jeudi 9 août 2018

Paris Story, de nouvelles images de Yann Arthus Bertrand depuis quelques mois

Je connaissais Paris Story. J'en avais déjà relaté l'expérience dans un article inclus dans une série consacrée aux Grands boulevards.

J'y suis retournée et ai apprécié ce moment encore bien plus. Le nouveau film (de 50 minutes) est de toute beauté ... on comprend pourquoi puisqu'il a été tourné par Laurent Menec, producteur de Secrets d’Histoire. Les images de Paris vue du ciel sont inédites et réalisées par Yann Arthus Bertrand. Les commentaires, en français, sont dits par Jean Reno, dont la voix semble faite pour cet exercice.

Les touristes choisissent le canal d'un boitier pour entendre une version dans la langue de leur choix (anglais, allemand, espagnol, néerlandais, et chinois car vous le savez sans doute le quartier est très visité par cette population). L'histoire est également accessible aux russes et aux japonais lorsqu'ils viennent en groupe.
Seuls le nom et l'esprit ont été conservés. Ainsi que le joli salon d'accueil de marbre blanc, avec ses sièges de cuir rouge ou noir. La salle de projection est toujours aussi confortable.

Le montage est très réussi, dans une modernité qui néanmoins demeure classique avec des enchainements d'images sur trois écrans pour retracer 2000 ans d’histoire de Paris. Ce film ne se démodera pas car on voit très peu d'êtres humains dont la tenue vestimentaire date en général très vite le moment du tournage. Les vues aériennes sont magnifiques. Je n'avais jamais vu la coupole des Invalides sous l'angle qui a été retenu et qui met en avant sa dorure (pas moins de 12 kilos de feuille d'or furent nécessaires). 

La promesse d'une histoire secrète est tenue. Le récit est ponctué d'anecdotes réellement passionnantes et j'ai appris (ou révisé) beaucoup de points historiques. C'est une bonne idée de faire figurer les dates en gros caractères sur chacun des écrans latéraux.
L'histoire de Paris commence 250 ans avant Jésus-Christ grâce aux eaux poissonneuses de la Seine permettant de nourrir les habitants. Les ruines d'un amphithéâtre capable d'accueillir 1500 spectateurs subsistent derrière le Panthéon.

25 000 habitants vivent déjà à Paris en 1163 quand débute la construction de Notre Dame. Cette information est accompagnée d'un bruitage léger, mais net, évoquant ces travaux. La charpente est surnommée la forêt en raison des 1300 chênes qui ont été utilisés pour en composer les poutres. On doit à Victor Hugo le sauvetage de ce monument avec la publication de son roman éponyme qui poussa les pouvoirs publics à lancer la campagne de restauration, entreprise par Violet-le-Duc qui l'agrémenta de chimères et de gargouilles ... qui ne datent donc pas du tout du Moyen-Age. Quant à la couronne du Christ, elle est conservée à la Sainte-Chapelle.
Le Louvre est immense, on le sait, mais j'ai appris qu'Henri IV (qui nous a aussi laissé le Pont Neuf dont les larges trottoirs étaient alors une innovation) pratiquait la chasse au renard dans les 450 mètres de la Grande Galerie quand le roi était seul. Les images nous montrent évidemment les oeuvres les plus célèbres comme les Noces de Cana, la Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace, le Grand Sphinx de Tanis, la Cour Marly, les taureaux ailés de  Khorsabad et la Joconde qui pour une fois se trouve dans une salle vidée de son public.
La jolie dame habite là depuis plus de 200 ans, mais elle s'est échappée deux ans (elle a été volée le 22 août 1911 par un patriote italien).

La caméra est à fleur d'eau pou nous expliquer que c'est Marie de Médicis qui lança l'aménagement de l'Ile-Saint-Louis, jusque là dédiée aux pâturages. Le Pont Royal a été construit par Richelieu. Louis XIV, qui préférait Versailles (qui devint donc le siège du pouvoir royal), a tout de même fait tracer l'avenue des Champs Elysées et demandé à son secrétaire d'Etat à la guerre, Louvois, de commencer les Invalides en 1670. Celui-ci signe le monument sous forme de charade sculptée au-dessu d'une lucarne avec un loup (qui voit). les soldats blessés y étaient logés, nourris, soignés ... bien entendu gratuitement. C'est en quelque sorte l'ébauche de la première Sécurité Sociale.

