samedi 5 octobre 2019

Dans les coulisses de L'UNESCO

L'UNESCO est une des plus prestigieuses organisations internationales. Le siège n'ouvrait jusqu'à présent ses portes au public qu'une fois par an, pendant les Journées du Patrimoine.

Voilà pourquoi Cultival a eu l'idée de prendre en charge un programme exclusif de visites qui a démarré aujourd'hui.

Située dans le septième arrondissement de Paris, à proximité du Champ-de-Mars et de la Tour Eiffel, la Maison de l’UNESCO abrite le siège de l’agence spécialisée de l’Organisation des Nations unies (ONU) depuis 1958.

Ce trésor de l’architecture moderne, construit de 1956 à 1958, est le fruit de la collaboration entre plusieurs figures emblématiques du vingtième siècle, dont les trois architectes : le français Bernard Zehrfuss, l'ingénieur italien Luigi Nervi, et l'américain Marcel Breuer, l'américain (qui conçut en 1925 pendant la période Bauhaus pour Wassily Kandinsky la Wassily Chair, première chaise en tubes d’acier pliés, inspirée en partie par un guidon de vélo).

Je conseille de programmer une visite guidée de cet établissement qui permettra de découvrir son fonctionnement et ses valeurs, ses espaces emblématiques, comme ses salles de conférences, ses passerelles, ses couloirs en béton, le seul jardin japonais de Paris ou encore l’espace de méditation conçu par le célèbre architecte japonais Tadao Ando. C'est l’occasion de découvrir des œuvres d’art exceptionnelles, 11 à l'origine en 1958, beaucoup plus aujourd'hui ... même si, bien entendu, on ne peut pas tout voir d'une collection unique et insoupçonnable de 700 œuvres d’art contemporain.

Parmi les 11 oeuvres présentes dès l'origine j'ai approché celles d'Alexander Calder, Joan Miro, Pablo Picasso, Karel Appel, Isamu Noguchi et Jean Bazaine, puis de loin Henry Moore, voire pas du tout, et je le regrette, Jean Arp, Afro Basaldella, Rufino Tamayo et Roberto Matta. Je reviendrai donc.

J'ai suivi cette visite insolite, menée non pas par un guide de Cultival spécialisé en histoire de l'art, mais par une fonctionnaire de la maison qui, cela va de soi, ne connaissait pas tout des oeuvres devant lesquelles nous sommes passés (mais j'ai complété par la suite pour les besoins de cet article). J'ai particulièrement apprécié le cadre, chargé d'histoire, et la sincérité de ses propos, même si elle respecta comme on l'imagine son devoir de réserve.

N'hésitez pas à cliquer sur "plus d'infos" pour découvrir les oeuvres disséminées dans l'immense espace de cette maison.

UNESCO est l'acronyme signifiant United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (en anglais), en français Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture. Ce système multilatéral a été fondé en 1945 après les millions de morts de la deuxième guerre mondiale autour de cet objectif de "construire la paix. A titre d'exemple, et croyant dans le pouvoir du Jazz comme force de paix, de dialogue et de compréhension mutuelle, la conférence générale de l'Unesco a proclamé (en Novembre 2011) le 30 avril "Journée internationale du Jazz".

C'est avant tout un espace de travail qui poursuit son action à travers cinq grands programmes : l’éducation, les sciences exactes, naturelles, sociales et humaines, la culture, la communication et l’information. Il vit 24 heures sur 24 et il est impressionnant de voir les salles pleines de monde car elles sont louées pour des évènement lorsqu'elles ne sont pas utilisées par l'Organisation.

C'est, pour la seconde fois de son histoire, une femme qui a été élue pour diriger actuellement l'organisation, Audrey Azoulay, ancienne Ministre de la Culture.

l'Unesco dispose de ses propres pompiers, ses médecins, sa cellule de crise, ses imprimeurs,  et le personnel est à tour de rôle d'astreinte jour et nuit. C'est un lieu où l'on travaille et prend des décisions. Mais c'est aussi en quelque sorte un espace muséal.
L'entrée officielle des chefs d'État s'effectue toujours au 125 Avenue Suffren, par l'auvent de Luigi Nervi (première photo), après avoir longé le mur extérieur de la Salle de la conférence générale, la plus grande salle de cette institution, avec 1300 places, où nous irons tout à l'heure. Reconnaissable à son toit vert, surnommée ironiquement Notre-Dame du radiateur, il faut saluer son acoustique exceptionnelle, obtenue par le design de ses murs de béton évoluant du papier plié.
La colossale Spirale d'Alexander Calder (1898 - 1976) est quasiment la première oeuvre monumentale que croise alors le visiteur. L'artiste américain est venu lui-même installer ici ce stabile mobile monochrome de couleur noire constituée de plaques d'acier assemblées par boulonnage pour la partie stable, et de pales en inox et en aluminium fixées à des barres articulées en inox pour la partie mobile.

Calder l’érigea avec l’aide de Carmen Segre, soudeur chez Waterbury Ironworks à Connecticut. La sculpture mesure environ dix mètres de hauteur (variable due à sa nature mobile) et est constituée de deux tonnes d’acier. Ce mobile est un dit "à mouvement libre" puisqu’il s’anime grâce au courants d’air, contrairement à ceux qui sont motorisés.

