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jeudi 26 mars 2026

Tentative de bilan de Wine Paris 2026

(article mis à jour le 30 mai 2026)
Wine Paris est le principal salon international consacré au commerce du vin et des spiritueux qui attire plus de 60 000 visiteurs du monde entier (155 pays) et présente plus de 6 000 exposants de 60 pays.

On y vient pour rencontrer des producteurs, déguster, bien sûr, mais en toute modération puisque l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, assister à des tables-rondes, suivre des master-class et débats réunissant experts, décideurs et institutionnels … en navigant entre les trois espaces, trois univers dans un même lieu : Wine Paris (vins), Be Spirits (spiritueux) et Be No (boissons sans alcool) qui est désormais un des laboratoires de Wine Paris pour répondre aux mutations des consommateurs et aux nouvelles tendances du marché.

Du 9 au 11 février 2026, plus de 63 500 professionnels venus de 169 pays ont arpenté les différents halls de la Porte de Versailles à la rencontre de plus de 6 500 exposants issus de 63 pays. Par rapport à 2025, l’événement affiche une croissance d’environ 20 % de la fréquentation et avec dorénavant une majorité de visiteurs internationaux.

Pour sa septième édition, Wine Paris, autrefois Vinexpo (qui était bisannuel), s’est confirmé comme l’un des événements incontournables du secteur vinicole mondial malgré la crise traversée par de nombreuses appellations. Il s’est également affirmé comme un lieu de réflexion et d’influence sur les grandes thématiques qui traversent la filière — durabilité, géopolitique, innovations et stratégies de marché.

Bien que déployé sur trois jours (et deux soirées, off) l'évènement ne permet pas d'être suivi dans son intégralité. J'ignore ce quelles rendez-vous représentent quantitativement mais ils ont été riches d'un point de vue qualitatif comme en témoigne la série d'articles qui a été générée :


Je pourrais mentionner aussi Deux accords mets-vin avec le Sauvignon de King Family car c'est un vin que j'avais goûté sur une autre édition de Wine Paris. Et il faut savoir qu'il me reste plusieurs accords mets-vins à réaliser sachant que d'autres viendront dans les semaines à venir.
Ainsi je consacrerai des articles détaillés sur le Consorzio Conegliano Valdobbiadene Prosecco Superiore DOCG en démontrant que le cépage utilisé, le Glera, peut être travaillé de façon extraordinaire. Et un accord met-vin avec la "Cuvée 0" Valdobbiadene DOCG 2024 extra brut.
Sans oublier le Champagne Edouard Duval Noir d'Eulalie. et aussi un vin effervescent sans alcool pour lequel je me suis enthousiasmée, le Sparkling Tea.
J'ai proposé plusieurs accords mets-vin avec le très étonnant Thirsty Owl Wine Co. Diamond 2024 des Finger Lakes et avec aussi deux vins tchèques, le Veltiner de Gurdau, et un Pinot noir.
La France ne sera pas en reste avec la nouvelle cuvée l'Aubin de Vidal-Fleury, l’Étoile 2020 Sélection - Domaine Jean Luc Mouillard  (Jura), mais aussi une cuvée de Mas de Libian … qui n'est pas encore embouteillée.

Comme quoi Wine Paris a donc des retombées bien au-delà des journées à la Porte de Versailles.

dimanche 1 mars 2026

Le Domaine d'Ibry a présenté sa cuvée Ibryété à Wine Paris

J’aurais pu servir la Cuvée des Amis pour accompagner ce plat délicieux, que l’on mijote pour régaler une poignée d’invités. J’aurais aussi pu l’associer avec la Cuvée Marianne parce qu’il est habituel de proposer un vin un peu corsé avec la Pluma.

Sauf que nous sommes entrés dans une période où on a envie de consommer avec davantage de modération. Alors j’ai pensé à la nouvelle proposition du Domaine d’Ibry, s’appuyant sur son nom et son savoir-faire pour imaginer une cuvée qu avec seulement 9° est moins haute en alcool.

Ibryété car tel est son nom, est la promesse de la saveur sans l’ivresse, pourvu bien entendu de la boire sans excès car, il faut le redire, l’alcool est dangereux pour la santé.

