Publications prochaines :

La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

mardi 9 juin 2009

Pain à la feta et au basilic

Cette fois c'est exactement la recette (page 28) de ce livre où je puise les bonnes idées et que j'ai cité dans les précédents billets (voir récapitulatif en fin d'article). Avec un résultat impeccable, présenté ci-dessous devant un rideau de sauge.

Le basilic ne se sent pas excessivement mais suffisamment pour faire rêver à l'été prochain, surtout un soir de température élevée. Le fromage est discret mais assure un peu de "croustillance".

A déguster par exemple avec une belle omelette et une salade de roquette.

Autres recettes de pain le 3 avril (pain des écureuils gourmets et gourmands), 7 avril (banane, sirop d'érable et noix de pécan), 13 avril (garrimande, pain aux saveurs méditerranéennes), 15 avril (brioche),18 avril (pain de seigle aux noix), 20 avril (pain châtaigne et graines de lin), 22 avril (brioche du Diable rouge au chocolat blanc), 7 mai (pain au curry et graines de lin), 9 mai (pain au cumin et à l'oignon) et 21 mai (pain à l'anis et au miel).
Présentation de l'appareil le 7 avril.
Article complet sur le moulin de Nomexy le 12 avril 2009.

lundi 8 juin 2009

Festival Solstice dans les quartiers, toujours la décroissance, mais dans l'effervescence

Je n'ai pas encore fait le tour de tous les spectacles offerts aux habitants dans le cadre de Solstice. En voici deux de plus avec l' Instant Croxel et Perlas y Plumas, en complément des articles qui ont été publiés les 2 et 5 juin derniers.

Et si on veut bien considérer la décroissance sous l'angle de l'économie sans bouder le plaisir voilà deux propositions qui devraient vous ravir.

Le titre du premier est une allusion humoristique aux cacahuètes salées que l'on mange en dégustant un verre. On nous propose ainsi de partager une tranche de vie au café du coin. Les spectateurs seront invités à s'asseoir parmi les clients qui seront déjà en place et qui seront probablement les premiers surpris ... Trois troquets accueilleront ce spectacle en accès libre : le Robespierre de Châtenay-Malabry, le café des Sports et la brasserie l'Ourasi d'Antony (92). On m'a dit que c'était drôle et fou à la fois. Pour comprendre de quoi il retourne allez visiter leur site ici.

Toujours gratuit et cette fois accessible à partir de 4 ans, le second, Perlas y Plumas, est un cirque catalan dynamique et festif qui viendra au devant des résidents de cinq quartiers des deux villes partenaires de Solstice. Photos et vidéos sur leur site, témoignent de leur humour acrobatique. Voilà une troupe qui travaille "à l'ancienne", qui maitrise si bien la technique qu'elle peut se permettre de faire semblant de louper un numéro. Ne les ratez pas si vous aimez le kitsch, les paillettes et la prouesse ! Pas d'affolement : vous pourrez toujours vous "rattraper" vous aussi si vous avez manqué une soirée puisqu'il y en aura cinq.

Voilà vraiment la spécificité de ce Festival : se trouver au plus proche de tous ceux qui n'ont pas l'habitude de sortir et qui craignent peut-être que "ce n'est pas pour eux". Alors ouvrez vos fenêtres, voyez les installations s'organiser, descendez vos escaliers, faites 20 mètres et dégustez ces spectacles sans modération ! Si vous venez pour la première fois vous serez forcément ému. L'équipe de Solstice le sera aussi parce qu'elle aura gagné son pari une année de plus.

Je rappelle que chaque soir de chaque week-end du Festival il y a aussi un temps musical en accès libre. Pour tout savoir des spectacles nécessitant l'achat d'un billet et sur l'ensemble du festival : 01 46 66 02 74
• Au Théâtre La Piscine – 254 av. de la Division Leclerc à Châtenay-Malabry : Mardi de 14h à 19h /Mercredi au vendredi de 11h à 19h / Samedi de 11h à 17h
• Au Théâtre Firmin Gémier – Place Firmin Gémier à Antony : aux mêmes horaires mais fermé de 13h à 14h
• À la cordonnerie du centre commercial Pajeaud à Antony : du mardi au samedi de 9h à 19h
Sur www.theatrefirmingemier-lapiscine.fr
06 33 29 85 30 Le jour des représentations, pour tout renseignement de dernière minute

samedi 6 juin 2009

Premier pas vers la décroissance

Voilà une économie écologique qui se fait sans douleur : j'avais lu que les fabricants de lessive poussaient à la consommation et qu'on pouvait sans aucun état d'âme diviser par deux les doses prescrites.

Cela fait un mois que je ne mets qu'une pastille (au lieu des deux contenues dans un "sachet-dose") dans la machine à laver le linge. Et personne "at home" ne s'en est rendu compte.

Alors soit "on" met à laver du linge qui n'est pas sale, soit la lessive est super puissante, quoi qu'il en soit les écologistes ont bien raison.

A vous maintenant. C'est tout bénéfice.

vendredi 5 juin 2009

Les week-ends musicaux de Solstice

Il y a quelques jours je vous annonçais les spectacles auxquels il fallait réserver sa place. Voici maintenant les temps musicaux, que vous pourrez suivre un peu, beaucoup, à votre rythme. Et comme ils sont gratuits faites profiter largement vos amis de cette information.

Chaque 19 heures de chaque vendredi, samedi et dimanche ponctuant le festival, la place Firmin Gémier d'Antony (92) accueille un orchestre ! C'est facile à mémoriser !