Plus loin s'étend la Silhouette au repos de Henry Moore (1898-1986), une sculpture de 400 x 500 x 285 cm acquise elle aussi en 1958, initialement placée au centre de la piazza, déplacée lors du Siège de l’agrandissement de 1965. Elle jouxte désormais un des patios du Bâtiment IV. 

L'artiste a voulu appliquer à sa sculpture un traitement horizontal en harmonie avec les lignes horizontales de l’édifice en arrière-plan. Le choix de la pierre, du marbre travertin souvent utilisé dans le bâtiment, s’effectue afin qu’un contraste se produise avec les reflets ombrés de l’œuvre dans les fenêtres. Elle a été sculptée au pied des montagnes de Carrare. C'est la plus grande sculpture que Moore ait jamais taillée. Elle fut transportée à Paris en quatre pièces. 
On aura pu admirer auparavant l’Etude pour peigne du vent VI de l'artiste espagnol Eduardo Chillida (1924-2002), une Sculpture en fer de 176 x 239 x 138 cm, réalisée en 1968. l'artiste a souvent utilisé ce thème pour exprimer son désir d’être en adéquation totale avec la nature, dans le but de trouver l’apaisement et le repos. Son art retranscrit ses pensées utopistes d’un monde en paix avec lui-même et de dialogues.
Le rapport entre le patrimoine naturel et le patrimoine bâti par l’Homme est très important chez l’artiste qui recherche ainsi constamment à reproduire la perfection de la nature. Il souhaite, par des jeux de formes, de volumes ou de vides recréer l’environnement naturel sur lequel il construit son œuvre. Le thème du peigne du vent est dans ce sens très symbolique. En effet, pourquoi construire un peigne pour le vent ? Pour l’assagir, le contrôler, le "démêler" afin de lui rendre une harmonie perdue ? Les dents du peigne ne vont pas toutes dans le même sens et n’ont pas toutes la même forme, suggérant que c'est au contraire le vent qui a façonné cette sculpture, par ses allers et venues, suggérant aux spectateurs que le patrimoine bâti par l’Homme prend réellement son sens en fonction du paysage et du milieu naturel qui l’entoure.
On remarque derrière cette sculpture le Globe Symbolique d'Erik Reitzel (1941-2012) que l'on verra mieux en montant dans les étages. Né à Copenhague, Erik Reitzel est ingénieur du génie civil et travaille en collaboration avec son épouse sur des projets de structures et étudie leur minimalisation. Il a notamment réalisé la Grande Arche de la Défense à Paris en 1989 et le Plateau du Louvre en 1987.

Cette structure en aluminium, haute de 12,80 m et d'un diamètre de 15 m est le résultat d'un assemblage de 10 000 baguettes et joints en aluminium ultra-résistantAncrée au sol grâce à des haubans, elle mesure quinze mètres de diamètre et pèse quatre tonnes. Elle est l’illustration du travail de Reitzel sur la corrélation entre la rupture et la forme et concrétise la conjugaison du fonctionnel et de l’esthétique.

Évoquant le logo des Nations unies, cette structure sphérique porte en son centre une autre petite sphère, pleine et dorée. Créée par l’ingénieur danois pour le Sommet mondial pour le développement social qui s’est tenu à Copenhague en mars 1995, l’œuvre a ensuite été transportée et montée au Siège de l'Unesco à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’Organisation en novembre 1995 pour représenter l’engagement des États pour le développement dans la diversité et le dialogue. Si au départ le gouvernement danois a mis cette oeuvre à la disposition de l'Unesco pour une durée de cinq ans, elle appartient aujourd’hui à l’Organisation, ayant été offerte par ce gouvernement. 

Situé à l’extérieur du bâtiment principal de l'Unesco le Globe est entouré des drapeaux des Etats membres de l'Unesco pendant les périodes de Conseil exécutif et de la Conférence Générale, est symbolique à plusieurs titres : par sa forme, par sa destination et par les circonstances de sa création. 

Le dépouillement des mâts nous a tous choqué. Ils font penser à des barreaux de prison en étant ainsi dépourvus de couleur et la présence du drapeau de son pays est fortement symbolique pour que chacun se sente chez lui. L'explication est simple : l'entretien des 58 drapeaux représente une somme importante car les intempéries les endommage très vite. Alors ils ne sont hissés que deux à trois semaines tous les deux ans, en novembre, pour la conférence générale. Ils le seront le 12 novembre prochain jusqu'à la fin du mois. Profitez du spectacle !

L'UNESCO ne recule devant aucune économie depuis le retrait, le 31 décembre 2018 à minuit, des États-Unis puis d'Israël jugeant l'organisation onusienne trop critique à l'égard de l'État hébreu. Il est probable que l'arrivée de l'Etat palestinien comme état membre en 2011 a pesé lourdement dans cette décision, lourde de conséquence au plan financier puisque la participation américaine au budget était de 23 %.
Et pourtant l'UNESCO rend hommage à tous les peuples, et à la paix évidemment. Le meilleur exemple est peut-être le Square de la tolérance, créé en hommage au Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, grand acteur de la paix au Moyen Orient, assassiné le 4 novembre 1995.
C'est Dani Karavan (né en 1930 à Tel-Aviv) qui a élaboré de 1993 à 1996 cette installation environnementale que l'artiste et l’Etat d’Israël ont offert à l'institution. Elle est placée à côté du jardin japonais et des Signaux éoliens de Vassilakis Takis et fut inaugurée le 1er mai 1996.

