mercredi 1 août 2018

Une journée à Thoiry, épisode 3

Le Zoo Parc de Thoiry est un espace qui offre énormément de possibilités. Impossible de tout faire en un jour. Nous avons dû renoncer à la tyrolienne qui nous aurait permis de glisser dans les airs au-dessus des lions. Egalement au labyrinthe comme à la visite du château.

Il faudrait une formule qui permette de passer une nuit sur place. Cela viendra peut-être.

Une fois effectué le parcours en camion brousse, raconté ici, nous avons flâné dans l'espace "zoo" plus classique, avant de nous restaurer près des yourtes. Avec grande satisfaction parce que l'espace est vaste, très propre et bien conçu, avec autant de grandes tables dehors que dedans. Il faut dire que c'est tout neuf. Et surtout c'est bon !

Nous avons passé un très long moment dans l'île habitée par les lémuriens, ce qui a sans doute pénalisé d'autres découvertes mais c'est un souvenir inoubliable. Il est raconté .
Thoiry offre la possibilité d'assister à des moments programmés par les soigneurs à propos du mode de vie de leurs pensionnaires. Là encore il faut choisir. Nous avons assisté au nourrissage des loutres d'Asie et des dholes. Je vous parlerai plus en détail de ces animaux plus bas.
Après cela nous avons traversé quasiment au pas de course l'arche des Petites bêtes où je voulais pourtant passer davantage de temps mais nous avions envie bien entendu de voir des méduses, et des animaux inhabituels ...
... comme la rainette Kunawalu, nocturne et arboricole, qui ne descend jamais de son arbre de toute sa vie et qui est considérée comme magique par les amérindiens ... et les très étonnants minuscules ouistitis pygmées ... qui pèsent à peine entre 85 et 150 grammes et  qui vivent dans les forêts du nord de l’Amazonie.


Nous avons eu aussi très envie de voir (ou revoir) d'autres animaux, et de les photographier comme ceux que je vous laisse maintenant découvrir. Le macaque de Tonkéan par exemple, surprenant puisque lorsqu'il découvre ses dents c'est pour  annoncer des intentions pacifiques. Un sourire en quelque sorte !

C'est à Thoiry qu'on peux suivre les évolutions du groupe le plus important de macaques de Tonkéan en captivité. Ce sont environ 70 individus qui s'agitent en tous sens. C’est un animal grégaire et sociable qui vit en groupes de cinq à plusieurs dizaines d’individus. Contrairement à la première impression que l'on peut ressentir ce mammifère présente un comportement peu agressif envers ses congénères. Lorsqu’il y a un conflit entre deux primates, un troisième singe intervient en tant que médiateur pour apaiser la dispute. La communication vocale, gestuelle et faciale est essentielle dans les échanges entre les membres de la troupe, de même que le toilettage.
A l'état sauvage on les trouve dans les forêt tropicales inférieures à 2000 m d’altitude de l'Ile de Sulawesi et l’ile Togian en Indonésie. Ils sont essentiellement frugivores et peuvent vivre une trentaine d'années.
A l'opposé en terme de taille on trouve le ouistiti pygmée ou ouistiti nain (il mesure 12 à 15 cm sans la queue) dont la longévité peut atteindre jusqu’à 18 ans en captivité. Lui aussi vit en forêt mais au nord de l’Amazonie et reste généralement en lisière et à proximité d’un cours d’eau. Cette espèce n'est pas menacée mais il ne faut pas négliger les risques liés à la déforestation détruisant son habitat naturel ainsi que les captures qui le destinent à devenir un animal de compagnie.

Il a une tête assez drôle, toute ronde et ornée de poils longs formant une sorte de crinière. Ses pattes sont courtes et munies de longs doigts fins qui lui permettent de gratter l'écorce des arbres dont il se régale de la gomme. Il est à la fois insectivore et frugivore. Lors des saisons sèches, il est même capable de manger un œuf ou la cervelle d’oisillons.

Ce singe vit en groupe monoparentaux composé des parents et des jeunes. Cela représente entre 10 à 15 individus. A Thoiry il se trouve juste à la sortie de l'Arche des petites bêtes. A l'entrée, par contre on commence par un aquarium immense, entièrement habité de méduses que l'on découvre dans une lumière bleue.
D'autres animaux sont aussi placides comme les tortues mais d'autres seraient redoutables s'il n'y avait pas de vitre de verre épais.
Il y a beaucoup d'espèces de grenouilles, aux couleurs originales, parfois très vives, pour alerter les proies de leur dangerosité.
En revenant vers l'entrée du parc on peut traverser une volière aux oiseaux magnifiques. Les loriquets arc-en-ciel (ci-dessous à droite) portent bien leur nom : ils sont de toutes les couleurs.
Juste à coté sautillent les Wallabys Bennett.
Cet herbivore vit solitaire dans les forêts d'eucalyptus australienne. Son allure est bien différente quand il fait la sieste.
Les lionnes aussi dormaient. Cet animal est peu visible en dehors des moments de nourrissage ou de la balade à bord du camion brousse.
Voilà pourquoi il est important de consulter le planning des animations. Il y aura certes un peu de monde mais on verra mieux les animaux, gourmandise oblige. Les loutres d'Asie sont très voraces. Leur soigneuse leur jetait des petits poissons. C'est leur plat préféré, mais elles mangent aussi de petits mammifères, des insectes, des crustacés, des vers ou encore des grenouilles. Il arrive que les loutres s’entraident pour chasser le poisson en le rabattant l’une vers l’autre.
Cet animal vit dans les eaux peu profondes des ruisseaux et des rivières d’eau douce, en Asie du Sud-est, en Inde et en Chine. Elle construit sa tanière, qu’on appelle une catiche entre les racines des arbres poussant sur les berges.
L'espèce est menacée par la destruction de son milieu naturel. Les eaux où elle vit sont de plus en plus polluées et les berges où elle construit ses catiches sont aménagées par l’Homme. La disparition de ses proies, la destruction de son habitat et le braconnage ont fait diminuer de 30% les populations lors de ces 30 dernières années.
Elle est la plus petite des sous-espèces de loutre avec ses 80 cm ; loin derrière la loutre géante sud-américaine de 2,4m.
La taille de l'enclos détermine en partie la visibilité des animaux. Les dholes (ou cuon d'Asie) disposent d'un vaste terrain et du fait de leur structure sociale en meute très hiérarchisée ce n'est pas parce qu'on lui lance un poulet qu'il va se précipiter dessus .... si son rang lui interdit de manger avant d'autres dholes qui eux sont dominants.

