Paris rend hommage au photographe brésilien reconnu internationalement Sebastião Salgado, disparu le 23 mai dernier à l’âge de 81 ans.Cette exposition est présentée du 21 février au 30 mai 2026 à la Salle Saint-Jean, au sein de l’Hôtel de Ville de Paris. Mais c'est bien davantage puisqu'il y a deux autres parties, complémentaires, concernant d'une part le fils du couple, Rodrigo, et l'engagement dans la fondation Instituto Terra.
Sebastião Salgado, né en 1944 au Minas Gerais (Brésil), se destinait en premier lieu à une carrière d’économiste. Il travailla dans un premier temps pour l’Organisation Internationale du Café à Londres et commença à photographier au cours de ses nombreux déplacements. Très vite, il bascula pour travailler successivement pour les agences Sygma, Gamma et Magnum Photos, avant de fonder sa propre agence avec son épouse en 1994.
C'est elle, Lélia Wanick Salgado, qui est commissaire de l'exposition. Elle a voulu montrer le père aimant qu'il était, le photographe engagée pour des valeurs essentielles à l'humanité et la planète et l’écologiste désireux d'un monde durable.
Brésilien d'origine, il était devenu parisien d'adoption. Le couple s’y était installé en 1969 pour fuir la dictature militaire brésilienne. Il avait photographié l'an dernier la capitale sous plusieurs aspects pour que l'hôtel de ville puisse disposer de belles cartes de voeux. Cette toute récente série, totalement inédite pour le grand public, est exposée ici. Les arbres sont toujours le sujet principal. J'en ai retenu trois :
Parc Montsouris, Paris, France, 2024
Passerelle Michèle Morgan, Canal saint-Martin, Paris, 2024
La Petite Ceinture, Paris, France, 2024
Ces photographies récentes sont présentées à égalité avec les clichés emblématiques (que l'on peut voir grâce à un prêt exceptionnel de la Maison Européenne de la Photographie de cent-quatorze tirages) où l'artiste révèle la beauté du monde avec humanité. l'affiche a été choisie parmi elles, très intrigante car on peut y voir une main alors qu'il s'agit d'un iguane marin (Amblyrhynchus cristatus). Galápagos, Équateur, série Génésis, 2004.
Prière de remerciement au dieu mixe Kioga pour la bonne récolte,
en demandant encore une année de survie, Oaxaca, Mexique, 1980.
La scénographie est un peu "brouillonne" et ne facilite pas l'appréciation de ces oeuvres magnifiques en raison aussi de l'affluence (malgré la tentative de régulation par réservation préalable).
Périphérie de la ville de Tokar sur la mer Rouge. Cette région était prospère,
mais le désert s'est installé. Soudan, 1985.
Le camp de Ein el-Hiweh pour réfugiés palestiniens. Saida, sud du Liban, 1998.
Participant au festival singsing de Paya (Payakona).
Province des Hautes-Terres occidentales, Papouasie-Nouvelle-Guinée, 2008.
Adansonia Grandidieri, 2010Après avoir admiré ces oeuvres en noir et blanc la couleur surprend, dans une petite salle où on le découvre dans son quotidien, en famille, sur les lieux où il prenait des clichés parfois dans des conditions acrobatiques. Ce moment est très émouvant et n'appelle aucun commentaire :
C'est encore la couleur qui éclate dans le couloir fleuri qui retrace l'engagement du couple dès la fin des années 1990 en faveur de la biodiversité à travers l’Instituto Terra aujourd’hui devenue une référence en matière de reforestation et de protection de la biodiversité locale.
Leur action a redonné une forêt à la terre du Minas Gerais. Ils ont fait revenir les oiseaux, les sources, et des paysages meurtris ont, peu à peu, ressuscité comme on le voit en images. On est surpris d'apprendre que ce sont 3 millions d'arbres qui ont été plantés. Mais pour ce couple ce qui important était plus d'ordre qualitatif que quantitatif.
Située au Brésil, dans le bassin hydrographique de Vale la superficie a commencé à être reboisée à partir de 1998 avec la création de l'Instituto Terra, une organisation civile à but non lucratif. Les terres ont constitué la première Réserve Privée du Patrimoine Naturel (RPPN) —dont le statut est similaire à celui d'un parc national— de la région, créée dans une zone dégradée.
C'est toujours la couleur qui domine dans la dernière partie, consacrée aux œuvres picturales du fils du photographe et de son épouse, Rodrigo Salgado, né avec la trisomie 21. Il peint depuis son plus jeune âge et son travail semble refléter les différents états de son existence. Depuis la joie de vivre exprimée dans son autoportrait réalisé à 8 ans jusqu'à la noirceur des dernières oeuvres, car aujourd'hui, à 46 ans, il ne fait plus de dessins et ses créations prennent la forme de gribouillages où le noir prédomine.
Ses peintures, caractérisées au début par une profusion de couleurs lorsqu'il était plus indépendant, ont atteint un stade plus sombre quand il a commencé à perdre ses capacités. Parfois, il peignait sur de minuscules quadrilatères, d'autres fois sur des formats plus grands, dans différentes formes et densités.
Rodrigo a toujours été un artiste et a constitué un corpus d'œuvres unique au fil des années. En mai 2025, seize vitraux réalisés à partir de ses œuvres ont été posés dans l'ancienne église du Sacré-Cœur de Reims. Désacralisée, l'ancienne église abrite aujourd'hui dans son sous-sol l'atelier de vitraux Simon-Marq, fondé en 1640. Un exemple est présenté ici sous forme de vitrophanie.
L'exposition est donc complexe et mérite amplement qu'on fasse l'effort de réserver en ligne pour découvrir l'extraordinaire travail artistique et humain de la famille Salgado.
L'expo-hommage à Sebastião Salgado par la Ville de Paris
Du samedi 21 février au samedi 30 mai 2026
Hôtel de Ville
3 rue de Lobau, Paris 4e
Du samedi 21 février au samedi 30 mai 2026
Du samedi 21 février au samedi 30 mai 2026
Hôtel de Ville
3 rue de Lobau, Paris 4e
Du samedi 21 février au samedi 30 mai 2026
Gratuit mais uniquement sur réservation sachant que des créneaux se libèrent progressivement.
Ouverture du mardi au samedi de 10 h à 18 h 30 sauf jeudi de 13 h à 20 h (fermeture dimanche, lundi et jours fériés).



























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