Ce monument est composé de plusieurs éléments. Sur une colline artificielle est érigé un olivier, arbre à la fois symbole de la Paix ainsi qu’un élément renvoyant à la biographie personnelle de l’artiste puisque le père de l'artiste a été jardinier, puis paysagiste de la ville de Tel-Aviv, du début des années 1940 à la fin des années 1960.

Autour de cette colline se trouve des bancs circulaires en pierre, propices à la méditation des premières lignes du préambule de l’acte constitutif de l'Unesco gravées en 10 langues différentes (arabe, hébreu, français, anglais, chinois, espagnol, hindi, italien, portugais, russe), sur le mur de pierre : les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix.

La méditation est renforcée par la fraîcheur et le bruit de l’eau qui s’écoule d’une sorte de colonne et vient entourer la colline de l’olivier. Pour parachever cette structure environnementale, une tranchée permet de surplomber des éléments archéologiques provenant de la terre d’Israël, choisis à dessein, parmi certaines cultures et croyances qui ont peuplé la terre d’Israël au cours de l’histoire : une colonne d’époque romaine (1er-2ème siècle), une colonne de granit de Césarée d’époque d’Hérode (1er-2ème siècle), une base de colonne de l’époque byzantine (6ème-7ème siècle), une colonne d’époque byzantine de Néguev (5ème-6ème siècle), un chapiteau d’époque romaine (3ème-4ème siècle), un chapiteau de l’époque byzantine (6ème siècle)…
Mais revenons au début du parcours. On remarque une donation de Zurab Tsereteli (né en 1934) à l'occasion de sa nomination en tant qu'Ambassadeur de bonne volonté de l'Unesco en 1994. Cette Naissance d'un homme nouveau est une sculpture en bronze, signée et datée dans la partie basse à droite, faisant partie d’un projet conçu à l’occasion du 500 ème anniversaire de la découverte de l'Amérique en 1492 par Christophe Colomb.
Juste avant on devinait des mosaïques murales cachées par un massif de rosiers (pour une raison inconnue) privées du regard du visiteur par un mur de verre depuis qu'il a été décidé, pour des raisons de conservation (et de protection des personnes qui se rendent à la salle de la Conférence générale) de recouvrir les oeuvres d’un abri. 
Les deux murals de Joan Miro (1893-1983) réalisés avec Jose Llorens Artigas appartiennent aux premières acquisitions de 1958. Le peintre et sculpteur espagnol reçut le prix Guggenheim cette même année. L'oeuvre se compose de deux murs placés perpendiculairement, à l’origine à l’extérieur des bâtiments, Le mur du Soleil et Le mur de la Lune.
Leur conception correspond au moment culminant de l’intérêt du peintre pour la céramique ainsi que pour la peinture abstraite. Miró a réalisé ses premières céramiques en 1944, en collaboration avec le céramiste Josep Llorens Artigas. Leur recherche principale concernait le contraste entre la rigidité de la matière utilisée et le dessin naïf, tout en courbes, qui devait répondre à la froideur et à la rigidité des bâtiments.
La Chute d'Icare est une peinture acrylique sur bois, composée de 40 panneaux couvrant une surface d'environ 90 m², commandée à Pablo Picasso (1881-1973) en 1958, et qui ne l'a pas signée car il n'apposait jamais son nom sur les oeuvres monumentales.

L’artiste a rempli deux carnets de croquis avec des figures de baigneurs et de nus, travaillant dans la continuation de la série des Baigneurs réalisées en 1956 avant de terminer la maquette finale de cette immense peinture murale. Elle représente une scène de plage avec des personnages debout et allongés, scène animée par une figure qui tombe, bras et jambes écartés, dans l’imposante surface bleue de la mer. Initialement intitulée "Les Forces de la Vie et de l’Esprit triomphant du Mal", la composition perdra ce titre dès 1958 pour "La chute d’Icare" à la demande du vice-président du Comité des conseillers artistiques.
Tout à coté on remarque La rencontre du Printemps de Karel Appel (1921-2006) que l'artiste originaire des Pays-Bas, a créée initialement pour la salle de restaurant de l'Unesco et qui fût ensuite transférée à son emplacement actuel dans le Foyer des Conférences en 2009.
Signé en bas à droite "Appel 58" ce tableau révèle une dynamique circulaire, ressemblante à celle du Action painting de Jackson Pollock. Il offre un spectacle de couleurs, une sorte de danse qui retranscrit des sentiments gais et vivants que l’on ressent en le regardant. Les traits blancs dessinés par-dessus les empâtements de couleurs, en bas à gauche et à droite, rajoutent de la légèreté et de la subtilité à l’œuvre. 

