mercredi 10 septembre 2008

Bérangère Claire, la styliste sarregueminoise, coqueluche des parisiens et des japonais « branchés »

Bérangère Claire est une styliste qui compte de plus en plus dans l’univers des créateurs qui ont la cote auprès des jeunes. J’avoue que j’ai découvert ce nom sur une liste de personnalités lorraines. (J'ai eu l'occasion de vous confier que j'écrivais des portraits pour le blog du Comité régional de tourisme de Lorraine. Et je reprends ici le dernier que j'ai publié). Quelques clics plus tard, Internet me révélait l’ampleur du succès de cette jeune trentenaire. Une conversation avec des adolescents acheva de me convaincre du phénomène. La preuve que sans moyens financiers importants on peut encore réussir. La recette tient en quelques lignes :
  • Conjuguer travail, talent et carnet d’adresses.
  • Mobiliser famille et amis.
  • Utiliser intelligemment les outils de communication électronique
  • Suivre ses intuitions (ce que d’autres appelleraient avoir de la chance) et adopter une attitude positive.

Sa maman tient une boutique de prêt-à-porter à Sarreguemines. On pourrait croire que Bérangère Claire était donc prédestinée à devenir créatrice. Elle entreprend les études de stylisme dont elle rêve à ESMOD. Elle évolue ensuite comme assistante costumière et styliste dans des chaînes de télé (Comédie, Canal + et MTV). Elle a un bon coup de crayon. Mais le vrai déclic, c’est à New-York qu’elle va l’avoir, en apercevant dans une vitrine une chemise qui correspond à ses rêves mais qui n’entre pas dans son budget. C’est à cette frustration que ses compétences vont s’atteler. Elle se souvient :

Après 6 mois aux Etats-Unis j’ai installé un atelier chez mes parents, à Sarreguemines avec deux machines à coudre. J’ai dessiné mon logo. Puis douze modèles dans trois matières, autour de ces fameuses chemises à carreaux qui ont fait beaucoup parler. Je savais comment fonctionnaient les bureaux de presse. Alors j’ai créé un site sur Internet qui m’a très vite donné une image de professionnelle. Les commandes sont arrivées dans la foulée. Et de fil en aiguille, un an après, je suis revenue à Paris. J’habite Montmartre. C’est un pur hasard, mais j’adore ce quartier. Mon appartement me sert d’atelier et de showroom. Et ma troisième collection sort dans quelques jours.
La famille et les amis semblent avoir joué un rôle déterminant dans votre parcours…
L'aide de ma famille s'est faite tout simplement et naturellement. Je pense que comme pour toute entreprise qui démarre, on va chercher les premiers coups de mains dont on a besoin dans son entourage. C’est mon père qui expédiait les premières commandes. Ma petite sœur prenait la pose pour les photos comme un mannequin professionnel. Un ami a conçu le site, un autre m’aide pour la comptabilité.
Bérangère Claire travaille encore seule. Ses vêtements sont toujours fabriqués en France. Elle garde la tête sur les épaules et entend conserver sa ligne directrice. Mais elle ne serait pas opposée à une association avec La Redoute ou une autre chaîne de grande distribution pour quelques modèles, ce qui élargirait la démocratisation de la marque sans la dévaloriser. Actuellement, et bien que ses vêtements s’adressent à tout le monde, ils se situent dans une gamme de prix qui n’est accessible qu’à une certaine élite.

La plupart des vêtements sont rebrodés avec une tête de cerf sous une croix de Lorraine. C’est devenu l’emblème de la marque. Comment vous en est venue l’idée ?
Je suis très attachée à mes racines d’où la Croix de lorraine. Je voulais aussi que mon logo soit assimilé à un blason à l’instar des universités américaines. J’ai cherché quelle mascotte je pouvais utiliser. C’était de toute évidence une tête de cerf. A cause de la splendeur de cet animal présent dans nos forêts. (Berangère Claire prétend ne pas être superstitieuse et ne pas avoir de porte-bonheur. Mais je gage que ce cerf majestueux protège son succès.)
Que dire de votre style ? La première collection a été très remarquée par la présence de carreaux…
Mes vêtements sont des basiques que j’ai revisités. Dans des matières aussi simples que confortables : le coton, la laine, le cachemire ou le molleton. Mes goûts me portent vers tout ce qui est classique et formel. (Elle me confie que son rêve serait d’avoir un budget shopping illimité dans un grand magasin parisien et que son premier coup de cœur serait pour un sac Chanel… On imagine très bien). Je dessine surtout ce que j'ai envie de porter. Il me semble que c'est la meilleure façon d'être sincère dans la création en général. Je suis perçue comme pointue et très branchée peut-être parce que mes vêtements sont à la fois décontractés et habillés.
J’ai été sans doute une des premières à re-sortir les carreaux et je suis identifiée par cela. Il y a trois carreaux différents dans la première collection, quatre ensuite. Les carreaux peuvent se décliner à l'infini et je compte en avoir dans chacune de mes prochaines collections. Ceci dit, je ne suis pas visionnaire sur 10 ans, ce n'est donc pas une promesse! Il y en a en tout cas dans la collection Automne-Hiver 08 et il y en aura encore dans la collection Printemps-Eté 09. Mais je peux d’ores et déjà annoncer aux lecteurs que pour cette dernière collection, j'ai également utilisé des rayures pour certains modèles de chemise.
En voici la preuve en quelques photos, en avant-première pour les lecteurs du blog :





Et si vous deviez dessiner une robe de mariée ?

Jamais il n’y aura de robe de mariée dans mes collections. Ce n'est pas vraiment dans mes cordes. Mais mettons que si je devais en dessiner une, elle serait très simple, peut-être en voile de coton blanc.

Où peut-on trouver vos vêtements ?

Il y a 4 boutiques à Paris-région parisienne et 6 en province qui les distribuent (voir liste en fin d’article). Mais le site Internet demeure la plus grande vitrine. La collection Automne-Hiver y sera consultable à partir de la mi- septembre à l’adresse www.berangereclaire.com

Le succès ne semble pas avoir fondamentalement changé Bérangère Claire qui conserve la tête froide. Elle continue sa route, tout simplement. Comme des milliers de femmes elle avoue que le chocolat est son péché mignon. Elle m’a fait découvrir une spécialité lorraine, les mehlknepfle, qui sont des quenelles de farine que l’on fait aussi en Alsace. Il faut dire que Sarreguemines est limitrophe. A défaut d’imiter Bérangère Claire en couture vous pourrez réaliser sa spécialité préférée. Pour celles qui voudraient se lancer je joins le lien vers une recette simple, dénichée sur un blog : comme voulvoul

Liste des points de vente : A Paris et en région parisienne

Aimecube
7, rue Vauvilliers
75001 Paris

Adeline Affre
9, bis passage thiéré
75011 Paris

Loisaida
9, rue Tiquetonne
75002 Paris

Blackstar Drugstore
24, rue de France
77300 Fontainebleau

En province:

LeGrand Bag
2, Impasse de la Salle
51100 Reims

Abaka
6, rue de France
06000 Nice

Chocolate
1, rue de l'Horloge
Nîmes

Popeline
12, rue Nationale
57200 Sarreguemines

Mix et Tendances
39 rue Toussaint
49100 Angers

Supreme
16, rue Jean Eymar
05000 Gap

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