Je vous incite donc à vous trouver aux abords de la place à ces moments-là et de vous laisser mener par les oreilles. Si cela vous chante vous prenez un siège et vous consommez ce que vous voulez : on peut manger et boire (un jus de fruits, c'est permis). Et si cela ne vous "emballe" pas, retentez votre chance le lendemain.

Il y aura cinq "apéro-concerts" successifs.

J'ai un penchant pour le groupe châtenaisien qui se produira le samedi 20 juin (je sais : la concurrence est rude puisque ce sera la soirée de clôture du festival de cinéma dont je vante aussi les mérites sur le blog ...). Son nom Kitoslev m'était inconnu, mais ce que j'ai entendu m'a plu. Jugez par vous-même, cela a l'air anodin mais c'est plutôt engagé ...


et puis, en final, le dernier dimanche, ce sera "bal à guincher sans chichi" avec le Bringuebal

pour tout savoir des spectacles et du festival :
Renseignements et Réservations - 01 46 66 02 74
• Au Théâtre La Piscine – 254 av. de la Division Leclerc à Châtenay-Malabry : Mardi de 14h à 19h /Mercredi au vendredi de 11h à 19h / Samedi de 11h à 17h
• Au Théâtre Firmin Gémier – Place Firmin Gémier à Antony : aux mêmes horaires mais fermé de 13h à 14h
• À la cordonnerie du centre commercial Pajeaud à Antony : du mardi au samedi de 9h à 19h
Sur www.theatrefirmingemier-lapiscine.fr
06 33 29 85 30 Le jour des représentations, pour tout renseignement de dernière minute

jeudi 4 juin 2009

Carte blanche à Charles Tesson au REX

C’était l’Afrique l’an dernier. C’est cette année l’Inde qui est mise à l’honneur par le festival du film de Châtenay-Malabry (92) avec une carte blanche confiée à Charles Tesson, rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma (où il écrit depuis 1979). On a pu le voir il y a quelques semaines … dans le Jury de la Caméra d'or de Cannes, présidé par Roschdy Zem. Il a produit deux films, et il est toujours professeur d'histoire et d'esthétique du cinéma à la Sorbonne. Enfin c’est aussi l’auteur d’un portrait de Satyajit Ray, publié en 1992. (voir photo). C’est dire combien la venue de Charles Tesson au festival est légitime.

Autour de cette thématique, le public découvrira 6 films, dont la majorité est programmée le samedi 20 juin :
  • des classiques Indiens : L’Étoile Cachée de Ritwik Ghatak et Changement au village de Lester James Peries
  • une avant-première : Sawaariya de Sangay Leela Bhansali
  • des séances Jeune public : Le Fleuve de Jean Renoir (dont Satyajit Ray a été l’assistant) et le Directeur de la Poste de Satyajit Ray
  • une matinée « Cuisine et cinéma » (puisque l’association entre ces deux arts est désormais une des caractéristiques de ce festival) autour de Tonnerres Lointains de Satyajit Ray. Beaucoup de films donc de Ray, apprécié en France à partir des années 80, après la sortie du Salon de musique.

Pour connaitre horaires et jours de projection : Le Rex, 364 avenue de la Division-Leclerc, 92290 Châtenay-Malabry - Renseignements : 01.40.83.19.81 Site du Rex : http://cinema.lerex.free.fr/

mardi 2 juin 2009

Un Festival suit l'autre : bientôt Solstice, le Festival des Arts du Cirque

L'affiche est déjà visible en banlieue Sud (92) car c'est pour très bientôt. Cette année, c'est Béatrice Alemagna qui signe cette œuvre.

Née en Italie à Bologne, elle a déjà exposé en Italie, en France, en Allemagne et jusqu'au Japon . Elle a gagné de nombreux prix (premier prix du concours d’illustration “Figures futures” du salon du livre de Montreuil à Paris en 1996 ; Attention Talent-Fnac en 2000 ; Octogones du CIELJ en 2002). Sa palette laisse augurer un Festival des Arts du Cirque haut en couleurs.

Je connais ce Festival depuis sa création il y a 8 ans et je trouve le cru 2009 particulièrement dense. Plusieurs spectacles sont programmés deux ou trois fois pour permettre aux publics (le pluriel est intentionnel) de ne pas les manquer. Les artistes vont investir des lieux différents, aussi bien sur Châtenay-Malabry que sur Antony allant ainsi à la rencontre des habitants dans les quartiers où ils vivent. Et pour être certains de toucher le plus grand nombre la plupart sont offerts. Alors là vraiment ce serait dommage de passer à côté.

