Je suis allée voir Tous mes rêves partent de la Gare d'Austerlitz de Mohamed Kacimi au Théâtre 13 Seine. Mais vous pourrez aussi découvrir la pièce au Théâtre de Stains (où a eu lieu la création) si vous résidez plus au Nord ... Quel que soit le théâtre ne la manquez pas, elle est formidable d'humanité.
Ecrite par un homme, mis en scène par une femme, et interprété uniquement par des femmes, cette pièce se situe un soir de Noël, dans le rare espace de liberté (du moins de pensée) qui peut exister dans un univers carcéral, une bibliothèque qui est tenue par Barbara (Marjorie Nakache), en quelque sorte la "chef" des lieux, et d'autant plus qu'elle signe la mise en scène.
Sans rien savoir du sujet, le spectateur se doute que l'action se passera dans un espace clos. On perçoit des bruits de portes qui roulent sur un rail. Un cri de corbeau déchire le silence et on comprend que, quelques instants plus tard, il soit insupportable pour Lily (Olga Grumberg) malgré le recours aux médicaments. L'éclairagiste a trouvé comment donner l'impression qu'elles sont derrière des barreaux en faisant tomber des douches de lumière. Le décor est gris souris. Plus tard, que ce soit un noeud dans les cheveux, une fleur ou un ruban, la touche rouge du costume de chaque femme apportera une note joyeuse, comme un coquelicot dans une prairie qui ne demande qu'à exploser de vie et de couleurs.
Rosa (Gabrielle Cohen), Mayrlou (Irène Voyatzis), Zélie (Jamila Aznague) et Lily sont des habituées. Elles viennent touts les jours dans la bibliothèque, en sacrifiant quelques instants de la promenade quotidienne. Pour choisir un livre, mais aussi et surtout pour échanger des paroles et parler de leur travail, leurs amours, leur famille, et aussi de leurs rêves. Surtout Zélie qui raconte en boucle J'étais gare d'Austerlitz... toujours le même rêve depuis qu'elle est ici, exactement 2 ans et 23 jours.



























