Je suis allée déjeuner chez Les Tontons, et pas n'importe lesquels, Les Tontons de Neuilly, comme le rappellera chacune des assiettes qui seront posées sur les tables par un serveur attentionné.Depuis cinq mois, Alexandre Baizet et Gérard Castellani ont ouvert une nouvelle adresse bistronomique à Neuilly-sur-Seine, Place Parmentier, à deux pas de l'établissement qui a fait leur réputation, le Pinzutu, spécialisé en cuisine corse.
Ici, ils ont voulu conjuguer un décor rétro-chic avec une cuisine bistronomique imaginée par le chef Rachid Djillali dont on a salué, dès l'ouverture, les Œufs "Maillot" à la truffe, ainsi nommés en raison de la proximité de la Tour Maillot, le Quasi de veau rôti avec écrasé de pommes de terre aux olives, un Lieu jaune juste nacré et son risotto au beurre d’algues, un Crémeux citron meringué et crumble noisette…
La carte a changé, s'adaptant à la saison. Ce sont donc un tartare de daurade, une tranche de terrine, des coquilles Saint-Jacques, une pièce de volaille, une crème brûlée et une pavlova que nous avons partagés, dans des accords réussis mets-vins, rouge ou blanc, Riesling, IGP Hérault ou Saint-Estèphe, servis au demi-verre et consommés comme il se doit avec modération, ainsi qu'une bouteille d'eau pétillante de la source des Abatilles.
La daurade a été coupée au couteau, très légèrement assaisonnée de jus de citron, mélangée avec de tout petits cubes de pomme. Elle est servie avec une quenelle de guacamole à peine relevé, quelques oeufs de poisson croquants, des rondelles de radis et de jolis pétales de fleur.
La terrine associe avec intelligence foies de volaille et cochon, préparés dans une marinade au Cognac. Sur l'assiette, deux morceaux de sucrine apporteront une amertume qui tranchera avec la douceur de la charcuterie et l'acidité d'un cornichon. Là encore rondelles de radis et pétales de fleurs décoreront joliment le tout.
Les noix de Saint-Jacques rôties au miso, cuites juste comme il convient, sont posées sur une généreuse fondue de poireaux assaisonnée d'un jus de barde, que des pétales de fleur jaune viennent ponctuer.
Je rêvais de goûter l'épaule d'agneau confite 7 heures, un plat conçu pour deux personnes mais je dois dire que le suprême de volaille jaune fermière qui m'a été recommandé fut de belle facture. Sa cuisson basse température en garantit la tendreté et l'accompagnement d'une poêlée de légumes-racines glacés au jus, probablement du panais sur une purée de salsifis, s'accordait parfaitement. La duxelle de champignons apportait une touche de vivacité à l'ensemble.
Nous avions remarqué à notre arrivée les deux tartes cuites le matin même, posées sur le comptoir. Il s'agissait d'une revisite gourmande de la Bourdaloue, aux poires et à la frangipane qui avait tous les atouts pour nous tenter.
La crème brûlée est un des grands classiques des bistrots et on en a tous une représentation particulière, la sachant reconnaissable au craquant de sa surface caramélisée, parfois encore brulante, et à l'onctuosité de la crème vanillée, souvent encore tiède. Ici, la proposition est originale, avec une version servie très fraiche.
La pavlova est devenue une spécialité du chef qui la compose en suivant la saisonnalité. Aujourd'hui la coque meringuée recevait des petits dés de poire, une crème Chantilly aérienne, quelques lamelles de Granny Smith, deux quartiers de clémentine, le tout saupoudré de zeste de combava. C'est un délice d'une grande harmonie.
Pour ce qui est du décor, les couleurs automne retenues par Marie-Laure Navarro, architecte d’intérieur chez ML- Architecture, sont tout autant adaptées à la saison qu'elles le seront encore en été en raison de la palette des ocres. Surtout si vous prenez place sur la vaste terrasse.
Le décor combine l’élégance des années 30 et le confort moderne : matières naturelles, bois de loupe, noyer, tissus Dedar, revêtements muraux Arte, pailles d’abaca, moire au plafond, arrondis et moulures. Le sol en damier de marbre et les moquettes motif pied-de-coq noir et blanc renforcent l’atmosphère chic, chaleureuse et feutrée. Les banquettes effectuées sur-mesure, les tables en chêne massif, ponctuées de carreaux couleur terre de Sienne, les chaises cannées à l'assise en velours et le grand comptoir effet marbre invitent à s’installer confortablement, midi ou soir. L'ensemble est chic, harmonieux.
Le nom du restaurant ainsi que son logo ont été imaginés par Caroline Ducastel, directrice artistique. Le logo épouse parfaitement l’ADN du lieu : une identité rétro chic, inspirée de l’Art Déco, alliant typographies géométriques et manuscrites dans un cercle structuré, dynamisé par une touche de jaune moutarde. On le retrouve sur la bâche, les tabliers, les cartes du restaurant et les assiettes, pour ne pas confondre l'établissement avec un autre du même nom mais situé dans une autre commune.
De multiples références sont à découvrir sur la carte des vins. Les classiques incontournables (Bourgogne, Rhône, Languedoc...) côtoient le Saint-Joseph Les Vins de Vienne, 2023 (Syrah) ou Les Creisses "Pays de l’Hérault" qui peuvent être proposés également en format magnum, pour les grandes tablées.
Côté blancs, on trouvera aussi bien un Riesling qu'un original "Je t’aime mais j’ai soif" du Domaine du Fay d’Homme, bio (Melon de Bourgogne). Les amateurs de rosé auront eux aussi le choix et côté bulles, la maison Taittinger brille par sa diversité.
Les Tontons de Neuilly, 2 Place Parmentier, 92200 Neuilly-sur-Seine
Ouvert 7 jours sur 7, midi & soir












Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire