Belleville à Paris.

Dans le silence des paumes, de et mis en scène par Florian Pâque, à 12 h 30 au Théâtre du Train bleu - Salle Maïf, relâche les vendredis 11 et 18 juillet, reprise ultérieurement au Maif Social Club

Cache-cache, le seule en scène de et avec Vanessa Aiffe-Ceccaldi à 19 h 05 au Petit chien, relâche mardi

Les dactylos, dans la formidable interprétation de Jérôme Rodriguez et Valentine Revel-Mouroz à 18h15 au Petit Louvre, 23 rue Saint-Agricol, relâche les mercredis

Le chant des lions dans l’excellente mise en scène de Charlotte Mazneff à 14h40 auThéâtre des Gémeaux - 10 rue du Vieux Sextier, relâches les mercredis

Madeleine Béjart, une femme libre avec la prodigieuse Isabelle Andreani à 11 h 45 à La Luna, relâche les vendredis 11 et 18 juillet

Opérapiécé Opus 2 pour l’immense plaisir de redécouvrir autant de morceaux musicaux d’opéra et de variété, admirablement interprétés par Marion Lépine et Aurore Bouston à 17 h 55 au théâtre Episcène d’Avignon à 17 h 55 (sauf lundis). A partir de 8 ans 

L'Homme Héron à 21h35 au Figuier Pourpre - Maison de la Poésie d'Avignon, pour allier poésie et politique en musique, relâche les jeudis

Happy apocalypse, la nouvelle pièce de Jean-Christophe Dollé qu'il met en scène avec Clotilde Morgiève à 22h35 au 11. Avignon, sauf les 11 et 18 juillet

Et puis l’exposition Les clés du festival à la Maison Jean Vilar

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