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Comme promis les 70 articles des spectacles vus aux festivals d'Avignon In, Off et If ont été publiés (mois de juillet). Arrivent maintenant les critiques de la rentrée littéraire (mois d'août). Merci de votre patience …

jeudi 7 juillet 2022

Almataha au Théâtre de l’Oulle (Avignon 2022)

Jour officiel d’ouverture en ce 7 juillet des deux grands festival Festival In et Off.

Curieusement tout était plus facile hier, plus fluide. Aujourd’hui, les équipes d’accueil ne sont pas rodées.

Certains spectacles ont commencé avec 10 voire 25 minutes de retard et on ne se doute pas des conséquences de cet effet domino pour quelqu’un qui enchaine d’un lieu à un autre.

Résultat : déjà un planning bousculé alors que je l’avais si soigneusement fignolé il y a trois semaines.

Mais il faut souligner trois coups de coeur, qui s’ajoutent aux précédents. Et le premier est de taille avec Almataha, sur lequel j'avais flashé quand Laurent Rochut, le directeur de La Factory, était venu présenter sa programmation au Théâtre de Belleville le 18 mai.

Ses propositions sont très intéressantes. J'en ai programmé 7 (sachant qu'il y a un spectacle que j'ai déjà vu). Il faut malheureusement choisir et je l'ai fait en partie sur ce que les bandes-annonces révélaient des mises en scène. A ce propos il faudrait alerter les compagnies sur la nécessaire cohérence entre les images et leur travail. Le futur spectateur veut savoir ce qui l'attend et pas être stimulé par un "teaser" élégant mais décalé. Celle de cette compagnie est exemplaire. les dubitatifs pourront la voir ici.

Tous ceux qui connaissent la compagnie de danse hip hop Zahrbat comprendront mon enthousiasme. Il ne faut pas regretter de se lever tôt pour venir voir leur création 2021 à 10 heures, au Théâtre de l’Oulle. D'ailleurs il faut souligner que de multiples propositions excellentes sont programmées à cet horaire chaque jour un peu partout. Et je ne parle pas de spectacles pour enfants !

Ce nom, Almataha, qui résonne avec étrangeté, masque trois artistes de génie, agiles jusqu’au bout des doigts. Si vous avez aimé Cabaret de carton, couronné par Les Molières, vous courrez voir celui ci. J'ai appris bien après l'avoir vu qu'il était initialement destiné au jeune public. Mais il est pour tous les adultes à partir de 6 ans, pour reprendre la formule de Igor Mendjisky, le metteur en scène de Gretel et Hansel dans le In.

Almataha c’est la surprise à chaque instant, et je rage de ne pouvoir spoiler les performances du trio. Disons que ça commence comme du théâtre d’objets, par un curieux coucou de la main et que ça se terminera en … mais allez-y donc voir !

Au démarrage on se dit que les manipulateurs ne se dissimulent pas aussi parfaitement que ce à quoi on est habitué, mais qu’ils sont drôlement bons pourtant. On se dit aussi qu’après tout, ils sont honnêtes de se montrer, un peu, et puis leur apparence prend tout son sens.

Si différents l’un de l’autre, ils finissent par se ressembler. Magie du mouvement sans aucune triche. Instants fragiles d’une maitrise hors normes. Car il ne faut pas oublier que Zahrbat est avant tout une compagnie chorégraphique même si la pièce qu'ils nous présentent emprunte beaucoup, et brillamment, à l’univers du théâtre d’objet et de la marionnette.

Il y a quelque chose de l’opéra dans leur démarche artistique qui évoque avec beauté et intelligence les grands mythes fondateurs.

En particulier le mythe du labyrinthe  comme métaphore du sens de la vie pouvant symboliser l’élévation de l’esprit vers la connaissance ou celle de l’âme vers la spiritualité, qui permet de sortir de l’enfermement et de l’absurdité de la condition humaine. Entre danse, objets et marionnettes, ce spectacle est une invitation au voyage sous forme de quête d’identité. La trame narrative de ce parcours fictif est portée par la création musicale d’Usmar.

La marionnette défie l’homme, et réciproquement dans une battle de sculptures de gestes. C’est du sérieux et néanmoins teinté d’humour. Prodigieux ! J’espère que le Festival Marto va les repérer. 
Almataha
Direction artistique et chorégraphie Brahim Bouchelaghem
Conseil artistique objets et marionnette Denis Bonnetier
Interprétation et manipulation Moustapha Bellal, Sofiane Chalal, Alhouseyni N’Diaye
Musique originale Usmar 
Lumières Philippe Chambion 
Costumes Emmanuelle Geoffroy
Constructions marionnettes et objets Vitalia Samuilova
Scénographe Brahim Bouchelaghem, Denis Bonnetier

Spectacle vu le Jeudi 7 juillet 2022 au Théâtre de l’Oulle. Article rédigé après mon retour, à partir de mes notes et des publications faites chaque jour sur la page Facebook À bride abattue, rendant compte des spectacles vus la veille, aussi bien dans le In, que le Off ou le If. Les meilleures photos de la journée étaient publiées sur mon compte Facebook Marie-Claire Poirier peu après dans la matinée.

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