jeudi 14 mars 2019

Traits animés au musée de l’Illustration Jeunesse de Moulins

Il est possible que j'ai traversé un jour ce département pour aller plus au sud, la Nationale 7 fut un axe très emprunté, mais je ne pense pas m'être arrêtée à Moulins-sur-Allier, où il y a pourtant beaucoup à voir, comme en témoignent les photos de la seconde partie de cet article.

Arrêtons-nous d'abord au mij, autrement dit, en langage moulinois, au Musée de l’Illustration Jeunesse qui présente en ce moment l'exposition Traits animés, dont l'affiche est tirée d'un décor du Printemps de Mélie de Samuel Ribeyron.

C’est une exposition exceptionnelle et atypique puisqu'elle ne met pas en avant le résultat mais le processus créatif qui part du dessin pour aller à l’animation. Elle a été conçue de toute pièce par le musée, en partenariat avec l’École Émile Cohl et le studio Folimage, et il serait dommage qu'elle s'arrête juste avant l'été ... et bien entendu qu'elle ne voyage pas dans d'autres régions.

C'est à une immersion dans le monde du cinéma d’animation qui est proposée au public (adultes et enfants) à travers le parcours de 10 artistes ayant tous des univers singuliers, mais aussi par le biais d'ateliers qui permettent de comprendre comment faire naitre et grandir un film d'animation, jusqu'aux bruitages auxquels les visiteurs prennent beaucoup de plaisir à s'initier.

Ce musée a la spécificité d'être (pour le moment) surtout orienté vers les expositions temporaires. Les collections, constituées de 4000 planches, dont les plus anciennes remontent au XIX° siècle, ne sont que partiellement accessibles, en actionnant les tiroirs de quelques meubles à plans, à l'intérieur du cabinet d'arts graphiques qui ne révèle donc qu'une infime partie de cette richesse. On attend donc avec impatience la création d'un parcours permanent pérenne.
Dans le hall, les crayons de Jean Bourdin semblent soutenir la banque d'accueil. Il a semblé important aux commissaires, d'intéresser le visiteur en mettant à portée de main des Flip-books, que la famille entière a le droit de manipuler pour en animer les images.
Cette approche suscite l'intérêt pour les objets appartenant à l'époque du pré-cinéma et dont le principe est identique. Comme le phénakistiscope (1850) ... et le praxinoscope (1880) ...
... et la "fameuse" lanterne magique de 1885 évoqué par Marcel Proust dans Du coté de chez Swann. Les objets anciens sont sous vitrine mais il est toujours possible d'actionner un modèle et de ses rendre compte concrètement de son fonctionnement. En cela ce musée s'adresse vraiment aux enfants et non à un public de spécialistes.
Toute l'exposition permettra de découvrir les métiers qui gravitent autour du cinéma d'animation. les artistes qui ont prêté des matériaux n'ont rien refait. les crayonnés, les ébauches, les maquettes ... tout est authentique. Il a fallu tout de même les exhumer de cartons où ils s'étaient endormis et ce fut un énorme travail.
L'oeil du visiteur constate combien ces dessinateurs travaillent aussi en volume et utilisent n'importe quel support pour fixer leurs idées et trouver leurs personnages, y compris le papier journal qui, estime Damien Louche-Pelissier, le rend plus libre que la feuille blanche.
Cet artiste, qui a notamment fait naitre l'Enfant au grelot, un film devenu culte (et que je pourrais voir en boucle ...) fait partie de l'histoire du studio Folimage avec cette création mais aussi avec Patate ou le Jardin potager dont plusieurs personnages sont présentés en vitrine.
Il a reconstitué un banc-titre pour montrer comment on a pu tourner des scènes du Refuge de l'écureuil en restituant la profondeur du champ.
Quelle que soit la technique mise en avant (banc-titre, story-board ou bruitages) le visiteur peut visionner un extrait, assis confortablement, et en comprendre l'essentiel avec un extrait du making of et souvent manipuler lui-même plusieurs éléments. Une exposition sur l'animation sans extrait vidéo aurait relevé du non-sens. Le musée dispose même d'une salle de cinéma ... où se trouvaient plusieurs adultes affichant le sourire béat (et émouvant) de ceux qui se régalent.
On pense que c'est Walt Disney qui a réalisé le premier dessin animé. C'est inexact. C'est un français, Émile Courtet, dit Émile Cohl, (1857-1938), élève du caricaturiste André Gill, qui créa Fantasmagorie, projeté pour la première fois le 17 août 1908, au théâtre du Gymnase à Paris, pour la société Gaumont. Il en réalisa par la suite près de trois cents films.