Et puisque j’étais dans l’originalité j’ai osé le rosé, preuve s’il en fallait que ce n’est pas une bouteille réservée à l’été, malgré un nom qui y fait référence. Il était intéressant de marier un plat fort en goûts (je l’écris au pluriel car viande comme sauce sont puissants) avec une boisson qui ne prenne pas une position dominante mais qui, au contraire, emmène le palais vers des saveurs complémentaires du fait d'une caudalie assez longue.

L'Ibryété rosé, résultat d'un assemblage de Syrah et de Floréal (ce cépage nouveau, résistant bien aux maladies, ce qui permet de limiter grandement les traitements, et que j'avais présenté ici), et que j'avais découvert à la dernière édition de Wine Paris, m'a semblé idéal pour l'occasion. Sa teinte est presque grisée, couleur pomelo.
J’ai joué le jeu jusqu’au bout en sortant une paire d’assiettes carrées, évoquant un grill (alors que ce n’en sont pas du tout) et même des verres atypiques, rompant avec les codes habituels et soulignant la couleur andrinople.
Ce vin est un vin de repas même s'il est agréable sur une tranche de pain grillé et du houmous. C'est avec des plats un peu corsés qu'il révèle tout son potentiel. Il s'est très bien comporté aussi avec des fromages de la région et même une salade de fruits (ananas, pomme, poire, mandarine, jus de citron vert, menthe bergamote).
Il existe aussi en blanc, à partir d'un assemblage de Floréal et de Grenache, et je l'ai alors associé avec une entrée goûteuse et colorée. Des tranches fines de betterave rouge crapaudine (la meilleure selon moi), du concombre et un couscous de chou-fleur (le légume est râpé cru), avec une fausse mayonnaise faite avec jus de citron vert, moutarde et battue à l’huile d’olive.
Il a aussi accompagné une langue de boeuf.
J'avais fait tremper la viande dans l’eau froide une nuit. Je l’ai ensuite blanchie 5 minutes à l’eau bouillante claire. Enfin elle a cuit plus d’une heure à la cocotte minute dans une eau avec un demi-verre de vinaigre, un oignon, une demi-tige de céleri, deux carottes, une feuille de laurier, du gros sel.

 E, guise de sauce des cornichons aigre-doux en petit morceaux (je n’avais pas de câpres), deux blancs d’œuf dur hachés, les jaunes ayant été écrasés avec de la moutarde et délayés avec l’huile d’olive.

En dessert, une tarte aux poires très croustillante parce que la pâte a été cuite dans un moule perforé.
J’avais fait la pâte moi-même (50 grammes de margarine, mélangée à 100 grammes de farine, une pincée de sel, un quart de verre d’eau, repos 24 heures) et j’avais cette fois ajouté de la poudre de cannelle.
 Les poires, des conférences, ont été précuites dans une eau bouillante parfumée de deux tiges de menthe bergamote. Elles ont été posées, une fois refroidies, coupées en deux ou en quatre, et placées tête-bêche sur une préparation de poudre d’amande/beurre/sucre/ un oeuf battu.
Cuisson 25 minutes à 180 degrés. En décoration une minuscule feuille de menthe bergamote au bout de chaque fruit.

Domaine Saint-Georges d’Ibry - 34290 Abeilhan - tel : 04 67 39 19 18

dimanche 21 décembre 2025

Quels plats associer avec un Lo Vièlh

C’est un Lo Vièlh blanc qui avait été servi sur l’entrée du dîner auquel j’avais été conviée un soir pendant le spectacle des Folies Gruss et c’est ce même vin que vous pouvez déguster, en toute modération comme il se doit, si vous choisissez une des formules dîner-spectacle.

Ce vin est un muscat sec, IGP Coteaux de Béziers, médaillé d’or du Concours général agricole en 2025. Il accompagna parfaitement une excellente tourte aux petits légumes.

Comme promis en novembre dernier, je vous propose aujourd’hui un accord spécial mets-vin avec cette cuvée. En fait deux, poisson et viande.

D’abord donc un cabillaud cuit en papillote sur une fondue de poireau avec crème fraiche, avec une compotée de légumes du soleil, courgettes, tomates, aubergines, longuement mijotés avec des herbes de Provence, du laurier, de l’ail et des oignons.

Comme viande je l’ai associé avec une cote de porc accompagnée de fenouil confit et de lentilles, servie avec crème fraiche et cumin en poudre.

