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lundi 15 juin 2026

La N.O.U.B.A. des Divalala pour leur quinzième anniversaire

Cela ne fait "que" 4 ans que je suis les Divalala mais je sais que le trio s'est formé il y a 15 ans.

Leur cinquième spectacle m'a littéralement enchantée, après celui-ci. Leur marque de fabrique est de parvenir à faire différent à chaque fois sans perdre leur ADN.

Pour cette session anniversaire il fallait innover. D'où l'intégration d'un maitre de cérémonie, également chanteur et musicien, en la personne de Romain Lefrançois, venus rejoindre le trio légendaire composé de Gabrielle Laurens la fondatrice, (en rose), d'Angélique Fridblatt (en vert) et Marion Lépine (en bleu). Si bien qu'on aurait envie d'ajouter un "s" à leur nom …

A part cela l'équipe reste identique, et sur le plan visuel on retrouve avec plaisir l'ingéniosité des costumes créés par Marie-Caroline Béhue (Black Baroque) qui a aussi "cuisiné" le gâteau d'anniversaire.

Le désormais quatuor a eu la bonne idée de présenter leur N.O.U.B.A. en avant-première pour quatre soirées festives au théâtre des Gémeaux parisiens avant de se produire devant le public du festival d'Avignon.

L'acronyme du show signifie Nouvel Opus ultra festif Border A capella … enfin pas toujours festif parce que la soirée fut ponctuée de moments nostalgiques, au demeurant très beaux, comme

Et pas toujours a capella parce que les artistes ne se sont pas interdit la musique, mais toujours en live, et pour le plus grand bonheur de la salle qui, elle, a fait les choeurs en canon avec conviction sur Foule sentimentale d'Alain Souchon. Toute la soirée les spectateurs -sollicités ou pas- vont fredonner les chansons qui sont gravées dans la mémoire collective.

Auparavant, le récital a commencé par le célèbre titre de circonstance de Michel Fugain La Fête (1974) qui n'a pas une ride après plus de cinquante ans de réjouissance.

Nous sommes venus, nous sommes tous là, et même Giorgio, le fils maudit qui se pointait à l'enterrement de la Mamma de Charles Aznavour (1963) et qui revenait dans la version chantée par Dalida douze ans plus tard.

Dalida est une des chanteuses fétiches des Divalala. Nous en aurons la preuve dans le medley admirable (qui figurait déjà dans leur premier spectacle mais sans doute dans une version moins aboutie) mixant J’attendrai / Pour ne pas vivre seule / Je suis malade.

Les artistes n'ont qu'un projet, la joie. Elles le clament en jurant faire de la magie en vertu du principe que qui sème le vent récolte le tempo, comme le promettait déjà en 1991 le rappeur français MC Solaar dans son premier album. Rien d'étonnant alors que les cartes volent au-dessus des premiers rangs alors qu'elles reprennent le mythique titre de Caroline dont personne n'a oublié les paroles l'as de trèfle qui pique ton cœur

Vous souvenez vous que dans le clip que Bettina Rheims réalisa en 1986 pour mettre en valeur Voyage, voyage de Desireless il y avait un groupe de vieilles dames qui jouent aux cartes ? La chanteuse y invitait le public à rejoindre une destination tropicale en traversant les portes d'une armoire magique. Les Divalala reprennent ce hit au succès international en mettant particulièrement en valeur la superbe ligne mélodique, ce qui n'empêche pas quelques touches d'humour comme l'allusion à la bicyclette d'Yves Montand.

Anniversaire oblige, elles feuillettent l'album-photos de leurs meilleurs souvenirs de vacances. Et nous offrent en cadeau une reprise des Nuits d’une demoiselle de Colette Renard. Le titre était déjà au programme d'un précédent spectacle mais cette fois la version a été mijotée en cuisine et assaisonnée "à leur sauce".

Elles revisitent aussi un de leur succès, le fameux Que je t'aime de Johnny Hallyday, comme aurait pu la chanter un certain Georges Brassens. Il suffit pour cela de porter une moustache (et d'avoir beaucoup de talent). Elles sont autant à l'aise dans l'univers du flamenco. Pourvu que les morceaux soient vocalement à leur hauteur.

C'est le cas de En rouge et noir, interprété par Jeanne Mas en 1986 que l'on reconnait dès la première phrase … Si l'on m'avait conseillée, j'aurais commis moins d'erreurs. Ça le devient pour Je te survivrai qui n'est plus avec elles la chanson un peu mièvre de Jean-Pierre François (1989).

Romain Lefrançois nous offre un début surprenant, comme toujours avec le beat-boxing, de Chandelier, l'immense succès de l'australienne Sia (2014) dont le clip révélant une chorégraphie très originale avait propulsé en même temps la prodige adolescente de onze ans Maddie Ziegler.
La playlist assumée des jeunes femmes comprend aussi Aimons-nous vivants de François Valéry (1989) ou Je reviens te chercher de Gilbert Bécaud (1968) tout autant qu'un challenge inventif mêlant les genres musicaux et associant des mots improbables.
Le public, enthousiaste, aurait bien passé la nuit entière en leur compagnie. Elles présenteront leur N.O.U.B.A. du 4 au 27 Juillet à Avignon, à 19 h 40 au théâtre des Gémeaux, et en profiteront pour faire redécouvrir leur spectacle jeune public Choubidouwa, à 16 h 40 à l'Arrache-coeur, tous deux en relâche les mercredis. Il avait été présenté au Lucernaire et nommé à juste titre aux précédents Trophées de la Comédie Musicale.

Un spectacle musical qui s'adresse autant aux parents qu'aux enfants, reprenant les comptines les plus célèbres en les intercalant avec des créations.

On espère très fortement qu'au cours de la saison 2026-2027 le public parisien pourra de nouveau les applaudir … et chanter avec le désormais quatuor.
La N.O.U.B.A. des Divalala
Avec Angélique Fridblatt, Gabrielle Laurens, Marion Lépine et Romain Lefrançois
Mise en scène : Freddy Viau
Arrangements vocaux : Raphaël Callandreau
Direction musicale : Emmanuel Lanièce
Scénographie : Juliette Azzopardi et Pauline Gallot
Chorégraphies : Eva Tesiorowski
Costumes : Marie-Caroline Béhue (Black Baroque)
Création Lumière : Dimitri Borget 

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