samedi 20 octobre 2018

Country Life au musée de la Chasse et de la Nature

Le musée de la Chasse et de la Nature qui se trouve à Paris dans le Marais est un formidable lieu d'apprentissage et d'expression artistique qui peut concerner les enfants comme les adultes, ce qui n'est pas du tout antinomique avec le respect des animaux.

On peut y voir en ce moment une superbe et rare exposition intitulée Country Life. Elle présente pour la première fois en France une grande partie de la collection d'un couple d'américains, Bunny et Paul Mellon qui vouaient une véritable passion aux sports équestres et à l'art de vivre en plein air.

Ce qui est fascinant c'est que Antoine Platteau qui est le scénographe, et qui par ailleurs est celui qui imagine les vitrines de la maison Hermès, qui a aussi beaucoup travaillé pour le cinéma, a eu l'idée de transformer véritablement la salle du rez-de-chaussée du musée en une écurie évoquant celle que les milliardaires avaient fait construire en Virginie.

Dès qu'on a soulevé le rideau on entend des hennissements et des bruits de sabots. Les peintures sont accrochées dans des stalles, de part et d'autre d'un large vestibule. L'effet visuel est saisissant d'autant que les éclairages permettent de voir parfaitement les oeuvres. Il ne manque, façon de parler, que l'odeur du crottin, pour que l'illusion soit parfaite. Les vegans peuvent être rassurés : on ne voit les chevaux qu'en peinture.

On découvre des oeuvres de Géricault à Delacroix, de Georges Stubbs, qu'on a surnommé le "peintre des chevaux" à Edgar Degas, mais aussi des paysages de Van Dongen, Caillebotte ou Bonnard. Certes il n'y a pas le moindre cheval traversant le champ de coquelicots peint par Claude Monet à Giverny mais on n'est pas hors sujet parce que c'est la campagne et je vous assure que voir d'aussi près de tels maitres de l'impressionnisme est tout simplement exceptionnel. Placer les enfants face à de telles oeuvres dès leur plus jeune âge me semble essentiel. Voilà pourquoi il faut les emmener régulièrement, dans les musées comme en promenade.
Les tableaux sont regroupés par thèmes : chevaux et lads (c'est comme cela qu'on appelle le jeune garçon d'écurie chargé de garder et de soigner les chevaux de course), scènes de chasses, de courses, loisirs de plein air, paysages. Nous sommes en plein XIX° siècle, un dimanche à la campagne, même si c'est une campagne très civilisée et peu sauvage.


Georges Stubbs (1724-1806), Epagneul noir et blanc suivant une piste
Georges Stubbs (1724-1806), Shark avec son entraineur Price, v. 1790, huile sur toile
Sir John Frederick Herring (1785-1865), Portrait de Thomas Dawson et sa famille
Benjamin Marshall (1768-1835), Le Colonel Henry Campbell à la chasse dans la lande anglaise,
v. 1806, huile sur toile
Alfred de Dreux (1810-1860), Le retour de la course sous le vent, v. 1836, huile sur toile
Eugène Delacroix (1798-1863), Cheval bai-brun, l'attache, 1823 (?), huile sur toile
Sir Francis Grant (1803-1878), L'équipage de Melton Mowbray prêt à fouler le Ram's Head Cover, 1839, huile sur toile
Sir John Frederick Herring (1785-1865), Les derniers mètres de la Doncaster Golden Cup,
1826, huile sur toile
Edgar Degas (1834-1917), Jockey en bleu sur un cheval alezan, V. 1889, huile sur toile
Pierre Bonnard (1867-1947), Avant la course, v. 1913, huile sur toile
Sir Alfred Munnings (1878-1959), En ligne! Newmarket, v. 1940-53, huile sur panneau
Caillebotte (1948-1894), Canotier rapprochant sa périssoire, 1878
Claude Monet (1840-1826), Champ de coquelicots à Giverny, 1885
Raoul Dufy (1877-1953), Paysage, Villerville
Berthe Morisot (1841-1895), Sur la plage, Les Petites Dalles, Fécamp, 1873
Van Dongen (1877-1968), Les Meules, vers 1904-1905

Avant, ou après, vous aurez grimpé dans les salles du Musée qui sont comme des sortes de cabinets de curiosité, toujours surprenants à chaque nouvelle visite, et qui mettent en scène les différents aspects de la relation que l’homme entretient avec l’animal et l’espace naturel.
Ne manquez pas au premier étage une oeuvre de Kohei Nawa, qui est une des figures éminentes de l’art contemporain japonais et dont la sculpture Trône est exposée au musée du Louvre dans le cadre de la saison Japonismes 2018.
Au musée de la chasse et de la nature on peut voir PixCell-Deer, qui est un titre en forme de jeu de mots pour désigner la transformation d'un cerf naturalisé, recouvert de sphères de verre qui fragmentent sa silhouette. Il devient une sorte d'animal féérique, relevant de la magie, tout à fait dans l'esprit japonais pour qui le cerf est un animal sacré. C'est un aspect à faire connaitre aux enfants.
Country Life
Chefs-d’œuvre de la collection Mellon
Jusqu'au 2 décembre 2018
Au Musée de la Chasse et de la Nature
62 rue des Archives - 75003 Paris
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h. Nocturnes les mercredis jusqu’à 21h30.
Fermé le lundi et les jours fériés.
Gratuit pour les jeunes de moins de 18 ans, les demandeurs d’emploi et chaque premier dimanche du mois.

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