On pourrait aussi bien le servir en apéritif, avec des asperges, des fruits de mer, un dessert (biscuits sec, ou mieux fondant au chocolat),  mais également des fruits, en particulier le melon ou une salade de fruits.

De multiples accords sont rendus possible avec ce vin rond au nez puissant avec des notes de raisin frais et de bouton de rose et à la bonne persistance aromatique autour d’arômes de fruits et de fleurs, caractéristiques du Muscat d’Alexandrie.
Le Lo Vièlh est un vin élégant, à la robe jaune pâle aux reflets vert, proposé à un prix très abordable largement inférieur à 10 €.  Il témoigne qu’on peut être accessible et être primé. En effet, outre le Concours général agricole de Paris il a aussi été distingué la même année au Concours national des vins qui lui attribua également une Médaille d’Or.
Le vignoble est installé sur des terrasses anciennes du quaternaire à structure argilo-graveleuse acide, bénéficiant d’une exposition sur la façade maritime. La récolte des raisins s’effectue nuitamment en fonction de la maturité recherchée avec analyse sensorielle des baies.

La Vinification se caractérise par une extraction des jus par pressurage direct (pressoir pneumatique). Débourbage statique par le froid. Levures sélectionnées et maîtrise des températures de fermentation (14 à 16°). Elevage sur lies fines.

On ne pense pas assez souvent au muscat sec alors qu’il offre tant de possibilités. Je l’avais déjà souligné dans un autre article l’année dernière, avec des accords sensiblement comparables sur un Muscat Sec IGP Vallée de Thongue, du Domaine Saint-Georges d’Ibry.

dimanche 9 mars 2025

Que servir avec le Floréal Blanc 2024 d'Ibry ?

Si vous ne connaissez pas le Floréal, c'est quasi normal. En effet il s'agit d'un nouveau cépage dont c'est la première cuvée que l'on doit à l'opiniâtreté et aux convictions écologiques de Marianne, Michel et Jean Philippe Cros.

Je savais que les propriétaires du Domaine Saint Georges d'Ibry, avaient misé sur ce cépage obtenu par hybridation, né du mariage de cépages déjà existants, sélectionnés pour leurs caractéristiques. Il est résistant aux principales maladies de la vigne (mildiou, oïdium) et permet de réduire de 90% l’utilisation des produits phytosanitaires. Les vignerons en avaient parlé l'an dernier et c'est un plaisir de constater que le projet est concrétisé à travers ce vin unique respectant à la fois les enjeux environnementaux et les attentes du consommateur. Comme ils ont eu raison de prendre l’initiative de planter deux hectares et demi !
Le vin est sec comme un Chardonnay, très parfumé comme un Viognier. Ce blanc 2024 est fruité, surtout sur les fruits jaunes, en particulier la mangue alors que, dans la parcelle, les grains ont un goût un peu herbacé, presque muscat. Il est également festif. Le découvrir est plus qu'une dégustation, c'est une rencontre. J'ai eu envie de le servir en apéritif puis de poursuivre sur une entrée très savoureuse combinant chorizo et tomates cerises puisque les premières viennent d'arriver. La recette est rapide, simple et peu calorique.
On lave puis coupe en deux des tomates cerises de différentes couleurs que l'on fait presque compoter sur une poêle avec thym et romarin. On ajoute de la tige d'ail émincée. Ensuite on saupoudre de sucre pour caraméliser et on déglace au vinaigre balsamique en prenant garde de ne pas abimer les fruits.
On coupe en quatre des feuilles de brick que l'on beurre au pinceau et qu'on place deux par deux dans les alvéoles d'un moule à muffins en formant une corolle que l'on fait dorer au four quelques minutes.
On pose une tranche de chorizo dans chaque corolle cuite puis on dispose les tomates et l'ail de façon équitable. On pose ensuite une corolle sur une assiette sur un lit de pousses d'épinards.
Sous le label IGP Côtes de Thongue (car cette IGP, strictement géographique, n'a pas de contrainte de cépage), cette cuvée Floréal, millésime 2024, est donc la première du nom et elle est à la hauteur de la promesse. Vous pourrez aussi la découvrir autour de charcuteries et de fromages.
A vous de faire le choix qui correspondra à vos envies. Il s'accorde à beaucoup d'assiettes, de l'entrée au dessert. Comme aussi un plat de couteaux ou un dessert de type baba ou Paris Brest.