Dans certaines parties se distinguent des motifs d’animaux (des pattes d’oiseaux, un bec, un œil), dans un vortex de la terre-rivière, qui nous rappelle qu’il s’agit d’une rencontre entre la nature et les animaux. L’artiste semble y mêler les quatre forces de la nature, le feu, l’air, la terre et l’eau, pour mieux faire jaillir la spontanéité. Appel fut l’un des artistes les plus singuliers du groupe CoBrA (nom acronymique découlant des villes d’origines des artistes créateurs du groupe : Copenhague, Bruxelles et Amsterdam), qui a rassemblé, entre 1948 et 1951, le peintre danois Asger Jorn, le poète belge Christian Dotremont, puis le peintre Alechinsky et les Néerlandais Constant et Corneille. Ces artistes rejetaient tout dogmatisme. Les arts populaires, l’imagerie primitive, les couleurs joyeuses, les matières les plus étonnantes leurs permirent d’exprimer leurs pulsions profondes. Appel meurt le 3 mai 2006 à Zurich et est enterré au cimetière du Père Lachaise, à Paris.
La peinture de Erró (né en 1932 en Islande, installé à Paris depuis 1958), de son vrai nom Gudmundur Gudmundsson, a été offerte par l'Islande en 2007. Une rétrospective de son oeuvre a été exposée à l'Unesco il y a quelques années.

Intitulée L'histoire de Thor ce tableau a été réalisé en 1999 et s’inscrit dans la tradition et l'évolution de l’école de figuration narrative française. Erró a traité ici un thème mythologique : l’histoire de Thor, dieu de la force physique et du tonnerre, et de son dernier combat contre le serpent gigantesque l’ayant conduit à la mort. Car Thor est un dieu mortel à l’instar des autres, et dont la fin est prédite lors d’un grand cataclysme, le jour de Ragnarök. Protecteur des hommes contre les géants, il était l’un des dieux les plus vénérés de son temps et reste toujours parmi les plus célèbres. 
Parmi les attributs les plus connus de cette divinité, citons son marteau ou Mjollnir, représenté à plusieurs reprises et qui selon la légende revenait toujours dans sa main une fois le but atteint. Le héros était aussi muni d’une ceinture ayant la capacité d’augmenter sa force. Le combat avec le serpent gigantesque de Modgard occupe la partie centrale du tableau. Dans cette composition foisonnante, Thor se trouve entouré d’un ensemble de héros, de monstres et de sorcières tirés le plus souvent d’histoires populaires. On peut y apercevoir entre autre les personnages d'X-Men représentés en partie supérieure droite de l’œuvre. On lit l’inscription du mot Thor dans un ton rouge sang, entourés de plusieurs fragments de combats et de visages sur lesquels nous pouvons lire l’agressivité et la puissance. 

Seule la partie supérieure gauche de l’œuvre est plus sereine, l’artiste ayant représenté la façade d’une cathédrale gothique. L’angle de vue, ainsi que la vive explosion de jaune derrière, augmente la force de la représentation de ce monument, et contrebalance simultanément avec l’agitation qui règne sur la majorité du tableau.
Entrons maintenant dans la Salle de la conférence générale, la plus grande, alors occupée par un colloque. On ne remarque pas qu'elle a été restaurée (récemment grâce à un don) parce que tout a été refait quasiment à l'identique. Chaque chef d'état dispose de deux fauteuil devant chaque table et de deux derrière, les observateurs étant au fond.

Les débats sont, comme dans chaque salle, traduit simultanément dans des cabines, dans les six langues officielles de l'Unesco : chinois, arabe, anglais, espagnol, français et russe.
D'autres salles ont conservé leur mobilier original de 1958, par endroits effectivement un peu usé mais à tel point dans l'air du temps qu'un oeil non averti le croirait neuf. J'ai particulièrement aimé la salle IV qui, elle aussi, bénéficie d'une acoustique exceptionnelle en raison de la configuration des murs, semblables à un papier plié.
Chaque salle a son cachet.
Nous avons été surpris de voir ces cabines téléphoniques "vintage" dans le couloir. Et bien sûr chaque couloir recèle une oeuvre d'art, récente ou moins, intégrée au lieu et visible par les salariés sur leur passage. Voici Diane chasseresse, une mosaïque romaine de la fin du IIe siècle, offerte par la Tunisie. Et presque dans le prolongement, ce tableau de Victor Vasarely (1906-1997), intitulé City-Neu, Acrylique sur toile de plus de 8 mètres de longueur, signée en bas à droite, acquise en 1985.
A partir des années 60, Victor Vasarely réalise des illusions plastiques tri-dimensionnelles qui confondent et agressent la vision, comme on peut le voir ici. Cette période est connue principalement sous le nom de Folklore planétaire. Il met en relation des unités bicolores avec des formes de base comme le carré, le losange ou le cercle. Il souhaite ainsi créer un langage universel qui pourrait être accessible à tous. Ici, il associe le noir et le blanc, ainsi que leur dégradé à des formes carrées qui, mises en perspective, créent l’impression de volume et de profondeur. 

On a alors l’impression que ces formes bougent dans tous les sens, ce qui fait ressentir chez le spectateur une impression de vitesse. Tout fourmille dans cette toile, et c’est peut-être par ce biais que l’artiste a voulu décrire sa ville nouvelle, pleine de dynamisme. Par l’intermédiaire de ses œuvres, Vasarely ambitionne de dépasser la pièce unique afin que son art soit accessible et compris par tous.
Poursuivons en extérieur car, comme je le mentionnais au début de ce billet, l'art est partout à l'Unesco. On peut traverser L'espace de méditation qui a été conçu par l’architecte japonais Tadao Ando né à Osaka en 1941. Cette oeuvre d'art a été commandée pour symboliser la paix et commémorer le 50ème anniversaire de l’adoption de l’acte constitutif de l'Unesco. Elle fut choisie parmi les projets de nombreux architectes du monde entier et a été financée financée grâce à de nombreux donateurs japonais. C'est la première réalisation architecturale de Tadao Ando en France.