L'école de dessin lyonnaise, ouverte en 1984, porte légitimement son nom et son credo est positif : le talent, ça s’apprend. Tous les artistes qui exposent au mij y ont été formés et/ou y enseignent. Il existe aujourd'hui en France un cinéma d'animation d'auteurs. Ce n'est pas un hasard si l'académie des Césars reconnait cet art en lui attribuant une récompense depuis 2011.
Le visiteur comprend aussi que malgré l'évolution des moyens techniques le crayon demeure le premier outil. Ainsi Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli ont usé 15000 crayons et 172 gommes pour faire Une vie de chat. C'est à eux que l'on doit aussi Les tragédies minuscules (illustration ci-dessus).
Comme je l'ai laissé entendre plus haut, le mini-studio de bruitages rencontre un grand succès. J'ai appris par exemple comment rendre le bruit des pas dans la neige en froissant la bande magnétique d'une vieille cassette audio.
L'exposition permet de découvrir les coulisses d’un film d’animation. De suivre les différentes étapes de réalisation et les techniques utilisées (papiers ou tissus découpés, illustrations, végétaux, objets en volume, pâte à modeler…). Elle met en valeur les métiers de l’animation : scénariste, responsable des dialogues, des recherches graphiques, chef décorateur, monteur, directeur du son… jusqu'à la gouacheuse, mot féminin même si la profession est exercée par un homme.

Elle témoigne de la force du lien entre l'école Emile Cohl et le studio de Folimage depuis l’époque où son fondateur, Jacques Rémy Girerd, était professeur à Emile Cohl. C’est cette relation créative qui a inspiré l’exposition présentée aujourd’hui, mettant en valeur le travail de dix réalisateurs : Gaël Brisou, Loïc Bruyère, Benoît Chieux, Alain Gagnol & Jean-Loup Felicioli, Jacques-Rémy Girerd, Sylvie Léonard, Damien Louche-Pélissier, Jean-Charles Mbotti Malolo, Laurent Pouvaret et Samuel Ribeyron. 
Traits animés au musée de l’Illustration Jeunesse de Moulins
Du 15 février au 16 juin 2019
26 rue Voltaire - 03000 Moulins

Il y a beaucoup de choses à faire avant ou après à Moulins et dans sa région. La liste qui suit n'est pas exhaustive et n'a pour ambition que de donner quelques pistes. Je dois d'ailleurs préciser que je n'ai pas eu le temps de les visiter, devant me contente de les apercevoir de l'extérieur.
Le jacquemart est tout à fait emblématique de la ville. Son nom peut s'expliquer de diverses manières, en particulier comme pouvant être la contraction de Jacques et de marteau. Il symbolise les franchises offertes dès le XII° siècle aux commerçants en recherche de liberté et qui ont participé à la prospérité de la ville. Le monument a souffert de deux incendies et fut reconstruit avec d'autres matériaux.