Commençons aujourd'hui par les spectacles où il sera prudent de réserver sa place ou d'arriver bien à l'heure ...
Le sort du dedans par le Baro d'evel CIRK Cie : du cirque poétique par un clown acrobate (Camille Decourtye) et un dresseur (Blaï Mateu Trias), un musicien contrebassiste (Thibaud Soulas) et ... un cheval (Bonito) qui vont chacun chercher à investir le centre de la piste. La création a eu lieu en avril après 18 mois de répétition, ce qui témoigne de l'ampleur de leur travail. Ils seront à l'Espace Cirque d'Antony, sous chapiteau, donc non tributaires de la météo. Vendredi19, samedi 20, dimanche 21 juin à 21 heures.
Pour en savoir plus sur cette petite troupe voici leur blog : http://barodevel.blogspot.com/
Le Grand C par la Compagnie XY : créé un peu l'évènement en France parce que 18 acrobates en même temps c'est exceptionnel. Là encore la création a eu lieu il y a quelques jours et le public aura la chance de les découvrir avant qu'ils ne soient des célébrités. Les 9 voltigeurs et les 9 porteurs vont décliner toutes les portées acrobatiques possibles. Les séquences souvent poétiques surgiront comme avec poésie comme les couples de danseurs qui évoluaient dans les boites à musique qui nous ravissaient quand nous étions enfants. Mais ce seront des acrobates en chair et en os qui nous feront aussi frissonner et qui sauront nous faire sourire par leur sens de l'humour plutôt délicat.
Le spectacle aura lieu au CREPS de Châtenay les vendredi 19 et samedi 20 juin à 21 heures, en plein air, et l'on peut parier que les sportifs de haut niveau qui s'y entraînent quotidiennement seront les premiers à applaudir.
Les photos qu'ils ont mis en ligne sur leur site sont assez bluffantes.Appris par corps par la Compagnie Un loup pour l'homme : peut se qualifier de voltige fusionnelle. Fréderic Arsenault et Alexandre Fray ont mené une recherche très fine sur l'équilibre qu'ils explorent en virtuoses. Je vous propose de les découvrir en avant-première dans ce petit extrait qui n'est pas en français, mais cela ne gâchera pas votre plaisir. Les anglophones entendront qu'on compare leur performance à celles du Cirque du Soleil, ce qui n'est pas un mince compliment.

Ils seront à l'Espace Cirque d'Antony, sous chapiteau, donc eux aussi non tributaires de la météo. Vendredi 26, samedi 27 juin à 21 heures.

Renseignements et Réservations - 01 46 66 02 74
• Au Théâtre La Piscine – 254 av. de la Division Leclerc à Châtenay-Malabry : Mardi de 14h à 19h /Mercredi au vendredi de 11h à 19h / Samedi de 11h à 17h
• Au Théâtre Firmin Gémier – Place Firmin Gémier à Antony : aux mêmes horaires mais fermé de 13h à 14h
• À la cordonnerie du centre commercial Pajeaud à Antony : du mardi au samedi de 9h à 19h

Sur www.theatrefirmingemier-lapiscine.fr
06 33 29 85 30 Le jour des représentations, pour tout renseignement de dernière minute

Tarifs Spectacles Le Sort du dedans, Le Grand C, Appris par Corps : 5 euros
- Tarif enfant (jusqu’à 10 ans inclus) : 3,50 euros
- Sur présentation de la carte Avanta’jeunes : 3,50 euros

Le Sort du dedans / Appris par corps : Espace Cirque d’Antony Rue Georges Suant
- RER B Station Les Baconnets 10 min à pied, suivre le parcours fléché Espace Cirque d’Antony
- Parking : Rue Marius Hue, parking du stade Georges Suant et rue Adolphe Pajeaud

Le Grand C : CREPS 1, rue du Docteur Le Savoureux – Châtenay-Malabry
- RER B Station Robinson puis Bus 195 arrêt Mairie de Châtenay-Malabry ou Bus 194 arrêt Docteur Le Savoureux

lundi 1 juin 2009

8ème Festival du Film de Châtenay-Malabry

Paysages de Cinéastes revient à Châtenay (92) du 12 au 21 juin 2009 au cinéma le Rex.
Depuis 2001 Marianne Piquet, directrice du cinéma, propose un festival avec l'ambition de permettre à tous les publics de découvrir des œuvres cinématographiques d'auteurs talentueux de toutes nationalités.

En plus d'une compétition de longs métrages, ce rendez-vous cinéphile propose 'Pays Paysage', une programmation qui met à l'honneur un pays à travers sa cinématographie – cette année, l'Inde, et une carte blanche donnée pour 2009 à Charles Tesson.

On nous annonce une compétition internationale de 8 films long métrage. Une seconde compétition de films courts. Des rencontres autour du paysage avec le CAUE de Sceaux. Un programme jeune public.
Et puis bien sûr une ouverture exceptionnelle en plein air dans la Vallée aux loups, des films associant la cuisine, un programme spécial femmes ...

Je vous en dirai bientôt davantage ...

Le Rex, 364 avenue de la Division-Leclerc, 92290 Châtenay-Malabry - Renseignements : 01.40.83.19.81 Site du Rex : http://cinema.lerex.free.fr/

A l'heure où j'écris ce billet le site semble connaitre des problèmes techniques alors les cinéphiles pourront se reporter ici où ils trouveront l'avant-programme détaillé.

jeudi 28 mai 2009

INTIMES CONVICTIONS de Sabine WEISS

Cette artiste formidable (et si humble) est actuellement visible dans deux galeries, une très prestigieuse, à Paris et une plus modeste mais très dynamique, à Orléans.

Le Centre Pompidou fait œuvre d’innovateur en présentant depuis hier une exposition entièrement consacrée aux artistes femmes de notre temps. Le Musée national d’art moderne affirme avec force son engagement auprès des artistes femmes, toutes disciplines confondues, de toutes les nationalités. Il les replace au centre de l’histoire de l’art moderne et contemporain du XXème et du XXIème siècle. Cet accrochage au féminin s'intitule elles@centrepompidou.
Rien de bien extraordinaire pour Sabine qui était déjà exposée à Pompidou en 2003. Seulement voilà, vous ne l'avez peut-être pas encore découverte. Alors allez-y ! Vous verrez ses photos parmi plus de 500 œuvres de plus de 200 artistes.

Cette exposition est une première mondiale. Elle durera presque un an. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas vite en programmer la visite.