Cet endroit, inauguré en octobre 1995, fait en quelque sorte office de chapelle pour toutes les religions. On peut à cet égard s'étonner que personne n'y ait pensé plus tôt. Le sol et le bassin sont réalisés en granit irradié d’Hiroshima (le 6 août 1945, puis décontaminé) sur lequel l'artiste a posé une structure cylindrique de 33 m² en béton brut de décoffrage. L'ensemble invite le visiteur à se recueillir sur l’horreur et lui propose de méditer sur le pouvoir destructeur de l’être humain.

Le motif de la solitude a une grande importance dans l’œuvre de cet architecte autodidacte (primé à de multiples reprises) et entre en résonance avec son histoire personnelle.
L’espace de méditation peut être traversé par ce chemin sans aucune porte à pousser, mais le seuil de la lumière à la pénombre marque le passage. A l’intérieur, le visiteur peut s’arrêter et s’asseoir sur une des 4 chaises en en tôle galvanisée, offertes par l'artiste, dont le dossier est extrêmement haut et rigide, obligeant à se tenir très droit, dans une pose solennelle et cadrée. Le regard se porte alors vers le haut du cylindre. Le plafond est composé d’une dalle circulaire qui ne fait pas toute la totalité du cercle, laissant entrer un flux circulaire de lumière. On retrouve ainsi le subtil usage de la lumière chère à Tadao Ando en lien avec la spiritualité propice à un lieu de méditation qui dit-il "avec cet espace exigu, a essayé d’exprimer la cohabitation pacifique sur terre".

Tadao Ando a réalisé son premier chantier à 14 ans en agrandissant la maison de sa grand-mère chez qui il vivait. Après être devenu boxeur professionnel à 17 ans il décida d'apprendre seul l'architecture, ce qui est extrêmement rare au Japon. Il sera influencé par Le Corbusier ou Frank Lloyd Wright. Il créé à Osaka sa propre agence, commence par de modestes maisons et se fait connaître en 1976 avec sa "Row House", minuscule, construite sur un terrain de 58 m². Profondément marqué par le tremblement de terre de Kobé, survenu en janvier 1995, et qui avait touché en particulier le quartier de ses premières réalisations il obtiendra la consécration dans son pays en 1997.
On débouche ensuite sur une sorte de place (la Terrasse des délégués). La Jeune fille en bottes de Churyo Sato (1912-2011), considéré comme l’un des meilleurs sculpteurs japonais, représente jeune fille en pied vêtue en vêtements modernes, jambes nues et chaussant des bottes. Elle a les mains sur la taille et regarde vers sa gauche, en esquissant un léger sourire. Cette sculpture réalisée en 1984 (donnée par le Japon et l'artiste en 1987) est une image caractéristique d’une période où la femme tente de plus en plus de trouver sa place dans la société. Cependant, ses airs de garçon manqué ne font que mettre un peu plus en valeur ses formes féminines. Cet artiste fut le premier japonais à exposer au Musée Rodin à Paris.
Sur le mur situé derrière cette sculpture on remarque L'ange de Nagasaki au sujet duquel une plaque de cuivre explique que ce petit bout de statue (40 cm) d'un artiste anonyme fut miraculeusement épargné au moment de l'explosion, le 9 août 1945, de la bombe atomique sur Nagasaki qui détruisit l'église d'Urakami dont il ne subsista que cette tête d'ange. Elle a été donnée par la ville de Nagasaki à l'Unesco pour le 30° anniversaire de l'organisation en 1976.
La terrasse est un endroit où le personnel aime à se retrouver. Il n'y a pas encore longtemps il pouvait s'asseoir sur le banc offert par la Colombie Britannique mais de ce long Cèdre rouge labellisé Forêts de Mac Millan Bloedel (le plus grand producteur mondial de bois d'œuvre résineux et de pâte à papier, leader mondial des emballages) ne subsiste pus que le dossier. Les poufs géométriques de pierre seront plus résistants ...
La Fontaine de la paix annonce le Jardin Japonais dont l'architecte Marcel Breuer passa commande au sculpteur et designer américain Isamu Noguchi (1904-1988) dès la conception du siège de l'Unesco. Elle fut offerte par le Japon dans le cadre de la donation globale du Jardin japonais. Il est inhabituel de la photographier de profil mais cet angle permet de voir comment la pierre a été posée dans l'eau.
L’artiste a incisé le mot "Paix", en caractères japonais sur le bloc de granit de plus de 3, 50 mètres de hauteur et d'un poids de 7800 kilos, et cela à l’envers pour que le mot se reflète dans le bon sens dans l’eau qui coule au pied. L'oeuvre joue sur les vides et les pleins ainsi que sur la spatialité des formes isolées. Elle fait partie d’un ensemble de pierres ayant chacune un sens mystique : la pierre Titulaire, la Petite Montagne de la cascade, le versant de la Montagne, la Plage de Sable, la Montagne Proche et la Montagne éloignée, la Pierre d’Adoration…
Historiquement, ce jardin, appelé aussi Jardin de la paix, est très important parce qu’il est le premier créé par un sculpteur et non par un jardinier. L'artiste est venu ici physiquement et il a formé son (vieux) jardinier lui-même.
Situé au pied des bâtiments ce jardin occupe 1700 mètres carrés de terrain. Il offre un havre de paix et de méditation en plein cœur de Paris. Un ruisseau, un lac, un pont, des arbustes et des arbres composent cette rigoureuse création. Les cerisiers, pruniers, magnolias ont été importés du Japon par des jardiniers spécialisés qui sont venus aider l’artiste dans la réalisation de son œuvre. Notons que selon la tradition les pierres sont plantées comme des arbres.
Chaque pierre, chaque herbe, chaque cours d’eau a sa propre place et est intégré à cet ensemble dans une logique d’harmonie et de sérénité. Chaque détail à été réfléchi pour lui-même et dans son rapport avec les autres éléments et ne peut qu’entrainer la contemplation.
Isamu Noguchi est né à Los Angeles, le 17 novembre 1907 d’un père poète Japonais et d’une mère écrivain Américaine. Il a grandi au Japon et c’est en 1922 qu’il est parti pour New York avant de s’installer à Paris en 1927, où il intègre l’atelier de Brancusi. Son travail est influencé à la fois par les sculpteurs avant-gardistes qu’il fréquente ainsi que par l’art traditionnel asiatique. Il se déplacera toute sa vie entre les États Unis, l’Europe, le Japon et le Mexique.
On découvre, après avoir entièrement traversé le jardin, Les Rythmes d'eau sont une mosaïque monumentale créée en résonance avec le jardin japonais dans le cadre de la construction du bâtiment par Jean Bazaine (1904-2001). Elle est constituée de tesselles de différents matériaux comme l’émail et la pierre, de pose et de taille inégales pour jouer avec la lumière.
Bazaine était particulièrement sensible à l’expressivité des matériaux, et il a imaginé ici, avec l’aide du mosaïste Maximilien Herzélé, des ensembles bleus, blancs/gris, rouges et jaunes/orangés sur une longueur proche de 10 mètres. Lorsque l’on s'approche, on découvre que chacune de ces formes a été composée à l’aide de plusieurs couleurs. Dans les formes rouges, on trouve des tesselles rouges, bordeaux, violettes. Ainsi par l’association de différents matériaux et couleurs, la mosaïque est vibrante comme peut l’être l’eau.