On pourrait être un peu induit en erreur en ouvrant le carton de 6 bouteilles : chacune porte une étiquette différente, composant un bouquet printanier déclinant les deux mêmes fleurs dans une gamme de couleurs. Aucune n'est véritablement identifiable, évoquant pour moi la délicatesse des pétales de l'escholzia et la rondeur d'un trèfle champêtre. Et sur toutes on peut lire clairement leurs valeurs : biodiversité, biodiversité, environnement, pur, résistant, fruité, délicat, sauvage.

Il ne doit pas faire oublier les autres vins de la gamme. A consommer lui comme eux en toute modération.

mercredi 19 février 2025

Wine Paris 2025

Les années précédentes je n’avais passé qu’une journée sur Wine Paris.

Si quelques heures permettent de faire beaucoup de choses c’est insuffisant pour combiner les découvertes de nouveaux domaines, avec des entretiens avec ceux qu’on connait déjà (et dont je tiens à suivre les nouveautés), quelques discussions avec les amis et connaissances qui sont sur le salon eux aussi, d’assister à disons deux master-class, de participer à une dégustation collective et, comme si ce n’était pas déjà suffisant, d’accepter de se rendre aux soirées privées, ce qui est avouons-le, très agréable, et qui plus est instructif. Bien entendu en consommant avec modération.

Compte tenu de ces paramètres j’ai opté pour cette édition de venir chacun des trois jours, en programmant des temps de pause. Et je ne regrette pas, même si j’ai dû faire l’impasse sur des régions entières (comme l’Alsace à mon grand regret, mais j’ai longuement parlé de ses vins dans le passé) parce que Wine Paris est immense.

Je suis heureuse d'avoir pu participer à une master-class passionnante, dirigée par Victor Ulrich, directeur France Riedel intitulée L'expérience des verres de vin Riedel qui démontre combien le contenant est déterminant dans l'appréciation du breuvage.

Egalement cette autre, sur l'association entre Comté et les vins du Jura animée par Philippe Troussard MOF 2015 Sommelier des Caudalies qui m'a fait regretter de ne pas connaitre davantage les vins de sa région. Je poursuivrai la découverte à la prochaine occasion.
Par contre je ne me suis pas attardée cette année dans l’espace Be Spirits parce qu’il faut faire des choix. J’ai néanmoins été voir qui était présent en matière de Tequila ou Mezcal puisque mes séjours réguliers au Mexique m’en apprennent chaque fois davantage sur l’alcool fait à partir de l’agave.

De toute la gamme de Mezcal Sentir, créée en 2016 à Oaxaca, j'ai préféré le Tepeztate, très aromatique et bien équilibrée, avec des saveurs fruitées, florales et minéralesavant une finale légèrement huileuse avec des nuances de réglisse.
La 1800 serait la troisième tequila la plus vendue dans le monde, en toute logique puisqu’elle est produite par l’énorme groupe Jose Cuervo dont j'ai d'ailleurs visité les installations lorsque j'étais à Tequila. Sa couleur provient du temps de conservation en fûts de chêne américains et français. La Cristalino, limpide, a presque un goût sucré, évoquant la guimauve, peu commun pour cette boisson.

Si je ne demande jamais combien vaut une bouteille avant dégustation (car je ne veux pas être influencée et ce n’est pas l’étiquette que j’achète mais le contenu) je suis de plus en plus sensible au juste prix. Quand un domaine travaille en bio, présente d’excellents vins et les commercialisent en dessous de 10 euros j’ai vraiment envie de le féliciter et de l’aider à se faire connaître. Je ne mentionnerai pas les prix mais j’en tiens compte.

Sans entrer dans les détails on peut tout de même signaler que le raisin de champagne s’achète 7 à 8 euros le kilo et qu’il faut entre 1,2 et 1,5 kilo pour obtenir le volume d’une bouteille. Sans compter le prix de tout le travail et de l’emballage. Il est donc inimaginable d’acheter un champagne de qualité en-dessous d’un certain prix, d’où le succès des mousseux de type Proseco dont le raisin s’achète à 40 centimes le kilo.