Jusqu'au 24 mai 2010, tous les jours, sauf le mardi, de 11h à 21h
Tarifs : 10 à 12 euros, selon période / Tarif réduit : 8 à 9 euros valable le jour même pour le Musée national d’art moderne et l’ensemble des expositions / Renseignements au 01 44 78 14 63 Gratuit pour les enseignants porteurs du Pass éducation et pour les moins de 26 ans ressortissants de la communauté européenne.


C'est Marion, la fille Sabine Weiss, qui m'a envoyé le carton d'invitation de l'expo accompagné de la référence d'un petit film de FR3 (de 2 minutes) qu'une journaliste venait de faire sur sa maman. Ce message m'a touchée parce que tout en sachant parfaitement combien Sabine n'aime pas ou peu parler d'elle Marion estime qu'elle doit prendre en main un tout petit peu les choses en diffusant ce petit film à tous ceux qui de près ou de loin connaisse et apprécie le travail de Sabine. J'avais rendu compte de l'exposition de ses photos à la Maison des Arts d'Antony (92) sous l'intitulé "Objectifs femmes" aux côtés de Janine Niepce du 14 janvier au 15 mars dernier. Pour avoir eu la chance de passer une ou deux heures avec elle je partage totalement l'analyse de Marion : C'est bien plus une altruiste qu'une excentrique. C'est encore moins une narcissique, comme beaucoup artistes peuvent l'être.

L'envie de vous le faire partager est donc toute naturelle ... Le reportage est à la hauteur de l'artiste. Difficile de trouver des mots plus justes, et une musique plus appropriée pour accompagner les images. En plus, c'était à la galerie le Garage d'Orléans, une ville que je connais bien même si je n'ai jamais eu l'occasion d'aller dans cette galerie (au passage je souligne la qualité de sa programmation puisqu'elle a accueilli aussi le peintre Braun-Vega dont je parle ces jours-ci sur le blog). Cliquez, et appréciez.

Exposition Intimes convictions, du 16 mai au 14 juin 2009, le Garage, 9 rue de Bourgogne, 45000 Orléans
Ouvert les samedis et dimanches de 15H à 19H, du lundi au vendredi : 06 08 78 34 02

Je rappelle aussi que l'exposition Quel cirque ! est ouverte jusqu'au 20 juillet au centre Pompidou. (cf billet du 2 avril Calder expose son cirque)

mercredi 27 mai 2009

DEMIURGES à Châtenay-Malabry

Quand on parle d'un film ou d'un spectacle, l'auteur refuse qu'on en dévoile la fin, pour préserver le suspense. Ici c'est le début qu'il ne faudrait surtout pas raconter. Les premières minutes sont extrêmement déroutantes ... sauf pour les spectateurs qui ont vu l'Augmentation, parce qu'ils ont déjà été confrontés au même phénomène. C'était hier, et il y a encore une représentation demain. Les créateurs ne tiennent pas à ce que des photos du spectacle circulent, histoire de laisser la surprise aux spectateurs. Il me semble que celle-ci pourtant respecte leur intention tout en suggérant quelque chose.
Mais avant que les comédiens ne procèdent au grand ménage il s'agit d'organiser le spectacle, autrement dit de raconter une histoire, ce qui est le propre de tout spectacle en fait. Deux voies sont possibles : le dépouillement ou la surcharge. Nos deux compères font très fort puisqu'ils réussissent à concilier la sobriété et la démesure dans un théâtre de l'extrême. C'est qu'ils ne sont pas superstitieux : les cordes tombent des cintres et ils vont s'y pendre comme d'autres tirent les cloches. Qu'est ce qu'il y a à gagner ? C'est la surprise comme lorsqu'enfant on décrochait la queue du Mickey. N'empêche que Denis Athimon et Julien Mellano sont tout de même prudents : ils sont coiffés d'un casque. Logique pour démarrer un chantier.

Chiche qu'ils sont capables de nous refaire le monde en une heure chrono en partant de rien. Avec trois fois rien. Et parfois plus tout de même. Jusqu'à ce que la scène soit totalement envahie. D'où le grand ménage à faire alors.

Il s'agit de réinventer la création du monde, rien de moins. D'où le titre du spectacle : Démiurges. Ces nouveaux dieux vont donc suggérer la lumière, l'eau, les plantes, l'homme ... enfin tout. Il y a de très belles images : les miroitements d'une boule de dancing sur les visages des spectateurs, le play-back de harpe avec un bout de corde. Il y a de la poésie. Il y a du spectaculaire aussi pour "ne pas perdre le public". Ces métrages de toiles cirée qui tombent du ciel recomposent une nature plus belle que dans la réalité. La fête foraine bat son plein. Il y a aussi un humour décalé, parfois corrosif. On ne peut pas oublier non plus que les comédiens sont avant tout des marionnettistes. (Certains spectateurs peuvent se souvenir de leur version trash de Hansel et Gretel au Festival Marto). Ils ne résistent pas à un petit numéro. Les gags s'enchainent sans faiblir. Jusqu'aux rebondissements de la scène finale ... (tiens voilà un jeu de mots qui leur aurait bien plu !) Satisfaits de leurs trouvailles ils viennent saluer sans s'inquiéter du bazar qu'ils laissent derrière eux ... en s'esclaffant "parce que c'est pas nous qu'on range".

C'est un spectacle soit-disant étiqueté "jeune public" et nous, les adultes, non seulement nous n'y avons vu que du feu, mais nous nous sommes régalés comme des gosses. Ce n'était pas la fin du monde mais la fin de la saison du Théâtre Firmin Gémier/ la Piscine. Dans un style qui assure parfaitement la transition avec le Festival Solstice qui marquera la seconde moitié du mois de Juin.


