jeudi 10 octobre 2019

N’écoutez pas Mesdames, de Sacha Guitry, mise en scène par Nicolas Briançon

Beaucoup de spectateurs viennent voir N’écoutez pas Mesdames au Théâtre de la Michodière pour Michel Sardou. Ils ont raison, c'est un immense acteur qui, sans dominer ses partenaires, tient la scène haut la main pendant toute la durée de la représentation.

C'est néanmoins pour Eric Laugerias que j'avais programmé ce spectacle dans mon agenda parce que j'avais beaucoup aimé son interprétation cet été à Avignon dans Beaucoup de bruit pour rien, mis en scène par Salomé Villiers et Pierre Hélie.

Et aussi dans le (double) récital de chansons de Serge Reggiani qu'il interprétait au Chien qui fume. Il est tour à tour comédien, auteur, producteur, metteur en scène, chanteur, parfois plusieurs à la fois.  Ils sont finalement assez semblables Michel et lui ...

Dans cette comédie Daniel Bachelet (Michel Sardou) découvre que sa femme n’est pas rentrée de la nuit pour la seconde fois... Dès lors qu’il a l'ombre d'un doute sur une éventuelle tromperie de son épouse, il envisage sérieusement le divorce et, finalement, lui demande de s’en aller. Aussitôt Valentine, sa première épouse accourt pour le reconquérir. L'intrigue se noue dans un chassé-croisé de malles pour se terminer dans un enchainement de rebondissements !



La présence de Michel Sardou sur la scène (pas plus que celle de Nicole Croisille) n'est pas un coup médiatique. Il avait joué il n'y a pas très longtemps sur cette même scène de La Michodière en 2015 au côté de Marie-Anne Chazel une autre comédie, Représailles, d'Éric Assous.

Il assume totalement le rôle principal de N’écoutez pas, Mesdames où il est constamment sur scène, sans en occuper le devant au détriment de ses partenaires. Et il faut souhaiter que plusieurs autres rôles suivront (après la tournée prévue pour la pièce à partir de septembre 2020 en France, Suisse et Belgique).

Entre Michel et le théâtre l'histoire d'amour est ancrée très loin. C'est un enfant de la balle. Son grand-père Valentin Sardou était comédien, comme son père Fernand Sardou, et sa mère, Jackie Sardou. Un de ses fils, Davy Sardou, a suivi le même chemin. Ils sont monté ensemble sur les planches pour L'Homme en question, de Félicien Marceau, aux côtés de Brigitte Fossey, au Théâtre de la Porte Saint Martin dont il était alors le propriétaire. Il ne peut qu'être à l'aise sur les planches et particulièrement à La Michodière où il a (aussi) déjà joué et où son beau-père, François Périer, se produisait régulièrement.

Il a choisi une comédie par excellence car Sacha Guitry était un orfèvre en matière de dialogues. Certes sa misogynie pourrait être jugée impolitiquement correcte aujourd'hui mais la fin rassurera tout le monde. Seule la première injonction "n'écoutez pas mesdames" a été vilipendée par le public le soir de ma venue. On comprend très vite que c'est une façon de parler.

Il endosse avec aisance le rôle principal, créé par Sacha Guitry lui-même en 1942, au théâtre de la Madeleine. C'est une comédie et Nicolas Briançon la met en scène avec toute l'énergie dont il sait faire preuve, et qu'il a démontrée il y a quelques mois et dans ce même théâtre dans Le canard à l'orange.

Tous les comédiens sont excellents dans leur rôle. Eric Laugérias est un commissionnaire si crédible qu'on croirait que c'est son métier. Nicole Croisille est parfaite dans un rôle quasi sur mesure d'ancienne modèle de Toulouse Lautrec.

Ma seule réserve concerne le décor, conçu par Jean Haas, et que nous avons connu plus imaginatif. La scène semble encombrée, sur deux étages, d'un capharnaüm qui ne s'accorde pas si bien que ça avec les profession du personnage principal, antiquaire. Les deux épouses (Lisa Martino et Carole Richert) rivalisent comme de bien entendu et notre coeur balance entre les deux.
N’écoutez pas Mesdames, de Sacha Guitry
Mise en scène par Nicolas Briançon
Avec Michel Sardou, Nicole Croisille, Lisa Martino, Carole Richert, Patrick Raynal, Eric Laugérias, Laurent Spielvogel, Michel Dussarrat, Dorothée Deblaton
Décorateur Jean Haas
Costumier Michel Dussarrat
Lumière Jean-Pascal Pracht
Musique Gérard Daguerre
Photos de scène Céline Nieszawer
Au Théâtre de la Michodière, 4 Bis Rue de la Michodière - 75002 Paris
Depuis le 12 septembre 2019
Prolongations jusqu'au 9 février 2020 !
Du mercredi au samedi à 20h
Matinées les samedis à 16h30, les dimanches à 15h30

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