J'anticipe mon départ pour le Mexique qui m'éloignera du blog. Je resterai présente par l'intermédiaire de "nouvelles" écrites auparavant et dont certaines ont déjà été publiées sur un autre média. Elles devraient apparaitre chaque mercredi.

jeudi 7 novembre 2019

Livres débordés de Lorena Velázquez au Centre Culturel du Mexique

Le Centre culturel du Mexique à Paris a quarante ans cette année. Il est la vitrine de la culture mexicaine sur la scène française et sa mission principale est la diffusion de la culture et de l'art mexicains ainsi que la coordination des échanges culturels entre les deux pays.

L'exposition Livres Débordés présente au public Français une partie de l'oeuvre foisonnante de Lorena Velázquez qui aborde avec sensibilité la question du temps qui passe en la reliant à celle de l'environnement.

L'artiste s'interroge et nous pose la question : Que laisserons-nous derrière nous ? Quel sens peut-on donner à la vie ?

Le paysage, la ville et l'être humain sont les trois passions de cette artiste qui n'a cessé de les photographier du Mexique à la France, en passant par la Californie. Outre la qualité de ses interrogations Lorena Velázquez s'inscrit dans l'objectif (réussi) du Centre culturel de laisser une trace.
Elle a voulu traduire huit années de travail à travers huit livres, peu classiques puisqu'ils se déploient en trois dimensions, en laissant parfois échapper le sujet qui devient témoignage, combat ou chant. L'intitulé de "livre débordé" est amplement justifié.
On le voit parfaitement au Rez-de-chaussée avec celui-ci intitulé Un monde sans fleurs au sujet de la crainte de la disparition de notre écosystème.

Ces livres d'art sont des poèmes à ciel ouvert, en hommage à la vieillesse quand la peau prend le relief d'un tronc. Le silence des arbres comprend notamment d'immenses photographies et aussi d'une triple impression sur vitre que l'on aperçoit depuis la rue et qui invite à entrer :
Le thème de la misère se déploie dans Spiral Lady, qui lui aussi se remarque depuis la rue.
Le plus poétique est sans doute L'Envol qui se déploie sur de grandes toiles de coton (première photo) mais qui aussi se fait modeste derrière un paravant laissant apercevoir, lorsqu'on s'approche, une simple plume, solitaire et fragile.
 
On perçoit (à l'étage) les cris de révolte du livre Cuarenta y tres (43) à la mémoire des 43 étudiants de l'Ecole Normale Rurale de Ayotzinapa, enlevés à Iguala, dans l'État de Guerrero le 26 septembre 2014.
Les photos sont tachées de rouge et la reliure évoque autant le barbelé que les fils noués d'un champ opératoire.
L'artiste a recours à divers matériaux. pour Exit (premier étage) elle utilise le dibond qui est un support plan fabriqué à partir d'une plaque de polyéthylène prise en sandwich par deux très fines plaques d'aluminium. Le résultat est encore une fois remarquable.

Sont exposés : Exit (2019), La Peur (2018), Un mundo sin flores (Un monde sans fleurs- 2016), 43 (2015) –qui aborde le sujet de la disparition des 43 étudiants de Ayotzinapa– , Spiral Lady (2013), Le Silence des Arbres (2013), El Vuelo (l'Envol - 2012) et El Latido del Corazón (le battement du coeur - 2011).
Livres débordés de Lorena Velázquez
Du 8 novembre 2019 au 31 janvier 2020
Institut Culturel du Mexique,
119, rue Vieille-du-Temple - 75003 Paris
Du lundi au vendredi de 10 à 13 heures, et de 14 à 18 heures 
Le samedi de 15 à 19 heures
Fermé les dimanches et jours fériés
Entrée libre

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