samedi 2 janvier 2021

Réveillon avec Christelle Chollet

Gloire à vous si vous respectez les consignes et que vous passez le réveillon du 31 chez vous. Ce n'est pas une raison pour le vivre tristement. J'étais ce soir-là avec Christelle Chollet grâce au Live Streaming programmé à 20 h 30 depuis le Théâtre de la Tour Eiffel (Tarif unique 10 €).

L'humoriste avait promis de faire un Best-Of de tous ses spectacles, de l’Empiafiée à N°5 de Chollet ... en attendant d'aller l'applaudir "pour de vrai" dans ce joli théâtre où j'avais apprécié un Tour du monde… et où son cinquième spectacle devait reprendre début novembre 2020.

Il se trouve que je ne voulais pas braver le couvre-feu et que donc j'étais disponible le 31 décembre pour voir le spectacle, même si via Internet le plaisir ne serait pas le même. J'avais tout de même anticipé qu’avec une artiste comme elle ce serait plus facile de supporter la distance que pour les pièces de théâtre qui nous sont proposées en virtuel. J’avais envie de soutenir cette initiative. Voilà comment je me suis installée face à elle dans mon fauteuil après avoir lancé le lien internet personnel qui me permettait d'assister au spectacle depuis mon ordinateur, (mais j'aurais pu tout autant utiliser une tablette, un smartphone ou la télévision) en respectant son injonction : "On fera ça chez vous, parce que chez moi c'est pas possible!"
Christelle aura rempli son contrat, en nous offrant avant-hier, quelques moments de félicité à travers un spectacle marqué par la spontanéité, sans rien concéder au sérieux.

Elle s'était défendue de reprendre des grands succès d’Edith Piaf mais .... comme on dit, chassez le naturel ...

Il y eut aussi ce medley de musiques publicitaires dont tant d’entre nous se souviennent. Le Qu’est-ce que tu bois doudou dis donc pour une boisson aromatisée aux fruits, les collants Dim, Findus, le petit train accompagnant une livraison de café en grains ... et la chanson Ricoré pour ceux qui ne consomment pas de caféine.

On aura appris que lorsqu’elle était adolescente elle appartint à un groupe de hard-rock sans renoncer aux mélodies de Guy Béart.

Elle ne ressemble que vaguement à Mylène Farmer mais elle est assez épatante en reprenant Sans contrefaçon avant de se lancer dans une pseudo Masterclass de claquettes dont elle nous confie le secret (bruiter la danse avec des claquements de langue) pour l’interpréter avec n’importe quelles chaussures. Elle n’impressionne pas le bouledogue qui traverse alors nonchalamment la scène.

Comme nous, la chanteuse reconnaît que les rues lui manquent, particulièrement quand elle pense à La boite de jazz de Michel Jonasz.

Il y aura un bref moment que je ne validerai pas : la voir lamper le champagne au goulot. Même si le geste s’accorde avec sa reprise d’une chanson d’Amy Winehouse. Il ne fallait pas louper sa version de Vierzon de Jacques Brel. Aucun doute que la petite blonde en a sous le capot ! On a envie de la suivre quand elle nous intime l’ordre : "Chauffez chez vous !"

Elle est chanteuse, mais aussi humoriste. Sous couvert d’un hommage aux grands de la chanson que furent les Compagnons elle revisite Les trois cloches en les personnifiant sous les traits de Macron/Casteix et Véran. Elle enchaine ensuite avec une version customisée de Comme d’Habitude. Elle ose tout, du blues de la dame-pipi ou une parodie de Véronique Sanson.

Rien, la môme ne regrette rien. Et surtout pas le cadeau que son mari lui a offert pour Noël, un auto-tunnel qui fait la voix de petit robot qui pleure. Et la voilà qui balance un coach de The Voice qui l’utilise. Elle assure avec La boulette de Diam’s qu’on entend toujours avec grand plaisir invoquer la génération nan-nan. Mais c’est encore avec We will rock you qu’elle est la plus bluffante avant d’enchaîner sur un autre grand succès de Piaf, un Padam-Padam lui aussi très rythmé.

Sa voix grimpe dans les aigus pour un Mistral gagnant a capella. L’heure est passée très vite. Il est temps de féliciter les musiciens, en sollicitant Mathieu à la régie pour qu’il lance de faux applaudissements puisque nous ne sommes pas sur place pour faire du bruit, mais ce moment reviendra.

Christelle Chollet est superstitieuse comme la plupart des artistes. Alors elle n’osera pas souhaiter une bonne année. Mais elle aura brillamment démontré combien The show must go on. On se quittera avec Cette année-là dont elle a enregistré auparavant une version bien à elle, en compagnie de son chien.
Espérons que bientôt nous pourrons aller la voir en chair et en os au Théâtre de la Tour Eiffel ! Cette fois le show ne sera pas "rien que pour nous" mais on aime cette artiste épatante et on peut la partager. Je suppose que rien ne sera tout à fait comme avant et que son N°5 n'en aura que davantage de parfum, enrichi de nouveaux 
sketchs, tubes, et improvisations.

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