Coproduction Bob Théâtre / Théâtre Lillico de Rennes
tel 02 99 63 15 10

mardi 26 mai 2009

Quelques rencontres au Salon du théâtre

Impossible de rendre compte de tout. J'ai dénombré plus de 50 Cafés littéraire, Théâtres des paroles, Rendez-vous, Portraits, Lectures, Spectacles et Débats divers. Tout cela sur trois jours et des scènes différentes. Sans compter les stands des salles de spectacle qui annonçaient déjà une alléchante programmation 2009/2010 ... Même en courant on n'aurait pas le temps de tout faire. Et ensuite il faudrait plus d'un mois, avec un billet quotidien, pour tout relater ici.

Et pourtant, le portrait que Philippe Tesson, directeur de l'Avant-scène théâtre, pointant le romantisme de Jean-Michel Ribes, auteur, metteur en scène et directeur du Théâtre du Rond-Point fut savoureux. Cet homme reconnait que le passé nous fonde et remercie nos ancêtres tout en se fixant pour objectif d'inventer le présent. Il dit comme une évidence qu'il arrête d'écrire quand il perd le doux plaisir de s'épater lui-même. Dans la bouche d'un autre ce serait de l'orgueil. Chez lui c'est une ligne de conduite. On ne peut que partager son point de vue quand il affirme que l'artiste doit chercher à faire bouger le monde. (illustration ci-contre avec le portrait peint par Braun-Vega, auquel j'ai consacré plusieurs articles ces jours derniers)

Autre belle conversation que celle de Jack Ralite, sénateur, avec Emmanuel Demarcy-Mota, metteur en scène et directeur du Théâtre de la Ville. Le premier pourrait presque être le grand-père du second et pourtant c'est lui qui lui rend hommage.

Il loue avec un enthousiasme indéfectible ses qualités à tracer des sillages culturels en allant au devant de tous les publics. Il invoque l'esprit de Jean Vilar : je veux avoir le droit de présenter des œuvres au public quine sait pas encore qu'il va les aimer.

Plusieurs discussions furent davantage des conversations entre amis que véritables débats mais il y eut çà et là les prémices d'une réflexion entre théâtre privé et théâtre public, sous la houlette d'Hélène Chevrier (à gauche sur la photo), rédactrice en chef de Théâtral Magazine. Bien sur, il y eut quelques piques, comme cette parole rapportée par Jacques Baillon, ancien secrétaire général de l'Odéon, aujourd'hui directeur du Centre national du théâtre, ayant entendu Thierry Pariente, délégué à la culture expliquer : c'est simple, dans le public tous les spectateurs connaissent ceux qui sont sur le plateau. Dans le privé ce sont les comédiens qui connaissent tous ceux qui sont assis dans la salle.

Xavier Gallais (à droite sur la photo) estime que les choses sont en train de changer. Il joue dans les uns et dans les autres, et a récolté des récompenses des deux côtés. Ce serait plutôt le rapport aux auteurs et à l'esthétisme qui seraient différents.

Sarah Forestier, comédienne (à côté d'Hélène Chevrier) s'étonne de la taille démesurée des scènes publiques. Il est vrai qu'historiquement les théâtres privés ayant été financés par des fonds privés on les a construits à la mesure des finances dont on disposait. Mais la vraie différence consiste entre la manière de travailler entre cinéma et théâtre. Dans le premier on arrive pour tourner ses scènes. Dans l'autre on cherche ensemble et on construit dans un esprit de troupe.

Autre différence majeure avec le nombre de représentations. Dans le public (subventionné) on vient presque de finir les répétitions que la pièce s'arrête. Jouer 30 représentations est un maximum. Dans le privé cela peut durer très longtemps et une pièce à succès est alors une manne pour un auteur. On accorderait aussi plus d'importance au metteur en scène sur les scènes publiques et davantage à l'auteur sur les scènes privées.

Le "débat" s'arrête alors que l'un des participants commençait à poser la vraie question : le spectateur est-il si différent d'un théâtre à l'autre ?

J'ai appris dimanche un nouveau terme, celui de captation à propos de l'enregistrement d'une représentation théâtrale. C'est dans la salle vidéo de l'Institut hongrois, que fut projeté le DVD du spectacle Les coloniaux, texte d'Aziz Chouaki, mis en scène par Jean-Louis Martinelli au théâtre Nanterre-Amandiers, et filmé par la Copat. Le directeur de cet organisme et la réalisatrice ont ensuite initié une réflexion sur l'intérêt du procédé et leur méthode de travail.

Le catalogue, désormais très fourni puisqu'il compte plus de 130 pièces, est disponible en ligne et on peut visionner sur le site de la Copat des extraits des DVD, être informé des avant-premières et des diffusions sur Arte ou TV5.

Il y eut aussi un débat entre journalistes à propos de la liberté de la critique théâtrale et des changements qu'Internet pouvait apporter. Avec de belles contradictions sur lesquelles je reviendrai ultérieurement car l'écriture d'un tel article mérite de tourner sa plume longtemps dans l'encrier avant de publier le message.

"Sous le chapeau" est la reproduction d'une statue en bronze, réalisée en 1992 par Andras Lapis, sculpteur hongrois. L'original se trouve devant la Clinique de Szeged, au bord de la rivière Tisza.
Le salon du théâtre inaugurait la Foire St Germain qui se prolonge avec plusieurs autres salons (jeux mathématiques, céramique, antiquaires, poésie, et tant d'autres). Tous les spectacles y sont gratuits jusqu'au 5 juillet. Qu'on se le dise !

lundi 25 mai 2009

Ro-oua ou le peuple des rois

Le programme du 5ème Salon du Théâtre proposait samedi 23 mai de découvrir un extrait du prochain spectacle de Jean Lambert-wild, auteur, metteur en scène et directeur de la Comédie de Caen. Beaucoup d'autres présentations avaient lieu au même moment et nous fumes hélas peu nombreux à faire le déplacement.

