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jeudi 24 septembre 2026

Petites misères de la vie conjugale, Mise en scène et adaptation Pierre-Olivier Mornas

Le jeu d’Alice D’Arceaux m’avait tellement convaincue dans Encore une Marilyn que j’avais vu au théâtre du Musée Grévin (mais qui reprend à l’Essaion) que j’ai eu très envie de la voir dans un autre registre, celui de Petites misères de la vie conjugale au Poche Montparnasse. C’est vraiment une comédienne à suivre. Et par chance pour nous spectateurs, elle sera bientôt distribuée dans une autre pièce dans ce même théâtre.

Aux mariés de tous les temps, aux célibataires forcenés, ce vivant passage en revue des déconvenues de la vie conjugale servira de guide salutaire ou d’exutoire complice ! Balzac nous introduit dans l’intimité de Caroline et d’Adolphe, prototypes du couple, dont il dissèque chaque aspect, tableau après tableau avec une ironie jubilatoire. Rira qui pourra ! prévient-il à l’orée de cette intrépide entreprise, dont nous devenons les voyeurs privilégiés.

Si le boudoir de Caroline est à jardin, c'est le Code civil et son "fameux" article 213 qui est en lumière à cour et auquel Adolphe se référera à plusieurs reprises. Il stipule aujourd'hui que les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille. Ils pourvoient à l'éducation des enfants et préparent leur avenir. Mais, dans sa rédaction originale de 1804, c'était une toute autre chanson puisqu'il disposait que le mari doit protection à la femme, la femme obéissance à son mari.

La pièce est donc à voir et entendre sous cet angle historique là. Néanmoins l'interrogation qui en est le fil rouge est de savoir si bonheur et mariage sont compatibles, d'un point de vue féminin, comme de celui d'un homme.

Evidemment l'ironie et l'humour imprègnent la représentation. Les bien connues notes de La marche nuptiale de Mendelssohn (dont le prénom, Felix, était une promesse de bonheur) accompagnent l'annonce du mariage, ponctué de la résolution fataliste Et vogue la galère !

Je ne vais pas vous énumérer les étapes des misères du couple. Chabadi par ci, chabada par là. Les répliques, renforcées de jeux de regards et de mimiques, instaurent par leur répétition un humour joyeux. 

Nous aurons droit aussi à une scène pour un châle qui n'est pas sans évoquer celle que Maxime d'Aboville raconte à propos de Joséphine dans son Napoléon, lui aussi actuellement au Poche. Quand on pense, comme nous le rappelle l'exposition du Palais Galliera comme celle du musée de la toile de Jouy, qu'à l'origine c'était un vêtement masculin !
Après les joies et petits malheurs de la vie conjugale le duo s'attelle au Plaisir de rompre de Jules Renard et la perspective de les retrouver ensemble sur scène en novembre est enthousiasmante.

Petites misères de la vie conjugale
D’après Petites misères de la vie conjugale et Physiologie du mariage d’Honoré de Balzac 
Mise en scène et adaptation Pierre-Olivier Mornas
Avec Alice D’Arceaux et Pierre-Olivier Mornas
Assistante mise en scène : Émilie Chevrillon
Lumières : Alireza Kishipour
Photographies : Sébastien Toubon
Au Théâtre de Poche-Montparnasse
75 boulevard du Montparnasse - 75006 Paris

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