Je voudrais pointer quelque chose dont personne ne parle, à savoir l'importance de la relation qui s’établit (ou pas) avec celui qui présente le vin, force la dégustation (vous l’interrogez sur un nom de domaine, il ne l’a pas mais va insister lourdement pour vous détourner de votre objectif), ou confond votre passage avec une master-class (imposant de déguster 5 ou 6 bouteilles avant de vous servir le vin pour lequel vous êtes venue). Il y a de ce fait des rencontres qui confortent ou bouleversent l’opinion que l’on a d’un terroir ou d’une appellation et d’autres qui sont de vraies catastrophes.

Etant le roi des vins je vais commencer par "le" -que dis-je, "les"- champagnes pour lesquels plus de 300 maisons de champagne, vignerons et coopératives étaient attendus. Autant dire qu’il y a de quoi être … noyée. J’en ai sagement retenu 4. La Maison Thomas Cheurlin pour la découverte, Konrat pour la spécificité de leur positionnement, Chassenay d’Arce pour leur admirable travail en coopérative, Charpentier par fidélité et pour la typicité de leurs propositions. 
La Maison Thomas Cheurlin est installée à Celles-sur-Ource, sur la Côte des Bars, pas très loin de la ville de Troyes. C’est une belle histoire familiale, Thomas Cheurlin ayant repris le domaine en 2000 après ses parents. Il a voulu créer une marque accessible à tous mais qui parlerait aux professionnels, principalement destinée au réseau CHR-cavistes et tous les amateurs de vin.

Il est ressorti des discussions préalables avec les ministères et ambassades clientes de la Maison que la présence d’un cordon bleu-blanc-rouge, à l’instar de la collerette des MOF serait un signe distinctif très fort. Voilà pourquoi elle apparaît sur les bouteilles. On remarquera aussi une étoile évoquant la rose des vents qui fait lien avec l’histoire du vignoble quand la mer s’est retirée il y a 80 millions d’années en arrière.

Thomas a vite intégré le fait qu'il pouvait y avoir confusion avec leur marque premium, Comte de Cheurlin, que vous connaissez peut-être. Voilà comment est née la marque Champagne Vaucelle qui est le nom de la plus petite parcelle du domaine et qui signifie vallon en vieux pâtois champenois. Il l'a voulue à son image et à sa philosophie, celle d'élaborer des champagnes authentiques, proches de leurs terroirs, tout en gardant les traditions familiales. Cette marque est riche de 6 cuvées, dont une éphémère et une prestige.

Terre Natale (à gauche) est un 100% Pinot noir, dont le côté nacré au breuvage est lié au sol jurassique coquillier. Il sera proposé sur une viande, un gigot ou une pintade en sauce.

Terre de Nuances (à droite) est annoncé Blanc vrai, qui est le terme champenois pour désigner le Pinot blanc. Il accompagnera un poisson, par exemple un bar.
Konrat est une "petite" maison de Chatillon-sur-Marne, dans la vallée d’Epernay, dirigée par un couple très impliqué dans tout le processus avec qui j’avais fait connaissance au dernier Salon du fromage et des Produits laitiers à l’occasion d’une dégustation croisée fromages-champagnes.

Ils proposent des champagnes très particuliers en ultra petite production comme ce Millésime 2018 dont il n’existe que 418 bouteilles, vendues dans un coffret de chêne (à un prix qui intègre le temps du vieillissement) et qui pourra encore être conservé dix ans. S’il existe en caves des cuvées 2018 et 2019 les vignerons savent déjà qu’il n’y aura pas de millésimes 21, 22, 23 ni 24.

Cet extra-brut est obtenu à majorité de Chardonnay pour 70 % complété de Pinot noir et de Meunier. Son élevage s’est effectué à 70% en fûts de chêne, 20% en cuves inox, et 10% en amphores.

Il présente un nez gourmand de brioche et de pralines, avec à l'aération des notes d'agrumes mûrs que l’on retrouve en bouche avec une franche attaque et une finale texturée sur des notes boisées. S’il ne fallait retenir qu’un mot pour le caractériser ce serait celui de velours. Il accompagnera de toute évidence les poissons fumés mais aussi un vieux comté.