Bazaine a médité sur la démarche du peintre, qui est censé allier le geste créateur à la quête du sacré, et son œuvre est chargée de valeur émotionnelle tendant à rejoindre le religieux. Il a orienté ses recherches vers les natures mortes, la figure humaine, les paysages et les arbres avant de s’intéresser aux quatre éléments (l’eau, la terre, le feu, l’air) qui sont à l’origine du monde. Ses œuvres ont toujours un lien avec le réel et il affirmait haut et fort refuser l’abstraction pure.

Bazaine avait commencé par la peinture, mais était très à l'aise aussi avec la mosaïque et le vitrail, qu'il appréciait tout particulièrement pour son interaction avec la lumière. Il réalisa notamment des vitraux la cathédrale de Saint-Dié-des-Vosges (1984-1986). Comme mosaïste, outre celle de l'Unesco il réalisa l'intégralité d'un pan de mur du foyer B, dans la partie arrière gauche de la Maison de la radio en 1963. Rugueuse, pressée en ses rythmes qui évoquent la forêt, l'écorce, la roche travaillée par l'onde, cette oeuvre justifie son titre d'Envolée musicale. Et puis en 1970 une mosaïque pour le Sénat (Palais du Luxembourg), et la décoration en lave émaillée des murs et de la voûte de la station de métro "Cluny-La Sorbonne"où il place deux immenses oiseaux, l'un bleu, l'autre rouge, de chacun 20 mètres de long. Il imagine a coté d'immenses graffitis représentant les signatures de tous les grands noms qui ont fréquenté cet endroit, Hugo, Sand, Pascal, Robespierre, Rabelais, Verlaine  ... et même le roi de France Saint Louis. Il ne faut pas confondre avec les 620 mètres carrés de Claude Maréchal le long des couloirs et qui comporte notamment un coq, un paon et un astre solaire.
En poursuivant et après avoir traversé le Square de la Tolérance, dont j'ai parlé plus haut, on arrive sur une pelouse d'où surgissent cinq sculptures monumentales mobiles en métal noir, avec extrémités des bras colorés qui sont les Signaux Eoliens de l'artiste grec autodidacte Vassilakis Takis (1925-2019), offert par la Grèce en 1993.
Les cinq structures, caractérisées par leurs formes épurées et leurs couleurs primaires, chères à l’artiste, sont mobiles et en perpétuel mouvement, grâce à l’intervention du vent. On ne peut que constater la force poétique de cette œuvre à travers la force créatrice développée par cet artiste qui souhaitait montrer l'invisible, le vent, et comment le traduire mieux que par le mouvement.

