Publications prochaines :

Comme promis les 70 articles des spectacles vus aux festivals d'Avignon In, Off et If ont été publiés (mois de juillet). Ont suivies les critiques de la rentrée littéraire (mois d'août). Le rythme de publication a repris un rythme normal à partir de septembre avec l'alternance culturelle/culinaire habituelle.

dimanche 4 septembre 2022

Le ParisOFFestival #3, épisode 5 avec L’infini moins un

L’infini moins un est une proposition très touchante, proposée dans une autre cour d’immeubles, la Cour Gary.

Elle convoque poésie, musique et théâtre pour nous propulser dans l’univers d’Alicia Gallienne, jeune artiste flamboyante des années 90 publiée de manière posthume chez Gallimard en 2020 grâce à son cousin Guillaume Gallienne, et dont la prose brûle d'un puissant désir de vivre.

Emportée par la maladie à l’âge de 20 ans, en 1990, la poétesse déchire le voile du réel pour nous en révéler l’intensité, la grâce et l’urgence qu’il y a à s’en saisir, sans attendre.

C'et fou de réaliser comment la jeune femme est parvenue à barricader son sort en écrivant non stop pendant trois ans alors qu'elle se savait condamnée.

Grâce au théâtre, le destin a réalisé son coeur que ses mots lui survivent. La version qui nous a été donnée est la capsule d’un spectacle en devenir, mais déjà très abouti.
J'avais remarqué Elsa Guedj curieusement adossée au chambranle d'une porte et je n'ai eu aucune surprise à la voir se mettre en marche à la première note de la flute traversière.
Comme c'est étrange, cette vie sans lendemain. Demain trahit toujours. La poétesse émeut à décrire sa souffrance comme un manteau de ronces.
Ce qui surprend et qui est fort réussi, c'est la sensualité qui émane de l'interprétation, la spontanéité de jeu. Et les paroles bien sûr. Aimer la gravité des gestes qu'on ne refait pas s'accompagne d'une fine poussière d'or.
Ne touchez pas à l'infini moins un que j'aime. A toi mon caillou, ma pièce d'or de la fontaine. A toi ma blessure. Tu es la morsure au creux de ma main. Dors, dit la comédienne en fermant ses yeux de ses mains. C'est magique et magnifique.
L’infini moins un : Poèmes Alicia Gallienne | Mise en scène Luna Muratti | Avec Elsa Guedj et Adrian Saint-Pol | Cie Diorama
D’après L’autre moitié du songe m’appartient d'Alicia Gallienne © Éditions Gallimard
À partir de 12 ans | Durée 35 min

Pour avoir une idée complète du festival à travers les 7 épisodes de la journée du 4 septembre, consultez les autres billets pour lire mes chroniques à propos de Croûte, Les fenêtres, Vent divin, Florence & Moustafa, le concert Les Hymnes en Jeux, des Lectures et Albert Camus - Extraits :
Et rendez-vous le premier week-end de septembre 2023 pour le #4 !

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