Je m'étonne aussi toujours de ces petits "hasards" : RO-OUA ou le peuple des Rois est directement inspiré d'une nouvelle de Franz KAFKA, lequel est né à Prague en 1883 (à l’époque de la domination austro-hongroise). Et le spectacle avait lieu à l'Institut hongrois de Paris, 92 rue Bonaparte, avec qui la Foire Saint-Germain a noué un nouveau partenariat.

Dans la nouvelle écrite par KAFKA en 1924, Joséphine la cantatrice ou le peuple des souris, Joséphine porte l’espoir de son peuple sans pouvoir s’empêcher de se demander en quoi son chant se démarque des autres puisque de toutes façons, plus personne ne se souviendra d’elle après sa mort.

En fait d'extrait ce fut le spectacle entier, en fait de nouveauté ce fut un spectacle abouti, déjà créé depuis un mois, parfaitement rodé, et qui aurait mérité un public aussi nombreux que pour la lecture d'un texte inédit de Jean-Marie Besset qui avait quasiment fait salle comble la veille. Il y a des jours où l'on se sent privilégié, sans avoir rien fait pour, tant le travail de la comédienne doit être salué.

Le dispositif scénique est intentionnellement dépouillé. L'objectif est aussi de pouvoir le donner dans les conditions les plus extrêmes sans même de régie s'il le faut. L'adaptation de Jean Lambert-wild est fidèle et pourtant le parti-pris artistique est très original. L'interprétation d'Odile Sankara y est sans doute aussi pour beaucoup. L'harmonie entre le texte et l'actrice est totale. Je suis tentée de dire qu'elle incarne RO-OUA plus qu'elle ne le joue. Pourtant elle reste aussi elle-même. Disons qu'elle est à la fois lui et elle, donc nous.

Syntaxiquement, le texte place l'oreille du spectateur alternativement dans plusieurs situations. Visuellement nous sommes à la fois en France (le plateau est jonché de noix de Grenoble) et là-bas, en Afrique. L'interprète est elle aussi coupée en deux. Vêtue d'un simple pantalon de velours marron, son buste et son visage sont recouverts d'une préparation colorée, dans un camaïeu de bleus qui, selon la lumière, devient dentelle, masque ou seconde peau. Le ciel et la terre faits femme.
Dès son entrée en scène on comprend que nous sommes invités à quelque chose d'intime, qui relève de l'initiation, à mi-chemin entre théâtre et conte, et qui nous concerne tous, jusqu'à la fin :
je fus fait pour éveiller les consciences qui dorment
je fus fait pour égayer et bercer les cœurs affaiblis

Il est facile de se laisser porter par les paroles, envouter par cette voix puissante et de savourer ses vocalises si particulières. A la fois poème et témoignage, prière et discours, le texte se laisse absorber comme une crème nourrissante.

Le spectacle sera joué jusqu'à fin juin à la Comédie de Caen, avant , on lui souhaite, de partir en tournée. Renseignements : 02 31 46 27 27 du lundi au vendredi de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 18h00
Photo du spectacle : Tristan Jeanne-Valès

dimanche 24 mai 2009

Ouverture du 5ème Salon du théâtre et de l’édition théâtrale

Cette année la Foire Saint-Germain, qui va animer la Place Saint Sulpice- Paris 6ème jusqu'au 5 juillet s'est ouverte sur le 5ème Salon du théâtre et de l’édition théâtrale.

La re-naissance du Salon, après deux ans de coma, est la victoire du fol enthousiasme des organisateurs qui nous promettent de merveilleuses surprises jusqu’au 5 juillet. Un programme riche et nourri, concocté par François Leclère et son équipe pour faire oublier la diète de quelques années.

Pardonnons les petits désagréments d’un programme difficile à mémoriser, et un peu bouleversé (des manifestations ont été déprogrammées, d'autres se sont ajoutées), la dureté des sièges, un fléchage un peu maladroit en ce premier jour, des horaires qui se superposent … La manifestation mérite bien son nom de Foire St Germain et son titre de 32ème Plongée culturelle. Alors nageons ! L’eau est bonne cette année et la température est estivale.

Quatre semaines avant sa création au théâtre du Pavé à Toulouse Jean-Claude Drouot et ses acolytes ont été les premiers à monter sur la scène du Salon pour nous offrir une lecture de la scène I de l’acte II de la Valise de Jaurès. La pièce a été écrite par Bruno Fuligni, chargé de mission de la mémoire à l’Assemblée nationale et réalisateur d’un film sur la loi de séparation de l’église et l’Etat, programmé sur la Chaîne parlementaire il y a trois mois.

L'idée est de reconstituer l’essentiel des propos qu’auraient pu échanger trois députés d’exception : Jean Jaurès, réputé pour sa franchise et son intégrité, Maurice Barrès, connu pour être partisan de la peine de mort, et Amédée Couesnon, dont les propos incongrus ont bien distrait la Chambre des députés.

On reconnaît Jaurès à son exaltation. Ses discours légendaires pouvaient se prolonger deux ou trois heures. On s’aperçoit que Barrès est peut-être plus complexe et plus nuancé qu’on ne le pensait a priori. N’a-t-il pas suscité en son temps l’admiration de Gide, de Montherlant et d’Aragon ? Enfin on découvre Couesnon, dont la marotte était le maintien des fanfares d’artillerie. On comprend pourquoi les « Folies Bourbon » espéraient chaque jour une nouvelle couesnonade.