Les premiers « Signaux » de Takis datent de 1954, au moment où il intègre l'atelier de Brancusi, et sont constitués de tiges faites avec des cordes de pianos qui créent des vibrations musicales lorsqu’elles s’entrechoquent au contact du vent. C’est à partir de 1980 qu’il commence à les produire en grand format et à les installer à l’extérieur, reflétant son intérêt pour l’environnement urbain. Il a également installé une forêt de ses "éoliennes" sur la Place de la Défense à Paris, entre 1984 et 1987.

Ses premières œuvres rappelaient l'art antique et les personnages filiformes de Alberto Giacometti (1901-1966), avant d'évoluer vers des formes toujours plus épurées. Justement, un Homme qui marche I, daté de 1960 et d'une hauteur de 95 cm est placée à l'intérieur du hall. Elle a été acquise par l'Unesco en 1969.
Devenue le symbole de l'humanité, forte dans sa fragilité car elle avance, cette sculpture serait l'oeuvre la plus estimée 12 000 Francs à l'origine, aujourd'hui équivalent à 100 millions d'euros. 

Impénétrable et pourtant si troublant, venant de quelque part et se dirigeant vers un ailleurs, l’homme de Giacometti ne possède aucun trait personnalisable. Il n’est vêtu que de sa peau étrangement bosselée. Par cette absence d’identification de son visage, le personnage exalte une portée universelle qui exerce sur le spectateur une intrigante fascination.
Plusieurs maquettes permettent de visualiser l'ensemble des bâtiments y compris ceux que nous n'avons pas visités. À l'origine, en 1946, l'organisation rassemblait une trentaine de pays et n'avait aucun diplomate mais des "personnalités ambassadrices", comme le fut par exemple très longtemps Charles Aznavour.

L'administration se trouvait alors dans l’ancien hôtel Majestic dans le 16e arrondissement de Paris.  Devenus trop étroit on décida de construire un bâtiment spécifique. Il fut question de faire une tour, comme à New York, mais ce quartier haussmannien n'y était pas prêt. Les architectes ont choisi en quelque sorte d'étirer le bâtiment comme une étoile à trois branches de sept étages.

Le siège de l'Unesco est inauguré en 1958, au 7/9, place de Fontenoy, dans le 7e arrondissement de Paris, qui est toujours son siège actuel avec plus de cinquante bureaux, plusieurs instituts et centres dans le monde entier.
Quand il fallut construire des bâtiments supplémentaires les architectes ont choisi de les enterrer (photo de droite). Ce sont des lieux de travail que l'on ne visite pas. Les anciens bâtiments sont en restauration constante progressive.

l'Unesco possède à ce jour le plus riche patrimoine artistique des Nations Unies. Les œuvres actuellement exposées dans les bâtiments de l'Unesco témoignent de la richesse de la diversité artistique du monde entier et qui s'étend sur plus de 6000 ans d'histoire. La collection s'enrichit continuellement au fil des années grâce à la générosité des Etats membres qui souhaitent mettre en valeur le Siège de l'Organisation tout en respectant les capacités et les contraintes de son cadre architectural.

Ce patrimoine artistique a vu ses débuts à l'occasion de la construction du Siège et pour lequel fut mis en place le Comité pour l'Architecture et les Œuvres d'art en 1956, afin de choisir parmi les artistes contemporains de l'époque, ceux qui seraient chargés d'orner le bâtiment de leurs œuvres. Parmi les 11 oeuvres entrées en 1958 nous n'avons pas eu le temps d'aller voir la sculpture en cuivre de Jean Arp (1886-1966) intitulée Constellation Unesco exposée sur le mur extérieur de la bibliothèque à partir de 1958, avant d’être déplacée à l’intérieur dans les années 1970, et exposée dans le hall du Conseil exécutif. Pour ce relief monumental, Arp a conçu une composition ouverte constituée de quatre éléments en cuivre, librement mis au mur "comme des chapeaux, qui se laissent soulever", selon ses propres paroles. L’arrière-plan choisi au hasard, le mur, joue en tant qu’élément du relief, le rôle de support et de fond.

Nous n'avons pas vu non plus le Jardin de l'Espérance de l'artiste italien Afro Basaldella (1912-1976), une peinture à l'huile sur toile marouflée, signée et datée en bas à droite "Afro 1958", destinée à la décoration du 7e étage.

L'oeuvre d’Afro représente l’espoir d’une humanité qui réchappait de l’horreur en 1945 : sortir du chaos, laisser derrière soi la barbarie, à la recherche de l’harmonie et la joie. Cet espoir se mue en résolution dans la Charte des Nations Unies, qui commence ainsi : "Nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre…".

Les artistes ont toujours porté un message de vie, d’énergie et d’espoir, ne serait-ce que par la seule force de création qu’ils incarnent. Le tableau d’Afro ne représente pas le jardin de son titre ; il ne fait que l’évoquer, par son manque même. Le chemin vers le jardin est sans doute long et difficile. Ou alors, serait-ce que le chemin lui-même est jardin ?

Pas davantage non plus la fresque du mexicain Rufino Tamayo (1899-1991), Prométhée apportant le feu aux hommes, signée en bas à droite Tamayo 9-58 pour la décoration de la Salle II et qui fut réalisée sur place, sur les échafaudages, en affrontant le mur et la peignant à vif sur le plâtre. 

La peinture de Tamayo est finalement devenu une exaltation du rouge par ses diverses nuances, les carmins, les vermillons, qui montrent le feu comme quelque chose de vivant. pour, selon les propres propos de l'artiste, illuminer les esprits de ceux qui se sont attelés au gigantesque travail d’unification du monde à travers la culture.

