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mardi 24 février 2026

Avant Que La Nuit, second album de Margaux Simone & The Guardians

Margaux Simone est de retour accompagnée de ses Guardians pour un nouvel album intitulé Avant que la nuit.

Margaux est une autrice-compositrice-interprète est née à Martigues d’un père musicien qui lui donne en héritage le goût de la musique. Simone était le prénom de sa grand-mère, un prénom qu'on pourrait estimer désuet mais que l'artiste a choisi de porter en hommage à une longue tradition de femmes fortes qui ont façonné ses textes et son personnage.

Elle est aussi considérablement imprégnée de la Provence qu'elle aime tant et, dans son imaginaire, elle la jumelle avec la Californie, pour son soleil et ses contrastes entre douceur de vivre et colère larvée, en tout cas terre de musique où les plus grands albums folk et rock sont nés.

Géographique ou fantasmé, le Sud est présent dès la pochette de cet album qu'il caractérise presque tout autant que l'atmosphères des seventies. Il est juste franchement déplorable d'oser sortir un objet absolument illisible. Je donne les titres des chansons approximativement puisqu'ils ne sont pas discernables, même avec une loupe.

C'est dommage car, musicalement parlant, la poésie imprègne des textes personnels qui naviguent entre pop et rock. Son père, Philippe Bruguière, a "naturellement" oeuvré à la réalisation, et on le retrouve à la basse, avec à la guitare Giovani Gouvenaux, aux claviers Alexandre Siaud et à la batterie Luc Heller

Dès les premiers mots de la première piste la voix de la chanteuse fait penser à Françoise Hardy et l'impression va se répéter avec les premières notes de la piste 3 évoquant immédiatement Mon amie la rose que chantait Françoise Hardy en 1965, provoquant de la nostalgie chez ceux qui connaissent les paroles : On est bien peu de choses /Et mon amie la rose/Me l'a dit ce matin (…) Me suis fermée la nuit/Me suis réveillée vieille 

Il y a beaucoup de répétitions et ce sont ces groupes de mots que l'on retient sans pour autant qu'ils fassent sens : ah l'amour tout le monde ne parle que de çà … la mélodie est très agréable mais l'exclamation sur l'amour reste en suspends.

Parlez-moi de vous (piste 2) est la supplique formulée en écho à une interrogation Pourquoi nous faut-il partir si loin pour revenir parmi les siens ? dont la chanteuse n'a pas la réponse. Elle exprime son besoin : parlez-moi de vous, parlez moi d'avant et poursuit en voix parlée avec la prédiction (presque inaudible pour nous) d'une gitane.

Les regrets s'enchainent d'un titre à l'autre sur des accompagnements musicaux absolument magnifiques. Ah comme les amis sont cruels quelquefois sans raison … sans doute un message personnel. 

Qu'est-ce qui fait pleurer les filles demande-t-elle ensuite (piste 4), co-interprétée avec la voix de Philippe Bruguière évoquant les accents d'un Arthur H. On ne le saura pas mais on aura envie de lui conseiller d'écouter ce même titre où Marie Laforêt donnait -elle-des réponses en 1995, ou bien sûr Qu'est-ce qui fait pleurer les blondes de Sylvie Vartan en 1976, et dont Margaux a presque la même coupe de cheveux sur la pochette.

Viens craquer les allumettes implore-t-elle ensuite (piste 5) je n'ai pas peur du malheur … d'une voix qui est aussi pure dans les hauteurs que dans les basses.

Il est amusant d'entendre que la piste 6 commence par Mon amie la mer, sur le même ton que … évidemment … la piste 3, alors qu'elle-même reconnait qu'elle se répète. Il y a beaucoup d'invocations à la mort et au temps qui passe alors que la musique donne envie de danser avec insouciance. La chanteuse est-elle si pressée de vivre vite, vite, vite, étendue sur la piste ?

Il est difficile de percevoir du concret dans la chanson suivante (piste 7), ce qui contraste avec la ligne mélodique, encore une fois, splendide. Probablement une interrogation sur les conditions de la mort de Marilyn Monroe que décrypteront ceux qui savent qu'elle s'appelait Norma Jean.

Le rythme s'accélère. La voix navigue avec aisance entre plusieurs hauteurs mais c'est encore et toujours une grande noirceur qui se dégage des paroles dans lesquelles il est question de folie. La chanteuse s'y déprécie entre le sang et la soie. Constat ou alerte ?

On comprend immédiatement le cadre de la suivante (piste 9) en reconnaissant les paroles du superbe Mr Bojangles écrit par Jerry Jeff Walker, artiste américain de musique country en 1968, dont on pensait la sublime interprétation de Nina Simone en 1971 inégalable. J'avoue que la sensibilité de Margaux y trouve matière à s'épanouir. Le résultat est remarquable.

Il aurait été difficile de trouver mieux pour clore cet album et donner envie de le ré-écouter pour affiner son opinion.

Avant Que La Nuit de Margaux Simone & The Guardians, sortie le 6 février 2026 et sans doute bientôt sur scène.

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