La scène se passe dans la bibliothèque de l’Assemblée nationale, en 1908, mais les dialogues résonnent avec actualité. Les comédiens incarnent déjà ces grandes figures avec justesse. Jean-Claude Drouot est un Jaurès aussi vrai que nature. Son duel oratoire avec Barrès promet d’être savoureux. Et les incursions de Couesnon dans leur conversation ont la candeur du Bourgeois Gentilhomme. Jaurès ne se déplaçant jamais sans sa valise l'intrigue tourne autour des suppositions que font ses acolytes au sujet de son contenu. Et si c'était une fortune ?

Le public peut être rassuré : il existe des auteurs vivants qui savent concerner et intéresser les spectateurs d’aujourd’hui, première preuve que la création contemporaine est active, de qualité, instructive et distrayante.

La création aura lieu du 22 au 28 juin au Théâtre du Pavé, 34 rue Maran à Toulouse
Téléphone : 05 62 26 43 66 - Contact@theatredupave.org
Avec Axel Beaumont, Jean-Claude Drouot, Serge Le Lay, Maxence Mailfort

samedi 23 mai 2009

Braun-Vega aime aussi la musique

Voici le dernier billet de la petite série de cinq que j'ai écrits ce mois-ci autour de l'exposition que la maison des Arts d'Antony consacre au peintre Herman Braun-Vega. Tout ne sera pas dit, loin s'en faut. Et je vous encourage à visiter son site. Vous y verrez d'autres toiles. Les portraits qu'il fait de ses contemporains sont étonnants et inclassables. Comme s'il avait créé un nouveau courant se faufilant entre hyperréalisme et surréalisme.

Pour finir, il m'a semblé voir aussi un lien entre Braun-Vega et la musique. C'est bien sûr le discret portrait de Paganini dans le tableau intitulé Jean-Dominique Ingres n'apprécie pas sa descendance. C'est surtout la référence à Ingres, ce peintre qui jouait du violon dès qu'il en avait le loisir, d'où l'expression violon d'Ingres pour signifier passe-temps.
Ce Violon d'Ingres aux pommes (acrylique sur bois de 80 x 60 cm, réalisée en 2007) combine les références. On retrouve la Source peinte en 1856 par Ingres, placé juste à côté du visage prélevé sur son Autoportrait. Le violon occupe le centre, comme l'a fait Picasso avec une guitare dans plusieurs compositions. Sur la coupure de presse relate la formation du premier gouvernement Sarkosy.
Revoici la guitare, toujours en position centrale, ou plus précisément l'Homme avec un chapeau tenant un violon de Picasso. A sa gauche, le Fifre peint en 1867 par Edouard Manet (1832-1883). en bas à gauche, c'est l'Autoportrait de 1640 de Diego Velasquez (1599-1660). Le tout forme l'Ensemble baroque (acrylique sur toilede 146 x 97 cm, réalisée en 2003)

Jusqu'au 26 juillet 2009 à la Maison des Arts, 20 rue Velpeau à Antony, 01 40 96 31 50. Ouverte les mardi, jeudi et vendredi de 12 h à 19 h, le mercredi de 10h à 19 h, le samedi de 11h à 19 h et le dimanche de 14h à 19 h. Elle est fermée le lundi.

Les franciliens pourront y accéder par le RER B, station Antony. Ils n'auront qu'à traverser la rue pour accéder ensuite à l'exposition.

vendredi 22 mai 2009

Braun-Vega , Picasso ... et Ingres

Picasso doit lui-même énormément à Ingres et à Velasquez. Il suffit de regarder la série des Ménines pour le comprendre. Le titre original des Ménines de Velasquez était d'ailleurs la familia. Y sont représentés les membres d'une même famille (dont les consanguinités renforçaient encore les liens) avec leurs serviteurs, dans une famille élargie, au sens romain du mot.

En 1968 Braun-Vega découvre à Barcelone cette série des Ménines de Picasso, ce qui va changer radicalement sa conception de la figuration. Et si Picasso passe du figuratif à l'abstrait, Braun-Vega, en accédant à l'inépuisable gisement découvert à travers la technique interpicturale, n'abandonne pas la peinture figurative. Son oeuvres sont d'une forte densité conceptuelle, et pourtant toujours accessibles et facilement compréhensible.

Et Braun-Vega de nous dire qu'il considère Picasso comme un père : je lui dois ma capacité de syncrétisme. Je l'ai croisé en 1952 à Saint-Tropez. J'étais un jeune homme trop timide pour oser lui parler.

Braun-Vega s'est bien rattrapé depuis. Il le met en scène à ses cotés. Sur des dessins qui se répondent en symétrie. Soit c'est (au-dessus à droite) Don Pablo dibujando, (dessin, technique mixte, de 77 x 57 cm réalisé en 2006) où Braun-Vega dessine une composition de Picasso qui le regarde, assis dans un fauteuil.
Soit c'est au contraire (ci contre, à gauche) Dibujando con Don Pablo, (dessin, technique mixte, de 77 x 57 cm réalisé en 2006) où Picasso dessine debout, vêtu d'un jean très moderne.

Et revoici Braun-Vega (pull jaune, en haut à gauche) à son travail de collage dans ce Laborando con don Pablo (acrylique sur toile de 146 x 146 cm, réalisée en 2006). Don Pablo, c'est bien évidemment Picasso qui fait ici deux choses à la fois. La Source d'Ingres est encore là avec la Femme se coiffant (1906) et Guernica bien sûr.

