Dans le cadre du Printemps de la sculpture du Département des Hauts-de-Seine, auquel la ville participe depuis trois ans, le Pavillon des Arts de Châtenay-Malabry expose L’angle et la courbe, avec d’étonnantes oeuvres de Medjid Houari qui semblent défier les lois de la pesanteur.Chaque sculpture naît d’un geste précis, d’une technique maîtrisée, mais aussi d’un regard sensible posé sur le monde, entre abstraction et rêverie. L’artiste, qui aime manifestement présenter son travail, en a commenté la conception hier lors d’un vernissage révélant des facettes insoupçonnées de son tempérament, l’humour et l’humilité.
Je vous invite d’ailleurs à regarder le film qui est projeté à l’étage et qui le montre en action. La sculpture est un art à part qui, contrairement à la peinture, incite le visiteur à tourner autour (si le dispositif le permet), et parfois toucher.
Il faut également consulter son site. Ses œuvres s’affranchissent des socles et défient la gravité. Le métal se tend, se plie et se polit jusqu’à trouver son équilibre entre tension et légèreté. Chaque sculpture naît d’un geste précis, d’une technique maîtrisée, mais aussi d’un regard sensible posé sur le monde, entre abstraction et rêverie.A travers une quarantaine de pièces en acier, cuivre, laiton, inox mais aussi parfois granit, galet, ou pierre de lave, réalisées entre 1987 et il y a seulement quelques jours, Medjid Houari nous interroge par rapport à l'espace, la matière, le volume, la précision et souvent avec poésie, estimant que le carré est une forme humaine … puisque ce sont des histoires humaines qu'il nous raconte.
Né à Paris en 1950 et ancien élève de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, il est reconnu internationalement. Un de ses bas-reliefs a été présenté à la fondation David Tafani, installée à Vence et dont la vocation est de lutter contre le cancer par l'art.
L'artiste est habitué aux formats monumentaux de plusieurs mètres de hauteur et seul celui qui figure en tête d'article (pesant tout de même 150 kilos) a pu entrer dans le pavillon, malgré quelques difficultés de manipulation. Par chance le sculpteur réalise souvent ses oeuvres en plusieurs formats ce qui facilite leur découverte sans limiter le questionnement à propos de leur équilibre. Une interrogation revient sans cesse : Comment est-ce possible techniquement ?
Il ne s'explique pas sur ce point, confiant simplement que créer c’est une interprétation du monde qui nous entoure et de fait il raconte volontiers comment les idées lui viennent. Par exemple, pour "Grand Passage" installé sur le parvis de la Lieutenance, dans le port de Honfleur (Calvados), il a voulu créer une page qui se tourne vers le renouveau, un passage vers un horizon plus serein et plus ensoleillé. C’est en voyant sur le périphérique parisien une affiche publicitaire 4 x 3 qui se décollait que cela m’a fait penser au passage de 1999 à l’an 2000. J’en ai créé trois exemplaires. Deux ont été vendus à des collectionneurs et la dernière qui était dans mon parc est partie pour la Normandie.
Une feuille cornée dans un bloc de papier provoquera une autre sculpture. Tout comme une série de carreaux utilisés dans l'aménagement de cuisines, et destinés à être jetés qu'il a transformée en oeuvre d'art (au fond sur la photo ci-dessous). On y voit aussiau premier plan Turbulences 2010 • acier peint • 50x40x40, témoignant que malgré la prédominance du noir et blanc, la couleur n'est pas exclue.
L'oeuvre devient langage et les enfants de Châtenay l'ont bien compris que ce soit sur du temps scolaire ou du temps de loisir, puisque 15 classes rassemblant 300 élèves ont bénéficié d'une médiation. Une visite a même été organisée pour les tout-petits (2-5 ans) samedi dernier. Ils sont d'ailleurs autorisés à dessiner et s'exercer aux formes géométriques dans le pavillon.
Reconnu dans le monde entier pour ses sculptures monumentales contemporaines et géométriques en métal, Medjid Houari dispose depuis quelques années d'une galerie à ciel ouvert, un parc de deux hectares, à Port-Mort, non loin de Château-Gaillard aux Andelys et de Giverny.
Mais, comme je l'ai signalé il sait aussi travailler en format plus modeste. La ville a d'ailleurs acquis deux de ses oeuvres et il en prête trois autres, si bien que ce sont donc cinq sculptures qui enrichissent le catalogue de prêt de l'artothèque aux chatenaisiens qui, pour une somme quasi dérisoire, pourront apprécier d'en avoir une chez eux pendant un mois. Carl Segaud, le maire de la ville est à l'initiative de ce projet qu'il encourage en travaillant lui-même avec une oeuvre de Medjid Houari dans son bureau (disponible évidemment au prêt).
Des bijoux sont également présentés à l'étage du pavillon, témoignant d'une oeuvre puissante et exigeante, captivant le regard et interpelant le visiteur.
L'angle et la courbe
Du mardi 17 mars au samedi 2 mai 2026
Pavillon des Arts et du Patrimoine - 98 rue Jean Longuet - 92290 Châtenay-Malabry
Entrée libre, du mardi au samedi






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