Des soirées sont organisées en parallèle de Wine Paris pour des clients privilégiés et/ou des journalistes. C'est avec une grande joie que j'ai participé à la troisième Chassenay Party, qui donne l'occasion de déguster des cuvées très particulières (et non commercialisées) choisies par le directeur Manuel Hénon. Je me souviendrai longtemps de ce millésime 2000 au goût de miel et à la saveur de cire en fin de bouche.

Il y a des chiffres qui méritent d’être rappelés. La Maison de Vignerons, Champagne Chassenay d'Arce, créée en 1956, rassemble 130 familles de vignerons exploitant 315 hectares de vignoble étendus sur 16 villages. Leurs cuvées sont présentes dans le circuit traditionnel en France et dans une trentaine de pays à l’export.

lundi 17 février 2025

Accord vin-mets avec L'âme des Pins du Domaine d'Ibry

J'avais été invitée à découvrir sur Wine Paris la toute dernière cuvée "Floréal" du Domaine Saint Georges d'Ibry autour de charcuteries et fromages régionaux. J'applaudis l'idée d'employer un nouveau cépage résistant aux principales maladies de la vigne qui permet de réduire de 90% l’utilisation des produits phytosanitaires. D'autant que le résultat est très prometteur. Comme tout ce qu'ils font d'ailleurs.

Impossible de s'asseoir en leur compagnie sans déguster plusieurs vins de leur gamme même si on les connait déjà. J'ai retrouvé avec plaisir (en toute modération) plusieurs cuvées dont j'ai déjà parlé ici.

J'ai été intéressée par la Cuvée des Amis mais j'ai apprécié davantage L'âme des Pins dont l'histoire est tout à fait représentative de ce qui animent Marianne, Michel et Jean Philippe Cros, les propriétaires du domaine. Je les ai écoutés avec attention :
Un matin de Février 1996 une tramontane d’une violence inouïe se lève après une pluie abondante. L’homme, le visage cinglé par le vent, tient difficilement debout. Des bruits sourds retentissent et laissent présager une terrible tempête, peut-être une catastrophe. Tout à coup c’est l’apocalypse. Un, deux, trois, quatre, dix arbres et plus, tous centenaires, se couchent les uns derrière les autres, dans un fracas déchirant.
Plus de quarante arbres sont tombés, tous de magnifiques pins témoins de l’histoire de la vie du Domaine, des jours de fêtes et de tristesse. Cette masse de végétation est maintenant au sol ayant fait prisonnier un couple de tourterelles.
Les pins déchirés laissent apparaître leurs stries de croissance. Devant ce spectacle de désolation, les vignerons ne retiennent pas leurs larmes… n'ayant qu'une idée, celle de créer une cuvée en hommage à cette vie enlevée.
C'est un assemblage Merlot - Cabernet Sauvignon qui bien entendu est une IGP Cotes de Thongue. Elevé douze mois en fût de chêne, son potentiel de vieillissement est d’environ 4 à 5 ans. Et j'ai eu la chance de ramener une bouteille (certes entamée) à la fin de Wine Paris, qui plus est une 2023 qui est une année extraordinaire.

Sa robe est d'un rouge intense aux reflets ambrés. Il m'a séduite par la richesse aromatique de ses parfums d’épices, sa typicité réglissée, et ses notes de boisé très "pain grillé" qui évoquent discrètement son histoire. Il est chaleureux en bouche, avec du fondu et un très beau volume.
C’est un vin riche capable d'accompagner avec élégance toutes les viandes rouges, les gibiers et les magrets. Je l'ai servi sur une cuisse de canard. Un jour avec des navets longuement mijotés en cocotte à base température, à la saveur fruitée. Une autre fois avec les pommes de terre, carottes et piment mexicain qui avait cuits au four avec la viande. Je ne saurais dire quelle fut ma préférence, peut-être la première pour son originalité. Un accompagnement de pâtes fraiches aux cèpes aurait pu faire merveille tout comme un dessert chocolaté.
Ultra médaillé, ce vin obtint 1 étoile Guide Hachette des vins 2018. Il a été Médaille d'Argent Concours des Vignerons Indépendants de France en 2006 et 2008, 2013 et 2014, également en 2020, Médaille d'Argent Concours des Grands Vins du Languedoc-Roussillon en 2012 et 2016, Médaille d'Argent Concours des Vinalies Occitanie en 2020 et 2021. Il est aussi Médaille d'Or Concours des Grands Vins du Languedoc-Roussillon en 2009 et 2015.