S'inspirant d'autres coupures de presse, il représente encore Picasso en danseur sous l'œil interloqué de Matisse qui termine le Nu III. Les deux maitres n'ont-ils pas été en concurrence amicale toute leur vie ? Sur ce tableau immense, au titre très long, Don Pablo baila un huayno (danza andina de la Siera peruana) bajo la mirada sorprendida de Matisse (acrylique sur toile de 200 x 200 cm, réalisée en 2005) Braun-Vega s'amuse à multiplier les citations, allant jusqu'à inventer quelques éléments perturbateurs, si plausibles qu'on les croirait véritablement empruntés au peintre espagnol. Il fait allusion à quatre oeuvres de Picasso, dont les Demoiselles d'Avignon, et l'Aubade (en bas à droite, non visible sur la photo). La Femme qui pleure dissimule la silhouette d'un personnage. Tout en haut la lampe est celle du Guernica (1937). C'est ce tableau qui a été retenu pour réaliser l'affiche de l'exposition.
On trouve aussi un autoportrait de Picasso, plus ancien, donc représentant le peintre plus jeune, au centre d'un tableau au titre particulièrement évocateur : Tek-Nik des Admirations (acrylique sur bois de 95 x 89 cm, réalisée en 1991). C'est en 1901 que Picasso avait peint cet Autoportrait bleu (sur la droite) . Sur la gauche on reconnait aussi Toulouse-Lautrec.
Sur ce gros plan de Jean-Dominique Ingres n'apprécie pas sa descendance (acrylique sur bois de 80 x 60 cm, réalisée en 2008) on peut voir, sur la gauche, un nu que Pablo Picasso (1881-1973) a réalisé en 1906 alors qu'il était dans sa pleine période dite "rose" dans un tableau intitulé Deux nus. La tête d'Ingres est celle de son autoportrait, peint en 1859 par Ingres lui-même (1780-1867). Le corps est celui du Portrait d'Igor Stravinsky, peint par Picasso en 1920. On devine derrière lui le Nu bleu I qu'Henri Matisse (1869-1954) a composé en 1952. Et (non visible sur la photo) se trouve aussi la tête de Paganini, dessinée en 1819 par Ingres.

Jusqu'au 26 juillet 2009 à la Maison des Arts, 20 rue Velpeau à Antony, 01 40 96 31 50. Ouverte les mardi, jeudi et vendredi de 12 h à 19 h, le mercredi de 10h à 19 h, le samedi de 11h à 19 h et le dimanche de 14h à 19 h. Elle est fermée le lundi.

Les franciliens pourront y accéder par le RER B, station Antony. Ils n'auront qu'à traverser la rue pour accéder ensuite à l'exposition.

jeudi 21 mai 2009

Conjugaison verte autour d'un Pain à l'anis vert et au miel

Le mot "vert" est un de ces mots amusants qui se prête aux jeux de mots. Le verre, la couleur verte, l'indicateur directionnel "vers", la ligne de poésie, le vers, la pantoufle de vair (qui est la fourrure très douce et très fragile d'un petit rongeur) ... que d'homonymes qui troublent les apprentis en orthographe !

Cette fois la déclinaison se fait dans les goûts et les saveurs. Un verre de punch au citron vert. Un potage glacé de petits pois à la menthe. Et un sandwich de pain au miel et à l'anis vert, selon la recette (p. 84) du livre de Cécile le Hingrat, paru en 2008 chez Romain Pages éditions, dont je vais un jour avoir épuisé toutes les bonnes idées. L'auteur la classe parmi les Pains sucrés et j'ai commencé à le savourer avec un thé vert. J'ai trouvé ensuite que ce pain pourrait se déguster en version salée.

Pour cela j'en grille deux tranches (il me semble que grillés tous ces pains fantaisie ont un arôme plus subtil. C'est peut-être que la chaleur renforce toujours les parfums ...).
Je tartine la première d'un fromage de chèvre frais. J'ajoute quelques feuilles de laitue hachées et imprégnées d'une petite vinaigrette. Arrive une fine tranche de jambon de Paris. Il n'y a plus qu'à poser la seconde tranche et à découper en triangle parce que cela fait tout de suite plus chic.
On sert avec le reste de salade.

Recette de base pour ce pain :
100 ml de lait et 200 d'eau
30 grammes de beurre (je le fais fondre dans le mélange eau-lait, juste tiédi, ce qui fait monter la levure encore plus haut)
1 cuillerée à café et demi de sel
3 cuillerées à soupe d'anis vert
4 cuillerées à soupe de miel
500 grammes de farine spéciale pain (inutile de chercher loin pour cette recette : n'importe laquelle, mais de type 55, fait l'affaire et je n'ose donner le prix : moins de 50 centimes le kilo !)
1 sachet de levure boulangère spéciale pains
programme pain normal

Autres recettes de pain le 3 avril (pain des écureuils gourmets et gourmands), 7 avril (banane, sirop d'érable et noix de pécan), 13 avril (garrimande, pain aux saveurs méditerranéennes), 15 avril (brioche),18 avril (pain de seigle aux noix), 20 avril (pain châtaigne et graines de lin), 22 avril (brioche du Diable rouge au chocolat blanc), 7 mai (pain au curry et graines de lin), 9 mai (pain au cumin et à l'oignon).

Présentation de l'appareil le 7 avril.
Article complet sur le moulin de Nomexy le 12 avril 2009.

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