mardi 3 mars 2009

Passion THEATRE selon Marc Jeancourt

Je connais Marc depuis presque dix ans et pourtant je suis certaine qu’il me surprendra encore longtemps. Parce qu’il a cette rare qualité dans le monde du spectacle d’être la discrétion personnifiée. Jamais il ne parle de lui. On sait peu de choses de cet homme qui, pourtant, a lancé des projets « incroyables ».

Comme ce festival estival qui a existé une dizaine d'années sous le nom des Tournées océanes. L’objectif était de proposer à un public qui n’était pas pour autant préparé à venir au spectacle (quand on a passé la journée à se rôtir au soleil … sur les côtes de Vendée et de Loire-Atlantique) des créations de petites compagnies mais aussi des spectacles produits ou co-produits par des structures plus institutionnelles. Une aventure qui est restée palpitante dans le souvenir de Marc Jeancourt .

Il a conservé de cette époque l’état d’esprit qui lui permet de diriger avec simplicité l’immense « Théâtre Firmin Gémier/la Piscine/Scène conventionnée ». L’expression, déjà complexe, est loin de la réalité puisqu’il faudrait inventer un mot qui inclurait aussi l’Espace Cirque et même le Festival Solstice, lequel migre de plus en plus loin chaque nouvelle saison.

Sur la carte de vœux de l’équipe on lisait : trois lieux pour vivre ensemble de magnifiques moments éphémères. Sous la plume de Marc c’était, en septembre, un théâtre à trois cœurs pour quatre passions que sont le théâtre, le cirque, la danse et la musique.

Avant d’être le patron de ce grand « radeau » Marc Jeancourt en était l’administrateur. Il est donc devenu un directeur heureux, sur le plan artistique, avec la possibilité d’accueillir davantage de spectacles de théâtre ou de danse parce que la seule salle du Théâtre Firmin Gémier imposait de lourdes contraintes techniques, notamment quant à la hauteur des décors. Il va aussi pouvoir offrir au public une programmation musicale plus large car la salle de La Piscine est modulable et peut se transformer en « vraie » salle de musique. Et puis une petite salle, qui s’appelle le pédiluve, se prêtera admirablement à des concerts intimes de chanson, de musique du monde, de jazz, parfois de classique.
On compte désormais plus de 100 représentations sur une seule année et l’équipe est aujourd’hui composée de 20 permanents (auxquels il faut rajouter naturellement les innombrables intermittents, notamment techniques).

Les retours des professionnels du spectacle qui ont eu la chance de visiter ou de se produire à Châtenay sont très positifs . Il se murmure que c’est une des plus belles salles de la région. Les techniciens de Michel Fugain, premier chanteur à s'être produit sur scène le 11 avril 2008, lors du festival Chorus ont jugé l’acoustique parfaite. Une opinion qui n'a pas été démentie depuis.

Après une maîtrise d'Administration Économique et Sociale et un DEA d'Histoire Contemporaine Marc Jeancourt a mené un travail de recherche pendant trois ans à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales sous la direction de Pierre Nora. Il a fait une école d’acteurs (Périmony) suivie de nombreux stages. Marc est un animateur au sens propre du terme (celui qui met de l’âme). Il réfléchit sur le rapport que les gens de spectacle doivent entretenir avec le public. Il aimerait que se multiplient les possibilités de rencontres : assister aux répétitions, participer à des stages ... Un partenariat se développe déjà avec les médiathèques voisines.

S’il impulse les choses, toujours avec extrêmement de douceur, il ne pourrait rien faire seul et on sent combien il aime travailler avec son équipe (et réciproquement). C'était palpable en septembre quand j'avais bavardé avec lui le jour de l'inauguration officielle. Il était ce jour-là en peignoir de bains comme tout le monde.

Son carnet d’adresses est stupéfiant et Marc témoigne en chaque début de saison d’une connaissance très fine des compagnies théâtrales et du spectacle vivant dont il est un ardent promoteur. Il entretient avec les metteurs en scène des relations très fidèles pour la plus grande satisfaction du public. La confiance régit ses rapports de travail. Ce n’est pas lui qui se répandrait en anecdotes croustillantes sur des célébrités.

Il est resté comédien et apprécie à sa juste valeur le stress des planches en remontant régulièrement sur scène. Il reprend cette année le costume pour jouer dans la Puce à l’oreille le « petit rôle » d’Etienne. Petit mais essentiel, car personne n’est inutile dans le monde du spectacle. Marc le fait avec tout le sérieux nécessaire. Il s'est laissé pousser de longues moustaches pour l'occasion. La pièce de Georges Feydeau, mise en scène par le new-yorkais Paul Golub, (qu'il a connu non pas en Amérique mais au cours d'un stage) sera à l'affiche de la Piscine du 13 au 22 mars. S’il affectionne de se trouver dans cette position c’est fort probablement parce que jouer la comédie lui permet de garder les pieds sur scène, et d’éviter d’avoir trop le nez dans les étoiles.

Voici une brève bande –annonce pour vous donner d’ores et déjà un petit avant-goût de ce spectacle sur lequel je reviendrai bientôt.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Chère Marie-Claire,
Comme tous les mardis depuis ce début d'année, le bibliothèque ferme à 21 heures et je trouve enfin le temps de lire une partie de tes articles. Le portrait de Marc Jeancourt est très ressemblant. Je l'appelle souvent "l'homme-orchestre", tant il réussit à mener de front un grand nombre d'action, inventant toujours de nouvelles formules. Il a gardé l'esprit du TNP (Téâtre National Populaire), celui de Firmin-Gémier, de Jean Vilar, de Gérard Philipe... Mais comme tu le dis si bien, sans jamais faire de bruit. Chapeau bas, Monsieur Jeancourt à vous et à votre si sympathique équipage! Bon vent, bonne route...sur les chemins et les courants de la création.
Marianne

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