vendredi 21 février 2020

Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde

J’ai été extrêmement surprise par Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde dont beaucoup de personnes m’avaient dit le le plus grand bien mais sans me préparer à ce que j’allais voir.

De ce fait, le spectacle qui se déroulait sous mes yeux m’a déroutée parce que je n'avais pas imaginé, pas une seconde, que Laetitia Gonzalbes (autrice et metteuse en scène) avait écrit une fiction. J'aurais dû lire ce qu'on en disait avant de m'y rendre mais je voulais garantir mon impartialité.

Et ne pas me laisser influencer par le réalisme de l'affiche.

Et pourtant dieu sait combien les deux comédiens sont exceptionnels, le mapping prodigieux et d'un esthétisme rare, les chorégraphies extrêmement soignées, les ombres chinoises très suggestives, les mimes et bruitages très réussis. Je suis sûre que j'aurais adoré si j'avais été mise en garde. Je ne me serais sans doute pas agacée d'entendre la chanson J'irai revoir ma Normandie sous prétexte que l'homme est né à Honfleur. J'aurais sans doute supporté la danse de la comédienne, nue sous un voile, alors que la voir ainsi considérée comme un objet m'a prodigieusement agacée. 

Ça commence avec une partie de cache-cache alors que l’on reconnaît évidemment la musique de Gymnopédie No.1 que le musicien a tout de même composé à seulement 22 ans. Ça continuera avec un parapluie et de l'eau qui coulera et ça se terminera sous la pluie et sans parapluie. Rien d'étonnant à ce que l'artiste soit mort d'une pleurésie. Mais voilà que je déraille moi-même ...
Je ne suis pas davantage d'accord avec cette réplique, Nous sommes des loosers magnifiques. Je les trouve plutôt héroïques. Par contre Satie a raison de dire N’écoutez jamais les critiques !

Alors ne m'écoutez pas et faites-vous votre propre opinion. Soyez prêts à vous émerveiller de ce spectacle qui est une vraie prouesse. Tout cela a forcément un sens.
Prenez-le comme une fiction pleine d’humour qui vous plongera dans la vie et l’œuvre du génial compositeur Erik Satie, artiste hors norme, avant-gardiste virtuose, qui composa des musiques aujourd’hui jouées dans le monde entier, telles les célébrissimes Gymnopédies. Il fit de sa vie un véritable roman, avec humour et légèreté, et fut l’ami des grands artistes de son époque : Debussy, Cocteau, Picasso... mais je crois qu'il n'aimait guère Poulenc.

Laetitia Gonzalbes est ce qu'on appelle une artiste plurielle, comédienne dès l’âge de neuf ans, metteuse en scène à quatorze, puis danseuse. Elle a joué dans des spectacles musicaux, a été modèle pour photographes... exerçant ses talents aussi bien sur scène qu’au cinéma ou à la télévision. Après avoir notamment travaillé sur les valeurs de la République, Péguy, Anna Karénine de Léon Tolstoï, elle a écrit et mis en scène Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde en réponse à une commande du Théâtre de la Contrescarpe.

Éducateur pour enfants autistes en début de carrière, Elliot Jenicot s’est très tôt formé à la comédie, au mime et au clown. Ses talents ont été applaudis dans des seul-en-scène multirécompensés. Il a souvent joué dans des café-théâtres, festivals de rue et music-halls à travers le monde. Mais il a aussi été pensionnaire de 2011 à juillet 2019 à la Comédie Française.

Anaïs Yazit (Anna) a fait ses premiers pas artistiques dès l'âge de onze ans en dansant : claquettes, danse contemporaine, hip-hop, modern jazz... et surtout flamenco. Elle a également commencé le théâtre très jeune, avant de compléter sa formation au cours Florent, dont elle est sortie en 2016. La jeune femme est aussi une excellente chanteuse de pop funk, rock et soul, de tessiture mezzo soprano.

L'illustration est signée de Suki qui réalise sa seconde collaboration avec Laetitia Gonzalbes en animant le spectacle de ses admirables illustrations projetées.
Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde
Une pièce écrite et mise en scène par Laetitia Gonzalbes
Avec Elliot Jenicot et Anaïs Yazit
Au Théâtre de la Contrescarpe - 5, rue Blainville - 75005 Paris
Depuis le 3 octobre 2019
Du mardi au samedi 19 à heures

Les photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue sont de Fabienne Rappeneau

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