Autrefois le marché se déroulait au pied de la tour. Il s'est déplacé sur la place d'Allier. Mais on guette toujours les heures frappées par la famille. Jacques est le père, Jacquette la mère, et les deux enfants s'appellent Jacquelin et Jacqueline. Leur rôle consiste à frapper les quarts d'heure.
Les maisons anciennes voisines méritent d'être observées. La porte de celle-ci est soulignée de l'inscription d'une phrase de l'Evangile selon Saint-Luc : Quiconque entre dans cette maison, dites d'abord Paix, surmontée d'une frise de patère et de boeuf couronné, datant du XVIII°.
Le musée de la Visitation se trouve sur la jolie place de l'ancien Palais. Il regroupe des objets liturgiques et des pièces assez riches car les femmes qui rejoignaient cet ordre créé au XVII° siècle attirait des jeunes femmes fortunées.
Plus loin on peut -lorsqu'on se promène en ville avec quelqu'un qui connait bien la ville- oser pousser une porte et découvrir une cour intérieure qui joue le rôle d'un puits de lumière et d'une ventilation d'air frais.
Sur le plan culinaire on m'a parlé des palets d'or, confiserie de praliné et de chocolat, spécialité de la maison Serardy, des pâtés de pomme de terre, de la pompe aux gratins, sorte de brioche salée appréciée au moment de l'apéritif avec un verre de Saint Pourçain, AOP sur les trois couleurs (à consommer avec modération) depuis 2009. Le Charolais est aussi une terre élevage qui produit d'excellentes viandes. Il faut aussi citer les huiles et moutardes de Charroux et le fumage de saumons
L'actuelle cathédrale a été agrandie au XIX°. C'est en montant au sommet de la Tour Jacquemart qu'on peut le mieux l'observer. On remarque encore sur les vitraux les marques du gothique flamboyant. Les gargouilles sont magnifiques ainsi que les personnages qui ponctuent les deux balustrades. Elles ont été prolongées et seule la différence de pierre (le grès d'origine n'était plus suffisamment disponible) se remarque. Parmi les nouvelles sculptures se trouve une femme qui porte un chapeau à deux bonjours, appelé ainsi parce que sa forme est identique devant et derrière si bien qu'avec un léger mouvement de tête on salue aussi bien devant soi que derrière. 
La rue qui la borde est réputée pour être ventée et cette mise en garde est précieuse. Il faut dire que la ville est bâtie sur un promontoire pour la préserver de l'inondation du fleuve, et on peut dire que c'est réussi. L'église du Sacré-Coeur se profile entre les bâtiments.
Et sur la droite, c'est lia Tour du château, dit la Mal coiffée qui s'élève.
L'endroit fut une prison allemande pendant la Seconde guerre mondiale, Moulins étant en zone occupée, et les cachots sont encore criblé de graffitis. Leur visite est sans doute poignante.
La place suivante est bordée du pavillon Anne de Baujeu sur laquelle on voit les armes de Pierre et Anne de France. c'est maintenant un musée d'art est d'archéologie, avec deux momies et des collections de l’Egypte ancienne. Il partage son entrée avec celle de la Maison Mantin, léguée à la ville par Louis Mantin en 1905. Elle est malheureusement restée fermée près de 70 ans, et de gros travaux de restauration ont dû être faits.
Elle surprend par sa modernité. Elle fut la première à être équipée d'une salle de bains et à disposer de l'électricité (même si on propose parfois des visites à la lampe torche) et renferme toujours des objets fascinants.
Après avoir marché sur les cours sur douves on peut s'arrêter déjeuner chez Hervé Courtais (36 cours Jean Jaures) dont la Cuisine est référencée dans de nombreux guides.
La campagne est bien entendu un lieu de vacances possible puisque l'Allier a pour spécificité de disposer de plus de 350 gîtes ruraux. Histoire de visiter le village médiéval de Souvigny ou Bourbon-l'Archambault dont on dit que Stéphane Bern est tombé amoureux lors d'un tournage pour la télévision. Pour terminer il faut signaler Le Pal, situé à Saint-Pourçain-sur-Besbre. Créé en 1973, il est d'abord un parc zoologique, auquel s'ajoute ensuite un parc d'attractions en 1981.

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