Rufino Arellanes Tamayo naît le 26 août 1899 à Oaxaca (Mexique). Orphelin en 1911, il déménage à Mexico City pour vivre avec sa tante. Tout en étant inscrit dans une école de commerce, comme le voulait sa famille, il suit des cours en art à l’Académie San Carlos de Mexico City à partir de 1915. Simultanément, il travaille au Musée National d’Archéologie de Mexico City, où il est introduit à l’art précolombien. Arrêtant ses études en 1917, il devient assistant du peintre mexicain Roberto Montenegro (1887-1968).

Tamayo a retrouvé la dimension fantastique de l’art dans le prolongement d’autres artistes comme Pablo Picasso (1881-1973) et Joan Miro (1893-1983) ou en se référant à l’art précolombien, chargé de légendes et d’animaux mythologiques. Pendant ces mêmes années, la renommée de l’artiste devient internationale et il expose régulièrement à New York, Paris, Buenos Aires et Tokyo. La première rétrospective de Tamayo a lieu en 1948 à l’Institut de Beaux-Arts à Mexico City.

En 1957, l’artiste s’installe à Paris, rentrant définitivement dans son pays natal seulement en 1964. Dans les années 1970, Tamayo et les artistes Luis et Lea Remba mettent au point une nouvelle technique graphique : la « mixographie ». Cette technique consiste à obtenir un relief plus haut ou plus bas dans une gravure, pour un effet semblable au relief dans une peinture. En 1981, l’artiste fait don de 315 de ses oeuvres au Musée Rufino Tamayo fondé la même année par Abraham Zabludowsky (1924-2003) et Teodoro González de Léon (1926-) et situé à Mexico City. Après avoir atteint l’âge de 92 ans, Rufino Tamayo s’éteint le 24 juin 1991 à Mexico City (Mexique).

Je n'ai pas davantage vu la peinture murale, huile sur toile marouflée de Roberto Matta (1911-2002) intitulée La plus grande ouverture sur le cosmos de 245 x 550 cm qui fait partie, avec celles de Afro Basaldella et de Karel Appel, des peintures choisies à l’origine de la construction du bâtiment Fontenoy pour la décoration du 7e étage.

Cette peinture murale, avec son espace architectural original, révèle un "esprit d’utopie" appelé à favoriser, selon ses propres dires, "la plus grande ouverture sur le cosmos". Le désir et Eros sont les lignes de force de ses compositions cybernétiques où les insectes, les larves, les totems, les machines étranges composent un délire monumental parfaitement maîtrisé. Les œuvres de cet artiste chilien, considéré comme "le dernier des surréalistes", forment une saga révolutionnaire qui suit les mouvements de lutte, à travers le monde, contre les impérialismes et les atteintes à la liberté humaine.
Il est certain que la visite de l'Unesco ne peut s'effectuer en une fois. Celle-ci s'est achevée avec une dernière sculpture, en tôle d'acier peint avec élément en bronze, n'a pas de titre. Elle a été donnée en 1993 par le Danemark et se trouve à ce qui est désormais l'entrée principale, place de Fontenoy.
Elle a été réalisée par Robert Jacobsen (1912-1993) particulièrement connu pour ses structures de lignes simples en fer peint en noir. Son travail, influencé par la culture Viking danoise ainsi que par l’art africain, est devenu de plus en plus simple et géométrique avec le temps, comme le démontre cette sculpture qui, comme toujours est la traduction d'un rythme entre l’espace vide et les formes. Lui aussi fut membre membres du groupe CoBrA.
J'ai remarqué en partant que deux drapeaux flottaient malgré tout à cette entrée/sortie dont celui des Nations Unies.

Vous pouvez vous aussi effectuer une semblable visite guidée avec un guide conférencier, qui vous accompagnera pour cette visite insolite, tout en vous expliquant les missions, les projets et l’impact de cette institution spécialisée, toute l'année à partir du 5 octobre 2019. Consultez les disponibilités sur www.cultival.fr

Pour ceux qui ne connaitraient pas cet organisme je précise que 18 années d'existence en font le leader francilien des visites culturelles. Partenaire privilégié de l'Opéra Garnier depuis plus de douze ans, Cultival propose aujourd'hui la visite inédite de plus de 25 institutions et sites culturels à Paris et en Ile de France (la Garde républicaine, le Musée Yves Saint Laurent Paris, la Philharmonie, le Stade de France...). Découverte de coulisses, visites guidées ou balades au sein de monuments habituellement fermés au public pour des milliers de visiteurs.

La Maison de l’Unesco s’ouvre désormais davantage au public, à l’instar des sièges de l’ONU à New York et à Genève. Elle propose chaque année plus d’une centaine d’événements culturels (spectacles, concerts, expositions) et de conférences-débats gratuits. Elle est aussi présente aux grands rendez-vous culturels (Journées européennes du patrimoine, Nuit blanche, Journée des Nations unies, Nuit de la Lecture, Nuit des musées, etc.) et accueille aussi de manière croissante des collégiens et des lycéens.

Enfin je signale que j'ai puisé la plupart des renseignements sur les oeuvres sur le site de l'Unesco.

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