Domaine Saint-Georges d’Ibry - 34290 Abeilhan - tel : 04 67 39 19 18

mercredi 8 janvier 2025

Quels plats associer au Chemin Partagé Blanc du Domaine St Georges d'Ibry

J’avais découvert à l’occasion de Vinexpo l’an dernier, et beaucoup aimé, en toute modération, le Chemin Partagé Blanc du Domaine St Georges d'Ibry qui est un IGP Côtes de Thongue.

Sa naissance est touchante car il a été élaboré, main dans la main, par un père et son fils. C'est la première cuvée conçue conjointement par Michel Cros et Jean-Philippe, se destinant à devenir pharmacien, mais ayant finalement préféré s’orienter vers l'oenologie dans laquelle il a suivi une formation diplomante. 

C’est une très belle cuvée obtenue à partir d'un assemblage de Chardonnay pour 60% et de Viognier pour 40 %, provenant de vignes poussant sur des sols de marnes calcaires faiblement sableuses avec présence d'huitres fossilisées. Il est partiellement élevé en barrique, pendant plus de six mois (30% seulement est élevé en fut de chêne neuf). Son potentiel de garde est de cinq ans.

Je l’imaginais idéalement sur des coquilles Saint-Jacques mais il a été parfait avec un haddock poché. La recette est facile et rapide. Le poisson cuit 12 minutes dans un mélange frémissant d’eau (majoritaire) et de lait en compagnie d’un oignon, d’ail, d’une feuille de laurier et une demi carotte.

On a bien entendu déssalé le haddock auparavant, au mieux une nuit dans une eau froide au réfrigérateur, mais très franchement deux rinçages de quelques minutes peuvent suffire. Evidemment il ne faut surtout pas saler l’eau de cuisson.

Parallèlement je mets à cuire à l’eau des pommes de terre épluchées (en ajoutant ail et laurier à l’eau de cuisson). Mon astuce gain de temps consister à couper les légumes en deux pour qu’ils soient prêts plus vite. Je ne jette pas ce jus de cuisson qui devient, après refroidissement, une boisson détox.

Je sers chaud en disposant le poisson (dont j’ai retiré la peau) dans une assiette sans oublier l’oignon et la carotte qui sont tout à fait consommables, mais j’avoue les rincer pour les débarrasser de leur peau de lait. La carotte apporte de la fantaisie et une touche de couleur.

Je lustre les pommes de terre au beurre frais (et donc cru, ce qui le rend tout à fait inoffensif). Avec, pour terminer, une pluche de persil et une rondelle de citron.

Pour les puristes, je précise que le haddock est le nom que prend l’églefin quand il a été fumé (alors que le cabillaud devient de la morue une fois salé et séché).

J’aime la robe dorée de ce Chemin partagé, son nez intense avec ses notes florales, de fruits jaunes et d'agrumes et de fruits à coque. Le vin est gourmand. Les caractéristiques de l'association Chardonnay/Viognier lui donnent son caractère gastronomique.
Voilà pourquoi il est tout à fait en accord avec une terrine de chevreuil aux noisettes. Mais ses notes abricotées prédisposent aussi ce vin à accompagner un plat de veau, par exemple aux morilles, ou comme celui -plus simple- que j’ai préparé ce week-end.
Les tendrons de veau ont été revenus sans matière grasse avec deux oignons émincés. J’ai déglacé avec un reste de thé noir, ajouté ail, laurier, sel, carottes et un morceau de chou rouge (pour donner surtout une jolie couleur sombre au jus de cuisson) et quelques pommes de terre.
Voilà un plat réconfortant et malgré tout simple, typique d’une cuisine dite bourgeoise, comme on l’apprécie en hiver.

Depuis plusieurs générations la famille Cros gère un vignoble de 40 hectares et élève son vin dans le plus grand respect des traditions viticoles. Qui plus est, le domaine abrite un gîte indépendant et entièrement rénové qui s’appelle « Petit grain » pouvant accueillir des familles ou amis de 4 personnes dans une ambiance provençale mais aussi dans la verdure. Les réservations se font directement avec les Gites de France.