On a vu combien ils respectaient cet ordre. La soigneuse nous a expliqué qu'il était impossible de le contourner en avantageant les animaux efflanqués parce qu'ils seraient ensuite martyrisés. Le dhole est omnivore (pouvant parfois manger des baies sauvages, des insectes et des lézards) mais il est  principalement carnivore.

Le dhole a le gabarit d’un chien de taille moyenne, avec peut-être un museau un peu plus court et des oreilles dressées et arrondies. Les meutes peuvent s’attaquer aussi bien à des rongeurs qu’à des gros mammifères selon qu'il vit en forêt, prairie ou steppe. Les proies favorites sont les cochons sauvages, les lièvres, les chèvres sauvages, les moutons, et parfois les singes, mais aussi un léopard dans les forêt où ils cohabitent Les dholes sont en compétition pour la nourriture, dévorant la proie le plus vite possible. Jusqu'à 4 kg de viande en une heure pour un adulte.

Les dholes sont des animaux très sociaux vivant en meutes et chassant en collaboration. Une meute est constituée en général de 5 à 12, parfois jusqu'à 20 membres et contient un couple monogame dominant, qu'on désigne comme mâle et femelle alpha et qui est le seul à se reproduire. La femelle donne naissance en général à une portée de huit petits, dans une tanière construite à proximité des lits de rivière ou entre des rochers. Les membres subordonnés aident à prendre soin des petits.

Ils étaient présents dans tout le sud et l’est de l’Asie mais ont disparu sur plus de 75% de leur aire de répartition historique. La plupart des populations restantes sont fragmentées et en baisse constante en raison de plusieurs menaces principales qui comprennent l'épuisement des proies, la perte d'habitat, surtout en Inde où 4 millions d'hectares de forêt ont disparu en vingt ans (l'exploitation forestière, de palme et les plantations de caoutchouc, l'expansion de l'agriculture, le pâturage du bétail et l'expansion de grandes infrastructures comme les barrages hydroélectriques et de nouvelles routes), et la compétition interspécifique avec les tigres, les panthères et les léopards.

L'homme le persécute pour protéger le bétail. Il a souvent été victime d’empoisonnement par des carcasses contaminées à l'aide de strychnine. De plus il est sensible à la rage et à la maladie de Carré, qui sont transmises par les chiens domestiques qui agissent comme des réservoirs. Au Cambodge, une récente épidémie de maladie de Carré (en 2011-2012) a provoqué la quasi-disparition des dholes des zones protégées dans les régions de l'est et du nord du pays.
La vigogne est l’un des animaux le plus résistant d’Amérique du sud. Sa laine a la capacité de retenir des bulles d’air dans ses fibres, créant ainsi un isolant très efficace contre les températures glaciales qui règnent en altitude. La raréfaction de l’oxygène à plus de 3500 m nécessitant des adaptations, son cœur et ses poumons sont surdimensionnés pour compenser ce manque.
Plusieurs points de restauration existent mais il est prudent de se renseigner lors de votre arrivée pour connaître leurs horaires d'ouverture. Regarder manger les animaux finit par ouvrir l'appétit. Nous avons choisi, pour son décor, son type de cuisine, et sa situation à l'intérieur du Parc, le camp dit des yourtes qui venait juste d'ouvrir.
 
Sa propreté, la gentillesse du personnel et les saveurs asiatiques de la plupart des plats nous ont séduit, ... sans parler d'un cheesecake fort réussi (non photographié) que nous avons dégusté à l'extérieur, en terrasse.
Thoiry est un ensemble très varié. Il est important de s'arrêter sur les pancartes (elles sont faciles à lire, sans long discours) pour mieux comprendre l'environnement. Ainsi on pourrait s'étonner de voir de grands espaces envahis par de hautes herbes. Cette prairie sert d'abri à de nombreuses petites bêtes (invertébrés, reptiles, petits mammifères, oiseaux...). Elle n'est fauchée qu'une fois par an, à la fin de l'été pour favoriser la biodiversité locale, et permettre à de nombreuses espèces animales et végétales d'accomplir leur cycle biologique.

C'est vraiment un endroit que je recommande à tous. Et sachez le, une seule visite ne vous permettra pas de tout faire, ce qui provoquera le désir légitime de revenir.
Parc de Thoiry, Rue du Pavillon de Montreuil, 78770 Thoiry • 01 34 87 40 67 • Ouvert tous les jours
Les photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue sont de Lucie ou Eliott que je remercie.

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