En 1764, sous Louis XV, Sainte-Geneviève devient le Panthéon. Le roi achète l'Elysée pour l'offrir à la marquise de Pompadour.
Une information pour briller à la machine à café : L'Obélisque installé place de la Concorde est le monument le plus ancien de Paris. Il date du XIII° siècle avant Jésus-Christ ... mais il n'est parisien que depuis 1834.

La capitale fut menacée d'effondrement parce qu'on extrayait la pierre de carrières qui se trouvaient en plein centre ville. Il a fallu consolider un réseau de plus de 250 kilomètres. Les Catacombes ont été comblées par le transfert des ossements qui débordaient des cimetières.
C'est à la Bastille que le marquis de Sade écrivit en 1785 sa première grande œuvre, Les Cent Vingt Journées de Sodome, ou l'École du libertinage.
Il fallu trente ans pour achever l'Arc de Triomphe qui fut donc terminé après la mort de l'empereur. Par contre il vit le creusement du canal de l'Ourcq pour fournir les parisiens en eau potable et gratuite.
Haussmann fit détruire 20 000 immeubles insalubres, 650 kilomètres d'égout et fit installer le gaz et l'électricité à tous les étages.

La narration fourmille de détails et rappelle quelques légendes comme celle du fantôme de l'Opéra (construit par Napoléon II). La plus grosse cloche de France est la Savoyarde, pèse 19 tonnes (il fallut la force de 30 chevaux pour la monter à Montmartre) et se trouve au Sacré-Coeur, dont la construction fut complexe en raison des carrières de gypse sur lesquelles il est construit. L'avantage est par contre que cette pierre blanchit sous l'effet de la pluie.

La Tour Eiffel doit d'être encore debout à la présence de son antenne de retransmission qui la rendit indispensable. 60 tonnes de peinture sont nécessaires pour la repeindre tous les 7 ans.
On voit encore d'autres monuments incontournables de l'épopée parisienne : La colonne Vendôme, le Centre Pompidou, Orsay, l'Institut du Monde Arabe, la Pyramide du Louvre, la Villette, la Bibliothèque Nationale de France, le Quai Branly et puis la Fondation Vuitton ... témoignant combien la capitale se transforme et se réinvente pour continuer à nous faire rêver.
C'est vraiment une visite que je recommande en complément de celles que l'on décide de faire ensuite monument par monument, ou quartier après quartier. Son intérêt est d'associer de magnifiques prises de vues à des commentaires très vivants qui n'ont rien à voir avec les poncifs habituels des documentaires.

Paris Story est l’aboutissement d’une collaboration entre un père et un fils, Michel et Charles Ruty. Véritables passionnés des monuments de Paris et de leurs mille secrets, ils se lancent ensemble au début des années 1990 dans la création de Paris Story. Leur concept est simple : il ne s’agit pas seulement de faire connaître au visiteur le patrimoine de la Ville Lumière, il est également nécessaire de le lui faire aimer en lui fournissant de manière ludique les clés de lecture qui lui permettront d’apprécier et de s’approprier sa richesse qui lui est présenté. Un film serait le support idéal pour arriver à cette fin.

Après un premier succès à partir de 1991 dans le quartier des Batignolles, Paris Story migre en 1995 dans une salle qui jouxte l’Opéra Garnier, rue Scribe.

De nouvelles évolutions sont en cours dans le domaine du spectacle, en s'appuyant sur la technologie de la vidéo ou en exploitant davantage la salle qui serait propice à de petits concerts.

Paris Story, 11 bis rue Sribe, 75019 Paris, http://www.paris-story.com/
Du mardi au samedi, toutes les heures de 10 à 17 heures
Tarifs spéciaux pour les familles

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