Par contre on s’adresse directement aux propriétaires pour une balade dans le vignoble, une visite de la cave, la découverte d’un petit musée qui vous replongera au XIX° siècle, ou une initiation à la dégustation… Leur caveau est accessible toute l’année sauf dimanches et jours fériés. Il est ouvert de 9h à 12h et de 14h à 18h.

Domaine Saint-Georges d’Ibry - 34290 Abeilhan - tel : 04 67 39 19 18

samedi 5 octobre 2024

Quel(s) plat(s) associer au Muscat Sec IGP Vallée de Thongue, du Domaine Saint-Georges d’Ibry

Le Muscat est une dénomination qui recouvre un ensemble d'environ 200 cépages blancs (sans doute originaires du Moyen Orient) dont les raisins ont un arôme muscaté, donc très parfumé, rappelant légèrement celui du musc. Il en existe de nombreuses variétés, dont les grains ont une peau allant du jaune pâle au bleu-noir.

Il est probable que pour beaucoup d’entre vous le nom est associé à un apéritif comme le Muscat de Rivesaltes, le Frontignan ou le Beaume-de-Venise, des vins doux naturels aux arômes d’abricot et de rose. Et vous connaissez sans doute le Moscato d'Asti et Asti qui est pétillant. Mais Il faut savoir que ce n’est pas la véritable expression de ce cépage, naturellement citronné et qui offre une large palette aromatique.

J’ai d’abord découvert le Muscat Sec IGP Vallée de Thongue, résultat d’une production raisonnée réalisée par la famille qui exploite le Domaine Saint-Georges d’Ibry en le dégustant en fin de déjeuner se clôturant avec une tartelettes de fraises.

Il aurait pu être servi sur un fromage de chèvre ou de brebis. Encouragée par des messages à propos d’une de mes publications sur Facebook, j’ai osé une association plus audacieuse avec un carpaccio de poire, préparé à la minute, arrosé de balsamique et saupoudré de parmesan. La qualité rend créatif !
C’est un vin qu’on peut sans crainte proposer à ses convives avec d’autres plats, tout au long d’un repas. Il peut être associé avec des asperges, ce qui n’est pas l’apanage de beaucoup de vins blancs, et se marie avec la brandade et les plats exotiques relevés, par exemple un curry. On l’apprécie également sur le foie gras, et les fromages de chèvre et roquefort comme je l’ai mentionné plus haut.

Sa robe est d’un jaune pâle brillant. Tout en rappelant la saveur gourmande du raisin à maturité, ce vin met en évidence des arômes subtils et raffinés de litchis et des senteurs de pétales de rose. Une grande finesse investit alors le palais, apportant fraîcheur et persistance.
La bouteille a été récemment redessinée conférant à ce superbe Muscat Sec davantage d’élégance et de raffinement.
J’ai eu envie de l’associer avec une tourte épaisse, servie en plat unique. Sans vous donner la recette exacte (il n’y en a pas car on procède avec les moyens du bord) j’indiquerai deux astuces. La première consiste à employer un moule à manqué, donc à bords hauts, qui soit démontable grâce à une charnière qui permet de dégager la tourte sans la briser. La seconde est de précuire les légumes afin de réduire le temps global de cuisson pour que la pâte ne détrempe pas.
Pour cette tourte j’ai utilisé une pâte feuilletée (je la préfère à la pâte brisée), des carottes coupées en dés, des champignons en morceaux moyens et des chutes de saumon frais. Sans oublier la crème fraîche, trois œufs battus, une cuillère à soupe de farine, sel et poivre.

Il m’arrive, si j’ai des tranches fines de jambon et de courgettes taillées dans la longueur du légume de les disposer en composant des rouleaux comme on le voit sur la photo ci-dessous où le jambon est superposé sur la courgette autour d’une rondelle de chèvre. Je comble les interstices avec des tomates cerise, du poivron en brunoise et des oignons rouges confits. Dans ce cas j’ajoute du curry au mélange œufs-crème.
Quant au domaine Saint-Georges d’Ibry, il propose plusieurs vins de grande qualité, qui plus est à des prix très abordables. Je ne peux que vous conseiller de jeter un œil au site qui présente les viticulteurs et leurs productions. À déguster, cela va de soi, en toute modération.

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